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 On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane

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THE MAN OF SEA ∭ Man, l'Homme, le vrai. La force tranquille.

Lucan M. O'Daibhead

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THE MAN OF SEA ∭  Man, l'Homme, le vrai. La force tranquille.

MessageSujet: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Dim 15 Mai - 16:27
Pourvu que vous progressiez en vitesse, il lui importe peu que ce soit vers les étoiles ou vers l'abîme.

On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables.


ft. Kane & Lucan


Man s’en était fait la promesse et par là même, en avait fait la promesse à la Déesse, il était revenu se recueillir au pied du Nemeton. Cette visite n’avait rien à voir avec la dernière fois. L’arbre sacré perdait alors ses feuilles à l’époque et brillait par son éclat terne et quasi vidé de son énergie. Depuis, les couronnements avaient eu lieu et plus que la situation politique de la Faërie, c’était également sa santé magique qui s’était améliorée. En levant les yeux, l’Élémentaire pouvait même voir quelques glands ici ou là, signe de naissance et de renouveau, au moins pour le Nemeton, défaut des Feys. L’autre différence tenait à la période : la dernière fois, il était venu en plein Samain, et son moment de recueillement s’était transformé en une épreuve jusqu’à ce qu’Isleen arrive. Cette fois, nul rire tendre et moqueur qui tintait dans l’air comme des cloches lointaines, nulle sensation sur sa peau lui indiquant que la reine était dans les parages et prenait un malin plaisir à le déconcentrer par sa seule présence et tout ce que cela impliquait. Non, il était seul, le silence régnait dans la clairière sacrée et seule une légère brise, douce, humide et porteuse d’un parfum de terre et de feuille, sifflait régulièrement à ses oreilles. D’un point de vue personnel, les choses avaient pas mal changé également. Mais là n’était pas le lieu ni le moment de songer à cela. Aller rendre hommage à la Déesse, c’était dédier ses pensées à Elle et non pas à ses propres problèmes, même si fatalement, le lieu était propice à l’introspection et même aux moments de grâce et aux révélations. Pour l’occasion, il avançait vers le Nemeton pieds nus et sans son Glamour. Il avait même laissé tomber celui dont il couvrait ses mains quasi en permanence, révélant ses doigts légèrement palmés. La clairière était chargée d’une énergie presque bouillonnante en cette journée de Beltaine, anticipant les festivités à venir. Les Albans étaient les quatre points d’orgue magiques qui rythmaient leur vie à tous, et cela faisait des années que Man n’en avait pas ressenti une telle puissance. Oui, cette année promettait d’être différente des autres, mais encore une fois, tout était différent.

Il posa la main sur le tronc du Nemeton, à plat, ressentant sous sa peau l’énergie de l’arbre sacré qui circulait de haut en bas et de bas en haut, une boucle, un cycle, à l’image de la vie elle-même, et ferma les yeux. Il adressa une prière à Danu puis s’abîma dans une transe légère, vidant son esprit de toute pensée parasite et personnelle, faisant corps avec l’arbre lui-même, partageant pendant un bref instant son rôle de catalyseur de cette magie inhérente à la Déesse. Perdant la notion du temps, il ne sut combien de minutes ou d’heures passèrent, mais quand il s’arracha enfin de son état, il se rendit compte que dans la clairière, un tas de bois avait été entassé pour le feu de Beltaine et quelques Feys achevaient de s’éclipser, respectant son recueillement. Il détacha sa main de l’arbre avec un demi-sourire. La journée ne faisait que commencer. Lui-même n’avait pas prévu de participer aux festivités, ou plutôt, il avait prévu de le faire de loin, de façon plus personnelle. Non pas dans sa relation avec la Déesse elle-même, mais avec les gens de l’île. Il souhaitait garder son rôle d’observateur, cette nuit, scruter la fête, suivre son déroulement avec attention, ne pas s’abîmer complètement dans la chaleur et les passions de Beltaine. Garder le contrôle, en somme. Son regard fit le tour de la clairière et s’arrêta sur un grand Fey imposant venant d’apparaître, aux cheveux blonds et à l’aura définitivement royale, et pour cause : il s’agissait d’Aengus. Même s’il se faisait probablement appeler autrement, aujourd’hui. Man ne l’avait pas revu depuis… Depuis très longtemps. Depuis des temps totalement différents d’aujourd’hui. Il ne savait que penser de cette rencontre, et songea à passer son chemin quand Aengus leva les yeux sur lui et que leurs regards se croisèrent. Man ne cacha pas la grimace qui déforma ses traits. Quant à Aengus, il marcha droit sur lui – ou bien peut-être plutôt sur le Nemeton, en vérité – et il avait l’air bien peu accommodant. Une expression que Man trouvait familière : il avait connu Aengus en colère, frustré, impatient, désireux de faire bouger tout un monde trop statique à son goût.

Aurait-il dû s’étonner que le fils prodigue ait suivi le père à la Cour Seelie ? Pas vraiment, car Aengus était probablement le prototype du Sidhe Seelie parfait. Son choix, par ailleurs, avait payé : il était prince à nouveau. Même si Man ne pouvait pas imaginer que le petit prince fasse les mêmes erreurs que la dernière fois. Il se raidit à l’approche d’Aengus, et en ressentit du malaise, car ce n’était pas là une attitude à avoir au pied de l’arbre sacré. Mais après tout, c’était ainsi que Danu les avait fait, ou du moins les avait fait évoluer : deux Cours, deux êtres opposés par absolument tout, deux êtres destinés à se détester, et Man leva les yeux au ciel, les fixant sur les branches du Nemeton, peut-être pour esquiver diplomatiquement la confrontation.





 
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SIDHE SEELIE noble's blood.

C. Kane Ó'Ceallaigh

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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Mar 17 Mai - 21:37
Infâme sorcière ! Abominable mégère ! Pensait-elle être la première harpie à le traiter d'égoïste prétentieux ?! Que non ! Il avait entendu pire, et mieux formulé de surcroît ! Sans compter que la gueuse avait osé lui servir tout un interminable monologue, au point que si chacun des mots avait été une pomme, il se serait goinfré le verger complet. Un vrai scandale !
Ce n'était pas le pire néanmoins. Qu'elle l'insulte et lui manque de respect, il aurait presque pu en rire, tirant sa satisfaction dans le simple fait d'être parvenu à lui faire perdre ses grands moyens de reine rouge. Non, le pire c'est qu'elle s'était permise de calomnier son père, et d'insinuer par-dessus le marché que Fial n'était pas intéressée par lui ! Elle n'avait pas choisi ces termes mais c'est ce qu'il avait ressentit en l'entendant prononcer les mots, et c'est ce qu'il emportait avec lui maintenant qu'il s'était enfin extirpé de cette maudite tente. Il n'avait cure des quolibets surfaits d'une Unseelie à moitié sauvage, reine ou pas reine. Mais il détestait que l'on vienne perfidement pincer ce qui le démangeait déjà. A quoi bon faire tant d'effort pour se mentir si la première reine mal embouchée qui passe se permettait de lui vomir tous ses doutes au visage, je vous le demande ?!

En lui, il existait un Kane qui savait parfaitement que le Dagda lui cachait toutes les parties les plus sombres de sa vie et de lui-même, et qui n'ignorait pas non plus l'inaccessibilité réelle de sa belle Muse Chasseresse, puisqu'il l'aimait car elle était pure, et qu'elle ne l'aimait pas pour les mêmes raisons.
Il était juste in-to-lé-rable qu'on le lui dise tout haut, en l'empêchant de faire comme si de rien n'était. Il n'était pas fait pour de si sombres désillusions, il n'était tout simplement pas conçu pour la peine et la tristesse. D'ailleurs, c'était l'une des raisons majeurs de son ressentiment envers Morrigan. Elle le mettait en colère et c'était un sentiment abjecte, désagréable, et pesant. Il était fait pour l'amour et la joie, pour l'art et la lumière, et point. Il ne voulait pas de toutes ces autres choses, ces choses terribles de l'âme et du coeur, qui vous rongent et vous nuisent.

Et la frustration ! Parlons-en, de cette vipère tapie, de ces braises trop chaudes coincées tout au fond du gosier. Il n'avait pas pu lui répondre puisque la bougresse avait poussé le bouchon jusqu'à le mettre dehors. Et maintenant il se traînait les dialogues avortés sans espoirs de pouvoir leur donner corps un jour. Se serait-il écouté qu'il aurait tourné les talons illico pour revenir dans la tente et lui dire sa façon de penser ! Malheureusement, la maligne s'était flanquée de deux Sluaghs puants et il ne voulait plus jamais avoir affaire à la moindre créature de l'ombre, l'expérience du couronnement lui ayant suffit pour le prochain millénaire.

