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 I'll burn here if you burn here too || Essus

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CHANGELIN UNSEELIE modern myth.

Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: I'll burn here if you burn here too || Essus   Mar 21 Juin - 23:10
Being a mother is an attitude, not a biological relation.

I'll burn here if you burn here too

ft. Essus & Clare


Clare aurait reconnu cette voix entre mille – entre toutes, même – et pas seulement parce qu’elle la subissait quelques jours auparavant encore. C’était la voix de sa mère, après tout. Elle aurait bien voulu prétendre que sa première réaction fut la colère, brutale, douloureuse, brûlante, car elle fut bel et bien envahie par ce raz-de-marée de fureur en entendant ce son honni. Mais elle dut bien s’avouer que la toute première chose qu’elle ressentit, plus en sourdine, plus en-dessous, dans les tréfonds de son corps, fut la frayeur. Elle repoussa les questions – pourquoi ? pourquoi ici ? pourquoi maintenant ? – et posa la tête sur son bureau, le front sur les papiers qu’elle était en train d’étudier – les anciens relevés téléphoniques d’un Humain sur lequel elle enquêtait et qui s’était installé sur l’île très récemment. Elle allait partir. Voyant que personne ne lui répondait, elle allait s’en aller. Se faire invisible était encore la meilleure solution, malgré son envie de se lever et d’aller se confronter à elle. Oh oui, elle désirait plus que tout aller au combat, mais elle savait également qu’elle était destinée à perdre. Alors elle attendit, les yeux fermés, priant Danu de faire fuir cette cliente indésirable. Au lieu de quoi, une deuxième lame de terreur la parcourut et la fit se redresser brusquement, comme un automate. Nemed était là ! Elle l’avait complètement oublié, à force de lui faire la gueule et de le gratifier, depuis plusieurs jours, d’un silence accusateur. Habitué qu’il était à ce genre d’attitude, il ne s’en vexait jamais, mais n’essayait pas non plus de la faire se dérider, dans ces cas-là. Il attendait juste que ça passe, et ça passait toujours, simplement parce qu’elle n’avait aucune patience, alors que lui aurait pu tout à fait vivre mille ans sans qu’elle lui parle. Il était là, donc, et elle l’entendit accueillir sa mère. Avec une froideur dans la voix probablement indécelable pour quiconque ne le connaissait pas, lui qui était si poli, si gentleman, mais elle le connaissait trop bien pour ne pas l’entendre. Et justement, elle ne voulait pas que ces deux-là se parlent. Elle ne voulait pas que Narcisse apprenne qu’ils se connaissaient trop bien. Elle ne voulait même pas qu’elle l’approche, qu’elle le regarde, qu’elle le touche, qu’elle retienne son visage ou son nom, qu’elle le relie à sa fille.

Clare se leva d’un bond et alla ouvrir la porte de son bureau avec une violence non feinte. Elle foudroya Nemed du regard, pour commencer, même si ce n’était pas sa faute. Puis elle posa les yeux sur sa mère. Si elle n’avait pas été habitée par un tel sentiment d’urgence, elle aurait éclaté de rire. Qu’est-ce que c’étaient que ces fringues ? On aurait dit une veuve éplorée – une mère éplorée, en l’occurrence. Quel cinéma !

— Je m’en occupe.

C’était elle que Narcisse cherchait, après tout. Et de fait, Nemed n’insista pas. Il resta de longues secondes à la regarder, et Clare savait exactement ce qu’il lui demandait par ce simple échange silencieux. Ils auraient pu discuter du cour de la bourse londonienne rien qu’en se regardant ainsi. Elle n’était pas sûre qu’il ait deviné qui était Narcisse. Pas encore. Mais il avait deviné que c’était un gros morceau, pour elle, et pendant quelques secondes, elle laissa tomber son masque de colère et ne fut plus qu’amour et tendresse pour cet homme incroyable. Il lui sourit en retour et hocha la tête, avant de tourner les talons et de retourner dans son bureau. Clare se tourna vers sa mère. Bon, eh bien comme ça, celle-ci savait à quoi sa fille occupait ses journées et comment elle gagnait sa vie. Elle eut une seconde d’hésitation. Elle aurait voulu pousser sa mère dans son bureau, la soustraire à la vue de tous et surtout à celle de son meilleur ami, mais ça ne l’enchantait pas de s’enfermer avec le loup, et par ailleurs, dans un espace clos et fermé, nul doute que la discussion qui allait suivre parviendrait aux oreilles de Nemed, sans parler de violence éventuelle. Pendant une seconde, elle songea à expulser sa mère des locaux. Sauf qu’elle n’en avait pas le pouvoir. Nemed aurait pu, mais pas question de lui demander ça.

— Si je te demande de t’en aller, tu ne le feras pas, n’est-ce pas ?

Ce n’était presque pas une question, juste une évidence. Non, Narcisse resterait là, royale, statique, hiératique, et exigerait probablement une tasse de thé et qu’on allume la clim. Elle ne bougerait pas d’un millimètre tant qu’elle n’aurait pas obtenu ce qu’elle voulait. Et si elle était là, c’était parce qu’elle voulait Clare. Alors, Clare n’avait pas le choix. Pour la faire partir, il lui fallait entrer dans le jeu de sa mère, comme d’habitude, comme toujours, et partir avec elle.

— Viens, allons ailleurs. Si je dois encore supporter ta présence, qu’au moins je puisse me saouler.

Enfin, essayer. Tu parles d’une malédiction, ce sang de Fey. Décidément, elle avait récupéré tous les inconvénients sans les avantages.




 
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Mar 28 Juin - 8:08
    J'ai besoin de savoir. Il le faut. Cela m'empêche de rêver la nuit. Cela m'empêche de fonctionner de la journée. Son image est comme brûlé sur ma rétine. Ses dernières larmes comme imprégnées dans mon sang. Est-ce que je regrette mes paroles? Mes actions? Bien sûr que non. J'ai toujours assumé les conséquences de mes actes. J'ai toujours accepté de porter le lourd fardeau qui incombe à un tel caractère. Ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer. Pas pour elle. Et certainement pas pour toi. L'homme qui me dévisage. L'homme qui sait, mais refuse de partager. Ton silence est éloquent. Je suis certaine que quelque chose m'échappe. Je sais de toi ce que tu es. Je sais de toi pourquoi tu l'es. Mais cela s'arrête là. Alors dis-moi, que sais-tu exactement de moi?

    J'ignore pourquoi, mais le nom de Clare me vient à l'esprit. De manière totalement hasardeuse. Presque naturelle. Ce relent de dédain qu'il m'offre ressemble vaguement au sien. Ce port. Cette odeur. Je dois probablement me faire des films. Le fait de l'avoir croisée de manière aussi inopinée il y a à peine quelques jours de cela ne m'a assurément pas fait de bien. Après notre collision (car cela en était bien une), je suis passée dans mon bureau. J'ai récupéré mes quatre rapports d'autopsie. Je les ai scellés sous clé dans un tiroir. Puis je suis rentrée à l'appartement. J'ai laissé couler l'eau glacée sur mes mains pendant des heures durant. Rien n'y fait, je n'ai pas réussi à laver la preuve de mon péché. J'ai observé la paume de ma main. Dans tous les sens possibles et imaginables. Je n'y ai rien décelé. Du moins rien d'inhabituel. Alors pourquoi m'apparait-elle comme étrangère? Alors pourquoi me brûle-t-elle la nuit lorsque je me réveille en sursaut et en sueur? Je ne peux décemment pas poser cette question à un vulgaire inconnu. Je refuse d'ailleurs de l'aborder avec quiconque. Tout comme je m'obstine à nier l'évidence. Je cache mon anatomie dans son carcan de cuir souple. Mes phalanges me picotent légèrement. Je secoue à peine mes doigts. C'est purement psychosomatique. Obligé.

    Il prend une profonde inspiration. Je le devine prêt à répliquer. Mais osera-t-il seulement s'exprimer en mon sens? Ou tente-t-il, encore et toujours, de faire fit de son ressentiment premier? Ne t'inquiète pas petit, j'ai l'habitude d'inspirer ce genre de comportement. Tu ne risques pas de me vexer. Sauf si tu t'obstines à le renier.

    C'est sans compter une interruption inattendue. Une violente bourrasque de vent vient s'engouffrer dans mes cheveux. Une porte qui s'ouvre à l'arrache. Il devrait penser à la huiler. Quel boucan strident. Là encore je m'apprête à répliquer. A lâcher la première chose qui me traverse l'esprit. Histoire de lui montrer comment faire. Histoire de lui confirmer mon feu vert pour son propre lynchage publique.

    Pourtant, lorsque mon visage se reporte vers le côté - et même avant de LA voir ... je sais déjà que c'est elle que je vais croiser. Mon cœur (pour autant qu'il existe) cesse de battre un instant. Mes poumons cessent d'aspirer à eux cet oxygène pourtant si précieux. Le temps semble se tordre et se distordre tout autour de moi. De nous. Un trou noir invisible aspire tout ce qui nous entoure, ne laissant dans un vide sidéral que nos deux malheureuses entités. Elle ne me regarde même pas. Ne daigne pas m'accorder cette attention qui me revient pourtant de droit. Elle n'a d'yeux que pour lui. Je la vois sourire. Je la vois communiquer. Avec lui et non moi. A travers lui, là où il ne persiste aucune place pour moi. Je sens mes entrailles clamer leur désaccord. Je sens mes barrières se fissurer un petit peu plus. Je sens ma bouche s'assécher. Même si l'envie y est, je me trouve tout simplement dans l'incapacité d'engager. De dégager. De frapper. De griffer. De tuer. Je me perds en cours de route. Leur petite vie insignifiante continue tandis que moi-même je suis abandonnée dans le passé. Je les vois s'éloigner. Je LA vois s'éloigner. Non pas fuir, mais seulement continuer. D'avancer. De vivre. Dans ce nouveau monde qu'elle a choisi, il n'y a pas - plus - de place pour moi. C'est ce que je lui ai toujours souhaité. Alors pourquoi suis-je bien incapable de le lui concéder?

    Ses premiers mots je ne me rappelle même pas les avoir entendu. Ont-ils seulement existé? Etaient-ils pour moi? Ou seulement pour lui? Encore lui. Toujours lui. Cet homme que je ne connais pas. Cet homme que j'aurais pu consentir à vouloir connaître. Cet homme qu'elle ne me présentera jamais. Je n'arrive pas à décrire ce que je ressens. Une telle violence. Un tel désemparement. Le chaos le plus total règne dans mon fort intérieur. Me martèle le crâne au marteau-piqueur. Je suis à la fois ici et si loin déjà. Partout et nulle part. Le temps m'a oublié. Je reste là. Indifférente. Stoïque. Droite. Fière. Ce n'est jamais qu'apparences. En réalité ... je crois que je viens de mourir une première fois.

    Là encore, j'ignore combien de temps vient de s'écouler. Quelques minutes? Une heure? Cinquante années? Elle finit par accrocher son regard au mien. Le charme est rompu. Je retourne dans le présent. Je suis prise de nausées. Je refuse de le montrer. Je mords sur mes dents. Ce n'était rien de plus qu'un futile moment d'égarement. On ne m'y reprendra plus. ELLE ne m'y reprendra plus.
    Sa voix est sèche. Elle claque l'air et lui refuse son écho. Le véritable message est plus que sous-jacent. Elle exige une réponse qu'elle n'est même pas capable d'attendre. Elle enchaîne sans même prendre la peine de l'écouter. C'est tout ce qu'il me faut pour reprendre ce rôle qui est mien. Mon être tout entier semble se reconstituer. Je l'observe de mon air dédaigneux. Non pas parce qu'il l'est, mais bien parce que c'est ce que tu en fais. Tu veux voir en moi la sorcière de tes cauchemars? Qu'à cela ne tienne. Mais n'espère pas écoper du rôle de la charmante princesse. Tu ne vaux cla(i)rement pas mieux que moi.

    Sa deuxième requête n'est que foutaises. Enrobage de miel et de fiel dans le but utopique de faire disparaître le goût putride qui s'y cache. Désolée de te le dire ma chérie, mais tu as lamentablement échoué. Tu aurais pourtant pu arriver si loin en moins de mots encore. Quel dommage que tu t'évertues encore et toujours à en salir trop pour ta si petite bouche. Tu as eu ta chance. Tu l'as laissé partir. A moi maintenant. Observe. Et apprends.


>> Non.

    Le mot est impérial. Unique. Claquant. Il répond à tout ce qui a été demandé ou doit encore l'être. Il est royal. Il est concis. Il est tout ce que toi tu voulais me dire, mais n'a jamais trouvé à l'exprimer. C'est pourtant facile. Regarde comme moi-même j'en use et abuse jusqu'à plus soif.


>> Ton bureau fera amplement affaire.

