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 Rivers of lust [PV Lulu']

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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 25/03/2016
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

MessageSujet: Rivers of lust [PV Lulu']   Lun 8 Aoû - 8:05
    Grande. Majestueuse. Impériale. Oh je ne suis en rien aussi narcissique que peut le laisser présager mon nom d'emprunt, croyez-moi bien. La réalité est néanmoins telle que l'évidence se fait maître de nos sens. Droite et fière, j'arbore ce sentier ténébreux. Mes hanches ondulent en rythme avec le bruissement des feuilles. Avec la mélodie silencieuse de la terre. Humus frais et doux qui s'enfonce légèrement à chacun de mes pas. Qui s'agrippe un maigre instant à mes pieds nus. Qui fait l'amour à la paume de mon anatomie fey. Qui rampe à même le sol de mon ascendance sidhe. Je ne clame rien et obtiens pourtant tout. La végétation me reconnait comme sienne. Des murmures indécents viennent faire s'amouracher de mes sens en plein éveil. Je clos partiellement mes paupières, savourant d'autant plus la beauté d'une telle dévotion. J'ai beau ne jamais avoir été encline à la vénération; il serait mensonge de proclamer une totale indifférence de ma part.

    L'aube recouvre à peine cette île bien trop petite que pour tous nous contenir. L'astre diurne pèse encore le pour et le contre de son départ. De son abandon au profit de sa jumelle plus lumineuse. Plus brillante. Plus appréciée aussi. Je ne peux empêcher un ersatz de sourire de se dessiner aux coins de mes lèvres incolores. Cette continuelle lutte pour la suprématie du ciel. Ces querelles incessantes sans but véritable car déjà connu d'avance. Ce besoin viscéral d'opposition et de concurrence. Cette entente latente et immuable. Cet équilibre précaire qui, deux fois par jour, ne peut s'empêcher de se remettre en question. Ah ma chère sœur, comme il est agréable de constater que nous ne sommes guère seules à remettre en cause les lois d'une certaine gravité. Comme il est plaisant de venir à se comparer. Mais de nos quatre entités, qui est véritable plagiat de l'autre? Notre lien s'étend bien au-delà de l'immoral. Bien au-dessus de la moyenne. Toi qui a toujours aspiré à effleurer du bout des doigts l'étendu réel des cieux ... était-ce par simple caprice? Ou espérais-tu ainsi les provoquer?

    Ton sourire m'apparait en rêve. Tout comme la lueur incandescente au fin fond de tes prunelles enflammées. Foudroyées. Je secoue à peine la tête pour dissiper toute cette imagerie futile. Il me tarde de te retrouver. Mais pas aujourd'hui. Ou tout du moins, aucunement maintenant. Maintenant est mien. Tout comme le ici. Dans cette forêt qui se glisse au diapason à mes moindres pas. Qui cesse de respirer au moindre battement de mon cœur. Ce silence mis en suspens afin de s'assurer de ne rater en rien mon prochain commandement. Amour aveugle et inconditionnel. Foutaises lyriques qui n'existent que dans l'énoncé d'un mythe. Ce sentiment si souvent évoqué n'est jamais qu'un ramassis de gâchis. Une définition amorphe et insipide. Hypnotique autant que hypothétique. L'homme aime à s'en pourvoir. A se rouler dans la fange sous prétexte qu'un jour elle a été rivière. Un bruissement amusé s'extirpe de mon antre buccal. Ces vulgaires insectes ont toujours eu le chiche de tourner la vérité à leur avantage. Bande de mécréants.

    Comme j'aurais aimé me baigner dans leurs entrailles ce matin. Comme il m'aspire de revenir à l'ère des sacrifices. A l'apogée des divinités. Là encore il était si aisé de prôner une fausse vérité. De tourner ces supposés fidèles en bourrique. De prendre ce qu'on offrait sans avoir à remettre des comptes en retour. Âge d'or désormais relégué au simple fait divers perdu quelque part dans la ligne du temps. Délaissé dans l'histoire. Sermonné par l'arrivée d'une nouvelle religion.

    De nos jours il m'est bien impossible de faire disparaître un corps, quand bien même mon emploi du temps officiel s'y plie avec délectation. Il m'est devenu interdit de saigner un corps ailleurs que sur une table d'autopsie. De m'abreuver de son essence même. D'en recouvrir mon épiderme tout entier. Dès lors je me dois de ruser. De me plier à la volonté d'un autrui auquel je ne crois pas. Auquel je ne voue aucune doléance. Pourtant je me tais. J'encaisse. J'avale. Et je souris.

    Certes, j'aurais préféré la biche au sanglier ... mais qu'à cela ne tienne. Victor ayant des occupations à atténuer, je n'ai eu de loisir que celui de me débrouiller. Un animal large de carrure. Aux protubérances éminentes. Grandioses. Un véritable seigneur de ses bois. Protecteur. Dévastateur. Conquérant. Et mort. Embroché vif par un chêne naissant. Son dernier couinement aura été pour moi. Mon sourire pour graver à jamais le souvenir ultime de sa rétine. Ma main droite posée sur son groin encore chaud. Le souffle du guerrier. Autrefois ce rituel aurait assurément connu une autre fin. Mais qu'à cela ne tienne. J'évolue avec mon temps.
    Je me suis donc allongée à même le sol. En parfait alignement avec le ventre de la bête. Ensuite j'ai ouvert la paroi. J'ai fait descendre sur moi les entrailles fumantes. Elles n'ont pourtant fait que m'effleurer avant de s'adonner à la terre affamée depuis toutes ces décennies de négligence. Il n'y a que de son sang que je l'ai daigné me souiller. Chute vertigineuse. Plongeon dans l'inconnu. Douche carmine. Rivière vermeille.

    Et me voilà donc. Droite. Fière. Majestueuse et impériale. J'avance lentement le long d'un sentier improvisé. Je reconnaitrais entre mille le doux présage de l'eau ruisselante. J'évolue comme dans un rêve. Porté par l'éphémère d'un nuage qui me lèche les orteils. Je me sens si légère malgré le poids écrasant de ma robe rouge.

    Je finis par arriver aux abords du rivage. D'une gestuelle lente et méticuleuse je me défais des derniers linges qui m'entourent. Ils tombent mollement à terre à travers un bruit poisseux. Il faut dire que je n'ai pas rechigné sur les moyens. Le manque était tel que, au final, je n'ai laissé au cadavre que le stricte nécessaire. Que les charognes festoient donc en mon abject nom. Son essence vitale est mienne!

    Ma longue crinière, pourtant résolument écourtée, drape la majeure partie de mon corps et cache ainsi mon indéniable nudité. De tout mon attirail, je ne garde que la petite culotte. A quoi bon? Allez savoir. Je continue à avancer. Mon pied droit vient effleurer la fraicheur et la fougue de la rivière. Mon pied gauche vient rapidement le rejoindre. Lentement, mais sûrement je m'enfonce dans les méandres d'un passé révolu.

    J'ignore quel lapse de temps s'écoule réellement. Fait est que l'approche imminente d'un glamour non point inconnu finit par me sortir de ma douce rêverie. Fichtre.


>> Parlez maintenant ou taisez-vous à jamais.

    Il est dit que Artémis, jadis, transforma son public indésiré en gibier. Crois bien que je ne serai en rien aussi clémente qu'elle à travers l'aveu d'un tel péché.



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THE MAN OF SEA ∭ Man, l'Homme, le vrai. La force tranquille.

Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Mer 10 Aoû - 23:30
rivers of lust
ft. Essus & Manannàn

Il était des choses qui plus que les autres vous ramenaient dans le passé. Et « passé » n’était pas un vain mot pour un être immortel. La nostalgie n’était pas un trait de caractère que possédait Manannàn Mac Lir, loin de là. Il avait au contraire tendance à regarder vers l’avant, là où le menaient mécaniquement ses réflexions en matière de politique et de diplomatie. L’avenir, aujourd’hui plus que jamais prenait tout son sens. Et puis, le passé, malgré sa grandeur, malgré sa légende, n’était-il pas ce temps archaïque où les Hommes n’avaient pas encore trouvé de religion à eux, assujettis aux Feys, avaient fait de certains d’entre eux des Tuatha ? Voilà bien une chose dont l’Élémentaire était content d’être débarrassé. Et à part cela, qu’est-ce que c’était, le passé ? Des conflits, des complots, des célébrations, rien que le monde d’aujourd’hui ne leur proposait pas. La vie était un cycle, un éternel recommencement, à ceci près que l’Histoire ne se répétait jamais, mais apprenait plutôt d’elle-même et se laissait influencer par ses propres sursauts, ses propres agonies, ses propres virages à cent quatre-vingt degrés. Et malgré tout cela, alors que Man se promenait d’un pas leste et silencieux compte tenu de sa carrure phénoménale dans le Jardin des ténèbres, il ne pouvait s’empêcher de voir resurgir sous ses yeux des pans entier de la glorieuse histoire fey. À moins qu’il ne s’agisse de visions d’avenir… Dans chaque fleur de nuit éclosant un souvenir, sur chaque tige d’un vert sombre et profond s’écoulant les perles de ce qui avait été et ne serait plus, plus tout à fait pareil. Man n’avait même pas eu l’intention de se retrouver ici, en vérité. Il appréciait la nature sous toutes ses formes mais s’était avéré être un très mauvais jardinier, comme l’arrière de sa maison sur la plage pouvait en témoigner : il avait dédié un carré de verdure à la flore de l’île mais la nature avait vite réclamé ses droits, de sorte que l’endroit s’était vite transformée en une jungle que lui-même laissait désormais pousser librement et avec une certaine admiration. Cette nuit-là, il traversait le Sithin dans l’unique but d’en sortir et d’aller sur la plage, comme il aimait le faire, et pourtant, dans une de ses petites farces caractéristiques, le Sithin en avait décidé autrement. Que Man lui-même n’ait en vérité pas été si ferme que sa dans son intention de s’en aller, que le Sithin lui-même s’ennuyait, ou bien qu’il avait eu une intention cachée dont l’Élémentaire n’était pas encore au courant, peu importait : au détour d’un couloir, une brise fraîche et humide avait caressé son visage, et il avait déboulé dans le Jardin, avec bien sûr, l’impossibilité de revenir sur ses pas.

Quiconque foulait le Sithin devait s’attendre à ce que ce genre de choses arrive. Extension du pouvoir de la Déesse elle-même, entité semi-mythique nourrie de la magie Fey par le biais du roi lui-même, le lieu avait tendance à se transformer en permanence. Les portes disparaissaient et apparaissaient au petit bonheur la chance, les pièces changeaient de place, de taille, de configuration, les murs parfois, de pierre, devenaient bois, terre ou ronces, le sol pouvait s’ouvrir sous les pas, le plafond s’abattre sur les têtes, les failles apparaître dans les parois. Et parfois, cela semblait réfléchi, parfois, cela n’était qu’une pulsation de la vie qui animait le Sithin, parfois, si l’on savait se montrer assez flatteur, ou si le Sithin lui-même avait conscience de l’urgence de la situation, cela répondait à la volonté d’un visiteur d’aller d’un endroit à l’autre le plus rapidement possible. Le temps, comme l’espace, devenait relatif, ici. Il ne fallait pas être pressé, ni impatient. Le Sithin pouvait se montrer aussi cruel que joueur. Et Man n’avait pas protesté quand il s’était soudain retrouvé sur un petit chemin tortueux traversant le jardin. Il avait accepté la volonté du Sithin, et s’y promenait à présent, en se doutant que quelque allait probablement arriver. Pas forcément quelque chose qui aurait du sens. Une simple chose sans contexte ni circonstances, simplement parce que là était la volonté de la Déesse.

Au détour d’un bosquet de fleurs scintillantes sous le clair de Lune, il la sentit. Avant de l’entendre, de la voir, de la goûter sur sa langue, il sentait l’eau dans chaque fibre de son corps. C’était un appel quasi animal, indéniablement ancestral. Né des eaux elles-mêmes, Manannàn Mac Lir ne pouvait vivre loin d’elle, pas plus qu’il ne pouvait vivre sans elle. Des millions de picotements agitèrent sa peau, sa main de pouvoir frissonna doucement et, comme un papillon attiré par la flamme d’une bougie, il se dirigea vers la source d’eau qu’il ressentait non loin de là – un cours d’eau. À mesure qu’il s’approchait, il faisait siennes les sensations que la rivière déclenchait en lui. La fraîcheur qui l’envahit ; ses cheveux, coupés courts, balayant librement sa nuque, une mèche turquoise coincée derrière son crâne par une de ces broches en argent qu’un simple Humain aurait qualifié de féminine mais que lui affectionnait tant, s’animant comme le courant marin autour d’un écueil, s’illuminant de plusieurs teintes marines ; l’humidité se condensant sur sa peau ; la vie sous la surface de l’eau lui envoyant déjà des signaux de reconnaissance et de bienvenue. Pourtant, un élément perturbateur, légère et subtile onde effleurant la surface en cercles concentriques de plus en plus marqués, le fit ralentir la cadence. Quelqu’un se trouvait déjà là. Il supposait que cette rencontre à venir faisait partie des plans du Sithin, à moins que celui-ci ne se soit simplement joué de lui. Même une société comme la leur, adossée à la présence d’une Déesse toute puissante, laissait sa place au hasard et à la chance – ou à la malchance. Enfin, écartant le feuillage d’un arbre sur son passage, il la vie, superbe, mouvante, puissante : la rivière. Et dans la rivière, impossible à manquer, sa peau capturant littéralement les rayons argentés de la Lune pour la transformer en or dans lequel sa chevelure aurait été plongée, Essus.