Bref, le voilà qui marchait droit devant, la tête haute et la mine pincée, tout d'abord sans réellement regarder vers où le menaient ses pas emportés, jusqu'à ce que la silhouette de l'arbre sacré n'attire machinalement son oeil. Fugacement, une pensée sage filtra dans son chaos, et il songea à s'agenouiller près du Nemeton, pour s'en remettre tout entier à sa lumière et se purger de la noirceur par la méditation et la communion.

Puis son iris triple fit le point sur le visage de Lucan, et les quelques trémolos de sagesse qui l'avaient surpris trépassèrent par décapitation. Voilà qui serait bien plus satisfaisant en matière d'apaisement de nerfs ! Plus constructif aussi, que de bêtement s’asseoir en attendant l'épiphanie. C'était un principe que Lucan désapprouvait bien entendu. Non pas qu'ils se connaissent particulièrement, c'était simplement inscrit en lettre de feu sur son front tandis qu'il s'approchait de lui à grand pas. D'ailleurs, à sa manière d'approcher, on aurait pu croire que tout cela avait été prévu et qu'ils avaient rendez-vous, et c'est sur ce ton-là que Kane héla l'élémentaire :

-Ah tu tombe bien !

Après mille ans sans se voir, c'était un peu vite dit, mais c'était une approche comme une autre. De son pas aérien, il rejoignit donc Lucan, ses longues tresses dorées flottant dans son sillage et son beau visage maintenant grimé d'un demi-sourire assuré.

-Tu m'excuseras ce débarquement parfaitement inapproprié, je t'avoue n'être mué que par de sombres pulsions ! qu'il ricana comme s'il évoquait une anecdote cocasse, Ne fait pas cette tête, je suis persuadé que les pensées maussades que m'évoquent ton visage aurons tôt fait de me chasser de ta route, je ne fais que passer. Je viens d'avoir affaire à ta reine vois-tu ? Je ne sais pas comment vous faites, très honnêtement, pour supporter ses humeurs. Elle est complètement erratique et c'est un euphémisme. Il ne laissa pas un instant à son interlocuteur forcé et enchaîna sans même respirer : Comment vas-tu dis-moi ? Toujours aussi soporifique ? Le temps et les guerres t'ont quelque peu vieilli si tu veux mon avis - et si tu ne le veux pas.




 
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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Sam 21 Mai - 0:16
Pourvu que vous progressiez en vitesse, il lui importe peu que ce soit vers les étoiles ou vers l'abîme.

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Malgré la soudaineté de la charge du Seelie, Man eut le temps de songer que l’expression qu’il venait d’employer était définitivement fort à propos. Le petit prince lui tombait effectivement dessus, presque au sens littéral du terme. Beltaine ou pas, Nemeton ou pas, Man ne se sentit nullement obligé d’accueillir Aengus à bras ouverts, mais il se devait également de sauver ce qui pouvait l’être en matière de protocole. Il connaissait la règle et la tolérance de Cian quant à son respect, mais la situation était là grandement différente. Il s’agissait de diplomatie, de politique, d’apparence. De décisions et de paroles qui pouvaient avoir de lourdes conséquences, puisque c’était lui, Aengus, qui se tenait désormais à ses côtés en train de parler à toute vitesse. Man arbora donc une expression neutre à la limite de l’indolence. Il était presque amusé de voir avec quel insolence le Seelie reprenait leur relation passée, interrompue des siècles et des siècles auparavant, et sur une note plus que négative, qui plus est. Man s’arracha cependant de sa torpeur confortable et se força à prêter attention au pépiement du prince quand ce dernier évoqua Naemesys, qu’il venait apparemment de quitter. L’Élémentaire fit aussitôt la relation avec la tente et l’anneau de fertilité, un petit jeu auquel lui-même n’avait pas souhaité se prêter, nullement intéressé par son avenir en tant que père. Ce qui devait arriverait, ce qui ne devait pas n’arriverait pas. Il ne put s’empêcher d’imaginer Aengus et sa morgue qui visiblement ne l’avait pas quitté, et son assurance dont il se drapait toujours, et son visage d’enfant-roi, son halo de gloire, toutes ces choses qui n’impressionnaient que ceux qui le voulaient bien et n’avaient probablement pas manqué de faire froncer le nez à la reine. Un sourire effleura finalement ses lèvres : il regrettait de ne pas avoir vu cela, de ne pas avoir vu Naemesys chasser l’enfant de sa tente. Et puis, n’était-ce pas amusant, en plus du reste, d’entendre le fils de Dagda, un des fous les plus notoirement connus de l’Histoire Fey, taxer la reine Unseelie d’erratique ?

Finalement, Aengus arriva au bout de sa tirade et Man attendit encore quelques secondes, pour être sûr, on ne savait jamais, des fois que le prince avait encore des choses à dire. On pouvait reprocher beaucoup de choses à l’Élémentaire, mais pas d’être impatient ou impoli. C’est donc d’un ton aimable, quoique démenti par son regard glacial qu’il planta dans celui d’Aengus, qu’il lui répondit enfin.

« Tout ce temps qui a passé, et tu me donnes l’impression de t’avoir quitté hier seulement. N’as-tu donc pas grandi pour croire pouvoir te présenter à ma reine et ne pas en subir les conséquences ? »

Du reste, pourquoi donc s’était-il fourré dans cette situation ? N’avait-il pas assez d’enfants, ne se doutait-il pas qu’il en aurait d’autres, que la Déesse veillerait à cela ? L’impatience, encore et toujours, chez cet être pourtant si brillant, s’il le voulait bien… Man préféra ne pas répondre à la question d’Aengus, qui du reste se fichait probablement de sa réponse. Et Man n’aurait pas pu lui mentir, ni lui dire la vérité, en l’occurrence qu’il sortait d’une entrevue avec Cian dont les conséquences risquaient pourtant bien, peut-être, un jour, d’arriver jusqu’aux oreilles du prince.

« Ah oui, ton avis… Tu as toujours adoré le donner, l’imposer aux autres, quand bien même tu avais tort et ces mêmes autres raisons. »

Et ils savaient tous les deux où est-ce que cela l’avait mené. L’un deux, libre et l’autre, emprisonné. Il ne lui retourna pas la faveur non plus, puisqu’à l’image d’Aengus, il se fichait de savoir si ce dernier allait bien ou pas. Allons, il fallait bien faire illusion, en cette occasion-là. Aurait-il été moins lié à la Cour et au roi, et Aengus aurait-il été quelqu’un d’autre que le fils de Dagda, qu’il aurait pu se passer de prendre quelques précautions.

« Mais pourquoi laisser la mauvaise humeur gâcher tes festivités ? Je t’ai quitté au fond d’un trou et je te retrouve plus proche que jamais de l’idée que tu te fais du bonheur. Cesse de te lamenter ou d’en vouloir à des fantômes et réjouis-toi. »

Il le savait, il se comportait avec Aengus exactement comme avant, et il se doutait aussi que, exactement comme avant, le prince n’avait que faire de ses conseils, qu’il prenait à l’époque pour des leçons inutiles. Aujourd’hui, cependant, ce n’était pas une leçon que Man voulait lui donner mais simplement un rappel de ce qu’ils étaient tous les deux et de ce qu’ils représentaient l’un pour l’autre.





 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Dim 22 Mai - 19:45
Kane fut terriblement satisfait que Lucan décide d'entrer d'emblée dans son jeu. Il ne s'en était pas caché en se présentant : il n'était mué que par de mauvaises pulsions, autrement dit pour décharger son trop plein d'animosité de manière hasardeuse et subjective. Une histoire très simple de mauvais endroit au mauvais moment en somme, que Lucan aurait rapidement pu tué dans l'oeuf de par son simple désintérêt. La sagesse aurait en effet préférée qu'en voyant s'échoir devant lui un Seelie aux intentions clairement belliqueuses, Lucan évite d'alimenter le feu du conflit en rentrant dans la danse des répliques cinglantes. Heureusement pour lui, l'élémentaire n'était pas si désespérément passif et ne put s'empêcher quelques remontrances qui manquaient certes de fraîcheur, mais n'étaient pas pour le moins malvenues.