    Moi non plus je n'attends pas ton bon vouloir. Je te dépasse et pénètre ton petit coin de paradis. Ou du moins l'image que tu dois en avoir. Peut-être que si je t'avais enfanté plus tôt, tu aurais pu comprendre qu'il ne ressemble en rien à l'idylle que moi je m'en fais. Je me demande vaguement d'où me vient cette odieuse pensée. Je décide de la rejeter. Je secoue à peine la tête et là voilà déjà enterrée. Il est évident que s'il n'y avait pas eu de toi, on n'en serait pas là aujourd'hui.

    Je n'attends guère ton invitation absente pour prendre place sur la chaise prévue à cet effet. C'est vraiment miteux par ici. Mais on a déjà dû te le dire je présume. J'observe ton propre emplacement, toujours vide. Je n'attends pas d'entendre la porte se refermer dans ton dos. Tu voulais des réponses? A quoi beau attendre plus longtemps. Aboule!


>> Ma fille a disparu.

    C'est le même discours, t'inquiète je sais. Laisse-moi au moins finir, veux-tu.


>> Puis soudainement elle est réapparue.

    Quel scoop n'est-ce pas. Même si ça aussi tu le savais déjà.


>> Elle doit être déçue par ce qu'elle a trouvé.

    Une mère qui n'a toujours pas réussi à l'aimer.


>> Mais je te lui pardonne.

    Quoi? Que dis-tu? C'est l'hôpital qui se fout de la charité? Mais détrompe-toi ma chérie. Ne vois-tu donc pas? Envers et contre tout, je t'aide à entretenir cette haine et cette rage sourde qui bouillonnent et bouillonneront toujours en toi. Oh non, ne me remercie pas. Je viens à peine de commencer.



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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Mer 29 Juin - 8:15
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« Non. » Non, évidemment. Des fois, Clare se demandait si c'était aussi simple que ça, si pour obtenir quelque chose de Narcisse, il lui faudrait demander l'inverse de ce qu'elle voulait, puisque sa mère s'échinait à lui donner ce qu'elle ne voulait pas. Au lieu de quoi, évidemment, Narcisse prit possession des lieux. En deux secondes, et quand bien même c’était comme regarder une princesse s’installer dans un bouge pourri où elle n’oserait rien toucher de peur de choper une saloperie, elle en devint la propriétaire. Comme si, qu’elles soient à la morgue, dans son royaume, ou ici, le royaume de sa fille, cela ne changeait rien, au final, tout lui appartenait, tout ce qui concernait Clare de près ou de loin lui appartenait, comme si Clare elle-même lui appartenait et donc, par extension, tout ce qui l’approchait. Le rush d’adrénaline dans ses veines commençait à se retirer et la Changelin tituba jusqu’à son bureau, hésitant à s’y asseoir, parce que sa mère n’était pas une cliente, ça non. Ni la sienne, ni celle de Nemed, certainement pas celle de Nemed. Tout à l’heure, et c’est pour cela qu’elle a senti tout son corps se raidir et toute ses sens exploser, elle avait vu, elle avait senti, réaction épidermique, ce que le simple échange de regards entre son ex-mari et elle avait généré chez sa mère. Et elle s’en mordait encore les doigts en cette seconde. Clare, pauvre conne ! Attirer l’attention de Narcisse sur quelque chose, c’était forcément attirer des ennuis à ce même quelque chose, ou en l’occurrence, à cette personne. Enfant, peu de ses rares jouets ou peluches, auprès desquels elle tentait de trouver du réconfort, avaient survécu aux colères maternelles.

Mais à la peur fulgurante de Clare, à sa terreur, même, Narcisse avait répondu par un moment de flottement comme sa fille lui en avait peu connu. De sorte qu’elle ne savait à présent ce que ce bref échange à trois aurait comme conséquences. Une chose était certaine : dès que Narcisse s’en allait d’ici, Clare irait trouver son ami et lui dirait tout, pour qu’il se prépare, qu’il se protège, qu’il soit prêt au pire. Ce serait criminel de sa part de ne pas l’encourager à prendre cette menace au sérieux. Mais à présent, voilà, elle était là. Assise toute raide sur sa chaise, le regard de nouveau méprisant et moqueur, la situation bien en main, et Clare aimait mieux ça, en vérité. Son avis sur la déco, elle s’en fichait bien. C’était Elatha qui avait déniché cet endroit et Esras qui le gérait au quotidien. Clare n’était qu’une employée et elle se foutait bien de l’endroit où elle travaillait. Finalement, sans même y penser, elle grimpa sur son bureau face à sa mère, s’y assit en tailleur et la regarda. Des pics de souffrance la traversaient, chauffés au fer rouge. Papa, papa, papa. Avec le recul elle savait, et avait douloureusement conscience que Narcisse elle-même savait, que c’était ridicule. Ridicule pour elle de pleurer un total inconnu, de pleurer une simple image, une création de toute pièce issue de ses souffrances et de ses désirs enfantins. Elle avait eu le temps de calmer sa peine, de porter le deuil, mais revoir sa mère réveillait ces émotions intenses et glorifiait en même temps l’aberration que cela représentait. Eh bien, tant pis.

Pas de photos, pas d’objets personnels, rien d’accroché aux murs grisâtres. Il n’y avait que ses étagères de livres et de dossiers en vrac, ses stylos, ses appareils photos, ses pellicules, ses feuilles volantes, ses fringues, parce que parfois elle dormait sur place. Sauf qu’elle vivait juste au-dessus, et cela, pas question de le dire à sa mère, quand bien même maintenant qu’elle l’avait retrouvée ici, cela n’avait plus d’importance. Elle vivait au-dessus, avec Nemed, comme du temps où ils étaient mariés, si ce n’était qu’ils faisaient chambre à part, évidemment. Souvent, du moins. Et Clare attendait, les yeux baissés sur sa mère, légèrement en-dessous d’elle et qui pourtant l’étouffait déjà de sa seule présence. Enfin, celle-ci parla. Clare haussa les épaules, attendant la suite. Elle avait disparu. Elle avait réapparu. Et puis la chute, savoureuse : sa mère lui pardonnait. Clare inspira doucement, laissant le silence planer entre elle. Elle envisagea de rentrer dans son jeu, finit par renoncer.

— Qui a besoin de ton pardon, toi ou moi ? Je suis là, c’est vrai, mais je ne suis pas là pour toi. Ou pour cette île, ou pour les Feys. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais encore à Londres à vivre ma vie, et pas la vie de cette fille dont tu parles et que je ne suis plus.

Parce que, vraiment, était-elle encore la fille d’Essus ? Par le sang, par la chair, par les apparences, par l’histoire et par les traumatismes, oui, et ça faisait beaucoup. Si elle mentait, c’était aussi à soi-même, et donc ce n’était pas vraiment un mensonge. Sa voix tremblait légèrement à l’approche de toutes ces vérités que soudain elle avait envie de jeter au visage de sa mère, mais à quoi bon ? Pour qui, et pour quoi ?

— Je ne te pardonne pas, moi, et je ne crois pas que je vivrai assez longtemps pour y parvenir. Mais j’imagine que vivre éternellement en sachant cela pendant que je serai rendue à Danu en poussière ne te fait pas peur.

Avait-elle seulement peur de quelque chose ? Bien sûr, probablement, mais il s’agissait de choses qui ne concernaient pas Clare, qui échappait à son contrôle, à sa connaissance, à son imagination même. Pensée rassurante, tout de même, soudain, brutale et effrayante, aussi. Elle n’était vraiment rien, elle qui mourrait dans quelques décennies, qui ne serait que de passage dans la vie infinie de sa mère, sa mère aux proportions épiques et immortelles.




 
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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Jeu 30 Juin - 8:04
    Cette pièce est d'une banalité affolante. Aucune fioriture aux murs. Aucune photo horriblement sentimentale sur le bureau. Aucun objet en total décalage avec le sérieux (vraiment?) de cette agence de pacotille. Même moi je possède plus de bricoles dans mon espace de travail. Et encore, cette fleur mécanique n'est autre que le cadeau de bienvenue improvisé par ce cher Charles. Pourquoi est-ce donc si vide dans ton propre cercle d'intimité? N'est-ce donc pas ici que tu passes le plus clair de ta vie? Etait-ce seulement en prévision de cette rencontre inévitable? Craignais-tu donc que je découvre autre chose que la peur pour régir ta vie? Voyons Clare ... est-ce vraiment là le peu d'estime que tu as pour moi?
    Oh non, garde cette information pour toi. Je connais d'ores et déjà la couleur de la réponse. Le parfum de tes seules pensées. Est-ce que je t'en veux pour autant? N'écoutes-tu donc vraiment pas? Je viens de confirmer que tu étais toute pardonnée.

    Oh bien sûr je me doute que cela t'importe peu si tout simplement pas. Tu confirmes d'ailleurs assez rapidement cette évidence. Je me contente de te regarder. De t'observer. En silence. J'absorbe tes mots. Je me laisse enduire de reproches par ta si jolie voix. Tu sembles avoir pris goût à m'aborder ainsi. Je laisse couler. Tu sembles déjà lasse. Pourtant nous venons à peine de débuter. Est-ce donc là le peu de hargne que je t'ai léguée? As-tu déjà abandonné? Tu baisses bien trop rapidement les bras. Le doute quant à tes réelles origines est permis. Es-tu seulement ma fille? Outre de chair et de sang, je ne retrouve en toi rien de moi. Pas la moindre particule. Pas le moindre soupçon. Un murmure peut-être? Ou seulement autrefois. Non ... décidemment tu as dû tout prendre de ton père.

    Cela inclus cette vulgarité apparente dont tu fais preuve juste là, en face de moi. Préférant le bureau à la chaise. Me toisant de haut, mais uniquement au degré physique. Je ne me laisse pas impressionner par autant. Serait-ce la présence de cet autre fey dans ces locaux qui te dérange? Qui te chiffonne? Qui est-il Clare? Et, plus encore, qui est-il par rapport à TOI? Je ne veux pas le savoir, non. Je le dois. Tu sais que je parviens toujours à mes fins. A ma faim. Je finirai par découvrir, quitte pour cela à lui arracher la confession de mes propres doigts. Vois comme tu t'apprêtes à le faire souffrir. Vois comme tu n'es qu'égoïsme et hypocrisie à l'encontre de cet homme qui semble pourtant tellement compter pour toi. Ta haine envers moi dépasserait-elle donc tous tes autres repères? Te flouerait-elle la vue au point de ne plus discerner l'unique phare qui continue à brûler dans le noir? J'ignore si je dois m'en féliciter ou, au contraire, m'en dédouaner. Je t'ai pourtant laissée vivre ta vie pendant toutes ces décennies ma chérie. Alors que pourrais-tu bien me reprocher? D'être coincée ici tout comme toi? De vivre ma vie sans forcément chercher à y insérer la tienne? Je te renvoie cette même question mon ange ... qui a véritablement besoin de ton pardon?

    Tu devrais cesser de reporter systématiquement tes propres échecs sur moi. Je ne suis en rien responsable de ta présence sur l'île. D'ailleurs pour te prouver à quel point cette situation me désole, je t'offre même l'équivalent de ta propre confession:


>> Si ça n'avait tenu qu'à moi, je serais toujours en Alaska.

    A oublier que j'ai une fille. Cette partie-là je la garde pour moi. Elle te ferait bien trop jubiler. C'est un privilège qui se mérite. Et jusqu'à preuve du contraire, tu ne fais strictement rien pour.
    Tu vois bien, nous n'étions pas faites pour nous recroiser. Le destin, le hasard ou nomme-le comme beau te semblera; en a pourtant décidé autrement. S'il y en a un ici présent qui mérite ton châtiment, tu n'as qu'à t'en prendre à lui. Maintenant cesse de jacasser ainsi et aie au moins la décence de te tenir droite. Tu ressembles vraiment à ... un humain.

    Je réprime le rictus de dégoût que cette image m'inspire. J'aurais pu te comparer à ton père, mais cela aurait été une insulte à sa mémoire. Ce n'est pourtant pas l'envie qui m'en manque. Mais quelque chose me dit que cette vérité est encore pire. Je pourrais peut-être la partager avec toi ... juste histoire de t'assurer que ton cœur n'a pas encore fini de sueur. Toi qui pense avoir la science infuse à mon égard, comme il est pathétique de te voir patauger ainsi dans la fange. Et pour quoi au final? Rien de plus que ma totale indifférence. Il est vrai Clare, tu aurais dû rester à Londres et te morfondre parmi les insectes. Au pays des Dieux, il n'y a guère de place pour les nuisibles.


>> Je consens à te laisser tranquille. A garder pour moi la petite fille que tu n'as jamais réussi à être été et à rendre la liberté à celle que tu crois être devenue.

    Oui mon ange "CROIRE". Tu m'as bien entendue. Inutile de le prendre pour toi, la nature est ainsi faite. Nous allons et nous venons. Veni. Vidi. Vici. Et puis un jour, nous cessons tout simplement d'exister. Le souvenir de notre risible passage sur terre s'effrite de la mémoire des autres. Pourquoi crois-tu qu'autant de feys tentent de marquer l'histoire de l'homme? Ce n'est jamais rien de plus que la crainte incommensurable de l'oubli. Tu remarqueras, par ailleurs, que mon propre pseudonyme n'y a jamais figuré. Que je n'ai en rien aspiré à l'y insérer. Je me suis faite discrète. J'ai traversé les âges sans laisser la moindre trace. Mais je suis certaine que tu ne t'es même jamais posée la question ... Et après c'est moi qu'on traitera de mère indigne.