Man savait qu’elle savait qu’il était là. Ne se sentant pas particulièrement obligé de justifier sa présence, elle se contenta de l’observer, de poser un regard tranquille sur elle, puis sur son visage. Sa nudité de le dérangeait pas, en fait, la nudité ne dérangeait pas les Feys en général. Bien sûr, dans le plus simple appareil, elle le faisait penser à Taranis, inutile de se voiler la face. Et pourtant, on ne pouvait pas imaginer deux êtres plus différents, du moins à ses yeux. Quoiqu’elles se retrouvaient sur certains points ; il pouvait en témoigner, lui qui avait subi, à des moments différents, les colères de l’une comme de l’autre. Ce seul souvenir amena un léger sourire sur ses lèvres. Essus, quant à elle, était plus ou moins couverte de sang. Probablement la raison pour laquelle elle se trouvait dans la rivière. Man se sentait tellement lié à l’eau cristalline et glaciale qu’il avait l’impression de sentir lui-même les contours des flots épouser les formes de la Sidhe, une tâche dont s’acquittaient à merveille les cheveux dorés. Puis elle parla, pour l’enjoindre à parler – se retourna-t-elle seulement ? Peut-être savait-elle déjà qui était là. Ce n’était pas leur première rencontre, loin s’en fallait. Tous deux étaient issus de temps lointains et avaient connu leur lot de cohabitation forcée. Il sourit de nouveau. Puisqu’elle l’exigeait, il sortit de son silence, nullement dérangé par le ton et les mots employés.

« Et que voudrais-tu que je dise, chère nayade ? Quels propos siéraient-ils à tes oreilles si affûtées, après tout ce temps sans même nous rencontrer ?

En vérité, ils avaient si peu en commun qu’ils auraient probablement dû en rester là. Mais Man, porté par le courant de l’existence, indolent, se contentait d’agir au jour le jour, et même à la seconde, simplement curieux et attentif à ce que le destin lui réservait. Et puis, le temps avaient certes passé, depuis leur dernière entrevue, qui s’était très probablement mal passé, Man ne s’en souvenait plus. Et il ne doutait pas une seconde qu’Essus n’avait pas changé d’un iota, car elle était de ces Sidhes-là, de ce bois-là, de cet or-là – atemporelle, hiératique, légendaire même au présent.

 



 
out of the misty sea
But listen ! The sibilance of the sea weaves silences to tapestries of fear, the voices of the gulls grow urgent to the ear, eerie and eternal. At last, the THUNDER ! Such a sound, as though hell were opened and all the mountains fell.
©️ code : ellaenys. // quote : s.l. ingham pettit.  
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Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Ven 26 Aoû - 8:02
    Il est de ces Glamours, tu n'as pas besoin de voir pour savoir. Leur simple approche en direction de ton épicentre suffit à éveiller tes instincts les plus primitifs. A dévoiler leurs failles ouvertement au système. Il y a bien peu de feys qui peuvent se vanter un tel honneur abject de ma part. Etrangement, ou pas, toi tu en fais partie mon AMI.

    Ha. Ha. La bonne blague. Ne trouves-tu pas? Tes lèvres ont beau s'étirer en sourire, nous savons tous deux que certaines apparences sont si faciles à ériger. Reste plus qu'à découvrir combien de temps nous allons réussir à les garder. Provocation lancée. Défi accepté.

    Je ne me détourne pas. A quoi bon? Tu n'es sans ignorer mon seul ressenti à ton égard. Oh certes, tu as courtisé ma sœur. Ou était-ce plutôt l'inverse? Peu importe. Fait est que tu as inspiré à son esprit déviant la promesse d'un ailleurs meilleur. D'un monde utopiste auquel tu n'as pourtant jamais cru. Ton nom, je l'ai entendu plus que de raison. A travers des fleurs, des fleuves et même des papillons. Tu étais voué à une gloire sans fin. A une légende sans faim. Tu aurais pu rentrer dans l'histoire au bras de l'homme le plus puissant de Grèce. Cette pensée m'arrache bien sûr le sourire qui accompagne l'ironie d'une telle prouesse. Rien que pour ça, j'aurais pu consentir à céder au caprice de Taranis. J'aurais pu fermer les yeux et t'accorder un instant de répit. Mais tu m'as devancé. Tu m'as ôté le sale boulot des mains. Tu as été seul à arracher son cœur encore battant. Tu aurais au moins pu le garder au lieu de le jeter en pâture au vent. Then again, si tu ne l'avais fait ... comment aurais-je seulement pu le repêcher? Le cajoler. L'infecter. Nouveau sourire. La fatalité nous est innée mon cher Mann. Sans toi ... aurais-je seulement pu garder un peu plus longtemps encore ma chère sœur rien que pour moi?

    Le passé est le passé. Tu sais bien que depuis longtemps déjà je t'ai pardonné. Pour autant qu'il y avait lieu de le faire. Nul doute ne persiste à ce sujet-là. Même sans mon approbation muette tu n'en aurais fait qu'à ta tête. Mais dis-moi ... ta vie si insipide aurait-elle eu la même saveur si sur ton chemin tu n'avais pas croisé un tel déclin? Oh cesse donc de prendre la mouche pour un oui pour un non. Tu sais bien qu'il n'y a là rien de personnel. Bien que ...

    La courbe de mes lèvres toujours ensanglantées se crispe. S'évapore. Mon expression reprend cette teinte d'indifférence qui n'est que factice. De toutes les femmes qui importent réellement dans mon passé, ce n'est pas à travers les larmes de crocodile de Taranis que tu m'as le plus blessé.
    LIZABETH.

    Comment as-tu seulement pu l'oublier? Et inutile de le nier. Foutaises que de ne serait-ce que tenter de me mentir. Toi tu es resté. Toi tu as plié. Le genou. Le dos. L'échine. Tu ne vaux guère mieux que son unique meurtrier. De tous, tu dois bien être l'entité par excellence à savoir. Ou du moins à avoir deviné. Pourquoi je suis partie. Pourquoi je me suis exilée. Taranis n'a jamais été qu'une moitié de réponse. La facilité d'un prétexte vieux comme le monde. Elle survivrait. Je le savais. Elle se le devait.

    J'inspire lentement. Profondément. J'appelle à moi l'air vicié d'un passé que je m'interdis d'oublier. Je me gorge de son pouvoir infecte sur mes souvenirs restés intactes. Je gonfle mes poumons qui gangrènent de l'intérieur. La maladie ronge. Gratte. Erafle. La paroi se fissure et laisse place à la rancune. Moi qui n'ai jamais été du genre à m'en préoccuper, voit comme il pénible d'admettre que moi aussi j'ai été forcée d'évoluer.
    Tes mots viennent rompre un silence non point désagréable. Leur légèreté finit par me ramener aux lois d'une certaine gravité. A la réalisation d'une autre réalité. Tu vas pour une approche amusée. Quelque peu taquine. Une naïade? Franchement. Dois-je m'en sentir flattée ou, au contraire, vexée? Toi, l'homme de la mer. Toi, l'enfant de l'eau. Tu aurais mieux fait de te faire rebaptiser Poséidon.

    Je retrouve l'aisance d'un rictus facile. Aéré. Et si nous laissions le passé pour ce qu'il est? Du moins ... le temps de prendre la température. Veux-tu?
    Comme si j'allais attendre ta réponse. Je commence déjà à me retourner. Sans brusquer. Histoire de créer l'effet escompté. Là encore il ne sert à rien de nier l'évidence. Entre nous, cela relève limite de l'obligation.
    Mes prunelles aux nuances tricolores s'accrochent irrévocablement aux tiennes. Nous n'avons beau pas en exprimer le désir, nos origines communes ne peuvent que s'en moquer. Et toi, la sens-tu également? Cette attirance si foudroyante. Ce besoin d'encore et toujours se rapprocher sans jamais se frôler. S'effleurer sans se toucher. Vouloir sans pouvoir. Dans d'autres circonstances, qui sait ce qu'une rencontre fortuite aurait pu nous amener. Dommage qu'il est désormais trop tard que pour le découvrir. Une autre fois peut-être. Qui sait.


>> Je ne sais pas. Surprends-moi.

    Cela ne devrait pas être trop difficile à mettre en place pour un Sidhe tel que toi ... si? Timide ou réticent? A moins que tu sois sur tes gardes? Quand bien même tu aurais raison de l'être, que diable pourrais-je bien te faire ainsi vêtue? Qui plus est, trempée dans l'élément de ton unique prédilection. Tu sais bien que moi ce n'est pas la flotte qui me plait. Même si je ne peux nier son importance dans l'écoulement de tout ce si délicieux sang.
    Serait-ce donc ma couleur qui t'indispose à ce point?

    Devant ta réticence à avancer, ce que je peux parfaitement comprendre, j'accepte de prendre les devants. Avec toute la grâce qui habite nos entités divines, je me mets à me mouvoir. A traverser ces vaguelettes inexistantes dont je sais pertinemment que ton anatomie propre n'aspire qu'à s'enivrer. Se souiller. Qu'attends-tu donc pour me rejoindre? Et ne va pas me sortir des sottises quant à la pudeur et la nudité. Ces termes n'ont jamais existé entre nous. Qui plus est, si mes souvenirs sont bons tu as eu le loisir d'examiner de près les courbes de ma jumelle. Tu connais déjà tout. Alors qu'est-ce qui t'effraies le plus? Le souvenir ou la tentation?

    Je m'arrête à l'orée de la rive. Je ne sors pas pour autant du courant d'eau. Tu n'as qu'à le prendre pour une trêve. Un mouchoir blanc dans un ring de boxe. Ou une éponge si tu préfères. Soit-elle marine.
    Je me mords la lèvre inférieure afin de ne pas m'esclaffer. Cette situation est tellement ridicule.


>> Arrête de bouder et viens me rejoindre.

    Je sens mon expression s'adoucir. Se décoincer. A quoi bon remuer le passé? Tu n'y peux rien que je n'ai jamais appris à partager. Que mes attentes à l'égard d'autrui sont restées incomprises. Manque de contagion. Absence de compassion.

    Je me retourne une nouvelle fois. Non pas dans le but de t'offrir de vue rien que mon dos, mais plutôt en guise de confirmation d'invitation. Ce soir, je n'ai pas envie de me chamailler avec toi. Du moins, pas encore. Qui sait ce que la nuit nous réserve. Qui sait pourquoi le Sithin a jugé utile de faire coïncider nos deux chemins.
    Je m'installe plus confortablement. L'ondulation de ma colonne contre la terre humide et ô combien accueillante. Rassurante. La symbiose parfaite entre ton élément et le mien. L'ironie n'a jamais été aussi présente - pesante - entre nos deux opposés. C'est amusant ... ne trouves-tu pas?


>> Qu'est-ce tu as à y perdre?

    Promis, je ne cafterai pas.
    Maintenant désape-toi. Ou pas. Je m'en fous.
    Saute dans cette fichue rivière.
    Nous savons tous deux que tu en crèves littéralement d'envie.



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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Dim 28 Aoû - 12:55
rivers of lust
ft. Essus & Manannàn

La Cour, aux yeux de Man, était comme un océan. Parfois déchaînée, d’autres fois affichant les apparences d’un calme plat trompeur et mortel alors que sous la surface se déchaînaient les courants contraires les plus dangereux. Et lui, à l’image de son élément, ne s’était jamais considéré comme une force d’opposition, ni ceux à qui il avait dû, justement, s’opposer. Là était sa force, il était capable de s’adapter, de contourner, de tromper, et c’était en cela que pour lui, la politique et la diplomatie étaient autant un jeu qu’un art mortel. De fait, il n’avait jamais vu Essus comme une figure opposée à la sienne. Elle était au contraire comme une force d’attraction destructrice face à laquelle quiconque d’un peu malin aurait mieux fait de garder ses distances. Avant même d’être la sœur de Taranis, elle était cette femme, cette ombre de Lizabeth que celle-ci aimait tant écouter, quand elle ne l’écoutait pas, lui. Plusieurs fois dans son existence il avait eu l’impression de jouer une gigantesque partie d’échecs, conscient de se servir des autres comme de pions, pour ce qu’il considérait être le bien commun, mais dans le cas d’Essus et de Lizabeth, cette confrontation s’était souvent transformée en épreuve de force, en véritable bras de fer. L’ironie de la chose étant que tous deux affirmaient vouloir le bien de la reine – mais un bien différent, aux conséquences différentes. Peut-être était-ce parce qu’Essus était une Sidhe jusqu’au bout des ongles alors que lui n’était qu’un Élémentaire qui, malgré son statut de Tuatha de Dannan, avait refusé cette couronne, refusé qu’on le nomme Poséidon et s’était opposé à son culte sous toutes ses formes jusqu’à ce qu’enfin il en soit libéré, mais tous les opposait : leurs caractères, leur vision des choses, leur relation avec Lizabeth. Elle n’aurait voulu que le bonheur de la reine et rien d’autre, une utopie, quand Man n’avait cessé de tenter de convaincre la reine que son bonheur passait après la sauvegarde de son peuple, un autre genre d’utopie… ou presque. Car au final, c’était bien à sa vision des choses à lui que Lizabeth s’était rangée, jusqu’à en perdre la vie. Man avait obtenu ce qu’il avait voulu mais pas de la façon dont il l’aurait voulu, ce qui rendait la mort de la reine plus douloureuse pour lui encore. Il avait l’impression de l’avoir tuée de ses mains et en même temps, de n’avoir pas su la sauver. Et il savait parfaitement que pour les siècles à venir, ces deux femmes seraient les limites et les contours de sa relation avec Essus : Lizabeth et Taranis.