C'est que, compte tenu du contexte, le sujet était fort à propos ! Les paroles de Lucan faisant échos à celles de sa stupide reine, et il allait pouvoir tout à son aise étancher sa soif inassouvie de réponse.
Cela étant dit, Kane ne comprendrait décidément jamais pourquoi tout le monde s'acharnait à vouloir le faire vieillir. Ou mûrir, ce n'était jamais qu'un synonyme. Combien étaient-ils à présent, à lui avoir dit qu'il n'était qu'un enfant ? A lui avoir rabâché qu'il était temps de grandir ? Des centaines, peut-être des milliers, surtout des femmes soit dit en passant. Et les siècles passaient pourtant sans jamais réussir à entacher sa fougue. Il était ainsi fait et si ses détracteurs refusaient de l'accepter comme tel, lui-même s'assumait pour tout ceux-là à la fois.

Le plus souvent du moins.
Car oui, sa jeunesse avait duré longtemps et il voulait la faire durer encore, mais il y avait eut des moments dans sa vie où le temps était parvenu à le rattraper. Lucan avait été le témoin privilégié de l'un de ces moments, et c'était incroyablement petit de sa part de le lui rappelé de manière si abrupte, alors qu'il entamait tout juste les hostilités.

-Manannán Mac Lir, qu'il soupira tandis que son visage anguleux adoptait une mine désolée, puis-je y croire ? Je ne suis pas là depuis une pleine minute que tu trouves déjà le moyen de ramener les obscurs dossiers du passé sur le devant de la scène. Te désarmerais-je à ce point que tu n'attends même pas le quart d'heure académique avant de sortir l'artillerie lourde ? Puis d'un geste vif de la main, il chassa le sujet comme l'on chasse une petite mouchette d'été. Ah mais, j'ignore même pourquoi un membre éminent de la communauté Unseelie tel que toi perd son temps en parole aussi creuse. Sans parler de ta Reine ! A croire que vous vous êtes consulté tous les deux, il ricana quelques secondes puis reprit : un mortel éveillé à dit un jour que la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. Dès lors, je ne sais qui est le plus fou des deux, moi qui en veux à des fantômes, ou vous qui vous évertuez à sacrifier salive et oxygène au vide, tout en sachant pertinemment que ce que vous décriez est immuable ?

Autrement dit, il n'avait aucune intention de changer. Il s'arma d'ailleurs d'un demi-sourire qui suintait la condescendance, ses longues mains fines croisées posément devant lui.

-C'est une question rhétorique je te signal, surtout par pitié, ne t'avise pas d'y répondre, glissa ensuite l'Apollon d'un ton plus sec. Cela dit, je t'invite à répondre à cette pensée qui me traverse : si la folie est de répéter les mêmes actions en espérant un résultat différent, comment se fait-il que l'on te taxe de sage, alors que de toute évidence, tu continues de me sous-estimer ? N'était-ce pas là ton erreur la dernière fois, rappel-moi ? Tu as négligé de me prendre au sérieux, tu t'es fourvoyé en me prenant pour un simplet capricieux ... mais le fait est que je fût tout de même Haut-Roi, le temps d'un soleil et d'une lune. La vie n'est jamais qu'un grand cycle et comme tu le souligne toi-même, il semble revenu le temps de 'l'idée que je me fais du bonheur'. Et d'accorder à son interlocuteur un large sourire satisfait.




 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Mer 25 Mai - 22:00
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Man se sentit idiot à peine ses paroles avaient-elles franchi ses lèvres. Il n’avait pas à démarrer au quart de tour avec Aengus, il n’avait pas à lui parler, pas même à  reconnaître son existence, désormais. Pourtant, les réflexes avaient la vie dure. Tous deux venaient d’un temps où se voir et se parler, le plus souvent dans cet exact registre – le prince tout en bravades, lui marchant comme sur un fil –, n’était rien d’autre que leur quotidien, ou presque. Mais ce temps-là était révolu et si, à l’époque, Man se sentait en quelque sorte être responsable vis-à-vis du prince, surtout après qu’il ait fini en prison, il n’avait plus aujourd’hui à adopter la même position. D’autant plus qu’il était évident qu’Aengus était venu se défouler, lui, et que c’était tombé sur Man uniquement parce qu’il était là. Mais les hostilités étaient lancées, et si l’Élémentaire avait déjà calculé à l’avance tout ce qu’il pouvait se permettre de dire ou de ne pas dire pour ne pas créer d’incident diplomatique, il était clair qu’Aengus se fichait bien de cela. C’était probablement pour cette raison qu’il se permettait de parler en ces termes de Naemesys. Le conflit entre les Cours était une guerre, et toute guerre obéissait à des codes, sur lesquels le prince avait visiblement décidé de s’asseoir fermement. Au-delà de ses moqueries finalement vides de sens et qui n’appelaient pas d’autre réponse que son silence, ses attaques répétées contre la reine éveillaient en lui cette colère dont il s’était cru si longtemps dépourvu, jusqu’à ses retrouvailles avec Elatha. Il était ironique que le fils de Dagda se plaigne, même s’il s’en fichait, en fait, que Man l’attaque sur le passé, quand il reproduisait au millimètre près ce pourquoi il avait été puni à l’époque, le crime de lèse-majesté. Il était évident que Man ne pouvait pas songer à autre chose qu’à cela tant Aengus lui-même tendait ce bâton.

Ainsi, l’Élémentaire se sentait-il déchiré entre la colère que son interlocuteur éveillait à lui, et qu’il sentait s’élever en lui comme la marée, ses vagues rageuses venant s’écraser contre sa patience en la rognant petit à petit, et la conscience aiguë qu’il avait de sa situation personnelle. Il sortait à peine de son entrevue avec Cian et l’importance et le poids de ce qu’il venait d’accepter rendait cette petite joute verbale avec le Seelie complètement stupide. Mais encore une fois, il aurait pu tourner les talons et partir, et il ne le faisait pas. Il ne pouvait simplement pas accepter de l’entendre déblatérer ainsi sur Naemesys. Et de le voir, encore une fois, comme à chaque fois, faire semblant de ne pas connaître les conséquences de ses propos, faire semblant de se ficher du risque qu’il courait. Pour ces insultes, Man pouvait ordonner au premier garde Unseelie venu de l’arrêter. Mais c’était Beltaine. Et c’était le fils de Dagda. Il ne pouvait pas faire une telle chose après avoir promis à Cian de l’aider à maintenir la Cour des Ténèbres à flots, ce serait plutôt contre-productif. Là était la frustration ultime : il se contiendrait, comme toujours, quand bien même la partie adverse ne le ferait pas justement parce qu’elle savait n’avoir rien à craindre avec lui. Ou le pensait, du moins. Man lui-même ne se reconnaissait plus, ces derniers temps.

« N’aie crainte, j’ai beau être immortel, je n’aime pas perdre mon temps, encore moins avec toi, puisque tu m’as prouvé par le passé que tenter de discuter avec toi revenait à se battre contre des moulins. »

Il retint un soupir, et au lieu de quoi, braqua son regard sur Aengus, ses iris couleur d’océan en plein orage, sombres, mouvantes et étincelantes.

« En revanche, et je ne te le dirai qu’une seule fois, cesse de parler en ces termes de ma reine. Tu ne fais honneur ni à ton intelligence ni à ta position dans ce monde, d’autant plus que nous savons tous les deux que tu n’as rien d’autre à lui reprocher que ta propre incapacité à entendre une vérité qui te déplaît. »

Et il dut se retenir d’ajouter que cela non plus, ça n’avait pas changé. Il avait parlé d’une voix calme mais dans laquelle grondait la marée montante, et son visage était devenu glacial. Les gens pensaient souvent à tort que Man était un pacifiste tout simplement parce qu’il était un politique, parce qu’il maniait le verbe avec efficacité, parce qu’il était dénué d’ambition et avait toujours su se tirer avec finesse des situations les plus dangereuses. Derrière cette réputation reposaient les cadavres des autres aspects de sa personne qui avaient fait sa légende : l’un des Feys les plus puissants de la Faërie, dont les colères étaient phénoménales, dont la justice pouvait être sans pitié, le dieu des mers, l’être né de l’océan lui-même, de la volonté seule de Danu. Autant de visages qu’il refusait de porter depuis très longtemps, dont il s’était départi avec soulagement, même si la nature d’un homme n’est jamais bien loin dans son sillage. Face à lui, il le savait, Aengus pouvait faire de lui-même une description similaire – mais les points communs qu’ils pouvaient partager divergeaient rapidement, sacrifiés sur l’autel de l’insolence et de l’impatience du Seelie.