>> Il te suffit pour cela de répondre à une petite question.

    Une dernière condition. Bien sûr. Comment aurait-il pu en être autrement? Si j'avais ouvert la porte de ta cage dorée sans exiger la moindre contrepartie, tu aurais été la première à me l'imposer. Alors je vais te rendre la tâche d'autant plus facile. Tu ne veux plus de moi? D'accord.
    You should be more careful what you wish for darling.


>> Quel nom comptes-tu emprunter, maintenant que celui de Gray-Haddler n'est plus tien à porter?

    Ne jamais sous-estimer l'instinct maternel petite fille. Tu as probablement dû entendre parler de ces mères capables de soulever un camion à la seule force des bras pour sauver l'enfant écrasé tout en dessous. Une puissante impulsion d'adrénaline à l'état pur. Il s'agit là de femmes humaines. Dès lors, imagine un peu si elles avaient été immortelles.
    Puis, si tu sors de ma vie ... il me faut bien quelqu'un pour combler le poste vacant laissé dans mon cœur meurtri ... non?



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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Jeu 30 Juin - 22:04
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En Alaska ? Clare haussa les sourcils. Elle n’avait aucune idée de ce dont sa mère parlait, mais ça ne l’étonnait qu’à moitié. Narcisse avait déjà vécu mille vies et n’en était encore qu’au début, c’était le lot des immortels. Tous se traînaient alors une existence bien trop vaste pour entrer dans son entièreté dans celle des « gamins » comme Clare. Il n’y avait que les Sidhes qui comprenaient les Sidhes. Ils avaient connu les temps anciens, les rois d’antan, les guerres reléguées au rang de mythe dans l’esprit des plus jeunes. Et ça allait probablement au-delà de simplement avoir vécu les mêmes temps, c’était un ressenti, une vie, un tout. Au-delà de ça, si ça n’avait tenu qu’à Clare, du coup, elle aussi aurait préféré que sa mère reste en Alaska, peu importait sa raison. Mais bon, personne ne lui demandait son avis. Et à part ça ? Eh bien, à part ça, Narcisse consentait. Clare eut presque envie d’éclater de rire, mais ça aurait été le rire hystérique d’une personne à deux doigts de faire une grosse bêtise, peu importait laquelle. Narcisse consentait comme si elle avait encore un droit quelconque sur Clare, comme si Clare elle-même était venue sur Ellan Vannin pour une seule chose, sa bénédiction. Bien sûr, dans son esprit monomaniaque, sa fille se fourvoyait. Elle ne savait même pas dans quoi, mais elle en était sûre : Clare avait passé cinquante ans à rien foutre, ou du moins à se gourer, de qui, de quoi, peu importait, c’était une simple évidence. Il le fallait, pour qu’elle continue de se sentir supérieure, qu’elle trouve encore et toujours des raisons de la piétiner par ses mots, par ses regards, même en pensées. Et ainsi donc, voilà qu’elle se montrait bon prince, encore un peu et elle se ferait sanctifier. Elle consentait à blabla. D’accord. Clare mourrait d’envie de répliquer, encore et encore, coup pour coup, exactement comme elle ne savait pas le faire avant, avant de partir, de grandir et de vivre vraiment. Mais elle se rendait compte, au bout de cette seconde entrevue avec Narcisse, à quel point c’était vain. Ses épaules s’affaissèrent, elle grimaça.

— Merci, alors, pour ton consentement.

Nul besoin d’en rajouter, n’est-ce pas ? C’était risible. Et terrifiant à la fois. Terrifiant, à quel point sa mère ne verrait, ne saurait, ne voudrait jamais comprendre qui était sa fille. Clare, à force, ne savait plus si c’était qu’elle s’en fichait, si c’était de la haine, si c’était de l’amour tordu, et elle n’avait plus ni la force ni la volonté de s’en préoccuper. Dans son cœur, le besoin de lui plaire s’était rabougri depuis longtemps. Face à elle, la créature n’avait pas changé, à ses yeux, comme une statue qui l’aurait effectivement attendue plus ou moins sagement. Bien sûr, en quelques phrases, elle lui enlevait ses victoires, annulait ses acquis, rendait ces cinquante dernières années obsolètes, en quelque sorte. Enfin, seulement si Clare la laissait faire, mais justement, elle ne pouvait pas se défendre contre ça. Lui raconter tout ce qu’elle avait vécu ? Parce qu’elle en avait vécu, des choses. Elle en avait fait, des rencontres, elle avait aimé plus que sa vie, avait appris tant de choses, s’était attachée à certains, en avait haï d’autres, avait frôlé la mort quelque fois, avait remporté son lot de petites victoires et de grands succès. Et oui, elle aurait voulu pouvoir raconter tout cela à sa mère, la voix tremblante d’excitation, suspendues aux lèvres maternelle à la recherche d’un sourire, d’un mot d’admiration, ou même, d’une lueur d’intérêt dans ses yeux. Mais de tout cela, il n’était pas question avec cette femme qui lui faisait face. Et qui la réduisait à rien, à une virgule mal placée sur la page sans intérêt du grand livre de sa vie, sur laquelle on bute à la lecture et qui dérange, un peu, mais dont on se fout, finalement, parce qu’on est déjà passé à autre chose. Et Clare, parfois, se sentait prête à laisser ça derrière elle. Elles pouvaient bien toutes deux vivre en bonne harmonie, non ? Sans se parler, sans se regarder : comme si elles ne se connaissaient pas. Mais non, apparemment non. Sa mère parlait, posait des questions, faisait semblant de ne pas comprendre, peut-être, qu’elle était comme ci, qu’elle était comme ça, que ça ne la regardait plus, et que de toute façon, qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Mais ça lui faisait quelque chose. Il y avait peut-être un besoin malgré tout, pour elle, de garder Clare sous son emprise, et Clare, stupide Clare, qui s’accrocher à cette hypothèse comme une naufragée à son bout de bois…

Mais voilà, elle consentait. Est-ce que ça changeait tout ? La Changelin en doutait, malgré tout, elle se raidit, attendant le coup, qui serait forcément bas, et quand sa mère posa sa question, effectivement, ce fut comme une lame la manquant de peu. Malgré tout, et bizarrement, c’était une question légitime. Qui laissait entendre que Narcisse savait ce qui unissait, ou mieux encore, ce qui avait uni, Nemed et elle. Certes, leur nom était sur leurs portes respectives. Cependant, comment savait-elle que ce nom n’était plus sien ? Allez savoir. Peut-être un coup de bluff. Clare lança un regard vers le mur, là où, plus loin, se trouvait le bureau de l’homme de sa vie, en quelque sorte, et de nouveau, elle se sentit apaisée.

— Je n’ai aucune raison d’en changer pour le moment. Il représente une forme de bonheur, ce nom, pour moi. Je le lui rendrai le jour où il me le demandera.

Et pour l’heure, il ne l’avait pas fait. C’était elle qui l’avait « quitté », et lui qui n’avait pas accepté ce divorce. Si ce n’était qu’il commençait à l’acceptait, justement, et qu’un jour, son Grand Amour réclamerait ce nom, et Clare le lui laisserait, avec un pincement au cœur, évidemment, mais avec joie si cela faisait sa joie à lui. Et ensuite quoi ? Ensuite elle verrait.

— Souhaiterais-tu que je porte ton nom ? Ou celui de mon père ? Quelle importance, de toute façon… Les noms ne sont plus grand-chose, pour les Feys.

Elle haussa les épaules, de nouveau, s’attendant à moitié, comme par réflexe, à recevoir sa griffe dans la figure, tant cela devait l’agacer. Elle posa ses coudes sur ses cuisses et son menton dans ses mains, dardant son regard clair sur sa mère.

— As-tu jamais été mariée, toi ?

Forme d’abandon à l’instant présent, Clare se laissait aller à la curiosité. Peut-être était-ce parce qu’elle se sentait plus adulte, plus sûre d’elle. Plus à même de se défendre, ou pas. Pu peut-être était-ce parce que sa mère lui avait donné l’impression de la libérer d’elle – une idée incongrue, à laquelle Clare ne croyait pas et qui, cerise sur le gâteau, lui paraissait vertigineuse, au sens négatif du terme. C’est que même le malheur devient un doudou familier, à la longue. Est-ce qu’une fille pouvait se passer de sa mère ? Est-ce qu’une mère pouvait ne jamais avoir aimé un homme ? Est-ce que Clare connaissait sa famille ? Certes non – aux trois questions.




 
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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Mer 6 Juil - 8:09
    MERCI.
    Si vulgaire.
    Si facile.

    Cinq lettres que ta bouche me sert là sur un plateau d'argent. Tu courbes limite l'échine. Ta tête s'affaisse dans tes épaules. Tu ne tentes même pas de lutter. Encore moins de répliquer. Tu me glorifies d'une victoire futile. Superflue. Tu masques à peine ta résignation. Tu n'es clairement pas la fille que j'ai laissé filer. Tu n'es assurément plus MA fille.
    Te voir ainsi me dégoûte. Me répugne. Je n'en laisse pourtant rien transparaître. Tu ne le mérites pas. Plus. Jamais. Un jour peut-être. Pour cela faudrait-il encore que tu sois consciente de l'aberration que tu représentes désormais à nos yeux. De l'humiliation gratuite que tu offres ainsi en pâture. Mais peut-être est-ce tout simplement cela que tu cherches à faire. Que tu cherches à m'arracher. Je ravale ma fierté et porte sur moi. Au final, je n'aurais peut-être pas dû te laisser aller. J'aurais peut-être dû la refermer à clé, cette porte scintillante de ta cage dorée.

    Dès lors ma question tu la mérites. Qu'elle te gifle donc la face. Qu'elle te griffe les sens. Peut-être arrivera-t-elle à te faire réagir. Ou pas. Tu es devenue tellement lasse de cette situation que je me demande seulement ce que je suis venue faire ici. Qu'est-ce j'espérais donc y trouver? La fille que j'ai abandonné jadis ... ou la femme que tu étais censée devenir en absence de mon intoxicante (omni-)présence? Fait est d'admettre que tu as échoué sur les deux tableaux Clare. Aurais-tu été plus "heureuse" en restant à mes côtés? Nous connaissons toutes deux l'unique réponse à cette question qui relève plutôt de la rhétorique. En aurais-tu pour autant souffert? Va savoir, toi qui n’as jamais consenti à essayer.

    Ton regard qui se détourne. Ses pathétiques ersatz d'étoiles au fin fond de tes prunelles. Quand bien même il ne s'agissait que de suppositions de ma part, tu viens à l'instant de les confirmer. Comment je sais? Comment j'ai su? Là encore tu n'es qu'insolence à mon égard jeune fille. Avant d'être une mère, je suis également une femme. Qui plus est, tu as tendance à renier certains faits. Qu'à cela ne tienne, tu n'étais pas encore née à l'époque. Tu n'étais même pas encore en cours de conception. Du moins ...
    Mais passons. Cela t'importe si peu de connaître mon propre parcours alors pourquoi seulement y gaspiller nos précieux mots? Tu n'attends que cela. Que je me lève et que je parte. Que je donne confirmation à mon consentement. Pour cela il te suffit d'un mot. Ou deux. Selon ton bon vouloir. La réponse en soi, je m'en moque un peu. Mais ça ... tu le sais déjà non?

    Tes mots dégoulinent librement d'une substance mielleuse et collante. Regarde-toi, bercée dans un monde de nostalgie. Évoluant dans une utopie passée. Pourquoi l'avoir jarté s'il te donnait pourtant tout ce auquel tu aspirais? Comment je sais que c'est toi qui as fauté? Est-il vraiment nécessaire de me poser cette question? Devinette. Je pourrais, il est vrai, chercher. Creuser. Triturer. Encore une fois je te le demande: pourquoi? Pourquoi m'abaisserais-je à ce niveau que tu continues, bien malgré toi, à m'imposer? Pourquoi s'obstiner à tourner le couteau dans la plaie? Pourquoi ne peux-tu tout simplement pas te faire à l'idée qu'il m'aurait été plaisant de t'apprendre heureuse? De nous deux, ma chère Clare, il n'y a jamais toi qui me dépeint pour le monstre que je ne suis pas.