Que Taranis ait choisi la Cour Seelie alors que sa sœur était restée fidèle au souvenir de Lizabeth était en soi un événement notable, non pas que Man avait un quelconque avis personnel sur la question. S’il y avait bien un sujet qu’il ne voulait pas aborder avec Essus, c’était sa sœur ; elles étaient sœurs, certes, mais cette histoire n’avait rien à voir avec Essus. Même s’il se doutait que là encore, et pour toujours, leurs avis divergeaient sur la question. Ses mots, comme les siens propres, étaient pour l’heure dénués d’importance, si ce n’était de sens. En cette seconde, c’était tout sauf leur conversation qui donnait le ton de cette rencontre. Il la regarda se mettre en mouvement, approcher de lui, et ses yeux turquoise s’abaissèrent sur la surface de la rivière, là où le corps de la Sidhe troublait l’eau glacée. Il ne pouvait mentir : c’étaient les petits courants créés par son déplacement, les ondes légères s’évasant autour d’elle, qu’il admirait. Mais quitter cette femme des yeux plus de quelques secondes n’était pas recommandé, et il releva ses iris mouvants sur Essus elle-même. Il retrouvait sur son visage parfait une expression familière. L’avait-il déjà vue sur celui de Taranis ? Pour lui, elles étaient aussi différentes que le jour et la nuit. Taranis avait été un jour cette jeune fille sincère et volontaire qu’il ne pourrait jamais oublier, qui était la cause même de son rejet vis-à-vis d’elle. Chez Essus, il n’avait jamais vu que le spectacle et la force des opinions, qui sous-entendaient tant de non-dits si clairement établis. L’expression de son visage resta sereine, presque curieuse, en attendant de voir ce qu’elle lui réservait – car il s’agissait d’Essus, et il savait qu’il n’avait pas besoin de prendre les devants avec elle : lui laisser les rênes de la conversation était plus naturel et certainement moins fatigant.

Il sourit à nouveau cependant quand finalement, elle lui tourna le dos, non pas pour le congédier mais en guise d’invitation. Qui pouvait se vanter, après avoir vécu plusieurs millénaires, d’être encore surpris ? Et pourtant elle le surprenait, ce qui était autant un plaisir que le signe qu’il devait rester sur ses gardes. Ce qu’il avait à y perdre ? Il n’aurait su par où commencer mais il s’agissait là de considérations personnelles dont Essus n’avait cure. Il s’avança jusqu’au bord de la rivière puis s’accroupit, et plongea doucement la main dans l’eau troublée par tout le sang dont elle était encore souillée. Le contact doux et glacé le coupa quelques secondes de la réalité. Il sentait tous les courants, les particules, la moindre créature vivante ; c’était comme prendre le pouls de la terre elle-même. Comme si lui-même se purifiait, il laissa s’écouler le léger Glamour dont il s’entourait en permanence, laissa l’eau balayer sa main qui retrouva son aspect réel, ses doigts reliés par de légères palmures. C’était là une tout autre façon pour lui de se mettre à nu, mais l’idée d’opposer cette « imperfection » à la nature quasi divine d’Essus l’amusait. Sans bouger, presque sans même s’en rendre compte, il accéléra légèrement le courant de la rivière avec sa main de pouvoir, créant ici et là des courants contraires, faisant s’évacuer les filets d’eau sanglante, laissant des filaments brillants d’eau pure partir à l’assaut de son poignet, puis de son bras sous sa tunique, collant le tissu à sa peau.

« Contrairement à ce que tu laisses entendre, je n’ai pas encore tout perdu. Il y a encore des choses que je souhaite protéger. »

Et c’était probablement quelque chose pour lequel elle pouvait lui en vouloir. Aurait-il fallu qu’ils souffrent tous deux de façon égale de la perte de Lizabeth, tout comme ils l’avaient aimée à parts égales, la raison même de leur opposition ? Mais non, il avait cru tout perdre à la mort de la reine, sans parler du poids de sa culpabilité éternelle, raison pour laquelle il avait disparu quelques années, raison pour laquelle il avait trahi Nuada, l’abandonnant à ses terribles devoirs. Sauf qu’il s’était trompé, il lui restait encore des choses, des gens et surtout un avenir auxquels il tenait. Et il ne doutait pas qu’il en allait de même pour Essus. Tout comme, encore une fois, leurs intérêts allaient probablement s’opposer. Il releva les yeux vers elle.

« Mais tu t’es drapée de cette rivière avec magnificence, je m’en voudrais de vous déranger toutes deux. »

Son regard s’abaissa brièvement sur son corps, un battement de cils, avant de se poser de nouveau sur son visage.

« Je suppose que ce sang n’est pas de ceux qui déclenchent un conflit. »

Ou, pour le dire clairement : qui dont avait-elle été tuer, et avec quelles conséquences ? Une façon comme une autre d'alimenter les apparences d'une conversation. Il le savait, il la connaissait, il l’avait déjà vu faire cela des dizaines de fois ; une offrande de la nature à Essus, un animal gisant quelque part, une connexion avec la terre… Il la savait intelligente. Et ancienne, si ancienne, jusque dans ses os, dans ses croyances, dans ses cérémonies. Comme lui…

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Ven 23 Sep - 8:40
    Nos regards s'accrochent et se décrochent si facilement. Le temps se figue et se tord. Malgré les années qui passent, il ignore encore et toujours comme réagir, si pas interagir entre nous. Il s'arrête. Il reprend. Il accélère. Il ralentit. Il perd pied. Il se noie. Tu te ris de cette sottise. Pour ma part j'aurais de loin préféré l'enterrer vivant. Juste pour voir. Juste pour sentir. Une ode à la vie. Un clin d'œil à la mort. Tu sais fort bien que j'aurais fini par le relâcher. Sans lui rien n'aurait plus d'importance. Sans lui nous n'en serions point là où nous sommes aujourd'hui. Est-ce que j'aimerais le faire retourner en arrière? Il serait si gros mensonge de prétendre le contraire. D'oser tâter du bout des doigts une indifférence à cet abject égard. Je suis certaine que même toi tu as dû l'envisager. Ne serait-ce qu'une seule et unique fois. Ne serait-ce que pour mieux replonger dans ton autoflagellation par la suite. Oh ne joue pas les innocents Man, tu sais aussi bien que moi que la vérité est la plus pénible à avaler.

    Lorsque je me détourne de toi, c'est pour tellement de raisons et aucunes à la fois. Je n'aime pas ce que je lis au fin fond de tes prunelles aux mêmes nuances que les miennes. Pas plus que toi tu n'as jamais trouvé à apprécier dans le néant des miennes. Nous vivons dans des mondes tellement séparés qu'il ne serait pas anodin de se poser la question qui nous a toujours taraudé l'esprit : Pourquoi? Comment? Où ça? Quand?
    Tous ces points d'interrogation portent pourtant une seule et même réponse. ELLE. Pourquoi? Parce que. Comment? La Reine à ses raisons que la raison ignore. L'effet du Sithin. Le courroux du trône de ronces. L'effet dévastateur d'une manipulation mentale. L'amour aveugle du petit peuple pour une déesse intouchable. Va savoir. Où ça? Partout. Toujours. Jamais. Quand? A l'instant précis où nous avons tous deux posés nos iris sans âge sur sa sombre silhouette. Elle est la seule pour laquelle j'ai plié le genou. La seule que j'ai adulée au même titre que la Déesse Mère. L'unique qui avait le droit de hanter mes rêves les plus obsolètes sans jamais avoir recours à mon autorisation tacite. Pour elle j'aurais pu transcender les règles de bienséance. J'aurais pu bafouer ces anciennes promesses faites sous l'unique regard des étoiles millénaires. En son nom j'aurais pu pécher. Incendier. Blasphémer. Il est murmuré dans les couloirs les plus enfouis du donjon, que j'aurais pu commettre le seul meurtre que je me suis toujours refusée à effectuer. Certains parlent de rumeurs. D'autres d'affabulations. De tous, je crois bien que tu es le seul à connaître la véritable réponse à cette question qui n'en a jamais vraiment été une. Entre ma sœur et ma Reine, tu n'es sans ignorer que mon cœur a toujours balancé. Que mes limites ont toujours été volontairement flouées. Elle aurait pu me faire vaciller. Elle aurait pu me pousser et j'aurais accepté la chute. Tout comme j'aurais pu faire un pas de place le long de ce ravin et me laisser tomber.

    Nous ne pouvons changer le passé Man. Nous pouvons le réécrire à notre sauce. Nous pouvons transformer les détails. Nous pouvons faire disparaître les noms des figurants. Coller d'autres visages sur l'impassibilité des pions. Nous pouvons démembrer le cavalier. Faire effondrer la tour. Décapiter le fou. Cette image volatile m'arrache un sourire à peine amusé tandis que je te sens approcher. Je ne relève pas. Je te laisse à tes occupations tandis que je me morfonds dans ces songes lugubres que je ne peux partager avec nul autre que toi. Il me tarde de jouer une nouvelle partie. De découvrir l'identité des nouvelles pièces. Et toi mon AMI ... es-tu partant pour un nouveau tour? Es-tu prêt à remettre en jeu la futilité de cette âme que nous croyions pourtant tous deux invincible?
    Les dés sont jetés.
    Le roi gris couronné.
    La Reine est morte.
    Alea jacta est.

    Tu as cette fâcheuse tendance à me ramener de là où je n'ai pas envie de partir. Pourquoi ne peux-tu pas me laisser sombrer? Couler? Laisse-moi donc divaguer des rives. Rompre mon contact avec la nature. Offre-moi en pâture aux poissons ou autres créatures marines. De quoi as-tu donc peur? Que je leur cause une indigestion? Arrête va, mon sang est bien moins infecte que celui dont tu viens de me laver. Est-ce seulement à cela que tu pensais en me dénudant ainsi? Pourquoi me priver de ce petit plaisir coupable? Estimes-tu que je doive partager ta souffrance? Que je dois me défaire de toute distraction sous prétexte que mon deuil n'a toujours pas été entamé? Bien sûr que je n'accepte en rien cette nouvelle situation. Pourquoi crois-tu donc que j'étais absente au couronnement? Que j'ai été déçue d'apprendre que notre nouveau suzerain n'avait pas péri sous l'embrochement du siège royal? Qu'une gueule ténébreuse et béante ne lui ai pas arraché cette carotide qui ne nous sert fichtrement à rien? J'aurais été bien capable d'applaudir à bras levés l'avènement de cette nouvelle ère de destruction. Mon regard se déporte à peine vers toi. Tout ceci n'est que le commencement. Mais ça aussi tu le sais déjà ... n'est-ce pas?

    Ton égoïsme apparent est limite attendrissant. Tu accordes bien trop d'importance à l'interprétation des mots. Bien sûr que tu as encore des "choses" à protéger. Mais que crains-tu donc de MOI? Ici? Maintenant? Ce soir? Je n'ai, à ma connaissance, exprimé aucune forme d'hostilité quelconque à ton égard. Je n'ai en rien laissé sous-entendre que ta présence m'indisposait. Je t'ai même invité à prendre place à mes côtés. Y aurais-tu décelé un voile de malice? Un soupçon de fourberie? Ralala mon cher Man, depuis quand nous connaissons-nous déjà? Si j'avais voulu te poignarder dans le dos, crois-tu vraiment que j'aurais gaspillé autant de mots? Que j'aurais laissé une telle ellipse de temps s'interposer entre nous? Je ne suis pourtant pas du genre à reporter à demain ce qui aurait pu être abattu hier ...
    Tu me déçois cher conseiller. Il y a du laisser-aller dans tes convictions. Mettons cela sur le compte de contrecoup veux-tu. Il me peinerait grandement de constater que notre ressenti mutuel n'est qu'une façade de plus à berner nos adversaires. Pourquoi rechignes-tu à ce point à enterrer la hache de guerre? Y aurait-il quelque chose que tu as omis de me raconter quant à la plus grande tragédie que nous avons été témoin d'assister?