« Je te prends au sérieux, Aengus, ou quel que soit ton nom aujourd’hui, crois-moi. Tes paroles sont entendues au premier degré et je prends note de tes insultes et de tes défis lancés dans le vide. Et si cette couronne que tu as portée une journée est source de fierté pour toi, alors je te concèderai ce moment sans me faire prier, je peux même te féliciter ; est-ce cela que tu attends de moi ? La reconnaissance, l’acceptation, sont les rêves de ceux qui comme toi ne peuvent s’empêcher de vouloir briller. »

C’était bien, également, un truc de fils qui cherche à impressionner son père, non ? Man se s’aventura pas sur ce terrain là, sachant d’avance que le Seelie avait déjà là de quoi largement alimenter son envie de se battre par les mots à défaut de pouvoir tirer son épée. Quand Aengus en aurait assez, il passerait son chemin. En la matière, Man le savait, ce moment désagréable et sa propre participation à cette parodie de discussion dépendait totalement du bon vouloir du prince, et l’Élémentaire lui concédait cela volontiers.





 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Jeu 26 Mai - 20:38
Le passé, ce pauvre Man ne semblait pas avoir autre chose à la bouche et pour la seconde fois en quelques instants seulement, il lui affirmait sans détour qu'il n'avait pas changé depuis leur dernière rencontre. A croire que celle-ci s'était déroulée hier à peine, pourtant c'était bien plusieurs milliers d'années qui les séparaient de cette époque lointaine. Il ignorait et se fichait de savoir par quoi son interlocuteur avait occupé son temps, mais de son côté, Kane avait pleinement vécu bien des vies et pouvait même se targuer d'avoir connu le sentiment du bonheur véritable. Il suffisait qu'il se remémore intérieurement cette vérité pour que les paroles du Unseelie cessent de le toucher de manière personnelle. Il ne pouvait pas être le même qu'autrefois, le même que Man était venu mépriser dans son cachot, celui qui s'était vautré dans l'échec et couvert d’opprobre voilà plus de deux millénaires. Entre temps, il avait bâti toute une civilisation, il avait aimé et avait été aimé en retour. Il était impossible qu'il n'ait pas changé, et c'est exactement pour cela que s'entendre appelé Aengus par cet énergumène lui fit plisser les yeux avec malice.

Du reste, son laïus à propos de Morrigan lui fit hausser un sourcil en circonflexe, tandis que sa conclusion lui fit plutôt ébaucher un sourire, tout d'abord légèrement pensif, puis plus franc tandis qu'il s'élançait pour sa réponse :

-Briller, répéta l'Apollon, il m'est presque étrange de constater comme la sonorité même du mot est désagréable à l'oreille lorsque c'est toi qui le prononce. C'est presque comme un reproche, quelque chose de honteux dont il faudrait rougir. Mais ma nature m'empêche d'abonder, tu t'en doutes ! Tout ce qui brille est lumière et comment pourrais-je mépriser la lumière ? Méprises-tu l'Arbre Sacré pour sa lumière ? Questionna le Seelie en effleurant l'une des plus basse ramure du Nemeton, Pourrais-tu mépriser une étoile de briller, alors même qu'elle enfante la vie par ses rayons ? Continua l'éphèbe en désignant cette fois le soleil. Tu le sais sans doute, philosophe que tu es, mais il n'y a que deux forces, que cela soit ici bas ou dans l'infinité du ciel, et l'une d'elle est la lumière. Elle est la Mère, le Mouvement Créateur, et lorsqu'elle s'éloigne ou s'éteint, la vie aussi. Et tu sais ce qui s'oppose à la lumière, cher Man ? ... Ce n'est pas la nuit, pas non plus les ténèbres. C'est le néant. L'absence de toute chose, cingla Kane avec une lueur de mépris au fond de ses yeux d'or et d'eau, car dans son coeur de Seelie c'est cela que lui inspiraient leurs antagonistes, un insondable vide. Comment pourrais-je vouloir autre chose que briller ? Comment peux-tu faire le choix de te vouer à la médiocrité du néant ? Et cette reine que tu défends, pour qui tu semble avoir tant de respect, quelles excuses lui trouveras-tu lorsque je t'apprendrais que c'est elle la première à s'être montrée diablement insultante, non seulement envers moi mais également envers mon père et roi ? Il émit un rire cynique : Je suppose que traiter mon père d'aliéné n'est pas bien grave après tout ! Tu ne l'as jamais aimé, ce n'est pas comme si je comptais sur ton objectivité, moi non plus d'ailleurs car j'aime bien plus mon père que tu n'aimeras jamais 'ta reine'. Elle a de toute façon décidé de ne m'accorder que son mépris et sa colère gratuite depuis le jour où je vins au monde, et de toute évidence elle ne changera jamais d'avis. Elle est statique, exactement comme le néant. Exactement comme toi...




 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Dim 29 Mai - 22:07
Pourvu que vous progressiez en vitesse, il lui importe peu que ce soit vers les étoiles ou vers l'abîme.

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S'il était honnête avec lui-même, Man devait bien s'avouer que se tenir face à Aengus, peut-être jusqu'à il y a peu de temps encore, était comme faire face à un de ses nombreux échecs. Avant cette conversation, en fait, l’Élémentaire aurait probablement continué de considérer le Seelie comme un jeune fou ayant clairement des comptes à régler avec son père, un être doté d'une grande intelligence mais de trop peu de patience et qui avait tendance à prendre le mauvaises décisions dans les pires moments. C'était cette vision qu'il avait d'Aengus à l'époque de leurs adieux, par la force des choses, lorsque la Haute-Cour s'était déchirée en deux. Il avait eu l'occasion de tenter d'arrêter l'immense gâchis qui s'en était suivi alors, mais il ne l'avait pas fait parce qu'il avait mal évalué la situation et mal évalué la personnalité du prince qu'il avait pris pour moins téméraire qu'il ne l'était. Et après ça, il était allé le voir presque tous les jours dans sa cellule, non pas pour se moquer de lui mais pour tenter de lui parler, de lui inculquer quelque chose, n'importe quoi. Et là encore cela avait été une erreur, car bien évidemment Aengus avait pris ses visites comme une moquerie et une insulte. Jusqu'à quelques minutes auparavant, il aurait pu encore avoir, donc, quelques velléités de compromission avec Aengus. Mais cette conversation achevait de le convaincre que, aussi intelligent qu'il soit, le Seelie n'avait pas encore connu le déclic, ou l'épreuve, ou quoi que ce soit, qui lui mettrait enfin du plomb dans la tête. Et Man n'était pas l'homme qui pourrait l'aider sur ce sujet, il le savait à présent. Il n'avait plus aucune patience pour le prince, et ses propos achevèrent de déclencher son ire.

Il résista à l'envie de frapper du poing contre le tronc de l'arbre sacré, ne serait-ce que parce que c'était le Nemeton, justement. La seule autre chose qu'il avait sous la main était la tête d'Aengus, mais cela non plus, il ne pouvait s'y résoudre. Et pourtant, les propos du Seelies étaient si détestables, si ignorants, qu'il crut défaillir de rage. Il ne s'était pas senti ainsi depuis son petit séjour dans la Forêt des Morts. C'était d'autant plus insupportable pour lui qu'il avait l'impression d'écouter un enfant capricieux lui parler, qui reprenait chacun de ses mots pour lui opposer l'inverse, comme un concours, sans même chercher à les peser, à les réfléchir, à y déceler les sous-entendus. Man pouvait-il en vouloir à Aengus d'aimer son père ? Bien sûr que non. Pouvait-il lui en vouloir de son ignorance ? Pas vraiment. Mais il ne pouvait souffrir de l'entendre parler en ces termes de Naemesys en toute méconnaissance de cause.

« Cesse de te comporter comme un enfant ! Tu es donc si désireux d'une tape de ton père sur l'épaule que tu excuserais l'inexcusable ? Ou bien n'est-ce que cela, la haine d'un enfant dont la mère de substitution ne lui a pas accordé toute l'attention qu'il exigeait d'elle ? Sais-tu seulement QUI est Dagda, as-tu seulement cherché à savoir quels crimes il a commis au-delà de l'image que tu t'en es bâti pour satisfaire ton seul besoin de reconnaissance ? »

Il avait l'impression qu'il allait exploser tant la colère l'aveuglait, et sa voix tonnait et résonnait dans la clairière comme le roulement d'une vague s'écrasant sur une grève. Sa haute stature semblait grandir encore et ses yeux avaient pris la teinte sombre, presque noire, des flots en furie lors d'une nuit d'orage.