    Tu enchaînes avec une question. L'est-elle vraiment? Je ne réagis même pas à telle absurdité. Connais-tu seulement mon véritable nom? As-tu jamais cherché à le découvrir? Qui étais-je donc avant la chute des royaumes? Qui ais-je jadis été avant d'être réduite à celle que je suis aujourd'hui? Celle que tu connais. Ou du moins, celle que tu te persuades de connaître. Il serait peut-être temps que tu retires tes œillères petite fille ... qu'en penses-tu?
    Quant à porter le nom de ton géniteur, après tout ... pourquoi pas? C'est ce que font les humains non? Toi qui te fais un point d'honneur à ramper inlassablement à leurs pieds, qui suis-je donc pour t'en empêcher? Là encore je reste muette face à ce semblant de provocation. Qu'espérais-tu? Me faire sortir de mes gonds? Attiser un feu jamais éteint? J'ai accepté de te rendre ta liberté, qu'attends-tu donc de plus de ma part? Un cadeau d'adieu? Des larmes de chagrin? Un rire sinistre pour confirmer tes suppositions diaboliques? Tu ne mérites pas tout cela ma chérie. Je devrais juste me lever et m'en aller. Oui. Je le devrais.

    Tu te penches vers moi. Les paumes de tes mains pour épouser ton si doux visage. Diable que fais-tu? Renouer les liens? Tenter d'effacer le passé? Tabula rasa et ainsi soit-il? LOL
    Laisse-moi rire Clare. Tu n'as rien compris et n'aspire aucunement à le faire. Alors pourquoi continuer? Pourquoi persévérer? Pour m'énerver? Pour m'exaspérer? Désolée mon ange, c'est peine perdue. Tu as eu ta chance. Tu m'as craché au visage. Contente-toi désormais de regarder la bave couler sur ma totale indifférence.

    J'ignore comment interpréter cette forme de curiosité déplacée. De plus, ton terme est bien trop vague. Est-ce que tu parles de ce sentiment de totale béatitude? De bonheur suprême? De delirium sensoriel? Celui où toutes tes pensées ne sont accaparées que par une seule et même entité? Cet état second où tu respires, aspires et ne soupires qu'à travers cet autre que tu n'es pas? Cet autre pour lequel tu serais prête à donner ta vie tout à coup si insignifiante? Cet autre pour lequel tu serais à damner jusqu'à l'essence même de ton âme?


>> Qu'est-ce qui te fais dire que je ne le suis plus?

    Tu sais Clare ... même les monstres ont un cœur. Ils s'efforcent simplement de bien le dissimuler. De l'entourer d'une carapace de pierre. Ou serait-ce du marbre? Même le plus fervent des diamants finit tôt ou tard par se fissurer. Il est d'autant plus difficile à le recoller. Mais comment pourrais-tu seulement le savoir? Toi qui n'abrite en ton centre rien de plus que l'équivalent d'un marshmallow détrempé. Toi qui ne vois que ton propre bonheur et l'obstacle que je représente à son encontre. Aurais-tu donc oublié que sans moi, jamais tu n'aurais découvert tout cela?


>> C'est l'absence de collier d'alliance qui te fait croire ça?

    Futile mercantile. Marchandise facile. Ta bague de pacotille n'est jamais que extériorisation absurde et superflue que l'homme impose à son amour. Les feys n'ont jamais eu besoin de s'encombrer de telles fioritures pour clamer leur allégeance. Pour se conforter dans leurs choix. Danu. Lizabeth. Terra. Nomme les comme beau te semblera. Toutes trois font entièrement partie de moi. Toutes trois vivent et respirent à travers moi. Elles ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Ce que je vie. Ce que je pleure. L'amour n'est pas un terme propre à l'humain ma très chère fille. Il enrobe le tout et fait de nous ce que nous sommes voués à devenir. Est-ce que cela te choque? Est-ce que cela fait de moi une paria? Une recluse? L'exception qui confirme la règle? Détrompe-toi. J'ai connu ce que tu as vécu. J'en ai même été instigatrice première. Et cela a de - trop - nombreuses raisons. Ma première main de pouvoir n'a jamais été celle de la fertilité sais-tu. Elle n'est autre que secondaire. Complémentaire. Dans le passé, j'ai été celle qui bénissait les unions. Celle qui matérialisait le bonheur. J'ai donné naissance à la vie. J'ai donné naissance à l'amour.
    Douce ironie du sort n'est-ce pas ... quand on sait combien de siècles j'ai dû moi-même patienter avant de mettre au monde un enfant qui ne m'aime pas.


>> Quand bien même, qu'est-ce que cela peut te faire ? Ce n'est pas comme si cela changera en quoi que ce soit l'image que tu as de moi.

    Le fait de savoir que l'anatomie est constituée de telle manière à pouvoir abriter un cœur ne signifie pas forcément que la cavité est occupée ... n'est-ce pas mon ange?


>> Non, laisse tomber. Cela n'a aucune importance.

    Mariage ou pas mariage, mon cœur est déjà pris. Est-ce là ce que tu veux m'entendre dire? A quoi bon clamer une vérité que tu connais déjà? Pourquoi irais-je enfoncer le couteau plus profondément encore dans la plaie? Il semblerait que tu fasses cela très bien toute seule.


>> Sinon, tu l'aimes ce job?

    Fouiller dans la vie, au final pas si privée que ça, des autres. Résoudre des petits quack de voisinage. Chercher à retrouver des gens qui n'ont assurément pas envie de l'être. Scruter des mirages. Pourchasser des fantômes. Est-ce que je devrais être fière de ce que tu as accompli ma chérie?


>> Tu as peut-être une petite anecdote croustillante à me raconter? Une enquête qui t'a marquée plus que les autres. Un fait divers qui est resté accroché à ta mémoire. Une rencontre loufoque inoubliable. Ou tout simplement un événement marquant de ton histoire que tu aurais aimé partager avec moi au moment des faits?

    Que tu le veuilles ou non, je reste ta mère Clare. Alors non, à ta naissance je n'ai pas cessé d'exister. Je n'ai pas arrêté de respirer. J'ai continué à vivre la vie que je menais. Et nous savons toutes deux que c'est bien ça le seul mal que tu me reproches.



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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Jeu 7 Juil - 21:53
Being a mother is an attitude, not a biological relation.

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C’était comme vivre une tragédie grecque. Plus elle essayait d’éviter les ennuis et plus elle se les prenait en pleine figure. Elle était revenue sur cette île en traînant des pieds et en étant bien décidée à ne pas croiser Narcisse, et elle lui était tombée dessus à la morgue. Elle avait voulu que sa mère ne sache rien de ce qu’elle faisait ici et elle la retrouvait plantée au milieu de son agence de détective. Elle avait voulu que jamais sa mère n’apprenne l’existence de Nemed et ce qu’il avait été pour elle et elle l’avait deviné. Il faut dire qu’à ce stade, Clare avait un peu lâché l’affaire. Une fois que Narcisse saurait tout d’elle et de ces années passées à Londres, peut-être qu’elle serait lassée et se détournerait de sa fille, comme ça. Parce que sa fille ne l’avait jamais vraiment intéressée autrement que pour lui reprocher quelque chose, jusqu’au moment où elle ne voulait plus rien lui reprocher par manque d’intérêt total. C’était bien là le plus fatiguant pour Clare, ce va et vient constant de sa mère qui un jour la haïssait, un jour ignorait jusqu’à sa seule présence physique, puis le lendemain tentait de se débarrasser d’elle, puis la méprisait du regard comme on regarde un grain de poussière sur une étagère. Difficile, dans ces cas-là, de la contenter, ou au contraire de lui dire ces quatre vérités. Tenter de lui plaire un jour où rien ne lui convenait était peine perdue. Tenter de la renier, de la repousser, de la haïr, un jour où elle se fichait totalement de son existence était inutile. Et Clare savait depuis longtemps que sa haine était la sienne, qu’elle lui appartenait, qu’elle vivrait avec toute sa vie sans qu’elle ait la moindre incidence sur Narcisse, et qu’elle n’était pas prête à passer tout son temps à se battre contre des moulins jusqu’à son dernier souffle. Alors elle était partie. Et maintenant qu’elle était revenue, tout recommençait comme avant. Zéro évolution, situation figée dans le temps.

De sorte que Clare elle-même ne savait pas si poser une question personnelle à sa mère était un défi à ce supplice de Tantale, une fausse marque d’intérêt ou simplement l’envie d’obtenir une réaction, n’importe laquelle, autre que cette inconstance totale. Mais bien évidemment, fidèle à elle-même, Narcisse lui servi une réponse qui pouvait vouloir tout dire et son contraire. Clare choisit de croire qu’elle avait effectivement été mariée, et haussa les épaules en réponse à sa question.

— Je ne dis rien. Je n’en sais rien. C’est bien pour ça que je pose la question…

Pourquoi tout de suite la défiance, la moquerie ? Oh, certes, en cette seconde, Clare se faisait un plaisir d’afficher sa passivité, son manque d’intérêt pour cette question qui était en vérité une question comme une autre, comme elle aurait pu demander à sa mère quelle était sa couleur préférée ou la chanson qui la faisait toujours d’interrompre dans ce qu’elle faisait dès qu’elle l’entendait. Autant d’autres choses qu’elle ignorait sur elle. Elle baissa les yeux sur sa main, l’agita vaguement entre elles.

— Bien sûr que non. Je porte bien la mienne alors que je ne suis plus mariée. Ce n’est qu’un objet qui a autant d’intérêt que la valeur qu’on lui porte, et moi j’aime cette bague, mais ce n’est qu’une bague.

Les gens, en se mariant, s’échangeaient bien toutes sortes de trucs. Les objets ne duraient pas, les promesses non plus, l’amour encore moins, elle en était la preuve. Quant à sa mère, eh bien… Qui savait ? Pas elle, puisque encore une fois, Narcisse ne répondait pas vraiment à sa question. Elle avait essayé, au moins.

— Tu as raison, ça ne changera rien. Mais je pense qu’en la matière, je ne suis pas la fille de ma mère pour rien.

Elle se renversa en arrière sur le bureau, posant ses mains derrière elle, levant les yeux vers le plafond grisâtre. Merci, Esras, pour ce chef d’œuvre d’architecture. Toujours un plaisir de travailler pour la cause vampirique. Clare baissa de nouveau les yeux sur sa mère quand celle-ci lui renvoya l’ascenseur en termes de question absolument pas intéressée ni intéressante. Elle ne put s’empêcher d’afficher un sourire moqueur. Comme elles étaient drôles, toutes les deux, à tenter de se convaincre l’une l’autre de… de quoi ? Qu’elles pouvaient vivre en bonne intelligence ? La bonne blague.

— Oui, je l’aime. Aucune affaire ne se ressemble et les gens ont tellement de secrets qu’ils sont tous intéressants à fréquenter le temps d’une enquête. De toute façon je ne suis pas là pour les juger. Et en vérité j’aurais un millier d’anecdotes à te raconter, des dizaines de personnes à évoquer, dont des amis très chers et des ennemis mortels. J’aurais cinquante années à te décrire.

Mais ? Mais elle ne voyait pas dans quel monde cela pourrait intéresser Narcisse, autrement que pour lui permettre de la juger d’une façon ou d’une autre. Et puis ces années-là étaient les siennes. Du moins était-ce ce qu’elle croyait jusqu’à ce que Narcisse lui parle de son père. Elle avait cru que lui aussi lui appartenait, alors qu’en vérité… Elle se crispa et le moment passa, ce moment où elle avait songé à ces gens et ces choses en se demandant lesquels elle avait envie de raconter à sa mère, remplacé par la douleur et la colère.

— Le plus marquant pour moi ça a été de retrouver mon père, mais tu le sais déjà. Et vois comment ça s’est fini… Pourquoi, maman, après tout ce temps, et alors que tu n’as jamais voulu me parler de lui, tu es allée le voir ?

Ah, elle était là, probablement la vraie question, celle qui la rongeait de l’intérieur, celle qui se cachait sous les tas d’autres questions banales qu’elle avait eue envie de poser à sa mère. Et elle était sortie toute seule, avec autant de rage brûlante que de désespoir.




 
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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Lun 11 Juil - 8:46
    Tu crois probablement que cela ne m'intéresse pas. Que les mots s'alignent par habitude, si pas par lassitude. Que le point d'interrogation en fin de parcours n'est là que pour faire bonne figure. Que j'affabule. Que je bluffe. Que je teste. Que j'effleure les parois d'une barrière déjà fragilisée. A tes yeux mon verbe est très certainement synonyme de prison. De raison à défaut de trahison. Tu pèses le pour et le contre de chacune de tes éventuelles réponses. Qu'est-ce qui pourrait m'intéresser. Qu'est-ce que je pourrais utiliser par la suite contre toi. Qu'est-ce qui me renverrait une image de celle que tu n'es pas.

    Tu te poses bien trop de questions mon ange. Tu tritures tes méninges toute seule comme une grande. Tu as beau me rendre unique responsable de tout ton malheur, en quoi viens-je seulement de faire ombrage à ton honneur? Ta gestuelle en dit long sur tes seules pensées. Le battement de ton cœur qui se veut un tantinet irrégulier. Ce soupire à peine dissimulé. Je ne cherche pas à trouver la faille ma chérie, alors pourquoi me la proposer sur un plateau d'argent? Pourquoi me rendre la tâche si facile? Je n'en veux pas sais-tu. Mon intérêt à ton égard était honnête ... Mais peut-être est-ce justement là que le bât blesse.