    Je t'observe d'un regard nouveau. Pas pour autant plus insistant. Tu lâches un compliment qui n'en est peut-être pas un. L'étiquette fey. Tu enchaînes avec une question qui relève de la rhétorique. Pourquoi t'évertuer à tourner en rond? Pourquoi accepter de t'approcher ainsi du prédateur si ce n'est pour l'apprivoiser? Wrong guess sweetheart. Tu ferais mieux de sortir ton couteau de chasse et vite. La seule manière de me faire plier, sera de m'égorger.


>> Aurais-tu préféré qu'il le soit?

    Tu as raison. Il était prématuré de ma part de proposer une trêve là où l'envie n'y est clairement pas.


>> Arrête de tourner autour du pot Man, que me reproches-tu exactement?

    Qu'ais-je donc fait? Ou, plus exactement, que n'ais-je PAS fait? Me juges-tu responsable de Sa mort? Oserais-tu ... comme si la question se posait.

    Nous sommes désormais tellement proches. Pourtant jamais assez à mon goût. Je vais pour l'approche directe. Au moins un de nous deux n'a pas peur de se salir les mains. A travers une douceur certaine mon bras droit s'avance vers toi. De mes phalanges détrempées je viens me saisir du col de ta tunique. Je ne te demande pas ton reste et t'attire probablement un peu trop violemment en ma direction. Nos visages s'effleurent. Nos souffles se croisent. Il serait tellement aisé de se perdre mutuellement dans les flots réciproques de nos regards millénaires.


>> Juges-tu que je L'ai trop aimée ou, au contraire, pas assez?

    Tu as été d'une loyauté à toute épreuve. Tu as même été jusqu'à offrir ta propre fille à Sa Cour. J'ai chassé la mienne afin qu'elle ne subisse jamais ce même sort.
    Moi, feu main de la fécondité. L'unique caprice que je n'ai jamais réussi à Lui concéder. Son seul ordre auquel j'ai jadis désobéi.
    Lizabeth est morte Man.
    Et pourtant ce n'est pas Elle que j'ai le plus pleuré.
    Alors qui de nous deux mérite le plus d'être châtié?



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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Lun 3 Oct - 6:17
rivers of lust
ft. Essus & Manannàn

Comme toujours au contact de l'eau, Man se sentait comme dédoublé, présent, là, avec Essus, et en même temps ailleurs, son attention à moitié drainée par l'eau qui courait sur sa peau comme une seconde peau justement. Comme un enfant, sa concentration était partagée, de même que tout son être et chacun de ses sens. Et alors qu'il voyait Essus de ses yeux, qu'il l'entendait parler et se déplacer dans l'eau, il la sentait également bouger, comme si l'eau elle-même était le prolongement de son corps, de ses sens. Il n'avait nul besoin de lever ses yeux sur elle pour distinguer sa silhouette. Nul besoin de la regarder pour suivre chacun de ses déplacements. La seule chose qui lui échappait encore était ce qui lui passait par la tête, mais cela, eh bien, c'était une constante. Il était persuadé, depuis le début, que l'un comme l'autre ne se comprenaient pas et ne pouvaient que supposer à propos de l'autre. Cela aurait pu rendre toutes leurs conversations complètement stériles et inutiles, mais ce n'était jamais le cas, ne serait-ce que par jeu, en ce qui concernait Man. Cependant, elle n'avait pas sa patience, ils auraient pu tomber d'accord là-dessus, probablement.

Sa question, ainsi, lui arracha un sourire. Il n'avait aucune préférence la concernant, vraiment. Et quand bien même en aurait-il eu une qu'elle s'en serait fichue, totalement. Il semblait qu'ils en étaient arrivés au maximum de leurs capacités question ronds de jambes, et de nouveau, Man adressa un sourire rêveur à la rivière dans laquelle il avait toujours la main plongée, alors qu'il sentit Essus se déplacer vers lui. Cela pouvait être synonyme de jeu, comme de danger. Il n'avait nul moyen de le savoir à l'avance, et cela, en quelque sorte, faisait tout le sel de cette situation, de ce jeu auquel il voulait jouer mais dont elle était visiblement déjà lassée. Encore une des nombreuses raisons pour lesquelles ils ne s'étaient jamais entendus : ils ne vivaient pas au même rythme, ne respiraient pas au même rythme. Ce qu'il lui reprochait ? Mais rien, en toute honnêteté. Il la laissa donc approcher, en guise de réponse, en gage de bonne conduite, finalement. La laissa se saisir de son col et rapprocher son visage du sien. Alors que leurs souffles se mélangeaient, il garda les yeux baissés. Jusqu'à ce qu'elle prononce ces mots, ces maux dont ils souffraient tous deux depuis la mort de Lizabeth. Alors il releva les paupières, planta ses iris turquoise dans celles, glacées, d'Essus.

« Tu l'as trop aimée et c'est bien cela ta malédiction. »

Il prit son visage entre ses mains, la gratifia d'un regard compatissant et, doucement, de ses pouces, traça un léger sillon sur ses pommettes. C'était comme effleurer le visage d'une statue ancienne, arborant la même expression depuis des siècles et des siècles au point qu'elle en était devenue un masque plus facile à porter que n'importe quelle émotion.

« Je le sais car je l'ai trop aimée aussi, mais j'ai plus aimé encore ce qu'elle aurait pu être, ce qu'elle aurait pu représenter pour nous tous, au point de m'attacher à celle que j'aurais voulu qu'elle soit plus qu'à celle qu'elle était. Et je n'ai pas su voir... Je n'ai vu que trop tard sa mort arriver. »

Et il n'y avait nulle pitié dans sa voix, ni pour Essus, ni pour lui-même. Il s'agissait de faits. Elle l'avait dit, le passé ne saurait être changé. Fallait-il que les temps soient étranges pour qu'enfin, ils en viennent à parler d'elle. En de telles conditions, dans un tel endroit. Mais, comme elle l'avait si bien énoncé, il n'était plus temps de tourner autour du pot. Il détacha ses mains de son visage, faisant glisser au passage une des mèches dorées et humides entre ses doigts.

« Je me suis longtemps demandé si j'étais le seul à me sentir coupable, mais je vois aujourd'hui que ce n'est pas le cas. »

Ou bien oserait-elle prétendre le contraire ? Prétendre qu'elle ne souffrait pas aujourd'hui encore de sa disparition, du vide qu'elle avait laissé derrière elle et des changements que, par sa mort, elle avait opérés, par la force, sans leur consentement, chez eux deux ? Elle le lui avait pratiquement avoué, de toute façon. Il ne s'agissait plus là d'un jeu de dupes. Il se pencha de nouveau vers elle et sourit doucement.

« Nous vivrons avec ce poids sur la conscience, Essus. Pour l'éternité. »

Et cela aurait été se mentir que de le nier. Tout comme nier qu'ils avaient, lui comme elle, une conscience.

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Ven 7 Oct - 8:48
    Cette question, j'aimerais ne jamais l'avoir posée à voix haute. J'aurais aimé la garder pour moi. La chérir pour l'éternité dans une petite boite d'un bois si précieux qu'il en deviendrait péché ne serait-ce que de l'effleurer. Je lui aurais confectionné un autel dont l'emplacement serait connu d'une seule et unique personne. J'y aurais perpétré des offrandes d'une autre époque. Des sacrifices depuis longtemps dénigrés. J'aurais même consenti à lui construire un temple dont nul n'aurait la clé. Dont aucun n'aurait été gratifié de l'accès.
    Ces mots que je t'offre là Man, ils sont à moi. Ils sont miens. Le fait que ton ouï en dispose si librement ne te leur accorde pourtant aucun droit. Aucun avis. Ce que je t'inspire, je ne veux l'entendre. Je refuse de le comprendre. J'ignore bien pourquoi mes sens sont ainsi en déroute. Pourtant le barrage du langage m'a été si difficile à garder érigé. Je n'irais pas jusqu'à te qualifier de fourbe. Plutôt de sinueux. Telle l'eau qui m'entoure. Qui me berce dans sa rivière. Qui m'invite si sournoisement à me confier à elle. Cet élément te sied à merveille mon cher ami ... mais ça tu le savais déjà n'est-ce pas.

    Tu peines à me regarder dans les yeux. Tu t'obstines à refuser, encore et toujours, à faire face à la réalité. A notre ultime fatalité. Peut-être est-ce uniquement pour cela que j'accède à ton caprice. Que je laisse échapper un point d'interrogation auquel je t'intime de ne pas répondre. Laisse-le donc s'envoler. S'évaporer. S'effriter.
    Peu importe ce qui ressortira d'un tel entretien, tu sais fort bien que nulle réplique ne pourra me contenter. Ne pourra apaiser cette douleur poignante qui continue encore aujourd'hui de fissurer mon âme. Il m'est peut-être autorisé à cicatriser. Tu sais pertinemment que je refuserai. Je me dois de saigner. Je me dois de souffrir. Je sais qu'il en va de même pour toi. Nous n'avons pas été à la hauteur Man. Nous avons laissé passer nos propres aspirations avant celles des autres. Avant les SIENNES. Tu voulais la façonner à l'image d'une Suzeraine. Moi-même je n'aspirais qu'à lui rendre son statut de Déesse. L'un comme l'autre nous avons volontairement renié l'évidence. Nous avons fait déshonneur à notre rang. Nous avons cédé à l'appel de nos instincts.
    Aussi dégradant cela puisse me paraître, nous ne valons à ce jour guère même que l'homme. Mais ça ... tu comprends bien que je ne suis pas encore prête à l'avouer.

    Une nouvelle fois nous nous regardons. Nous nous observons. La douceur et l'humidité de tes doigts légèrement palmés sur mon visage. Je ne me retire pas. Je ne grimace pas pour autant. Pourquoi t'obstines-tu à ce point à me gratifier du mauvais rôle? Pourquoi n'as-tu jamais été capable d'accepter que je n'étais tout simplement pas plus fey que toi?

    Je relâche mon emprise sur ton col. Tout ceci ne sert rien. Tout ceci ne rime à rien. Nous avons perdu. Nous avons échoué. Tout aveu de culpabilité arrive bien trop tard. Il ne peut effacer le passé. Il ne peut ni le justifier et encore moins le pardonner.
    Ni l'un ni l'autre nous n'étions aveugles à sa détresse. Consciemment nous avons uniquement décidé de l'ignorer. De détourner notre attention. Ce soir-là c'est nous qui aurions dû être assassinés.
    Je me suis jetée corps et âme dans la guerre Man. Pas pour vaincre. Pas pour blesser. Certes, il me fallait évacuer. Quand bien même je croyais sincèrement que moi aussi j'y resterais. J'étais prête à me faire embrocher. Eviscérer. Décapiter.

    Comme tu le sais, je n'ai pas eu cette chance de La retrouver. De La rejoindre là où nous L'avions envoyée. Alors je suis partie. J'ai fui mes responsabilités. Je t'ai laissé seul pour ramasser tous nos débris. Pour accuser tous nos échecs. Il est vrai que j'ai pensé ne jamais revenir. Tu aurais dû en faire de même. J'aurais peut-être dû t'inviter à me suivre. Au pire à me rejoindre. Et qu'aurions-nous donc fait? Pleurer sur notre triste sort? Enterrer nos griefs jamais avoués? Pauvres fous que nous faisons. Rien ne se perd, rien ne se crée. Le présent évolue, mais le passé insiste. Persiste. Nous sommes seuls à pouvoir nous pardonner nos erreurs. Perso je ne suis pas (encore) prête à expier les miennes.

    Tes phalanges glissent sur mon visage. Tu t'accroches un instant à la futilité du moment. Tu laisses tomber des mots que nous n'avons ni le besoin ni l'envie d'entendre. Te voilà également à lâcher une question à laquelle tu aimerais ne pas me voir répondre. Contrairement à toi, je t'accorde cette maigre victoire. Je ravale une mélodie qui n'a lieu d'être. Qui l'eut cru un jour que nous nous retrouverions ainsi. Ici. Dans une telle position. A travers une telle nudité. Lizabeth aurait assurément aimé y assister. Elle est toujours là Man. Ici. Partout. Nulle part. Toujours. Jamais. Le Sithin. Le sol. Les arbres. Et même la rivière. Je sens son regard vide transpercer mon dos. Ses mains faméliques se glisser sur mes épaules. Ses lèvres mortes me susurrer des insanités au creux de la nuque. J'aimerais en sourire. Me laisser apaiser. Il n'en est pourtant rien. D'un instant à l'autre je m'attends à me retrouver avec un poignard planté entre les omoplates. Avec des phalanges malades qui se resserrent autour de ma trachée. Avec un verbe acerbe qui s'insinue en moi et vient me gangréner de l'intérieur. Hantise ou espoir ... quelle différence cela peut-il bien faire?

    Tu joues un jeu dangereux petit homme. Ce toucher. Ce recul. Ce retour. Ce sourire. Ta vie t'importerait-elle donc si peu depuis Sa tragique disparition?
    Contrairement à nos querelles habituelles, cette fois-ci je réponds par la positive. Le sinus de la pulpe de mes lèvres dessine une courbe délicate. Je n'irai pas jusqu'à qualifier l'acte de miroir, mais c'est tout comme. De toute façon, tu sais bien que tu n'arriveras pas à m'arracher mieux.
    Nos souffles s'effleurent sans en ressentir la moindre gêne. Jamais encore nous n'avons connu une telle proximité. Du moins pas sans montrer les crocs. De grogner. Cette pensée aussi m'amuse. Mon expression ne s'en veut que plus sincère.