« Ouvre grand tes royales oreilles, Aengus, parce que ce que je vais te dire appartient à ceux qui ont traversé les pires moments de notre histoire. Ton père est un régicide, un infanticide et un fou. La jalousie l'a poussé à tuer ma reine quand elle était la sienne et alors qu'elle était enceinte de jumeaux. »

Sa propre relation avec Dagda n'avait que peu d'importance, dans tout cela. Man ne voulait rien moins que rentrer dans le jeu d'Aengus et en rester aux petites iniquités sans importance. L’Élémentaire avait probablement eu de la chance, à l'époque, tant Dagda le soupçonnait d'être l'amant de sa femme. Y aurait-il réfléchi quelques secondes qu'il se serai rassuré. L'amitié qui liait Morrigan et Manannàn Mac Lir était telle qu'elle ne laissait aucune place à ce genre de situation. Des milliers d'années avaient passé mais Man pouvait encore ressentir dans son corps le choc que la mort de la reine avait été pour lui, l'horreur de ses funérailles, l'impuissance ressentie face au malheur de ses proches et la rage ressentie à mesure que la vérité se faisait jour et s'insinuait en lui. Et il ne pouvait tout simplement pas supporté qu'aujourd'hui, face à lui, Aengus se permette ainsi de dénigrer Naemesys, et plus particulièrement par rapport à Dagda, car rien n'était et ne serait jamais comparable entre eux, rien ne donnerait au seconde le droit d'être défendue, par qui que ce soit, même son fils, par la première.

« Il était notre roi à tous, et de sa propre main, il a assassiné sa femme enceinte. Et c'est là le modèle que tu suis et défends. Je donnerais cher pour savoir ce que tu as pensé de la mort de Naemesys à l'époque. Veux-tu connaître la raison de ce gâchis ? Veux-tu... »

Man ferma les yeux brièvement et se tut, prenant quelques secondes pour se rendre compte de ce qu'il était en train de faire. Avait-il eu raison de dire cela à Aengus ? Ce drame n'était pas le sien, cette histoire n'était pas la sienne, ni celle du Seelie, et il venait de donner au prince une infime mais vitale partie de Naemesys. Il eut l'impression de l'avoir trahie, brièvement, puis chassa cette pensée. Aengus ne voulait pas que Man le traite comme un enfant ? C'était exactement ce qu'il venait de faire. Il venait de le jeter tout entier dans le monde de ses parents, par colère, parce que qu'il voulait heurter le Seelie, mais surtout pour faire en sorte que plus un mot contre sa reine ne franchisse ses lèvres. Parce qu'il faisait le pari qu'Aengus n'était pas comme son père, justement, de cela, il n'en avait jamais douté, pas un seul instant. Alors, devait-il lui dire pourquoi ? Lui dire quelle était la raison du geste insensé de Dagda contre sa femme ? Cela rendait ce crime encore plus odieux, et Dagda plus haïssable aux yeux de Man. Au lieu de quoi il se tut, passa une main sur son visage et se contenta de fixer plus calmement le Seelie. De sa réaction à présent dépendrait la suite de cette confrontation, et Man venait de décider qu'il ne reculerait devant rien, à présent, pour faire taire le mépris d'Aengus envers Naemesys.





 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Mer 1 Juin - 19:28
Comment diable osait-il lui parler sur ce ton !? De mémoire, jamais encore n'avait-il vu l'élémentaire démontrer le moindre signe de colère, et Kane ne doutait pas que cela soit déjà arrivé au cours de sa très longue vie, mais il n'avait jusque là jamais eut à en faire les frais. C'est donc tout d'abord l'étonnement qui fût maître de lui, qu'un sujet aussi surfait parviennent à faille bouillonner les eaux de Lucan, alors que leur lourd bagage commun ne les avaient encore jamais menés jusque là. La réaction semblait donc disproportionnée, presque idiote en ces premiers instants de réponse, surtout que son auguste interlocuteur ne débitaient qu'inepties. La Morrigan n'avait absolument jamais fait office de mère de substitution pour lui ! Elle avait toujours été si froide, si méprisante à son égard qu'il n'aurait à aucun moment pu s'illusionner sur leur relation. Sa petite enfance était extrêmement lointaine et il n'en gardait que quelques souvenirs vagues et impressions distantes, pourtant à cette époque déjà, il avait clairement su ce qu'elle était, et n'était pas pour lui. Et la bougresse n'avait pas attendu qu'il ait terminé sa croissance pour le cingler de ses remarques acerbes et humiliantes. Sa personnalité frivole et capricieuse n'y était pour rien, aurait-il été raisonnable et humble qu'elle l'aurait méprisé tout pareil, simplement car il était issu d'un autre ventre que le sien. La preuve en était qu'elle avait dédaigné la douce Anava et l’honorable Ogma de la même manière.

Du reste, il commençait à en avoir assez d'entendre son père ainsi rabaissé par des Unseelies, était-ce Beltaine qui les mettait dans cet état de nerfs ?! Était-ce le fait que leur saison se termine pour laisser place à la leur qui les rendaient si belliqueux et tatillons ? Man lui demandait QUI était Dagda et la première pensée de son fils fut que l'élémentaire était on ne peut plus culotté, surtout qu'il se donnait en spectacle, ce que Kane n'appréciait guère. Sa voix tonnait et n'importe quel paysan passant par là aurait pu les entendre.

Bien qu'en réalité, Kane n'aurait pas été contre l'idée qu'un tiers interrompe cet échange qui dégénérait un peu plus à chaque seconde. L'idée que Lucan ne décide de l'attaquer physiquement lui traversa furtivement l'esprit tandis qu'il s'emportait toujours plus dans son discours et pratiquement sans le vouloir, le Seelie avait adopté une position pseudo défensive. La nuque et le dos s'étaient redressés, raides d'indignation face à la tempête qui couvait, mais lui faisant également gagner quelques précieux centimètres de recule supplémentaires. Ce n'est qu'à partir des mots 'régicide, infanticide et fou' que ses yeux s'écarquillèrent tout bonnement, lui qui prenait toujours grand soin de dissimuler ses ressentis derrière sa légendaire indolence. Il ne put d'ailleurs s'empêcher de balayer la clairière d'un vif regard circulaire, le teint pâlissant d'imaginer que de telles accusations aient pu tomber dans la moindre oreille qui ne fut pas la sienne... Son regard de bronze, d'or et de turquoise revint bien vite sur l'Unseelie et on pouvait à présent y lire quelque chose comme "deviendrais-tu fou mon pauvre ?! Reprend-toi enfin !".

Dans le même temps naissait sournoisement en lui quelques sentiments qu'il exécra aussi tôt. Un malaise profond, quelque chose de malsain et de moribond qui lui noua douloureusement la gorge et lui fit le coeur gros. Pour chaque phrase prononcée, Aengus voulait intervenir, cesser ce flot de paroles diffamatoires et remettre l’effronté à sa place une bonne fois pour toute. Pourtant l'Apollon n'en fit rien, demeurant plus muet qu'une carpe, la bouche tout de même entrouverte tant par l'incrédulité que par l'indignation. Se serait-il décidé à l'ouvrir qu'il n'aurait de toute façon su quoi dire car son esprit lui criait deux choses qui s'opposaient diamétralement. Une partie criait au scandale, à l'offense ultime, au mensonge éhonté, quand l'autre se mortifiait un peu plus à chaque instant, à chaque détail sordide évoqué par Lucan, car ceux-ci concordaient tristement avec ce que venait de lui dire Morrigan sous la tente. Les mots de la reine d'ailleurs prenaient un tout nouveau jour sous cet angle, cette reine fantôme... Il songea également à Liam qui les avaient désertés, ainsi qu'aux vieilles rumeurs qui couraient sur toute cette histoire, et tout cela s’emboîtait parfaitement pour ne faire qu'un grand tout.

Pourtant Kane refusait d'y croire. Son esprit buttait tout simplement sur ce concept. L'image qu'il avait du roi était celle d'un père tendre et aimant, certes bien souvent distant et distrait par ses responsabilités, mais celle d'un père au coeur bon, non seulement avec lui, mais aussi avec tout ceux qui étaient venus après lui. Comment l'imaginer prendre la vie d'enfants à naître ? Il ne le pouvait pas, c'était comme parler d'un autre homme et il ne pouvait pas admettre connaître si mal ce géniteur qu'il vénérait pourtant. Néanmoins, le visage de Dian se dessinait perfidement dans son esprit pour continuer d’étayer l'horreur de cette révélation...