    Tu as raison. Je n'ai pas à m'immiscer dans ton passé. Malgré la liberté jadis accordée, tu n'as jamais tenté de me retrouver. Tu ne m'as jamais écrit. Je ne t'ai très probablement jamais manqué. Ne serait-ce qu'un futile instant dans cette nouvelle réalité que tu as établi comme tienne. Je ne peux que t'en féliciter. Ta tante a fait un très bon boulot, je dois bien l'avouer. Oh oui mon cœur, ça aussi je le SAIS. Il incombe à une mère de veiller sur sa progéniture. Ne cherche pas à comprendre, cela viendra. Sauf bien sûr si tu n'en veux pas. D'enfants je sous-entends. Mais cela sera ton seul et unique choix. Ne m'y implique pas, veux-tu. Garde tes rêves brisés pour toi. A moins que vous ayez essayé et que ça ne fonctionnait pas. Est-ce pour cela que tu as quitté l'homme qui rend ta mine si déconfite? Le souvenir de votre union colle toujours à tes doigts comme tu n'hésites pas à me l'exhiber. Jalouse? Envieuse? A quoi bon? Je te l'ai dit non ... mon cœur n'est plus à prendre. Et le tien est brisé en mille morceaux. Tu veux de l'aide pour le recoller? Je ne crois pas non. Et assurément pas la mienne. Alors pourquoi me l'exhiber? Tentation? Provocation? Là encore ma chère fille, tu sembles en tout point te tromper de cible. Il n'a jamais été dans mon intention de te détruire de l'intérieur. Mais ça ... je sais bien que tu ne le crois pas.

    Ta réflexion m'arrache un sourire. Je n'en dévoile qu'une partie. Une légère plissure à même la pulpe de ma bouche. C'est bien la première fois que tu oses pousser le vice jusqu'à la comparaison. Est-ce que tu t'en rends seulement compte? Je ne relève pas l'info. Inutile de briser ce moment de fausse complicité. Je te laisse m'insulter. Si du moins on peut parler de tel. Cela ressemble plutôt à de la taquinerie facile. Attention jeune file, je pourrais croire qu'il y a du laisser-aller là. Non pas que cela me dérange, mais après tu oseras encore me le reprocher. Alors reprends-toi et continue à me blâmer. C'est ce que tu préfères faire non?

    Ton sourire moqueur est parfaitement charmant. Il colle avec brio à l'atmosphère à la fois pesante et décontractée qui règne dans la pièce. Je crois bien que c'est là une première pour nous. Cela fait plus de vingt minutes que nous nous trouvons ensemble dans un même espace clos et pourtant ... pas de cris, pas de menaces, pas de reproches. Ou du moins si peu par rapport à la règle générale que nous avons fini par appliquer. Est-ce pour autant plaisant? Je préfère ne pas émettre d'avis pour le moment. Parlons plutôt d'intéressant.
    Tes mots me viennent et caressent mon visage sans le griffer. Peut-être n'était-ce pas ton intention première, mais fait est d'admettre que tu sembles y prendre goût. Moi aussi. Un peu. Mais je ne suis pas prête à te l'avouer. Je garde mon appréciation pour moi. Rien ne transparaît sur mon visage tandis que les images viennent à moi. Tu pourrais me croire lasse de porter les apparences. Il n'en est rien. Elles sont comme une deuxième peau pour moi. Comme une mue continuellement grandissante, mais jamais changeante. Elles me collent depuis si longtemps que je peine à me rappeler de l'époque quand elles étaient absentes. Mais passons, mon passé ne t'a jamais intéressé. Parlons du tien, veux-tu.

    J'attends avec une pointe d'impatience la découverte de la scène que tu vas me découvrir. Lorsque tombe le verdict, je dois dire que je ne suis pas vraiment surprise. Je te laisse parler. Je te laisse me défigurer. Je me contente d'encaisser. D'avaler. Là encore j'ignore totalement ce que tu attends de moi. Que je m'enlise dans le mensonge? Que j'embellis la vérité? Que je traduise tes songes et non mes seules pensées? Tu es devenue bien vaniteuse ma chère Clare. Tellement égoïste. A l'aube de l'hypocrisie. Est-ce en cela que tu te persuades que nous nous ressemblons? Que nous sommes pareilles? Toi qui crois avoir évolué ... vois comme tu patauges dans la semoule et continues encore et encore à t'enfoncer.

    Je devine un sourire entre tristesse et compassion muer le dessein de mes lèvres. Je laisse le silence à peine oppressant s'installer encore quelques instants. Puis je finis par le lever. Lentement. Sans brusquer. Je me penche à peine vers le bureau. Ma main droite vient à nouveau envelopper l'os de sa mâchoire. Cela devient une habitude entre nous. J'ai même décidé unilatéralement de ne plus m'évertuer à lutter.


>> Dommage. Je croyais pourtant que tu avais fini par comprendre.

    Tout détective que tu es, je te pensais pourtant la première à réussir à découvrir ce qu'il en est. Cela prouve bien que j'avais raison depuis le début. Tu ne m'écoutes pas. Tu n'en as rien à faire de moi. Alors pourquoi continuer? J'en ai marre Clare. Marre de me ramasser des vents. Marre de passer pour la méchante de l'histoire. Marre de n'être pour toi rien de plus que le monstre de tes cauchemars. Tu as gagné. Je te laisse aller. Comme je l'ai fait par le passé. Sauf que cette fois-ci, ça s'arrête là.

    Je me penche à peine plus et vient déposer un chaste baiser à même ton front. Un effleurement à peine. Une caresse aérienne. Déjà je te relâche. Déjà je me retire. L'ersatz de sourire qui orne le pli de ma bouche est le seul que tu ne verras jamais de cette couleur toi. Rappelles-toi en. Grave-le dans ta mémoire. Outre Taranis, jamais personne encore n'y a eu droit.


>> Je te souhaite sincèrement de trouver ce bonheur auquel tu aspires ma chérie.

    J'ai encore tellement de choses à rajouter à cette simple phrase. Trop et à la fois pas assez. Alors je vais me contenter de cela. Prends le comme beau te semblera. Je m'en fous. Tu as décidé de me rayer de ta vie. Qu'il en soit ainsi fait. Pas de scrupule. Zéro regret.

    Je me retourne et me dirige vers la porte. Je n'attends pas que tu m’emboîtes le pas. Que tu fasses preuve de respect ou de retenu. Que tu me cours après pour une raison qui n'existe pas. Plus. Non, ne parle pas. Tu gâcherais tout. Ma main droite, celle qui porte encore la trace de ton parfum qu'il ne m'a jamais été permis d'oublier, se pose sur la poignée.

    Je t'aime Clare. Sache que je n'ai jamais voulu un autre enfant que toi.
    Le métal artificiel cède doucement sous la pression de mes doigts gantés. Le petit cliquetis résonne étrangement dans la pièce.
    Si je t'avais tuée, je crois bien que j'aurais pleuré ...



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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Jeu 14 Juil - 20:32
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Cela tenait à peu de chose, vraiment. Renoncer, abandonner, laisser tomber, tourner le dos, baisser les bras, prendre les choses comme elles venaient sans plus y prêter la moindre attention. Autant de concepts que Clare s’était imposé à coups de marteau. Il n’était plus temps de faire dans la subtilité, à l’époque. Il était temps de partir, tout simplement. C’était partir, ou c’était se noyer, se dissoudre, disparaître dans l’être tout entier qu’était sa mère. Vieux comme le monde, le coup de la relation mère-fille, évidemment. Mais Clare pouvait se vanter d’avoir poussé le concept jusqu’à l’extrême. Pas toute seule, évidemment. Jusqu’à sa mort, elle refuserait d’assumer l’entière responsabilité de ce cercle de l’enfer qu’était devenue sa relation avec Narcisse, et « cercle » n’était pas un vain mot. Elle avait l’impression de tourner en rond. Même là, en cette seconde. L’impression de ne pas avancer, de ne faire aucun progrès, ni d’empirer quoi que ce soit, d’ailleurs. Chez Narcisse : des moues, des regards débordant de choses, oui mais quelles choses ? Clare avait ce défaut ne pas être télépathe, définitivement, elle n’était pas parfaite, quelle déception. Elle se sentait spectatrice de ces instants en tête à tête sans qu’à aucun moment ne lui soit concédé le droit d’être partie prenante. Tandis qu’à l’inverse, face à elle, sa mère semblait tout savoir, même les choses qu’elle ne pouvait pas savoir, pas même deviner. Le monde selon Narcisse. Tordu, forcé, pour qu’il corresponde à sa vision des choses, comme un carré qu’il aurait fallu faire rentrer dans un cercle, et fi des outrages qu’on lui ferait subir en passant. Du temps où Clare voulait de toutes ses forces devenir un joli cercle, pour sa mère, cela n’allait pas. Maintenant qu’elle avait décidé de rester un gros carré bien moche, mais un carré quand même, cela n’allait pas. Peut-être qu’il aurait fallu qu’elle tente le triangle…

Serait-elle restée tout ce temps auprès de sa mère qu’elle aurait peut-être eu envie, oui, mais tout ce temps passé loin d’elle à se bâtir sa propre existence, à se libérer de son état de symbiote, lui avait fait prendre un sacré recul. Non ? Un peu quand même, si. Et comme de juste, sa mère se frayait un passage dans son âme comme un bulldozer, sans expliquer pourquoi, comment, dans quel but, ah, sa fille, si ignare, mais alors pourquoi ?? Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Clare en venait à croire que sa mère était en fait un genre de créature incapable de s’exprimer clairement, le genre introvertie qui pour prouver son amour des écureuils les empalait dans sa grange. Là, en cette seconde, au-delà des non-dits qu’elle balançait dans la pièce par ses battements de cils, des non-dits qu’elle refusait d’exprimer et que Clare était coupable malgré tout de ne pas entendre, elle donnait l’impression de vouloir, malgré tout, entretenir cette relation. Mais accepter cela, c’était se remettre en question soi-même. Clare ne voulait pas croire que sa mère veuille la récupérer, ce serait devoir s’avouer qu’elle-même n’en avait jamais vraiment fini avec elle non plus, ou pire, qu’elle avait encore besoin d’elle, ou pire encore, qu’elle avait toujours eu besoin d’elle. À ce stade, Clare aurait préféré la violence. Un coup, une blessure, tout le bâtiment sur sa tête, morte et enterrée. Là au moins, elle aurait été en terrain connu. Parce que pour l’heure, elle avait juste envie de saisir Narcisse par le col et de la secouer, de lui hurler d’énoncer clairement ce qu’elle voulait. Ensuite seulement, elles pourraient entamer des négociations. Parce que sinon, elle avait l’impression d’être au bout de la route. Tout glissait sur cette grande gigue Sidhe comme l’eau sur les plumes d’un canard. Enfin d’un cygne. Dans la famille, c’était plutôt Clare, le canard.

Le défi, c’était tout ce qu’il lui restait, et encore, pourquoi ? Par fierté, c’était tout. Une fierté qu’elle tenait de sa mère, sans aucun doute, mais même cela ne semblait pas faire sourciller la mère en question. Malgré tout, il fallait bien que Clare fasse quelque chose, dise quelque chose. Ou bien devait-elle se contenter de rester plantée là face à elle, les yeux fixes, sans plus rien dire, jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose ? Là encore, ça n’irait probablement pas… Et puis de nouveau, cette étreinte. C’était simplement la main de sa mère sur son visage, mais à chaque fois qu’elle faisait cela, Clare avait l’impression que c’était tout son corps que Narcisse enserrait. Sans réussir à savoir si c’était dangereux ou pas, si c’était une menace ou pas. Si elle appréciait cela ou pas. Oh, allons, qu’elle soit honnête : elle pourrait finir par s’y faire, ça oui. Comme un reflet dans le miroir, elle esquissa exactement le même sourire que sa mère. Même si dans ses yeux, c’était très différent : plus de détresse que de la morgue maternelle. Sa réponse lui échappa si bas qu’on aurait dit un souffle, comme une agonie.

— Comment veux-tu que je comprenne, maman ? Crois-moi j’ai essayé. Mais tu ne rends pas les choses faciles, j’espère au moins que tu t’en rends compte.