>> Je le sais Man.

    Avec une douceur que tu ne dois pas me connaître, je viens envelopper de la paume de ma main droite l'angle de ta mâchoire.


>> Mais honnêtement, je n'en ai pas plus la force.

    Je me penche vers l'avant. Un peu. A peine. Du bout des lèvres je viens effleurer les siennes. Une caresse à peine aérienne. Une complicité chaste. Interdite. Illicite. Un instant à peine. Une fraction de secondes. Une petite éternité.

    Déjà je te relâche. Déjà je m'éloigne de toi. Nos regards tricolores s'accrochent une dernière fois. Je sais que tu sais. Je t'en prie, ne m'en empêche pas.

    Et sans attendre cet accord que tu n'es pas prêt à me concéder, je me laisse couler. Je ferme les yeux. Je me laisse entraîner par l'appel d'un néant si appétant. Que le courant enlace mes chevilles. Que l'oxygène me soit arraché. Que le ici se fige à jamais dans une ultime photographie du présent.
    Quelle douce ironie, n'est-ce pas, que celle qu'une fey de la terre finisse ...
    Noyée.



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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Sam 15 Oct - 16:50
rivers of lust
ft. Essus & Manannàn

Existait-il un être plus sur la défensive qu’elle ? Man voyait bien que chacune de ses paroles, pourtant factuelles, la heurtaient comme si elle s’était érigée en mur et qu’elle le pensait en train de tenter de la détruire. En elle, cela devait ressembler à une guerre permanente. Nul instant de paix, nulle parole gratuite dans son monde, nulle intention honnête. Tout passait par le prisme déformant de ses propres méfiances, sans cesse embrasées, jamais étouffées, pas même des braises sous la cendre. C’était comme si elle n’avait jamais déposé les armes, même dans son sommeil, si elle dormait, même dans ses pensées, si seulement elle se permettait ce genre de retraite intérieure. Man refusait d’entrer dans le jeu de la confrontation. Il n’en avait ni l’envie ni la volonté. N’y voyait pas d’autre intérêt que la contenter, elle, lui donner ce qu’elle voulait, ce qu’elle cherchait aussi naturellement que l’air qu’elle respirait. En d’autres temps, en d’autres circonstances, peut-être se serait-il laissé aller à ce petit jeu. Mais certainement pas ici et maintenant, encore moins alors qu’ils évoquaient tous deux, à leur manière, le souvenir de Lizabeth. Leur reine détestée, qui en mourant avait laissé derrière elle ce genre de passions : colère, ressentiment, méfiance… Essus, à l’image de tous les Unseelies, mais elle, cependant, n’avait pas l’excuse de l’ignorance, car elle avait connu, à un degré personnel intense, Lizabeth. Man se demanda fugitivement comment elle réagirait si un jour la vérité à propos de la mort de la reine se faisait jour. Combien d’animaux elle irait éventer pour surmonter sa rage. Même s’il était plus probable que c’est lui, Man, qu’elle irait éviscérer. Puisqu’il était le seul gardien du secret, et donc le seul coupable. Nuada lui-même n’avait jamais rien sur de cette dérangeant vérité.

Une pensée épuisante, et pourtant, quel soulagement ce serait, peut-être, pour lui, non seulement d’enfin révéler ce secret, mais en plus d’en mourir, pour ne plus avoir à en porter le poids sur ses épaules… Oh, eh bien, il avait déjà accepté la responsabilité de cette culpabilité aigüe et toute particulière, comme façonnée par Lizabeth elle-même sur-mesure pour lui, son conseiller si agaçant. Il pouvait presque entendre le rire clair, moqueur, enfantin et pourtant parfois si tendre, de sa reine. Cela lui rappela Samhain, quand il était allé s’agenouiller, pieds nus, au pied du Nemeton, qu’elle lui était apparue, sans pour autant accepter de lui parler. Elle s’était contenter de faire tinter son rire sous les branches de l’arbre sacré et pourtant, Man avait courbé la nuque et ri avec elle. Rien à voir avec l’atmosphère lourde, poisseuse de cette confrontation avec Essus. Mais était-ce une confrontation, vraiment ? Elle le voulait, le désirait ardemment, mais Man n’avait que faire d’un combat de coq. Ils étaient anciens, si anciens que la terre elle-même avait changé de visage sous leurs yeux. Tous deux arrachés à des temps disparus, symboles d’un passé révolu, qui refusaient d’évoluer, refusaient de changer, deux facettes d’une même pièce temporelle. Il n’avait aucun intérêt à s’opposer à elle, à bomber le torse. À sa douceur, elle répondait par un mépris et une moquerie qu’il ne connaissait que trop bien, et là était justement la raison pour laquelle il ne voyait aucun intérêt à se confronter à elle. Ils se connaissaient trop bien, étaient trop égaux. Du vent, du bruit, du rien. Ni l’un ni l’autre n’avaient mérité ça.

Il laissa tomber ses mains le long de ses flancs mais désormais c’était elle qui prenait le relais, mêlant son souffle au sien comme une amarre, et déposant le spectre d’un baiser sur ses lèvres. Il ne cilla pas, plongé dans ses pensées. Oui, ce n’est qu’un jeu. Ça, plus que le reste, le lui prouve. Mais les mots, eux, ne sont pas amusants. Est-ce une question de force, vraiment ? Le rapport de force était le mode d’expression préféré d’Essus, alors peut-être que oui, pour elle, cela n’était qu’une question de force. De sorte qu’il accepta sa réponse, lui en donna l’exclusivité. Il n’avait pas besoin de force pour vivre avec ce qu’il avait fait, ce qu’il avait dit, et ce qu’il cachait depuis ce jour où leur reine était morte. Il la regarda s’éloigner, la regarda s’immerger totalement dans l’eau, en une répétition quasi parfaite des gestes de sa sœur si longtemps auparavant, mais à l’inverse : elle avait disparu sous la surface de l’océan avant d’en jaillir pour verrouiller ses bras autour de sa nuque, plaquer ses lèvres sur les siennes. De cette façon, ainsi – et de toute façon Man prêchait ceci depuis toujours –, il était clair que l’Histoire ne se répétait pas, jamais. Il se releva, arrachant sa main à la rivière avec regret, laissa l’eau ruisseler de lui jusqu’à retourner à la terre, puis aux flots eux-mêmes. Désormais, il était simplement vêtu d’habits mouillés. Retour à une certaine normalité.

« Si tu étais là, est-ce d’elle ou de moi que tu te moquerais ? »

Une question amusée adressée au ciel et à la terre, et il sourit d’autant plus qu’il aurait autant pu la destiner à Lizabeth qu’à Taranis, quoi que dans un cas, la réponse aurait été beaucoup plus difficile à anticiper que dans l’autre. Si Essus et lui s’étaient souvent affrontés pour l’attention de la reine, ils n’avaient jamais ne serait-ce qu’évoquer la Déesse du Tonnerre. Il était probable qu’à une époque, son influence sur Taranis, involontaire mais pas moins solide, aurait joué, tout comme il était certain que ce n’était plus du tout le cas aujourd’hui. Encore faudrait-il qu’il la revoie un jour pour en juger. Il s’attendait à de nouveaux tremblements de terre, quand ce jour viendrait, à des cieux déchirés, à des pluies torrentielles et surtout à beaucoup plus de ressentiment et de rage qu’aujourd’hui. Puis il baissa de nouveau les yeux sur les flots tranquilles de la rivière, qui avaient englouti Essus sans bruit, sans mal, sans laisser de traces. D'un geste de la main, il fendit l'eau en deux, un geste qu'auraient adoré les Humains, dévoilant de nouveau la Sidhe à la lueur de la Lune, l'arrachant à sa douce cachette et la laissant là, sur le sol boueux, entourée des flots tenus à distance par le seul pouvoir de la main de pouvoir de l’Élémentaire. Cela aurait probablement été tentant pour n'importe qui d'autre. Mais pas pour lui.

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Mar 18 Oct - 8:35
    Je tombe. Je chute. Non Man, ne me retiens. Ne me regarde pas. Détourne-toi. Oublies-moi. De toute façon, il est bien là l'unique sort que l'histoire me réserve. Mon nom ne figure nulle part. Mon visage n'orne aucune stèle. Aucune grotte. Aucun sanctuaire. J'ai vécu à vos côtés pendant tellement d'années. J'ai évolué dans vos ombres. J'ai rampé dans vos sillages. J'ai été, moi aussi à l'aube de créer un mythe. Et qu'est-ce que cela aurait-il bien pu m'apporter? Taranis n'a de cesse de ressasser le passé. De croire à la Renaissance imminente de sa gloire d'antan. D'aspirer à un renouveau. A une ère digne de ce qui a été. Pourtant elle doit bien finir par se faire à l'idée que tout ceci n'appartient jamais qu'au passé. Il est fini le temps des croyances. Celui de l'espoir. Celui de la foi. Ne reste dans la réalité actuelle que la place pour la science. Pour la technologie. Pour l'évolution.

    Chose que nous avons cessé il y a bien longtemps de cela. Pour autant que nous n’ayons jamais été susceptibles d'y adhérer. L'homme s'adapte à ses nouvelles conditions de vie. Il se plie et se tord en fonction des événements qui arrivent sur lui. Il ne regarde pas vers l'arrière. Il n'aspire qu'à atteindre plus rapidement encore ce qui se situe devant. Il oublie. Il renie. Nous voilà relégués au rang d'antiquités. De noms anciens qui figurent uniquement dans les cours élémentaires obligatoires. Même la plus jeune des générations à tendance à nous négliger. A nous bafouer. Nous sommes des figurines de pierre. Des usurpations d'identité. Des tricheurs. Des menteurs. De Dieux, nous n'avons que l'origine. Même plus la majuscule. A peine la génétique. L'homme moderne ne tente plus de comprendre. Il se contente d'exterminer. De traquer. De tuer. Parfois, d'examiner. Expérience factice et futile. Sombre dessein voué à figurer dans les livres de dessin. L'atlas de l'anatomie. La mort d'un mythe.

    J'ai toujours connu le mot final d'une telle fatalité. Je ne compte plus les débats épiques qui ont trouvé naissance entre nos chamailleries fraternelles. Il faut dire que l'obstination dans la famille est clairement héréditaire. Génétique. Contagieuse. Le goût sur mes lèvres me ramène également à ses années insouciantes. A cette autre époque où toi et moi n'étions jamais plus que des inconnus bienheureux. Je te connais de nom. Peut-être même de réputation. Taranis n'avait que d'éloges à ton encontre. Pour moi tu n'étais rien de plus qu'une fey parmi tant d'autre. Et toi ... t'avait-elle seulement parlé de moi? T'avait-elle touché un mot quant à mon insipide existence? Pourquoi l'aurait-elle seulement fait? De point d'ancrage je suis devenue obstacle. De phare dans le noir je suis devenue une cible à abattre. Une gêne. Un rappel à ce qui était, mais jamais plus ne sera. Pour preuve, nous n'avons même pas réussi à prêcher pour la même paroi. Là voilà reliée aux basques d'un roi fou. Individu morne et fade. Dérouté autant que déroutant. L'idiot du village propulsé sur un trône bien trop grand. Bien trop sanglant. Et son frère ne vaut assurément pas mieux.

    Ça non plus tu l'es sans ignorer ... n'est-ce pas mon cher ami? Pourquoi crois-tu que j'ai snobé le Couronnement? Que je ne suis rentrée de ces lointaines contrées que tout récemment? Je n'aime pas cet endroit. Je ne l'aime plus. Ou bien est-ce encore et toujours le mot "trop" qu'il advient d'annexer à la cause? Est-ce seulement important? Regarde ... même toi tu te retires. Au loin, je vois ta main quitter la rivière. Me laisser seule à ma décision. Si même toi tu n'estimes pas nécessaire de me sauver ... pourquoi devrais-je continuer à me battre? Pourquoi s'évertuer à patauger dans la semoule? A brasser le vide? J'aurais dû rejoindre la terre depuis longtemps Man. Je n'aurais même pas dû vous suivre dans cette nouvelle étape. Si mon pseudonyme n'apparait nulle part dans les annales, cela prouve bien que je n'ai jamais existé. Pas ici. Pas maintenant. Certainement pas avant.

    Mes aspirations ont toujours été incomprises. Tu n'as jamais réussi à te plier à mon caractère. Même le ridicule petit surnom de Némésis a été confié à autrui. Je ne t'en tiens nulle rigueur sais-tu. Garde-le. Chéris-le. Bientôt, toi aussi tu disparaitrais. Tes souvenirs se perdront. Tes pas dans le sable s'effaceront. Ta fille quittera ce monde et emportera avec elle les dernières bribes d'une conversation qui n'aura peut-être jamais existé.