Son palpitant s'agitait à présent si fort sous sa poitrine que l'air lui manquait un peu, et bien malgré lui, il laissa passer quelques anges lorsque la voix de Man se fut enfin étiolée. Il ne savait que dire ni quelle attitude afficher exactement, pétris d'incertitudes et de doutes angoissés. Il dut forcer son esprit à quitter l'état de réflexion intense dans lequel il se trouvait pour parvenir à se dégoter quelques répliques qui donneraient à peine le change...

-... Tu sais fort bien que je n'étais pas présent au moment où tout cela s'est joué, j'étais en exil, qu'il souffla d'un ton qui conservait son timbre relativement dégagé malgré les éclairs déroutés que lançait son regard. C'est futé de ta part de porter des accusations de ce genre tout en sachant pertinemment que je n'ai pas la possibilité de contrer quoi que ce soit puisque je me trouvais à l'autre bout du continent.

Il se sentait lui-même un rien embarrassé par cet argument désuet mais c'était tout ce qui lui était venu afin d'éluder ce qui devait l'être.

-Mais je t'en prie, éclaire-moi donc puisque tu sembles si bien lancé ! Dis-moi par quelle folle raison fut guidée la main de mon père dans cette histoire que tu me décris...

Une part de lui regretta presque aussitôt la relance, même si une curiosité morbide lui dévorait à présent les tripes, l'empêchant de tourner les talons tête haute comme son instinct lui dictait de faire. Il avait peur de ce que lui révélerait Man, mais il fallait à tout prit qu'il sache dès maintenant sous peine de totalement perdre le sommeil...



 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Sam 11 Juin - 11:17
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Les secrets étaient du poison, le genre qui empoisonnait les veines au fil du temps, de façon insidieuse, quasi invisible. Pour diverses raisons, Man était le gardien de nombreux secrets et certains étaient plus difficiles à garder que d’autres. Il y avait ceux qu’il aurait pu garder jusqu’à sa mort et ceux qu’il aurait préféré partager. Et il y avait ceux grâce auxquels des vérités auraient pu être rétablies. Ceux-là étaient les plus lourds car il lui fallait, depuis des centaines années, supporter la réinterprétation de l’Histoire par les Feys alors même qu’il savait, lui, de quoi avait réellement été fait le passé. Il savait qui étaient les vrais coupables, qui étaient les victimes de la version des vainqueurs, ou à défaut de ceux qui avaient survécu. Les morts avaient une voix, mais elle était silencieuse, et ils ne pouvaient se défendre. Ainsi en allait-il de Lizabeth, l’un des plus grands regrets de l’Élémentaire, l’une de ses plus grandes souffrances et le secret qui pesait le plus sur son cœur et sur sa conscience. Et il en allait également ainsi de la mort de Morrigan, dont les détails, le motif et les conséquences s’étaient perdues dans l’Histoire. Et peut-être était-ce pour ça qu’aujourd’hui, face à Aengus et à sa suffisance, il perdait le contrôle. L’idée même qu’une tierce personne ait pu l’entendre en cette seconde lui était totalement indifférente. Il ne pouvait pas faire autrement, il fallait que les choses soient dites, qu’elles le soient puissamment, et qu’Aengus les entendent et les intègrent, c’était cela ou bien Man lui collerait son point dans la figure, et tout le monde dans la Faërie savait à quel point le petit prince tenait à son visage.

La portée de ses paroles pouvait être mesurée à l’aune des expressions qui balayaient le visage d’Aengus. Man voyait bien que son vis-à-vis était sur la défensive, jusqu’à ce que la vérité jaillisse de sa bouche, et alors le prince sembla d’abord sous le choc. Qui ne le serait pas ? Et il était, qu’il le veuille ou non, qu’il le croit ou non, concerné. Il était le fils de Dagda et il y avait plus qu’un sang royal qui courait dans ses veines et plus qu’une couronne à porter sur ses épaules en héritage, il y avait également le poids des crimes de son père, et il était temps qu’il le sache, qu’il l’accepte et peut-être, qu’il fasse de ce lourd passif un levier pour devenir meilleur que son paternel. Mais cela, évidemment, était du domaine de l’impossible, pour le moment. Car il vit le visage d’Aengus se durcir à mesure que, probablement, son inconscient bâtissait déjà une muraille protectrice entre lui et la vérité. Man n’avait qu’à imaginer la réaction d’Erina si un jour quelqu’un venait la voir et prétendait que son père avait commis des actes indicibles. Bien sûr, qu’elle ne pourrait pas y croire. Et bien sûr, qu’Aengus ne pouvait pas y croire, et surtout, ne voulait pas y croire. Et qu’il verrait dans les paroles de l’Élémentaire tout – le mensonge, la perfidie, la manipulation, la simple méchanceté gratuite, même –, sauf la vérité. À ses premières paroles, maladroites et rageuses, Man n’opposa qu’un regard presque compatissant. Aengus savait aussi bien que lui que les Feys ne mentaient pas, et il savait aussi bien que tous ceux qui connaissaient Manannàn Mac Lir que Man, en particulier, ne mentait jamais.

« Ce sont des raisons qui te sont familières, puisqu’en la matière tu n’es pas le fils de Dagda pour rien. Le manque de réflexion, l’orgueil, et pire que tout, la colère. »

Il parlait d’un ton égal à présent, conscient de l’importance de ce moment. La colère, l’impatience et la jalousie étaient autant de traits de caractère que le prince possédait en lui, de manière plus ou moins marquée. Il avait déjà agi sous le joug de l’impatience et de la fierté, déjà agi par colère, et cela l’avait emmené en prison. Mais le crime d’Aengus n’avait causé de tort qu’à lui-même. Man pouvait, avait déjà pardonné au prince sa folie, à la seconde où pour la première fois, il était allé le voir dans sa prison. Il avait accepté et compris son geste et s’en était même attribué une partie de la faute. Dans le cas de Dagda, c’était différent. Man ne pourrait jamais lui pardonné sa folie meurtrière et il n’y avait rien que le roi Seelie pourrait payer en guise de châtiment ou faire ou dire qui le ferait un jour remonter dans l’estime de l’Élémentaire. Le Haut-Roi, à l’époque, avait même soupçonné Man lui-même d’être l’amant de sa femme, et pour cette seule pensée, l’Élémentaire l’avait détesté, et leur relation, alors, tout en se refroidissant sensiblement, s’était également fortement tendue. Et pourtant, à l’image de son fils, Dagda avait pris Man par surprise en assassinant sa femme.

« C’est la colère et la fierté qui ont guidé la main de Dagda, cette main par laquelle il a tué Morrigan. Et la folie probablement, car il faut être fou pour tuer une femme par jalousie, et plus fou encore pour la tuer alors qu’elle porte deux fois la vie. »

Il se doutait qu’à partir du moment où Aengus avait décidé de ne pas le croire, ses paroles auraient une faible portée, désormais. Pourtant, il le savait, ce qui avait été dit ne pouvait être retiré et désormais, sa voix poursuivrait le prince où qu’il aille et jusqu’à ce qu’il se décide à vouloir en savoir plus. En ce sens, ce n’était pas à lui de répondre aux questions du prince, mais bien à son père, désormais.

« Je ne te mens pas, Aengus, je ne t’ai jamais menti et tu le sais au fond de toi. Tu fais maintenant partie du cercle restreint des personnes qui connaissent cette terrible vérité et au nom de cette vérité tu cesseras dès aujourd’hui et pour toujours de déconsidérer ma reine. Cela égratigne peut-être ta fierté mais elle a gagné, dans la souffrance, le droit d’être en colère et le droit de haïr ton père pour l’éternité. »

Et nul ne pouvait prétendre lui enlever ce droit, et surtout pas le fils même de celui qui lui avait fait subir ces épreuves.