À croire qu’il se passait quelque chose. Mais ce n’était pas la première fois que Clare ressentait cela. Et chaque fois, elle avait subi un retour de bâton désagréable. Était-ce là le moment de pleurer, de lui demander un câlin, de… quoi ? Clare ne pouvait pas faire ça, trop d’années à se méfier des réactions incompréhensibles de sa mère, c’était gravé dans sa chair, au fer rouge dans son âme. Sa mère, glorieuse, voulait tout, tout de suite, quand Clare freinait des quatre fers et tentait vainement de ralentir le rythme, de remonter quelques secondes à la surface. Mais son dernier souffle lui fut arraché par le baiser de la mort maternel. Ou baiser de la vie, elle ne savait pas trop. Elle ne pouvait pas se souvenir d’une seule fois dans sa vie où les lèvres de Narcisse avaient touché sa peau. Autant dire que sous son crâne, ce fut la tempête. Champ de vision réduit, vertige, défenses naturelles enclenchées : c’était un piège ! Méfiance ! Elle allait enchaîner avec une vacherie, un coup, un adieu avant de lui arracher le cœur ! Et pendant que son esprit tentait de rationaliser ce geste, son corps répondait à ce baiser de la façon la plus naturelle et la plus incontrôlable qui soit : elle sentit ses yeux s’emplir de larmes. Mais, Narcisse n’aurait pas été Narcisse sans un dernier retournement de situation, une dernière surprise, une dernière cruauté. Clare la regarda tourner les talons et s’en aller, juste comme ça.

La connaissant, cet adieu était sérieux. Et Clare avait sous les yeux le moyen d’en finir définitivement avec cette histoire. Mais voilà ce que faisait Narcisse : elle lui donnait, après soixante-dix ans de vie, la petite sucrerie que Clare désirait depuis toujours, lui entrouvrait une porte sur sa personne, lui donnait un avant-goût de ce qu’aurait pu être son instinct maternel, lui prouvait par les actes qu’il y avait plus chez elle que la folie et l’incompréhension, et la terreur, même, qu’elle inspirait chez sa fille. Et puis, non sans sous-entendre que c’était à regret, mais que c’était là ce que Clare voulait et pas elle, elle lui claquait cette porte au nez. Lui arrachait la sucette de la bouche. Reprenait son baiser. La plantait là avec un faux choix à faire, un faux choix parce qu’en vérité Clare n’avait pas vraiment de choix. Qu’elle laisse partir sa mère après tout ça la boufferait sans doute les cinquante prochaines années – qu’elle n’avait peut-être pas à vivre de toute façon. Et au jeu de la patience et de celle qui pouvait bouder le plus longtemps, Clare n’avait aucun doute sur l’identité de la gagnante, et ce n’était pas elle. Qu’elle demande à sa mère de ne pas partir, et c’était encore elle qui endosserait le rôle de celle qui ne sait pas, qui ne sait pas ce qu’elle veut, qui ne comprend rien au monde qui l’entoure. Un choix serait fait par fierté et l’autre par désespoir. Mais dans les deux cas, elle ferait encore la seule chose que sa mère attendait probablement d’elle. Le paradoxe lui seyait si bien, à sa mère.

— Ne me souhaite pas tout le bonheur du monde si tu passes cette porte. J’étais heureuse sans toi, c’est vrai. Mais ce n’était pas le bonheur parfait. Il me manquait quelque chose, et il me manquera toujours quelque chose…

… si elle s’en allait. Mais qui pouvait prétendre au bonheur complet, après tout ? Peut-être fallait-il savoir ce se contenter de ce que l’on avait. Quelque chose que Clare avait accepté en vivant parmi les Humains, qui désiraient tant et tant sans avoir le temps ni l’ambition d’en obtenir ne serait-ce qu’un dixième. Alors ils se faisaient une raison. Mais en cette seconde, Clare ne se sentait pas du tout humaine. Parce que cette situation, sa mère faisant sa sortie dans un lancé de cheveux et un parfum si familier, ne la contentait pas. Pas du tout. Cela n’avait rien d’une victoire quelconque et encore moins d’une solution, ni d’une conclusion. Mais… Mais…

Clare balaya ses larmes avec ses doigts comme une enfant de quatre ans et sauta du bureau pour se planter dans la pièce.

— Mais j’imagine que j’ai fait le même choix il y a cinquante ans.

Elle avait ouverte la porte, était sortie, l’avait refermée, et s’était enfuie. Avait tourné le dos à sa mère et était partie. Alors qui était-elle à présent pour tenter quoi que ce soit ? Si sa mère voulait s’enfuir à son tour, elle ne pouvait que la regarder faire, et l’ironie de la situation la fit presque rire. À croire que finalement, la mère ressemblait à la fille, parfois.




 
What a time to be alive !
I'm the voice inside your head you refuse to hear, I'm the face that you have to face mirrored in your stare, I'm what's left, I'm what's right, I'm the enemy, I'm the hand that will take you down, bring you to your knees.
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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Mer 27 Juil - 8:06
    Tu t'en rappelles ma chérie? Ce début de soirée. Cet astre diurne qui pèse encore le pour et le contre quant à laisser la place à sa pâle copie nocturne. Cette gigantesque horloge au loin. Aux aiguilles battantes qui déchirent le silence à l'image des foudres divines de ta chère tante à l'encontre d'un ciel dévasté. Et puis ce bruyant claquement de porte. Cette violence traduite à travers un seul et unique geste. Le dernier que tu m'accorderas. Aucun mot. Même pas un regard vers l'arrière. J'ai eu beau me ruer vers la porte, lorsque je l'ai ouverte en désespoir de cause tu n'étais déjà plus là. Du regard j'ai encore pu attraper le reflet de ta veste en cuir sous les premières gouttes printanières. Quelques secondes plus tard, les nuages se sont mis à traduire mes plus sombres pensées. Je suis restée là. Stoïque. Droite. Seule. Pendant des minutes complètes. Pendant des heures entières. A observer la pluie. Le vent. Et finalement, le néant laissé dans ton sillage. Tu n'es jamais revenue. Alors je suis partie moi aussi. La porte est restée ouverte. Au cas où. Mais il était déjà trop tard. Tu avais fait ton choix. Et moi ... moi je n'avais plus rien à faire là.

    Nous revoilà exactement au même moment de l'histoire mon enfant. Et tout comme la première fois, c'est à toi qu'incombe le lourd choix de passer ou de trépasser. Tu ne veux pas de moi? Qu'à cela ne tienne. Pourtant quelque chose me dit que tu n'as toujours pas compris ce que cela comportait avec exactitude. Si ce n'est pas aujourd'hui, ce ne sera plus jamais ma chérie. Je ne suis pas un second choix. Je ne suis pas un bouche-trou. Je ne suis pas une solution de secours en dernier recours. Il est dit que la mère jamais ne peut renier son enfant. Que lorsqu'il est au bout de sa vie, il y a toujours un endroit où il peut venir se réfugier. Cela m'étonne quelque peu que la loi humaine n'a jamais rédigé un code de l'honneur à cet encontre. Mais passons. Ce sont là des foutaises. Des légendes urbaines. Le pur fruit d'une imagination trop débordante. Une affabulation enfantine pour justifier tout le mal indispensable à une telle relation.

    Ce n'est pas que je le veux, c'est qu'il est ainsi dit. Comment diable penses-tu apprendre si tout écart de conduite t’est pardonné d'un simple revers de main? Si j'accepte de fermer les yeux sur chacun de tes péchés. Sur le plus infime de tes caprices. Car c'est ce que tu es Clare. Une fucking petite princesse capricieuse.
    Je laisse mes lèvres se muer en léger sourire à travers cette image agréable. Que tu le veilles ou non, du sang Sidhe coule dans tes veines. Fait battre ton cœur. Influence les agissements de tes neurones. Tu es ma fille. Que tu le veilles ou non. Que tu me renies maintenant ou à jamais. Tu devrais me laisser partir. Tu devrais te tenir droite. Les épaules fières. La tête haute. Assumer les conséquences de tes choix. Tenir tes prises de position. Chasser le doute. Détruire la concurrence. Vivre n'est depuis longtemps plus suffisant mon ange. Il te faut désormais apprendre à SUR-vivre.

    En me retournant aussi prestement, je t'ai laissé une chance. De te redresser. De te reprendre. De ravaler ses larmes que je refuse de voir couler. Pourquoi pleurer? Après tout, c'est bien toi qui vient de me renvoyer ... non? Ne serait-ce dès lors point à moi qu'elles incombent de tomber? N'est-ce guère moi l'être lésé? Non pas que j'aspire à m'apitoyer sur mon sort. Loin de là mon idée de t'inspirer une telle sottise. Je suis celle que je suis. Et je me trouve exactement là où je me dois d'être. Si tu as trop peur que de te laisser submerger par l'étendue de mon ombre, tu as bien fait de me bannir de ta si pittoresque petite vie citadine. Si le mimétisme humain te convient, il n'est que logique imparable de m'en éloigner. N'essaie pas de me contaminer avec tes fantasmes sous prétexte que mes idées sont arrêtées mon ange. Si c'est à une gifle que tu t'attendais, ça peut toujours s'arranger. Toi qui prétends n'avoir connu que la violence ... est-ce son manque apparent qui te fait divaguer ainsi?

    Mes doigts gantés enfoncent le métal vers le bas. Le cliquetis qui s'échappe de la sécurité est assourdissant. Omniprésent. Il ricoche dans le silence de la pièce et s'y installe comme unique maître à bord. Il ramène à la surface tellement de souvenirs. Tellement de douleur.
    L'entends-tu seulement ma chérie? Ce fin bruissement en arrière-fond. Ce sifflement perfide qui ressemble étrangement à une mélodie harmonieuse connue depuis ta plus tendre enfance. Ce murmure délicat qui tapisse l'intérieur de toutes mes parois. C'est le supplice muet d'un cœur qui se meurt. Non mon ange, détrompe-toi. Ce n'est pas le tien que tu perçois geindre en solitaire depuis tout ce temps. Est-ce donc cela auquel tu aspirais depuis toutes ces années à me nier et me renier?

    Je ne me retourne pas pour autant. Je continue à t'offrir mon dos. Je n'aspire aucunement à assister à ces fausses larmes que tu prétends être tiennes. Cesse donc tout ce charabia superflu. Arrêtes de te comporter à l'image de cette humanité qui ne coule que partiellement à travers tes veines viciées. Tu n'es pas et ne sera jamais à l'identique de l'homme que tu as pu rencontrer. Il n'est que mirage créé de toutes pièces par ta seule imagination. Oasis éphémère dans un océan nihiliste. Douce utopie d'un jardin qui n'a jamais abrité autre que les gardiens vénéneux de fruits défendus. De là à t'avouer dans quel camp je me situe moi-même ... non, nous n'en sommes assurées pas encore là dans notre relation. Quand bien même nous puissions seulement la qualifier de telle. Maintenant cesse tes jérémiades. Tiens-toi droite? Tiens-toi fière. Assume le choix que tu viens d'émettre à voix haute. Aies au moins le culot de prôner tes convictions. Un jour tu veux, l'autre tu ne veux plus. Je t'offre sur un plateau d'or blanc le seul souhait que tu aies jamais eu la décence de vociférer à voix haute. Et désormais tu espères me voir revenir sur ma parole sous simple prétexte que l'ailleurs semble vaguement meilleur? Il est dit que l'herbe est toujours plus verte dans le jardin du voisin. C'est toi qui as voulu vivre le mythe. Dès lors pourquoi t'évertuer à me tirer avec toi vers le fond? Qui pourrait bien venir t'éplucher du puits si nous sommes deux à sombrer? Je l'ai vu. J'ai vécu. A toi maintenant de faire tes propres expériences. Et si tu n'es pas capable d'assumer, t'inquiète je vais t'aider.

    Et sans crier garde, me voilà tout contre toi. En une fraction de secondes à peine je me suis retournée. Deux pas. Trois. Te voilà bien obligée de reculer. Par instinct. Par réflexe. Je m'en moque bien. Mon visage n'est plus sourire. Pas plus que plaisir. Tu sembles mettre ma patience à rude épreuve. Pas étonnant que nos contacts précédents aient été si explosifs. Si tu ne veux pas entendre, je serai contrainte de te montrer. Désolée ma chérie, mais je refuse catégoriquement de t'emporter avec moi dans cette tombe déjà creusée qui m'attend au fond du jardin.


>> Je m'en rends parfaitement compte.

    Toi par contre ...

    Te voilà accolée contre le mur. Nos visages si proches. Mon souffle pour caresser ton épiderme si impur. Si imparfait. Tu suintes littéralement la bâtardise. Dommage. Pendant un instant j'aurais vraiment aimé croire à toutes ces balivernes que tu dois t'obstiner à te répéter le soir avant de dormir. N'insiste pas. Ici et maintenant n'existent et ne persistent plus que le toi et le moi. Le NOUS est mort. Paix à son âme. Qu'il me garde une petite place aux côtés de Satan. Bientôt je le rejoindrai.


>> Le manque? Quel manque? Celui de gifler?

    Car c'est bien la seule chose que tu mérites. Que j'efface les traces de ton passage sur ton jadis si joli visage. Que je tapisse de rouge tous les souvenirs heureux de notre passé qui ne l'a jamais été. Que je fasse couler tes larmes pour la seule raison plausible à leur futile existence. Que je te griffe les joues. Que je te crève les yeux. Que je te secoue le crâne pour remettre en place ces fichus neurones défaillants. Ce soi-disant ersatz d'amour et d'eau fraîche t'a complètement bousillé de l'intérieur mon enfant. Serais-tu donc assez sotte que pour balayer d'un revers de main ces années, que dis-je ces décennies, de désaveu? Ce supplice quotidien? Cette antithèse de l'affection? Et pour quoi? Une caresse volatile, un baiser chaste et quelques mots maladroitement collés les uns aux autres? Tu as raison, j'aurais dû m'abstenir. Voilà EXACTEMENT pourquoi je me suis toujours évertuée à te les refuser. Tu es faible. Tu ne mérites même pas que je me fâche pour toi.