    Tandis que mon corps touche le sol, j'accorde une dernière pensée à celles que j'espérais tellement avoir contaminées. Taranis. Envers et contre tout. Contre tout le monde. Contre le temps lui-même. Tu es la seule que j'emporte dans ma tombe. Non parce que tu le mérites, mais bien parce qu'il est dans mon devoir de le faire. Ernmas. Toi que j'ai cherché si longtemps. Toi qui n’as peut-être jamais aspiré à être trouvée. Nessa. Je te laisse à ces fleurs mortes que j'ai tellement de fois ranimées rien que pour toi. Viktor. Tu es parti. Je ne t'ai pas suivi. Quel dommage. Quel gâchis.
    Et puis il y a toi ... CLARE ... ou devrais-je plutôt dire Darina? Tu aurais probablement aimé assister à mon trépas. Entendre mes dernières paroles se faire ravaler par une matière que je n'ai jamais trouvée à manipuler. Fin funeste. Pathétique. Je te l'accorde. Tu en aurais ris, à ne pas en douter. Tu as raison, il vaut mieux que cela termine ainsi. Ici. Arrête de me chercher. Je n'éprouve ni l'envie ni le besoin d'être trouvée.

    Je glisse lentement mes poignets sous quelques rochers. Je ferme les yeux et me contente d'attendre. Mon corps va bientôt se mettre à lutter. A voir se rebeller. A grappiller après l'air que mon esprit pourtant lui refuse. D'un autre côté ... peut-être que lui aussi en a marre d'essayer. Peut-être que d'entrée de jeu il se ralliera de mon côté.
    L'air commence à me manquer. Voici venu l'heure de vérité. J'aurais dû te demander Man ... qu'est-ce que ça fait de se noyer?

    Lorsque ma bouche s'ouvre pour inspirer ... ce n'est pourtant pas de l'eau qu'elle rencontre. La pression sur mon torse vient de s'apaiser. Si pas disparaître. J'ouvre les yeux et les accroche aux tiens. Tu te tiens là. Grand. Fier. La main levée en dresseur de torrents. Je trouve cela loin d'être drôle. Autrefois, oui, j'aurais pu en rire. J'aurais pu en jouer. Il me suffirait à peine d'enclencher mon propre don pour t'envoyer à mes pieds. On aurait fini par s'éclabousser à l'image de quelconque enfant insouciant. Je n'en fais rien et me contente de te dévisager. Tu n'as pas le droit de prendre cette décision à ma place. De choisir quand mon destin prendra fin. Quand viendra le point de non-retour. Tu n'es pas grand Man, tu le crois seulement. Tu t'évertues à sauver le veuf et l'orphelin. A vouloir racheter tes péchés. A prendre tes propres convictions pour acquis. Même si c'est moi qui en porte le nom, crois bien que le plus narcissique de nous deux vient à l'instant de se dévoiler.


>> Cesse de jouer les moralisateurs.

    Mes poings se resserrent, mais je ne bouge toujours pas. Je reste allongée de tout mon long. Ma nudité à peine couverte par un peu de terre humide. Détrempée. Comme mes cheveux. Comme mon esprit.


>> Si tu ne m'écrases pas, la gadoue le fera.

    Lentement elle commence même à m'aspirer. Je ne lutte pas. Je me contente de subir. Si pas par l'eau, au moins le subtil mélange de nos deux dons s'en occupera. Quelle douce ironie du sort ... ne trouves-tu pas?


>> Tu n'es pas obligée d'assister à cela. Tu n'as qu'à te retourner. Tu n'as qu'à t'éloigner. Promis, je ne cafterai pas.

    De toute évidence ... tu as l'habitude non?



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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Mer 19 Oct - 22:28
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Tous, ils étaient le miroir de quelqu’un d’autre. Tous, ils étaient le reflet de ceux qui en eux se reconnaissaient ou au contraire, se définissaient par opposition. Man estimait que chaque vie était importante pour cette exacte raison. Parce qu’en les autres, il se voyait, ou voyait ses défauts, ou voyait ce qu’il n’était pas, ce qu’il aurait voulu être, ce qu’il ne serait jamais, ce qu’il aurait détesté être. En les autres, il voyait aussi ses proches, ses connaissances, ses ennemis. Dans les yeux d’une inconnue, il reconnaissait sa fille. Dans un geste de la main d’une autre, il voyait Fand. Dans un regard ombrageux, il décelait Cian. Chacun était la fille, l’amante ou l’ami de quelqu’un d’autre. Même les êtres les plus détestables qui soient, ce que n’était pas, pour lui, Essus. Et c’était pour cela aussi que peu lui importaient leurs différents, rien n’aurait pu justifier qu’il la laisse ainsi se laisser engloutir par l’eau et par la terre. Si elle voulait fuir, grand bien lui fasse. Si elle voulait se cacher, il ne la jugerait pas. Mais mourir, non, pas sous ses yeux en tout cas. Peut-être qu’en elle, aussi, il voyait Taranis. Peut-être qu’il revoyait en elle l’enfant qu’avait été sa sœur, l’adolescente, puis la femme, qui compterait toujours pour lui, d’une manière ou d’une autre, qu’il le veuille ou non. L’une comme l’autre n’aurait probablement pas supporté cette seule idée, mais il restait encore le maître de son propre esprit, aux dernières nouvelles. Et d’un geste, il fit s’écarter les flots, dévoila Essus à l’air à nouveau, comme une offrande. Elle se tenait là face à lui, l’air dur, mauvais, rageur. Rageur dans la mort, comme s’il y avait une quelconque fierté à tirer d’un tel choix. Il accueillit les paroles qu’elle lui jeta au visage avec un battement de cils impassible. Il n’y avait rien qu’il aurait pu faire ou dire, dans n’importe quelle situation, dans n’importe quelles circonstances, qu’elle n’aurait pas interprété par le prisme de sa propre colère contre le monde entier et décidé de comprendre de manière à alimenter ses propres passions.

Où était la morale, ici ? Où était la leçon, ou était le sermon ? Il se fichait bien de lui inculquer quoi que ce soit, il se fichait bien de son complexe d’infériorité ou quelle que soit cette chose qui la faisait se sentir toujours en porte-à-faux, toujours jugée, toujours défiée, surtout. Il l’empêchait d’arriver à ses fins simplement parce qu’il n’avait pas envie qu’elle meure sous ses yeux. Sans autres raisons, sans arrière-pensée, sans intérêts sous-jacents. Qu’elle décide donc de lui en vouloir pour rien ou pour tout, si c’était cela qui la faisait fonctionner. Il pouvait comprendre pourquoi Lizabeth avait été si attachée à elle. La reine aussi avait cette façon de croire que le monde fonctionnait selon ses désirs et non pas l’inverse, et de se retrouver là, ébahie, outrée, presque insultée, lorsque les choses ou les gens n’allaient pas comme elle le voulait. Et Man, lui, en simple observateur du temps et des choses, du cours d’eau qui s’écoule immuablement, ne se sentait absolument pas concerné. Et si à l’époque, avec Lizabeth, il devait toujours la jouer finement, ce n’était pas le cas aujourd’hui. Alors qu’elle le défier de la regarder mourir ou de partir, en appelant à la boue elle-même pour mourir, il leva de nouveau la main, d’un geste à peine visible.

« Si tu veux mourir, tu en as le droit. Mais il y a sûrement d’autres lieux où périr, et d’autres personnes devant qui quitter ce monde, des gens plus importants pour toi que moi. »

Ce jardin était bien trop beau pour y laisser traîner un cadavre. Et cette mort, vide de sens pour lui, en prendrait peut-être si d’autres que lui en témoignaient, les gens qu’elle voulait vraiment défier, ou blesser, ou au contraire, marquer à jamais de son souvenir… Mais ici, maintenant, en sa compagnie à lui… Ce geste n’avait aucun sens, aucun autre pour lui que l’expression d’un acte irréfléchi, au moins dans le temps. Il n’irait pas tenter de la raisonner. Elle lui prouvait depuis le début de leur non-conversation qu’elle n’avait que faire de son avis. Alors il donna ses ordres et l’eau de la rivière se referma de nouveau sur elle, comme pour l’engloutir à jamais. Puis une sphère d’eau s’arracha de la rivière et s’éleva face à lui, dans laquelle était enchâssée, bijou inestimable, pierre précieuse, Essus. Il sentait la terre vibrer sous ses pieds, comme en colère à l’unisson de celle d’Essus. Mais savait aussi ce qu’il était : le Fey le plus puissant de la Faërie. Il tendit le bras, perçant la bulle d’eau de sa main pour aller agripper le poignet de la Sidhe, le temps que l’eau s’écoule complètement, la déposant doucement au sol face à lui. Mélange des éléments, exactement comme il l’avait ressenti avec Taranis à l’époque. Si semblables, si différentes… Probablement aussi importantes pour ce monde l’une que l’autre. La curiosité seule le fit poser la question, assortie probablement d’une compassion qu’elle haïrait, sans que l’idée ne le trouble : telle était sa nature, tout simplement.

« Il n’y a donc plus rien dans ce monde d’assez précieux pour toi pour t’y retenir encore un peu ? Dois-je prononcer son nom ? »

Et ce fut le vent, à mille lieues de leurs éléments respectifs, qui emporta son dernier mot. Taranis.

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Ven 28 Oct - 8:02
    Ne me regarde pas ainsi Man. Tu as beau ne pas le faire consciemment, il n'y a là que dédain pour masquer ton indifférence. Pour troubler ton stoïcisme autrefois si puissant. Ça a beau être mon corps que tu regardes, ce n'est pas moi que tu vois. Pas celle que je suis vraiment. Pas celle que je m'efforce de cacher au monde depuis la nuit des temps. Ce que tu vois là, ce sont des apparences. Des chimères. Une silhouette qui a été modelée à l'image d'une autre. Un facies qui se refuse de trahir ses pensées véritables. Une poupée de chair qui a commencé à se perdre en cours de route à force de trop se plier aux exigences de son entourage. De tous ici présent sur l'île, tu crois peut-être que c'est ma sœur qui me connait le mieux. A moins que ce soit le doux pseudonyme de feu notre Reine qui vient là t'effleurer les méninges. Tu te trompes tellement pauvre fou. Tu t'éloignes sans même t'en rendre compte. Tu ne me prêtes pas la valeur qui m'est due. Tu te contentes de résumer des faits obsolètes d'un passé qui l'est au moins tout autant. Toutes les actions ont des conséquences. Je n'ai jamais caché que je portais et supportais chacune des miennes à bout de bras. Si elles étaient pour autant véridiques n'a jamais fait partie du deal.

    Tu te crois grand. Tout puissant. Omni-scient. Tu ne sais rien de moi Man. Rien de plus que ces mensonges que j'ai laissé traîner dans mon sillage. De cette réputation factice qu'il était tellement plus facile d'incarner. Tu ne sais rien et je n'aspire en aucun cas que tu apprennes. Ni toi ni aucun autrui. Faites-vous donc l'idée que vous voulez de mon abjecte personne. Détestez-moi comme une amie. Comme une sœur. Comme une mère. Impitoyable. Ingrate. Indigne.
    Je m'en moque éperdument. J'ai fait mon choix. J'accepte le supplice. Je n'attends plus que le châtiment. Qu'il s'abatte donc sur mon triste sort en cet instant bien précis. Que le ciel se gorge de Noir. Que les cieux se déchirent une dernière fois à mon image. Ultime ode à un sacrifice nécessaire. Comme il me serait honorifique de trépasser foudroyée. Je sais que tu ne peux m'accorder ce caprice. Tout comme je devine que tu ne pourrais pas en comprendre l'exacte symbolique.

    Tu es comme tous ces autres Man. Ni plus ni moins. Ni mieux ni pire. Ce n'est pas de ta faute. C'est ainsi que j'ai décidé de me comporter. C'est ainsi que j'ai décidé de me protéger. Je ne te demande pas grand-chose. Arrête de me regarder. Cesse de penser. Contente-toi de m'oublier. D'effacer mes traces de ce monde qui n'a jamais vraiment trouvé à m'apprécier. Laisse faire la terre. Qu'elle m'emporte. Qu'elle m'engloutisse. A défaut de pouvoir rejoindre Zeus, aies au moins la décence de m'accorder jusqu'au bout l'ersatz de Essus.

    Ton laïus m'importe peu. Je vois tes lèvres remuer. J'entends les mots qui s'extirpent de ton antre buccal. Désolée de te l'avouer, mais tu parles clairement pour ne rien dire. Je comprends que tu veux préserver le Jardin des Ténèbres, mais ce n'est pas à toi de décider. Crois bien que mes restes ne persisteront qu'un vulgaire instant. A peine le temps de pleurer une mort qui n'en est pas vraiment une. Je suis un fantôme. Je suis une ombre dans le décor. Une tâche sur le tableau. Tu as beau la cacher, elle persiste et signe. Elle s'accroche. Elle s'incruste. Alors vaut mieux l'arracher. Quitte pour cela à détruire l'œuvre d'origine. Maigre perte si par cet acte tu empêches la gangrène de s'étaler. Inutile de nier l'évidence monsieur le conseiller. Je sais qui je suis. Je sais ce que je suis. Mais toi, peux-tu seulement en dire autant?