 
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Dim 12 Juin - 21:17
Comme sa bouche était sèche et comme sa peau semblait froide, et comme il pouvait honnir ces sensations de mal être et de peur. Il aurait voulu proscrire ces affreux sentiments à jamais, lui qui n'existait que pour l'amour, la joie et l'insouciance, et qui dédiait chaque seconde de son immortalité à contempler béatement toutes les beautés qu'avait à offrir l'existence. Pourquoi fallait-il être triste parfois ? Pourquoi ne pouvait-on pas tout simplement profiter de tous les plaisirs qu'avait à offrir la vie, sans qu'il n'y ait jamais de fin à cela ? Il avait beau fuir les situations susceptibles de le blesser, l'accablement finissait toujours par le rattraper, dans un cycle aussi immuable que cette foutue relativité qui, décidément, semblait avoir son emprise sur tout.
Pour Kane, la rancœur, la déception et l'affliction étaient semblables à des corps étrangers et affûtés qu'on lui introduisait de force dans le gosier. Ces sentiments-là ne faisaient pas que lui creuser l'un ou l'autre sillon soucieux sur le front, ces sentiments-là le saignaient à blanc et l'ironie ne manqua pas de le frapper, puisque Lucan était souvent le témoin indésirable de ces hémorragies.

Heureusement, cette fameuse fierté décriée par son antagoniste lui conférait la force de ne pas perdre la face - même si l'affirmation était approximative. Cette fois-ci au moins ne terminerait-il pas roulé par terre dans ses larmes, à hurler des suppliques et des excuses désespérées. C'était toujours cela de prit.
Cela étant dit, il ne pouvait pas non plus feindre l'indifférence complète car le sujet l'affectait bien trop, surtout maintenant qu'il comprenait le mobile. Était-ce cela, réellement ? Une triviale histoire de tromperie ? Son père découvrant chez sa froide épouse une double grossesse bâtarde imputable à son frère et l'assassinant sur un coup de folie ? La scène se jouait dans son esprit et ne lui inspirait que répugnance. Il aimait bien trop son père pour concevoir que telle injustice ait pu se perpétrer par sa main.
Et qu'était-il, lui, dans tout cela ? A force d'agir comme un prince, il était parvenu à faire oublier a la plus part qu'il n'en n'était pas un en réalité. Techniquement, strictement parlant, il n'avait jamais été prince d'ailleurs, et ne le serai jamais. Il était né hors mariage, il était né du ventre d'une maîtresse quelconque engrossée par un roi. Il n'avait pas plus de légitimité que ces fameux jumeaux assassinés dans le ventre de leur mère.

Tout cela bien sûr, il était hors de question de le confier tout haut, hors de question d'accorder à l'élémentaire la satisfaction de ses tribulations intérieures. Il ne voulait pas de ses œillades paternalistes et compatissantes, il ne voulait pas de ses commentaires soi-disant sage, et qui puaient pourtant la partialité. Et plus que tout, il en avait assez d'être déformé par le prisme de son père, aussi bien dans le regard de Man que dans celui de sa fichue reine pour ne citer qu'eux.

D'ailleurs il n'était plus temps de laisser cet oiseau de tempête déblatérer sur les souffrances de sa pauvre reine déconsidérée. Aussitôt que l'Unseelie eut terminé, il répliqua.

-Personne, qu'il articula, personne ne possède aucun droit sur l'éternité. Personne. Ni toi, ni moi, ni elle, ni mon père, ni même Danu. Toute chose possède une fin, la vie se termine immanquablement par la mort, et les crimes tendent à mourir en même temps que les témoins.

Et oui, même les menaces pouvaient être poétiques et subtiles chez les Seelies.
Bien qu'en réalité, la menace n'était pas réelle, pas à proprement parler, car elle était surtout destinée à mettre en valeur l'illusion de l'immuabilité, et l'arrogance aussi, de se croire véritablement éternel.

-C'est la seconde et dernière fois que tu te méprends sur moi aujourd'hui, Manannàn Mac Lir. Je ne suis assurément plus celui que tu as connu dans cette geôle, et je ne suis pas non plus la complète créature de mon père. Me crois-tu trop stupide et aveugle que pour me forger mes propres opinions ?! Crois-tu que j'ai attendu qu'elle meurt pour me faire une idée d'elle ? J'ai passé les milles premières années de ma vie à l'éviter dans les couloirs, alors ne me parle pas de sa souffrance et de la terrible vérité. Ce n'est pas ma vérité, ce n'est pas mon crime, et tout cela n'est certainement pas mon problème. Tu me parles de fierté, mais c'est par fierté qu'elle m'a détesté dès mes premiers instants sur terre, et qu'elle a par là même perdu le droit d'obtenir ma compassion. Je me fiche de ce qui lui est arrivé, ce qui m'octroi sans doute un peu plus de recule que toi sur la situation. Où est-elle maintenant, ta pauvre Morrigan ? Hm ? Sur un trône, réunie avec son cher et tendre et toute sa marmaille ! Ne perd plus une seconde de ta vie à la plaindre, mon pauvre Man, car tu vois bien que certains grands crimes peuvent parfois enfanter les dénouements les plus heureux, il suffit de laisser l'éternité faire son oeuvre.

Pourquoi fallait-il être triste parfois ?
Il venait de se donner la réponse.



 
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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Mer 15 Juin - 22:22
Pourvu que vous progressiez en vitesse, il lui importe peu que ce soit vers les étoiles ou vers l'abîme.

On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables.


ft. Kane & Lucan


L’éternité. Un concept bien vague quand on était, comme eux, immortel, du moins dans les faits. Et Man n’aurait pas contredit Aengus sur le fait que nul ne pouvait rester en colère pour toujours, sauf que si, en vérité, probablement. Ce n’était pas son genre, à lui, et il aurait trouvé cela fatiguant. Mais là où s’arrêtait sa compassion pour le prince, c’était que l’assassinat de Morrigan ne datait pas de l’éternité. Cela ne datait que de plusieurs siècles, et une telle souffrance, une telle terreur, la perte de ses enfants et enfin, la mort, ne pouvaient s’oublier en quelques siècles, encore moins être accepté, encore moins être pardonné. Pour elle, probablement, et pour Man, assurément, cela ne remontait qu’à hier. Il voyait encore la couleur du sang, entendait les cris lugubres du Sithin, sentait sur sa langue le goût métallique de la mort qui s’était abattue brutalement et sans raison logique sur tous les Feys. Il ne s’était toujours pas remis de la cérémonie funéraire qui s’en était suivie et cela l’avait même poussé à fuir le Songe quelque temps. Et il y avait autre chose que le Seelie ne semblait pas comprendre. Il ne pourrait jamais, pas plus que Man, comprendre ce que cela signifiait d’être enceinte pour une femme, et dont les enfants étaient le produit d’un amour mutuel, du Grand Amour, même. Et pendant des siècles, les conséquences de ce meurtre avaient pesé sur sa renaissance, puis sa vie, sans même qu’elle le sache, sans qu’aucun d’eux ne le sache. Elle avait vécu sans son fils. Avait oublié sa seule existence. Tout comme Naeve. Et tout comme Liam avait dû vivre en se croyant abandonné. Tout comme Cian avait dû continuer d’exister avec ce vide implicite, et c’était une souffrance aujourd’hui de le voir se démener pour ne serait-ce que regarder son fils dans les yeux. Man aurait pu continuer ainsi et débiter pendant des heures l’onde de choc que ce meurtre avait causé, et au-delà de ça, tous les crimes dont Dagda s’était rendu coupable envers tant de gens.