>> Celui de te malmener?

    Je remarque seulement maintenant que mes poings se sont serrés. Que mes ongles sont en train de s'enfoncer dans le tissu de mes deux paumes. Que je saigne probablement à la surface. J'ai tellement envie de te faire payer cet affront, mais je ne te gratifierai aucunement de cette victoire facile. Futile. Foutaises. Tu as encore réussi à me faire sortir de mes gonds. Es-tu seulement fière de toi?!


>> Non, ne réponds surtout pas.

    Il est hors de question que j'endosse le rôle de bouc émissaire! Je me reprends en main. Je laisse la pression s'évacuer depuis mes mains. Je me redresse. Je me recule. Je te laisse respirer cet air malsain qui nous entoure à chaque nouvelle confrontation.


>> De toute façon, ton choix a été depuis longtemps établi.

    Sur mon visage je ne peux m'empêcher de réprimer le dégoût ressenti. Et ne t'avise pas de me jeter la première pierre. De nous deux, c'est bien toi la plus ingrate pour le coup.


>> Le jour même où tu as décidé de devenir Darina.

    Je manque de gerber ces trois syllabes.


>> Je n'ai strictement rien à t'offrir. Alors cesse une fois pour toute d'espérer.

    Je sais bien que tu prends un malin plaisir à me faire jouer le mauvais rôle dans l'histoire. Mais ça suffit maintenant. Je n'ai plus envie. Je n'en ai plus la force. Jarte moi de ta vie et laisse-moi ramper dans la fange de la mienne. Chasse-moi. Exorcise-toi de ma sinistre emprise. Prends ton courage à deux mains et saisis-toi d'une hache. Il est temps pour toi de couper le cordon ombilical. Sans quoi ... je ne pourrai plus te protéger de moi.



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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Jeu 28 Juil - 7:23
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Sa mère voulait un combat à mort, un scénario où aucune d’elles ne reculerait, ne s’effondrerait, tandis que Clare n’aspirait qu’à l’abandon, à baisser les bras. Peut-être était-ce véritablement une question de nature plus que de personnalité, peut-être était-elle défaitiste parce qu’elle avait du sang humain alors que sa mère, Sidhe jusqu’au bout des ongles, aurait préféré crever debout avec sa fierté intacte. Peut-être que Clare voyait d’autres chemins à emprunter, et pourquoi pour atteindre le même but, tandis que pour sa mère, il n’était pas question de compromis. Tout ou rien. Et Clare n’avait jamais été tout. Il n’y avait aucun doute, pourtant, malgré tout ce que sa mère pouvait en penser : Clare était bien la fille d’Essus. Pars, reste. Aime-moi, déteste-moi. Laisse-moi, regarde-moi. Cet incessant ascenseur émotionnel, Clare savait très bien à qui elle le devait. Non pas que sa mère était ainsi, mais elle l’avait faite ainsi, elle, par ses continuelles attitudes, ses changements d’humeur et ces valeurs fixées dans le lointain, une brume vague que Clare ne pouvait pas atteindre mais qu’il aurait fallu qu’elle effleure, au moins, pour contenter l’attente maternelle, pour mériter un regard, un sourire, peut-être, pour attirer l’attention, pas pour la violence qui allait avec, mais pour autre chose. Cette chose que les autres appelaient le lien mère-fille, l’amour maternel, l’amour filial. Illusion.

Elle était bien la preuve qu’il y avait bel et bien des mères qui se fichaient de leurs enfants. Qui ne les aimaient pas. Qui les détestaient. Et pire que tout, qui regrettaient de leur avoir donné la vie. Mais malgré tout ça, peut-être y avait-il quelque chose de plus, contre quoi ni la mère ni la fille ne pouvaient lutter. En ce qui concernait Clare, en tout cas, là était la malédiction. Le besoin de contenter, au moins une fois, sa mère, se battait en duel avec son désir de se libérer d’elle une bonne fois pour toutes. Elle était faite ainsi, pas née ainsi. L’inné et l’acquis. Les sens et l’expérience. Et si elle avait cru enfin en avoir fini avec sa mère en fuyant la Faërie cinquante ans plus tôt, mais pas seulement sa mère, tout le reste aussi, toutes ces choses auxquelles elle ne correspondaient pas – pas Sidhe, pas pure, pas assez jolie, pas assez grande, pas digne d’intérêt, pour personne –, si elle avait cru en avoir fini, elle découvrait aujourd’hui qu’il n’en était rien, et que là encore, elle n’avait fait que se convaincre, le temps de souffler, pendant ces cinq petites décennies, le temps de se construire une vie vouée à l’échec, comme son mariage, comme son agence de détective, comme tout le reste. Jamais elle ne serait libérée de sa mère, et le pendant sadique et ironique de cette constatation, c’était que sa mère, probablement, ne serait jamais libérée d’elle non plus. Clare ne savait pas ce qui manquait à Essus pour se débarrasser d’elle pour de bon ; elle savait que ce qui lui manquait à elle, c’était la force et la volonté, deux choses qu’elle avait troquées très tôt, toute petite, contre l’instinct de survie. Et c’était cet instinct en cette seconde qui lui disait qu’elle ne survivrait pas en restant aux côtés de sa mère, mais qui lui hurlait en même temps qu’elle ne pouvait pas vivre sans elle.

C’est par pur réflexe mécanique, atavique, que Clare recula quand soudain sa mère s’arracha de la porte pour venir l’étreindre, encore. Encore. Elle ne se souvenait pas avoir connu les bras d’Essus en dix-huit ans autant de fois qu’en quelques jours. La première fois, il y avait eu la peur et le dégoût abyssal. La deuxième fois, il y avait la surprise et le doute – pourquoi faisait-elle ça ? En cette seconde, elle ne savait tout simplement pas quoi en penser et n’essaya pas de deviner. Elle se tromperait probablement encore, de toute façon. Elle resta plantée là les bras le long des flancs, mais ferma les yeux, tenta, pour la première fois, d’essayer de ressentir vraiment ce que c’était ce contact, son souffle, sa peau si proche de la sienne. Mais il manquait quelque chose – plein de choses – à cette étreinte.

— C’est toi ou moi que tu veux convaincre, en faisant ça ?

Elle avait failli dire « que tu veux blesser », mais là encore, elle était toute prête à abandonner le combat. Et puis, la petite – non, la violente, la brutale poussée dans le dos. Merci, maman. Merci. Encore une leçon, et quelle leçon. Nulle autre qu’elle ne pouvait la libérer d’elle, après tout. Il fallait, jusqu’au bout, qu’elle garde le contrôle, et Clare, petit bouchon malmené par les flots, hurlant sa fierté qui ne reposait sur rien, criant sa révolte ancrée au seul vide, à l’existence somme toute anecdotique, et qui, elle s’en rendait compte, n’avait rien apporté à sa mère, rien du tout qu’un néant envahissant et asphyxiant, lui laissait volontiers ce contrôle. Elle aurait pu lui expliquer, la supplier : bien sûr que ce n’était pas qu’elle. Il y avait eu tout le reste, qui tuait la gamine qu’elle était à petit feu. Avant même de commencer à vivre, il y avait eu ce déni d’existence de la part de tous les êtres grandioses qu’elle croisait. L’envie, le besoin d’être comme eux, la prise de conscience que cela n’arriverait jamais, que c’était à cause de cela aussi que cela se passait si mal à la maison. Cette impression que sa disparition ne changerait rien, ne toucherait personne, puisqu’il n’y avait véritablement qu’une seule personne qui avait conscience, physiquement, moralement, douloureusement, de sa présence dans ce monde : sa mère. Et que sa mère voulait qu’elle meure. Alors oui, cela avait été facile de partir, parce que c’était tout à la fois : un besoin, une nécessité, un désir, la trouille, l’excitation, et surtout, la certitude absolue que cela ne changerait RIEN, que cela ne toucherait PERSONNE et qu’il s’agissait là du compromis ultime, pour elle, pour sa mère, pour tout le monde. Sauf peut-être pour sa tante adorée. Adorée, adulée, aimée. Le savait-elle seulement, sa mère, que si Clare aimait, adulait, adorait tant Taranis, c’était parce que sur le visage de sa tante, elle pouvait voir celui de sa mère ? Que chacune des secondes de réconfort qu’elle trouvait auprès de sa tante, la gamine les passait à s’imaginer que c’était ainsi que les choses pourraient, auraient pu, se passer. Et que parfois, entre les bras de Taranis, Clare fermait les yeux et imaginait que c’était sa mère qui la serrait contre elle. Tordue. Mauvaise. Ingrate. Un peu oui. Aimer sa tante en creux, en négatif de tout ce que sa mère n’était pas. Mais l’aimer malgré tout, la seule, l’unique, le refuge, la femme que Clare pouvait aimer à découvert, sans avoir à se cacher, sans craindre de recevoir de l’amour en retour, parce que l’autre amour, l’amour tabou et interdit, elle le vivait en silence, à observer Essus de loin, sans espoir de retour.

Répondre ? Même si elle l’avait voulu, elle n’aurait pas pu, les mots aussitôt assassinés dans sa bouche. Elle n’avait pas à répondre. Elle avait déjà fait son choix. Un choix que sa mère ne pouvait certainement pas comprendre tant, aujourd’hui encore, Clare elle-même n’était pas sûre de pouvoir l’expliquer. Eh bien soit. Elle ne répondit pas. Décida qu’elle avait son choix. Oui maman. Bien maman. Et pourtant, c’est comme un coup d’électricité dans tout son corps. Darina. Comme si son crime originel, ça avait été cela, son départ du foyer qui n’en était pas un, de la Faërie. Comme si sa mère avait ouvert les yeux dix-huit ans après sa naissance alors que Clare avait passé dix-huit ans à être malheureuse. Décidément, elles n’étaient pas, ne seraient jamais en phase. Comme si elles vivaient sur deux mondes parallèles pas tout à fait superposés. Comme si chaque réponse ne répondait pas tout à fait à chaque question, qui elles-mêmes n’étaient pas tout à fait raccords. Comme si elles se regardaient sans se voir. Et donc, elle n’avait rien à lui offrir. Mais attendait malgré tout quelque chose de sa part. On pousse, on tire. Jusqu’au point de rupture. Un service, en fait, que sa génitrice lui rendait. Sans elle, elle n’aurait pas eu la force de la laisser partir.

— D’accord.

Petite fille sage. Clare ramena une mèche de ses cheveux derrière son oreille, croisa les mains devant elle.

— J’arrête, alors.

D’« espérer ». Comme si elle en était encore là. Elle « espérait » quand elle avait dix ans. Le temps s’était arrêté. Et Clare resta là, silencieuse, elles s’étaient tout dit et cela aurait été étrange que ce soit elle qui vide les lieux, n’est-ce pas ? Alors voilà, juste comme ça – au revoir, adieu, aussi facilement que cinquante ans auparavant, la situation inversée, les mêmes conséquences, c'est-à-dire aucune conséquence, puisque rien ne changeait. Et c’était tout. Et c’était comme ça.




 
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Ven 5 Aoû - 8:03
    Darina. Darina. DARINA.

    Je suis devenue Narcisse par obligation. Tu l'es devenue par choix. Par caprice. Par provocation. Toi qui n’as jamais eu à craindre la foudre de la foule. Le lynchage public. La lapidation. L'immolation. Tu as vu le jour dans un monde de prospérité. D'oubli. De renouveau. Tu n'as rien vécu. Tu n'as rien su. Et tu ne t'y es probablement même jamais intéressée. Tu as pris ce qui t'étais offert sans jamais remettre en cause la lutte qui a précédé cette aubaine. Tu as pris pour acquis des droits pour lesquels nous avons dû nous battre. Des certitudes pour lesquelles nous sommes morts. Une fois. Deux fois. Trois fois. Nous ne comptons même plus le nombre de persécutions. D'humiliations. De tout. De rien. De toute façon, tu t'en fous bien. N'est-ce pas? Pourquoi suis-je celle que je suis aujourd'hui? Celle que tu connais depuis ta naissance? L'ais-je toujours été? Est-ce ainsi que tu me vois? Ou est-ce ainsi que tu aimerais me voir? Ainsi me croire? Cruelle. Froide. Dépourvue d'un cœur qui bat une chamade que tu es bien incapable de comprendre? Ne présume pas de tes forces petite fille. Ne t'avise assurément pas de comparer tes futiles cinquante petites années en territoire humain en mon absence aux siècles complets que j'ai dû me priver de la tienne. Toi, toi et encore toi. C'est l'unique mot que tu as à l'esprit. C'est la seule pensée qui te permet d'avancer. Pourquoi ta mère n'a-t-elle pu t'aimer? Pourquoi t'a-t-elle abandonné? Pourquoi s’évertue-t-elle encore et toujours à te rabaisser? You know nothing miss Gray-Hadler.