    J'inspire un dernier coup et ferme les yeux. Vas-y, fais-le. Noie-moi. Broie-moi. Finis-moi.
    Dans le lointain, je perçois le bruit des vagues. La mélodie du déluge. Je suis prête. Inutile de regretter ton geste. Il était ainsi écrit. J'ai survécu par le passé. Je n'aurais pas dû. Il ne te reste plus qu'à rendre à Danu ce que je lui ai pris. Si pas pour moi, fais-le au moins pour Elle. Pour restituer l'équilibre briser. Pour rendre à la Terre Mère ce qui lui revient de droit.

    Là encore, rien ne se passe. Du moins, pas comme prévu. Je sens l'eau m'envelopper. M'enrouler. M'enrober. A travers une gestuelle d'une délicatesse hors pair, des mains invisibles viennent défaire mes poignets toujours emprisonnées. Mon corps, amorphe, est épluché du sol. Elevé dans les airs. Je suis littéralement réduite à l'état d'un pantin de chiffon. Petite coquille vide aux fils disséqués. Je me laisse porter. Je me laisse emporter. Je sais toute résistance vaine. Vouée à un échec cuisant. Alors je me contente de ravaler tout ce qui me passe par la tête. A transposer à un niveau bien différent tout ce que ton acte de pure lâcheté m'inspire. Je te laisse même attraper un de mes poignets. Me retirer de ta bulle artificielle. Me ramener à une réalité où je n'ai plus envie de côtoyer. Que j'ai abandonné. Qui m'a abandonnée.
    Tu ne comprends donc toujours pas?
    J'ignore bien si je dois bénir ton ignorance ou s'il convient de la prendre en pitié.

    Nous nous tenons là. A nous observer. Jauger sans jamais juger. Tu en es bien incapable. Peu importe les beaux discours que tu prônes. Hypocrisie, tu connais?

    Tu oses te rapprocher davantage. Tentative risible et ridicule de réduire encore et toujours cette distance qui ne peut s'empêcher de s'instaurer entre nous. Peine perdue Man. Tu as beau coller mon corps, tu sais bien que tu n'arriveras jamais à dépasser la limite imposée.
    Bien sûr que tu le sais. C'est pour ça que tu passes à une étape supérieure. Que tu inclus dans notre conversation des tiers qui n'ont pas lieu d'être. Que tu invites dans l'intimité de notre confession, celle qui ne doit être nommée. Non Man, tu n'auras pas à prononcer son nom. Si même à le penser. Ce n'est pas elle qui nous a réunis ce soir. Toi mieux que quiconque devrait pourtant le savoir. Mais si tu t'évertues à me chercher, je consens à tirer une dernière carte de mon chapeau.


>> Lizabeth.

    Ne feins pas la surprise. C'est toi qui l'a voulu ainsi.


>> Qu'est-ce que tu ne me dis pas?

    J'ignore bien de quoi il peut s'agir, mais je le sais. Je le sens. J'ai voulu t'accorder le bénéfice du doute. Te laisser t'en tirer avec le beau rôle. Ne pas enfoncer davantage le couteau dans une plaie toujours suintante. Mais tu ne me laisses pas le choix. Si tu n'as pas le cran d'émietter ce qu'il me reste de cœur, il ne me reste plus qu'à fissurer le tien.


>> Qu'est-ce que tu as fait Man?

    Dis-le-moi.
    Confesse-toi.
    Tu sais aussi bien que moi que je suis la seule créature sur ce fichu globe à laquelle il t'est possible de te confier. Mais l'offre n'est valable qu'un court instant mon ami. Tic. Tac. Tic. Tac.
    Ma vie ne tient plus qu'à un fil.
    Qu'en est-il de la tienne?


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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Mer 2 Nov - 7:39
rivers of lust
ft. Essus & Manannàn

Peu lui importaient en vérité les raisons, les ressentiments, les cheminements de pensée, les expériences vécues, les traumatismes du passé, la volonté même d’Essus. Puis lui importait tout cela, peu lui importaient ces paroles ravalées qu’il pouvait deviner derrière les iris rageurs de la Sidhe. Ce n’était même pas pour elle qu’il faisait cela, ce n’était même pas elle qu’il sauvait. À travers elle, il voyait une autre femme, qui en son temps avait pris exactement cette même décision, et à l’époque, il avait tenté de se convaincre qu’elle était libre de faire son propre choix. Il le pensait encore. Chacun était libre. Mais quand venait l’heure de se confronter à la réalité, ce simple constat devenait dilemme, puis torture. C’était en vérité une décision impossible, une situation intenable à laquelle personne n’aurait dû être soumis. Et à ce stade il se fichait bien des tempêtes qui traversaient l’esprit d’Essus. Tout comme il était parfaitement conscient de la vacuité de son geste. Voulait-elle vraiment mourir qu’une fois leurs chemins séparés, elle recommencerait, sans personne pour témoigner de sa disparition cette fois. Vu son état d’esprit, peut-être que pour la convaincre de ne pas faire quelque chose, il devait l’y encourager. Elle avait l’art de la contradiction, après tout.

Finalement, ce furent le défi et la provocation qui lui arrachèrent enfin quelques mots de plus. Des mots qui bien sûr se plantèrent dans son cœur aussi facilement qu’une flèche. Eh bien, il n’y avait pas de bonne ou de juste réponse, de toute façon. Qu’elle joue la sincérité ou la seule provocation à son tour, rien n’aurait vraiment pu le satisfaire, lui, puisque ce n’était pas de sa vie dont il était question. Et quand on en venait à Lizabeth, il avait bien assez de son côté, sur sa conscience, dans sa mémoire et dans son cœur, pour se sentir concerné par le ressenti et le vécu d’Essus avec la reine. Lizabeth était ainsi faite qu’elle donnait ce qu’elle voulait à qui elle voulait de la façon qu’elle voulait sans se soucier des relations entre les gens qu’elle fréquentait. Personne, pas même lui, n’aurait pu l’encourager à se comporter comme ceci ou comme cela avec untel ou untel. Peut-être qu’en cette seconde, Essus avait décidé de jouer avec lui, une dernière fois. Un jeu qui n’amusait personne, pas même elle, probablement. Un jeu qui n’en était plus un, même, et ce fut à ce moment-là que Man sentit une grande fatigue l’assaillir. À quoi bon lutter encore, contre du vent, contre des fantômes ? Il la gratifia d’un sourire qui avait tout d’une grimace. Que ce soit elle qui lui pose la question était d’une ironie totale, à moins qu’au contraire, il n’y avait finalement qu’elle qui puisse la lui poser. Qu’elle qui puisse entendre la réponse. L’assimiler. En vérité il aurait préféré que Cian soit le premier à entendre sa confession. Mais il avait l’impression que Danu elle-même s’était penchée sur eux comme pour les encourager, chacun dans son obsession, chacun dans ses propres torts.

« Je n’ai rien fait, Essus. Là se terre ma faute, comme une bête apeurée et mauvaise. J’ai observé le temps suivre son cours sans intervenir, comme il convient de le faire en toute occasion. »

Elle n’avait pas besoin d’un cours d’histoire. Nul besoin d’un rappel de leur réalité, elle encore moins que les autres. Elle dont la main de pouvoir fut un jour la représentante luxuriante de la puissance des Feys. Ils vivaient aujourd’hui sous le joug des conséquences du règne de Lizabeth, quand avait commencé les problèmes de fertilité de leur peuple. Lizabeth aurait pu, avait voulu être une bonne reine, mais sous son règne, leur société tout entière avait périclité, leur puissance s’était ternie, leur grandeur racornie, les enfants avaient cessé de naître, leur connexion avec Danu avait quasiment disparu. Ils étaient bien partis pour disparaître, tout simplement. Et elle seule en était responsable, elle dont le devoir était de tous les relier à la Déesse. Son infertilité avait rejailli sur eux. Le silence que Danu lui imposait également.

« Tu savais, nous le savions tous, qu’elle était en train de nous mener à notre perte. Mais elle le savait également. Plus que quiconque, elle en était consciente. Moi qui la poussais toujours à être meilleure dans son rôle, elle a trouvé seule le moyen de se comporter en reine, une ultime fois. »

Les Seelies eux-mêmes avaient compris qu’elle était leur point faible, après tout. Et c’était pour cette exacte raison qu’Orel avait ordonné son assassinat. Nul, à la Cour, dans le cercle des proches de Lizabeth, n’ignorait cette menace. Tous, ils avaient tenté de prévenir ce moment. Sauf elle.

« Que penses-tu du sacrifice, Essus ? Que penses-tu de ces gens qui donnent leur vie pour sauver celle des autres ? Pour te sauver, toi ; pour te donner une chance d’un jour redevenir celle que tu fus un jour, elle a donné sa vie. Elle l’a fait pour nous tous. Elle a ouvert grand les bras à son assassin et l’a laissé lui ôter la vie pour le bien de tous les Unseelies. Elle a fait exactement ce dont je la savais capable, elle s’est comportée exactement comme celle que je la poussais à être. »

Les conséquences qu’avait eues cet assassinat étaient encore autre chose, évidemment. Sachant que Lizabeth s’était laissée mourir, sachant que l’assassinat n’en était pas vraiment un, était-il juste de laisser croire à Cian ce qu’il avait cru en découvrant le corps de la reine ? Était-il juste de le laisser partir, épée au poing, tuer Orel et déclencher toutes les horreurs qui en avaient suivi ? Man l’avait laissé faire, tout simplement, gardant pour lui ce qu’il savait. Ces réponses, le roi seul les possédait, désormais. Man planta son regard océan dans celui d’Essus, lui adressa un petit sourire tordu.

« Ton geste aujourd’hui, ce que tu essayes de faire, me rappelle le sien, mais en un stupide pantomime. Elle nous a sauvés. Toi… »

Elle… Elle n’était pas Lizabeth. Elle agissait pour elle-même, tout simplement.

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Lun 7 Nov - 8:16
    Est-ce que je veux seulement savoir? Est-ce qu'il y a vraiment lieu de faire exploser une vérité qui ne pourra plus rien changer au passé? Lizabeth n'est plus. Et jamais plus ne sera. Découvrir aujourd'hui, tant d'années après les faits accomplis, une raison plus abjecte à cette triste réalité ... qu'est-ce que cela pourrait-il bien nous apporter?

    Peut-être bien que je t'offre là une ultime possibilité de souffler mon cher conseiller. D'avouer un crime qui n'en est finalement pas un. D'expier un péché que tu juges tellement impardonnable que tu aurais préféré l'emporter dans ta tombe. N'est-ce pas le cas? Si non, pourquoi notre nouveau Roi n'est-il point au courant de tes messes-bas? Pourquoi l'auréole angélique qui flotte si vulgairement au-dessus de ta tête n'a-t-elle pas encore été débranchée? Pourquoi m'offres-tu envers et contre tout ce regard tellement condescendant? Exaspérant à défaut de pouvoir se permettre d'être exaspéré.
    Tout ceci tu l'as voulu Man. Tu n'as jamais aspiré qu'à ce seul et unique instant. Cette ultime confession qui est censée te soulager les épaules. Rendre à Atlas ce qui lui revient de droit.
    Toi qui me vois comme un monstre d'égocentricité. Une interprétation divine de mon nouveau pseudonyme. L'héritière déchue d'un royaume qui n'est plus à prendre. Vois comme, malgré les siècles et les millénaires de fausse complicité ... tu n'as toujours rien compris.

    Je te laisse soupire. Rouler des yeux. Gronder des épaules. Peut-être bien que tu ne le remarques même pas. Dissimulé sous ce semblant de rictus. Sourire mauvais annonciateur de la fin du monde. J'ai envie d'en rire. Que pourrais-tu donc bien nous - me - cacher de si inavouable? Quel rôle atroce et abject as-tu donc joué dans notre histoire? Qui est le propriétaire de l'épée de Damoclès qui danse au-dessus de ton crâne? Qui tire véritablement les ficelles du fey le plus redouté de toute la Faërie? Toi qui est si fier de prôner une modestie erronée ... vas-y, confesse-toi. Avoue que tu ne vaux pas mieux que nous. Que toi aussi tu aurais secrètement aimé porter le titre de Dieu. Que dans le jeu des apparences, je ne suis pas la seule à me pourvoir.

    Ton ton est las. Tes mots sont mous. Tu fais traîner ton aveu en longueur. Le rendant morne et insipide. Je ne mords pourtant pas à l'appât. Trop voyant. Trop vulgaire. Je me contente de rester là. A t'observer. A travers ma quasi-nudité. Au sol, l'humus se met à frétiller. Des brindilles de verdure légère viennent m'enrouler les chevilles. Viennent me lécher les mollets. Je laisse la nature s'exprimer tandis que toi tu t'évertues encore à amasser le courage nécessaire à avancer. Désolée de te le dire, mais tu fais un bien piètre conseiller. Je me demande vaguement ce que Lizabeth a bien pu te trouver. Ou encore ce que nos nouveaux souverains trouveront à te reprocher. Si jamais on venait à te retirer tes obligations professionnelles, tu serais fichtrement bien capable de me proposer un exil mutuel. Il y a de l'idée n'empêche. J'ai réfléchirai. Promis.