« Tu parles d’éternité alors que pour nous, pour ceux qui aimaient et aiment encore la reine, et même pour ceux qui aimaient ton père, l'écho de son crime résonne encore dans notre esprit. »

Il balaya la menace implicite d’un léger haussement d’épaule. S’il y avait bien quelqu’un qu’il ne craignait pas – il ne craignait en vérité pas grand-monde, à tort ou à raison –, c’était son vis-à-vis. Son ton était calme, désormais. Presque résigné. À ce stade, il le savait, il ne s’agissait plus pour lui de convaincre Aengus de quoi que ce soit. La fierté – encore elle – et la personnalité même du Seelie l’empêcheraient d’abonder dans son sens ne serait-ce qu’un peu, d’accepter que pour cette fois, il aurait simplement dû se résoudre à laisser tomber son masque d’arrogance et à faire preuve de retenue sur ce sujet précis. Man ne le connaissait pas par cœur mais il le connaissait bien assez pour le savoir. Aengus se devait de se draper dans sa dignité, de réfuter l’irréfutable, non pas parce qu’il ne le croyait pas mais parce qu’il devait défendre son père et son roi, au moins face à un Unseelie. Mais Man savait également qu’il avait semé en lui les germes d’une tempête. Et les conséquences de cette révélation, il n’en serait pas le témoin. Il avait dit ce qu’il avait à dire, il savait que le Seelie ne s’excuserait pas ou ne reconnaîtra pas son erreur, rien ne l’y obligeait, au contraire, il se devait de résister. Et quant à la suite, eh bien, elle ne concernait pas l’Élémentaire. C’était là un conflit qui se jouerait entre lui et son père. Du moins c’est ce qu’il aurait dû en être, mais cette fameuse fierté, qu’il semblait si peu enclin à porter comme une couronne, soudain, ne finissait pas de porter des mots à ses lèvres, et Man dut subir sa diatribe colérique et puérile, agacé. Fallait-il donc que la reconnaissance de Morrigan lui ait tant manqué, en vérité, pour qu’il ramène sans cesse ce sujet sur le tapis ! À croire que malgré ce qu’il prétendait, il avait véritablement mal vécu le fait que la reine ne lui ait pas accordé d’attention autre que son mépris. Man faillit sourire, parce qu’après tout, et Aengus le savait, en plus, le Seelie n’était pas facile à aimer. Il en avait peut-être l’impression tant les femmes et les hommes se bousculaient à ses genoux mais son caractère n’était ni aimable ni agréable, et connaissant le tempérament tantôt glacial, tantôt enflammé, de Naemesys, il ne doutait pas qu’elle ne l’ait pas supporté à l’époque. L’aurait-elle fait qu’Aengus ne lui aurait pas rendu ses faveurs, alors pourquoi encore revenir là-dessus ?

« Ce n’est pas ton crime, mais cela ne te dédouane pas des conséquences. Je ne t’accuse pas d’avoir tué la reine, et tu le sais parfaitement. Ton crime, à toi, sera de fermer les yeux sur un aspect de l’histoire de ton père, si désormais tu continues d’agir comme si de rien n’était. Mais ne te méprends pas, je me fiche bien de ce que tu fais de ta vie, désormais, ou de ta relation avec Dagda. Je voulais te donner tous les éléments pour comprendre mon point de vue, et c’est chose faite. »

Inutile d’insister ou de se voiler la face : Dagda pourrait arracher la tête à un bébé sous les yeux de son fils que ce dernier, en public du moins, n’en continuerait pas moins d’arborer cette expression de morgue assurance. Quand bien même c’était la tempête sous son crâne. Un sourire léger étira les lèvres de l’Élémentaire. Enfin, les derniers mots du prince étaient tellement à leur place dans sa bouche, tellement révélateur de sa façon de pensée, qui n’avait pas changé, ne lui en déplaise. L’Élémentaire posa une main sur le tronc du Nemeton, et sa voix était devenue un souffle à peine perceptible.

« Je sais que ce n’est pas la jalousie qui te fait parler. Que tu ne penses pas réellement qu’un trône peut faire le bonheur de quelqu’un – pas même le tiens. Ne crois pas une seconde que ma reine n’échangerait pas toutes les couronnes du monde pour retrouver le temps qu’elle a perdu avec son fils et son mari. Et si tu ne peux comprendre cela, alors je pense que nous n’avons plus rien à nous dire. »

Et pourtant, Man ne pouvait se mentir. Comme il aurait voulu pouvoir éternellement tenter de convaincre Aengus… Mais si, par le passé, il avait de solides raisons de le faire – une certaine sympathie pour lui, de l’empathie, la certitude qu’il était, qu’il serait, qu’il devrait être plus grand que son père – ce n’était plus le cas aujourd’hui. Cela ne tenait-il qu’à leur appartenance à deux Cours différentes ? Était-ce aussi simple que cela ? Aujourd’hui, ils ne se devaient plus rien, de sorte que Man reconnaissait là une cause pour laquelle il n’avait plus à se battre. Et il en ressentait peut-être du soulagement, mais surtout la sensation d’un immense gâchis.





 
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But listen ! The sibilance of the sea weaves silences to tapestries of fear, the voices of the gulls grow urgent to the ear, eerie and eternal. At last, the THUNDER ! Such a sound, as though hell were opened and all the mountains fell.
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MessageSujet: Re: On sait bien le terrain favorable que l'ignorance offre aux fables || Kane   Dim 19 Juin - 22:18
Contrairement à ce que semblait fermement croire Lucan, il n'y avait guère de colère en lui, et il y avait encore moins de haine. Certes, il ne manquait guère de défauts, et le tout premier d'entre eux était la jalousie, ou alors peut-être l'arrogance, mais il n'avait jamais été ni coléreux ni haineux, de cela il était certain. Pourtant là, face à cet énergumène et ses jugements, face à la frustration profonde du dialogue, et face à la honte engendrée par les révélations, c'est belle et bien de la colère qui couvait dans l'or de son regard, et belle et bien la haine qui lui brûlait les entrailles. Il aurait voulu le faire taire de force, lui faire ravaler son horrible indulgence et cette assurance tranquille qui le rendait plus lisse que du verre. Il semblait qu'il n'y avait rien qu'il puisse dire, ou faire, aucune justifications assez crédibles aux yeux de son interlocuteur, rien qui ne lui permette de se faire comprendre, et c'était certainement le sentiment le plus horripilant qui existe.

Pourtant il n'en démordait pas : qu'était-il sensé faire ? Quelle était sa responsabilité dans toute cette histoire ? Il n'avait rien à voir avec le meurtre en question, ce n'était pas de son fait et les conséquences ne pouvaient l'être non plus. Il se fichait que Morrigan ait été privée de son fils, ou de son Amour pour Nuada, on l'avait exilé durant toute cette période, on l'avait chassé, bannis, et il était hors de question qu'il ait à subir le poids des événements ayant pris place durant cette période d'éloignement. Il était déjà tellement difficile - impossible pour lui d'assumer son propre passé, ses propres aléas, ses propres erreurs et manquements, il ne pouvait admettre, ne pouvait envisager de devoir également porter sur ses épaules le poids des actions de son père, surtout lorsque la faute était si sanglante. Sans doute car en réalité, il savait ses épaules trop faiblardes pour cela, et qu'il était obligé de se dédouaner, obligé de se moquer des destins tragiques de son oncle et de ses cousins ignorés. S'il ne le faisait pas, s'il se laissait atteindre par ce dénouement funeste, la peine et le mal être allaient le ronger de l'intérieur et lui molester l'esprit. Il n'avait pas de défense naturelle contre tous ces sentiments trop violent, et les ressentir, c'était pour lui exactement comme les vivres. Ainsi donc, s'il admettait la faute de son père, il devenait à son tour tueur et fou, et s'il admettait la peine de Morrigan, il devenait victime et parent bafoué, et qui voulait ressentir sentiments si horribles ? Personne, certainement pas lui.

Voilà pourquoi il haïssait Lucan en cet instant, qui le confrontait de plein fouet à ce dilemme, de devoir admettre les faits au risque que ceux-ci le dévorent tout entier, ou de se mentir délibérément au risque de passer pour le plus grand lâche de l'Histoire. Une part de lui se voyait le gifler tant il lui en voulait de lui faire vivre cette discussion, et peut-être que d'autres auraient céder aux pulsions, mais il choisi de ne pas le faire, car il était hors de question de lui donner raison par les actes. La force des émotions ressenties le faisait presque trembler, mais rompu au paraître, sa voix restait plus ou moins maîtrisée.

-En effet, Manannàn Mac Lir, nous n'avons rien à nous dire, comme ce fut toujours le cas. J'ignore pourquoi tu t'acharnes sur moi de cette manière, mais c'était la dernière fois que tu te permettais de m'humilier de la sorte, sois en certain, qu'il articula, les dents serrées.

Il aurait voulu être capable de se détourner avec le sourire, il aurait voulu feindre l'indolence décontractée de l'indifférence et s'éloigner d'un pas de promenade, tête haute, ou plus encore, il aurait voulu conclure cette exécrable entrevue d'une réplique cinglante, à la fois drôle et acide, quelque chose de bien senti qui l'aurait laissé coi et lui aurait attribué la palme du dernier mot, mais tout poète qu'il était, rien ne lui vint. Rien du tout.
Il se contenta donc de se raidir la nuque, rabattant les pans de sa grande tunique avec dignité tout en adressant un dernier regard de mépris à l'Unseelie. Puis il se détourna, hâtif de mettre le plus de distance possible entre lui et toutes ces vérités et ces choses pleine de haine et de tristesse qu'il était incapable d'assumer.


FIN



 
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