    Nous nous observons en silence. Tes épaules s'affaissent déjà. Tu n'es même pas capable de garder la tête haute. Tu me fais tellement honte. Malgré tes déviances, tu avais un tel potentiel. Vois comme tu l'as gâché. Vois comme tu ne peux t'empêcher de le bafouer. De ME bafouer. Ta résignation est bien pire que toute autre réaction. Tu aurais pu me gifler. M'attraper. Me secouer. Crier. Me hurler dessus. M'arracher cette confession que je garde précieusement en mon sein. Que je m'obstine à cacher à l'abri des regards indiscrets. Cette réalité que tu connais pourtant, mais que tu refuses à ton tour de voir. De regarder. D'accepter. Je sais pertinemment ce que tu aimerais m'entendre dire. Je le pourrais, il est vrai. Mais tu ne le mérites pas. Pas ici. Pas maintenant. Plus maintenant.

    Il est désormais temps ma chérie. Temps de passer à l'étape suivante. Temps de laisser le passé pour ce qu'il est. Temps de t'ouvrir à l'avenir. Déni. Colère. Marchandage. Dépression. Acceptation. Ton deuil touche enfin à sa fin. Bientôt tu seras à nouveau libre de respirer. Il te suffit d'un dernier petit effort. Laisse-moi donc retirer ce poignard planté dans ton cœur. En échange, tu n'as qu'à enfoncer un peu plus profondément encore celui niché dans mon dos. Juste là, entre mes deux omoplates.

    D'ACCORD.

    Le mot tombe. La gifle part. Je reste pourtant stoïque face à la violente de ton acte. Indifférente à l'encontre du monde. Sur mon visage ne transparait aucune expression. Nous continuons à nous observer depuis nos deux mondes si différents. Si opposés. Est-ce que toi aussi tu as l'impression de t'éloigner? Qu'un séisme vient tout juste de séparer cette vulgaire pièce en deux. Qu’un clivage sans fond continue à se creuser. Au loin les aiguilles continuent leur trotte interminable. Le temps continue à évoluer. Il se moque bien de notre désarroi. De la couleur véritable de notre seule rupture. L'entends-tu seulement CLARE? Ce battement de cœur que je viens de perdre au passage? Ce couinement assourdissant lorsque ta main a traversé mes côtes pour me broyer de l'intérieur? Lorsque tu as enfin avoué à toi-même ce que moi j'ai toujours su?

    La gestuelle de ton corps est divine. Un tel détachement. Une telle assurance. Il me vient à m'entendre dire que je suis fière de toi. Que je reconnais là l'essence profonde qui t'a été léguée. Je n'en fais rien. Je garde ce délicieux affront pour moi. Il y a tellement de non-dits entre nous. Tellement de choses à rajouter. Tellement de réponses à confirmer. Et pourtant, d'aucune ne me semble plus indispensable. Nul mot n'est à rajouter. Il ne ferait que rompre le charme que tu as enclenché. Il ne ferait qu'instaurer le doute. Rallumer la flamme de l'espoir. Cette utopie même que je viens de jeter au brasier. Que j'ai fait brûler au bûcher.

    Promets-moi de ne pas regretter mon ange. Crois-moi quand je te dis que je n'en vaux aucunement la peine.


>> Bien.

    C'est court. Concis. Obsolète. Rupture obligatoire sans quoi nous serions fichtrement bien capable de nous éterniser.

    Je suis première à détourner le regard. Résignation. Résiliation. Mon pas ne perd en rien dans sa démarche princière. Je me dirige vers ton bureau. Je ne te regarde même plus. On devrait peut-être signer le certificat de décès. Dommage, si j'avais su j'aurais ramené quelques documents plus officiels. Je m'arrête net. Mes deux mains partent à l'unisson dans ma nuque. Avec dextérité et minutie je viens ouvrir le mécanisme de fermeture à peine détectable. Tu n'es sans ignorer que je n'ai jamais été matérialiste. Que mon élément à moi ne se situe aucunement enfermé entre des murs artificiels. Que même la captivité des plantes en pot me donne facilement envie de gerber. Alors il est possible, si pas probable, que tu ne l'as même jamais remarqué. Ce bijou millénaire que je porte autour du cou. Ce fin filet d'or blanc qui est seul à pouvoir se vanter le mérite d'orner ma peau diaphane. Lui aussi fait partie du passé maintenant.

    Je décroche la chaine de son perchoir. A sa chute se balance une minuscule petite sphère parfaite. Une bille translucide qui semble absorber les couleurs environnantes, si pas s'en abreuver. En fonction de l'angle de percussion, la lumière y reflète des nuances tricolores. Des arabesques brumeuses qui semblent se mouvoir à l’intérieur même de la matière. Une danse aérienne et à la fois nautique. Un ballet visible seulement de celui qui s’en rapproche suffisamment. T’en rappelles-tu seulement ma chérie ?


>> Je te rends ta pierre de naissance.

    Je dépose avec précaution l’artefact sur ce qui te sert de bureau. Du bout des doigts j’en effleure une dernière fois ces contours que je ne connais que trop bien. Il n’y a aucun regret dans ma gestuelle. Aucun remords. Ce que tu veux, j’accepte de te le léguer. Peu importe l’utilité que tu lui adjugeras par la suite. Ceci ne m’appartient déjà plus.
    Ma main gantée se déporte quelque peu vers le côté et vient se saisir, toujours à travers cette délicatesse que tu ne dois pas me connaître, d’un coupe-papier. Je le porte lentement à mon visage. De mes doigts libre, j’attrape l’extrémité de ma crinière blonde. Je braque mon regard sur le tien. Je l’accroche. Je l’agrippe. Regarde bien mon enfant, ceci est l’ultime preuve de mon plus profond ressentiment.


>> Je te rends tes cinquante dernières années.

    La lame aiguisée entame la première mèche. Elle cède rapidement sous la pression. Je ne te relâche toujours pas. Comprends-tu seulement l’importance que tout ceci peut avoir pour la Sidhe qui fulmine en moi ?


>> Je te rends officiellement ta liberté en rompant notre filiation.

    Le geste est fluide. Imperturbable. Si je tremble maintenant, je ne te le pardonnerai jamais. L’ustensile fend l’air avec une aisance déconcertante. Ma tignasse se prête au jeu sans rechigner. Il en va de même pour nos liens de sang. Je ne suis désormais plus ta mère. Tu n’es désormais plus ma fille. Comme tu l’as si ardemment souhaité, voici ce qui persiste désormais de notre passé. Une poignée de cheveux dorés emprisonnés dans une main gantée. Mes doigts s’ouvrent et laissent à leur tour échapper leur proie. Le butin s’étale sur ton bureau. Enveloppant et englobant la petite pierre solitaire. Je repose mon arme de prédilection dans son étui. Entre nous, tout est fini. M’est avis qu’il n’y a plus rien à ajouter. Si ce n’est ceci.


>> Je ne suis pas Taranis.

    Je ne reviendrai pas sur mes pas. Je ne te prendrai plus jamais dans mes bras. Lorsque tu te sentiras seule. Lorsque tu te mettras à pleurer dans le noir. Lorsque tu te rendras compte des conséquences réelles de l’erreur commise. Je ne serai pas là.

    Je me retourne. Cette fois-ci je ne m’attarde pas à la porte. Je passe son encadrement et laisse retomber le mouvement dans mon dos. Je me dirige vers la sortie sans un dernier regard vers l’homme qui un jour te brisera probablement un jour le cœur. Je me tiens droite. Fière. Hautaine.

    Je repars comme je suis venue.

    Veuve.



ESSUS
EZUS
ZEUS
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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: I'll burn here if you burn here too || Essus   Sam 6 Aoû - 11:06
Being a mother is an attitude, not a biological relation.

I'll burn here if you burn here too

ft. Essus & Clare



D'accord. Bien. On aurait dit une série télé bas de gamme, ou tout simplement des adieux 2.0, façon Humains. Le genre qui ne dure pas, qui n'est pas honnête, encore moins spontané. D'accord, avait dit Clare, alors qu'elle ne l'était pas, d'accord. Okay, avait répondu sa mère. Qui était probablement sérieuse. Ou pas. Le moment était passé, la bataille terminée, il n'était plus temps de relancer la charge. Elle se sentait debout sur un champ de ruine, seul petite structure verticale ayant résisté à la tornade qui venait de tout balayer sur son passage. Bien. D'accord. Elle observait les gestes de sa mère en spectatrice désormais, elle n'était plus actrice de rien. C'était un film qui se déroulait devant ses yeux, la star : Essus. Comme toujours. A jamais. Elle ôta un bijou de son cou, si bien dissimulé que ce n'est qu'en le voyant, là, en cette seconde, que Clare se souvint de son existence. Par flashes brefs et intenses, quelques micro-secondes de son enfance qui lui revenaient. Sa mère ajustant une mèche de ses cheveux et la perle accrochant un rayon du soleil, sa mère se penchant sur elle - pour la mordre de ses mots, pour l'embrasser de ses griffes, elle ne savait pas - et la perle s'échappant de son col.

Ses yeux suivirent la perle plus que la personne. Posée sur le bureau, puis, prolongement de ce geste, la main maternelle, de nouveau centre de l'attention, jamais longtemps oubliée ou ignorée, se saisit d'un coupe-papier. Pendant quelques secondes, Clare crut qu'elle allait trancher sa chevelure d'or. Même elle, elle n'avait pas fait cela. En partant, en quittant le Songe, en tournant le dos aux siens, pas seulement à sa famille mais également à ceux qui se prétendaient ses frères et sœurs feys quand bien même tout ça n'était qu'une vaste hypocrisie, elle n'avait pas coupé ses cheveux. Réflexe pavlovien ou simple coquetterie. Ou bien fierté. Oui, cela avait été de la fierté. Les Feys et leurs chevelure, c'était une longue histoire, et le geste de sa mère était en cela cataclysmique, dramatique. Clare avait parfaitement conscience de la portée d'un tel geste et son souffle fut coupé en même temps que les fils d'or, qui finirent à leur tour sur son bureau. Ah, maman... Toujours la démesure. Avait-elle fait cela parce qu'elle l'aimait ou parce qu'elle la détestait ? C'était plus simple de commettre une telle hérésie que de simplement utiliser ses mots.

Les mots, justement, arrivaient trop tard. A quoi bon en rajouter, à quoi bon définir l'évidence. Elle n'avait pas supporté que Clare tente de lui arracher sa liberté, lais acceptait de la lui rendre. Forcément. Et ainsi, le soulagement en elle le disputa au vide intense qui s'installa aussitôt dans tout son être, comme si c'était elle, la mère, et sa mère la fille, et qu'on la lui arrachait. Clare n'esquissa pas un geste. Ne dit pas un mot. Il fallait en finir, l'épilogue était écrite ainsi. Les dernières paroles de sa mère, cependant, faillirent dessiner un sourire sur ses lèvres - un sourire malingre. Elle fixa sa mère, le dos de sa mère, la pointe des cheveux de sa mère et puis l'absence laissée par sa mère, et voilà.

— Ça non, maman. Tu n'es pas Taranis.

Et nul n'en avait jamais douté, à part peut-être Narcisse elle-même, si elle ressentait le besoin d'exprimer un telle chose. Bien sûr qu'elle n'était pas Taranis. Elle était sa MÈRE. Et le serait toujours, malgré tout ça. Clare était bien placée pour le savoir. Elle avait essayé de rompre ce lien. Preuve en était qu'elle avait échoué. Sa mère allait à présent pouvoir en témoigner.

Elle s'approcha du bureau, balaya doucement la mèche dorée du dos de la main et récupéra la pierre ronde et douce. Pourquoi ne parvenait-elle pas à se souvenir des circonstances qui avaient mené sa mère à la porter ? Elle ne se souvenait que fugitivement de l'avoir déjà vue au cou maternel, fermement accrochée là où Clare elle-même n'avait pas le droit de passer ses petits bras, malgré le besoin. Elle la fit rouler dans sa paume, entortilla la chaînette entre ses doigts. Ce n'était pas un souvenir, ni une extension de Narcisse, pas un doudou ou un objet précieux auquel se raccrocher. Pour elle ce n'était qu'une pierre. Dont la valeur dépendait de celle qui lui avait un jour accordé sa mère.

D'un geste fluide, Clare enroula la chaînette autour de son poignet, les gestes mécaniques. Elle se sentait... Impossible de dire comment elle se sentait. Mais elle n'avait pas envie de parler, pas même à Nemed. Elle sortit à son tour, la pierre roulant doucement contre le dos de sa main, avec l'impression qu'elle la brûlait, comme une façon pour elle de se flageller. Non, définitivement, elle n'avait pas la sensation que tout était fini, à jamais.




 
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