    Tu déblatères plus que tu ne parles. Comme si tu rassemblais des mots au hasard pour former une phrase tellement cliché. Digne d'un roman à l'eau de rose. Une fin pitoyable à une histoire qui méritait tellement mieux.
    Au fond, je sais où tu veux en venir. Je reconnais la vérité quand elle nous apparaît. Après tout, elle a toujours été la plus douloureuse de l'histoire. Je tente d'en faire abstraction. De t'écouter pour te faire plaisir. Pour satisfaire l'égo que tu as toujours refusé clamer tien. Tu devrais abréger tes souffrances Man. Viens-en aux faits. Finissons-en ici et maintenant.

    Et la confession tombe.
    Celle que je connaissais déjà. Celle que j'ai toujours obstinément refusé de voir. De croire. Celle qui claque. Celle qui gifle. Celle qui griffe. Celle qui rend son humanité à une Déité. Ou, au contraire, celle qui élève les Grands parmi les leurs.

    J'ai connu Lizabeth au moins aussi bien que toi. Différemment certes. Plus passionnément aussi. De cette passion dévorante et vouée à une mort d'une rare violence. Tournant à l'obsession. A la perte de soi. A une renaissance à travers sang et cendres. Destruction. Annihilation. Chaos. Apocalypse. Ce sont les mots qui me viennent en cet instant bien précis. Qui m'agressent de tous les côtés. Qui me poignardent dans le dos. Entre les côtes. Droit à travers le péricarde. Je reste pourtant droite. Fière. Immuable. Sidhe.
    Je sens des larmes de sel se déverser le long de mes joues. Ma gorge s'assécher. Déglutir. J'ai envie de gerber. Je m'y refuse. Pour Elle.
    J'avale la bile noire qui me remonte le long de l'œsophage. Je garde un arrière-goût amer et acide. Il me brûle de l'intérieur.

    Je lève mon index droit que je viens déposer tout contre ses lèvres. Mettant ainsi un terme à cette ridicule PANTOMINE.


>> Tu as raison Man. Elle a fait exactement ce que tu attendais d'elle.

    Je sens mes pupilles tricolores se battre contre mes pulsions premières. Celles de se gorger de carmin et de rouge. Celles de perdre leur ponctuation primaire. Celles de donner libre court à tout ce maelström d'émotions vives qui se disputent actuellement la suprématie de mon esprit.
    Pourtant je me freine.
    Pourtant je me contrôle.
    Je me contente simplement de te regarder comme jamais tu n'as dû l'être par le passé.


>> Mais tu vois, moi je n'avais pas besoin d'être sauvée. Je n'aspirais et n'aspire aucunement à retrouver celle que j'ai été. A récupérer cette main maudite à travers laquelle je n'ai rien pu empêcher.

    Tu ne peux même imaginer tout ce que nous avons traversé. Tout ce que nous avons enduré. Tous les sacrifices auxquels j'ai moi-même consenti pour l'empêcher de sombrer trop vite. Trop profond. Trop tout simplement.


>> Il n'est pas en ton pouvoir de juger mes actes Man.

    Je récupère ma main. Celle qui porte encore aujourd'hui les stigmates suivants cette triste nuit.


>> Pourquoi devrais-je gratifier à quiconque ce droit que toi tu m'as ôté?

    Cette nuit où je n'étais pas. Cette nuit où tu as consciemment fait en sorte que je me trouve ailleurs. Cette nuit où tu savais. Cette nuit où tout a basculé. Cette nuit où c'est moi qui aurait dû assener le premier coup ... mais ça aussi tu l'ignorais ... n'est-ce pas?


>> Tu aurais mieux fait de l'assassiner de ta propre main.

    Toi qui clame à qui veut bien l'entendre n'avoir voulu que son bien. Ou encore le nôtre commun. Pourquoi n'as-tu pas agi plus tôt? Pourquoi as-tu laissé la situation ainsi se gangréner? Pourquoi dans l'histoire, ce ne sont pas tes mains à toi qui sont le plus souillées?


>> Ca encore, j'aurais pu te le pardonner.

    Tu n'aspires pas au pardon.
    Je le sais.
    Pourtant tu devrais.
    Crois-moi.



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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Ven 11 Nov - 21:13
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Parler n'était pas un soulagement. Avouer un crime ne l'excusait en rien. Il ne s'agissait pas de partager une sombre pensée pour s'en sentir exempté de moitié. Man ne croyait pas vraiment au pouvoir de la confession, au mieux transférait-on le poids de son crime sur les épaules de quelqu'un qui n'en avait probablement pas tant mérité. Il ne s'agissait pas pour lui de chercher une oreille compatissante ou empathique. Essus était bien la dernière personne sur cette planète à pouvoir faire ça pour lui, ou pour qui que ce soit d'autre, probablement. Dure avec les autres, dure avec elle-même. Il ne s'agissait pas non plus de chercher un châtiment auquel finalement il avait échappé pendant toutes ces années. Bien sûr, il savait que son aveu déclencherait chez Essus les réactions attendues : sarcasme, mépris, distorsion des choses pour les faire correspondre à sa réalité ; qu'elle en fasse son grain à moudre, qu'elle en fasse son propre bâton, ses propres armes, Man se sentait étrangement détaché de tout cela à présent. S'il lui parlait de cette histoire, alors même qu'il n'en avait jamais parlé à Cian, qui à cause de cela était allé tuer Orel de ses mains avec toutes les conséquences que cela avait eu, c'était simplement parce qu'il se disait qu'elle, parmi tous les autres, pouvaient bien entendre cette vérité. Et Lizabeth l'aurait probablement détesté pour avoir raconté cela à Essus. Mais elle n'était plus là pour se défendre. Et Man était fatigué des apparences et des luttes d'ego. Il était littéralement né fatigué de ces choses-là.

Il vit monter les larmes aux yeux d'Essus, sans pour autant les prendre pour ce qu'elles pouvaient être. Il savait bien qu'au fond d'elle, elle ne se contentait pas simplement de pleurer. Il savait aussi qu'un geste de sa part envers elle serait mal reçu et mal compris, ou simplement réinterprété, que ce geste soit tendre, réconfortant ou au contraire, mauvais désintéressé. Alors il se contenta de la regarder. Lui aussi avait pleuré, il n'avait pas peur de se l'avouer. Les océans en étaient devenus sombres et tourmentés, la pluie était tombée sans discontinuer pendant ces semaines où il avait erré seul, les mains encore rouge du sang invisible qu'il avait l'impression de porter sur lui. Cette lutte qu'il discerne en elle, il la reconnaît pour l'avoir vécue, même si, ironiquement, ce n'était pas contre quelqu'un qu'il en avait mais bien contre lui-même, comme elle en cette seconde. Il avait l'impression de sentir battre la terre sous ses pieds.

Ses mots, enfin, les premiers depuis son aveu : eh bien voilà, ils pouvaient tomber d'accord, des fois. La pensée le fit sourire, grimace fugitive balayée par la légère brise de la nuit. Eh bien oui. Et c'était comme ça. Et Lizabeth n'avait pas besoin d'être sauvée, non, certainement pas. En fait, elle avait besoin de mourir, il fallait qu'elle meure. S'il avait tenté de la sauver, cette nuit-là, il aurait probablement condamné les Unseelies. En fait, c'était presque facile, comme constat. En l'occurrence, qu'Essus meure là, maintenant, aurait été vain. Si ce n'était pour elle. Il la gratifia d'un regard neutre, puis d'un léger sourire. Oui... Quel sens cela avait-il que des créatures aussi anciennes qu'eux foulent encore cette terre ? Après tout...

« Je ne suis pas du genre à juger, Essus, et tu le sais. C'est avec toi-même que tu dois t'accorder. »

Quel dommage, cependant... La mort d'un Sidhe était toujours une perte, n'est-ce pas ? Créature millénaire, gardienne du passé, représentant d'un peuple tout entier, et puis, cette femme, cette femme-là... Du gâchis. Mais il ne pouvait passer la nuit à l'écouter lui ordonner de la laisser mourir alors qu'elle pouvait tout aussi bien s'en aller et se donner la mort ailleurs au lieu d'en débattre ici même. Mais bien sûr, belliqueuse, empoisonneuse adversaire, ses derniers mots lui arrachent un frisson. Il lève les yeux au ciel et la sent, cette sensation qu'il connait si rarement, quoi que de plus en plus souvent depuis quelque temps : la colère.

« Pour moi, cela revient au même. Tuer et laisser mourir... Tu sauras, avant d'expirer ton dernier souffle, que si tu meures ce soir sous mes yeux, ce sera comme si je t'avais tuée de mes mains. Pourras-tu reposer en paix malgré cela ? »

Que ferait Lizabeth, à sa place ? Elle aurait su trouver les mots qu'Essus voulait entendre, parce que cette dernière n'aurait voulu les entendre que de Lizabeth, tout simplement. Il porta une main à ses lèvres, là où elle l'avait effleuré.

« Danu a voulu que ce soit moi qui me soit trouvé là ce jour-là, et pas toi. »

Si les rôles avaient été inversés, si Essus avait été aux côtés de Lizabeth au moment fatidique, lui aurait-elle donné le coup de grâce pour éviter d'ajouter la honte et l'accident diplomatique à la mort ? Il le savait : Essus l'aurait fait, si Lizabeth le lui avait demandé. Lui, non. Ainsi étaient les faits, et cela le satisfaisait.

 



 
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MessageSujet: Re: Rivers of lust [PV Lulu']   Mar 22 Nov - 20:44
    Les dernières larmes s'échappent. Elles s'adonnent aux joies d'une gravité universelle. Elles parcourent et effleurent mon corps. Se glissent là où nul homme, ni femme d'ailleurs, n'a eu le privilège de me caresser depuis bien des années déjà. Elles finissent par se tortiller autour de mes cuisses. Rouler par-dessus mes genoux. Embrasser une dernière fois mes mollets. Puis mes chevilles. Elles se font éplucher avec douceur et une pointe de famine par la terre elle-même. Par cette végétation grandissante qui continue à m'envelopper de son innocence enfantine. Ignorante bénédiction divine. Elle qui ne peut comprendre. Elle qui n'aspire qu'à s'arracher à mes grâces. Elle qui ronronne sans cesse sous mon toucher pourtant infect. Toxique. Malade.

    Les mots commencent à s'évaporer. A se dissoudre dans le néant. Nous restons un instant ainsi. Moi à t'observer. Toi à chercher le réconfort d'étoiles qui ne nous regardent même pas. Ou plus. Fut un temps nous étions quelqu'un. Nous étions quelque chose. Certains d'entre nous ont même gravi une montagne pour se rapprocher des constellations. Pour en créer des nouvelles. Pour y graver leur seul dessin. Égocentrisme démesuré ... ou réalisation du temps qui passe? Qui efface. Savaient-ils déjà à l'époque? Étaient-ils conscients que l'apocalypse de leur funeste destin était déjà tout tracé? De tous, nous deux avons toujours su. N'avons jamais tenté d’empêcher l'inévitable. Ni avant, ni pendant et certainement pas maintenant. La mémoire d'homme se souviendra de nous un temps. Puis disparaîtrons même les écrits. Tout se fera engloutir par cette évolution technologique. Nous serons relégués à rien de plus qu'un fait divers dans l'histoire. Une croyance ancienne et oubliée. Obsolète et surfaite. Même les étoiles ne portent plus notre pseudonyme. On leur attribue des chiffres. Des codes. Vulgaire numérisation de quelque chose de nouveau que l'homme n'a pas encore réussi à apprivoiser. Nous ne sommes plus depuis bien longtemps déjà Man. Certains s'évertuent pourtant à insister. A essayer encore et encore. A garder la foi. A prôner l'espoir.

    Utopisme afférant. Pathétique. Pitoyable. Nous avons connu la Grandeur. Nous avons eu droit à notre instant de Gloire. Il est désormais temps de laisser la scène à autrui. D'accorder ce même privilège illusoire à l'homme et son ego au moins aussi démesuré que feu le nôtre. Qu'il se gorge donc de sa réputation. Qu'il s'autoproclame nouveau maître de l'univers. A quoi bon? Son heure viendra ... et certains d'entre nous seront probablement aux premières loges pour y assister. Mais pas moi Man. J'ai donné. J'ai vécu. J'ai sur-vécu. Et aujourd'hui je suis lasse. Je suis fatiguée. Et toi aussi tu l'es. De tout. De rien. De moi.
    Je ne réponds pas à ton sourire. Tu m'en sais bien incapable. Ce serait hypocrite de ma part. Indigne de notre rang.

    Plus de mots sans saveur. Obligation verbale pour combler un vide sidéral. Je te laisse à tes illusions. A tes fausses joies. Je suis parfaitement en accord avec mes choix. Ceux-là même que j'ai dû faire bien avant toi. Ceux-là même qui ont dicté ma vie. Qui ont régi le masque qui j'ai fini par me forger. J'ai choisi ma Reine afin de sauver ma fille. J'ai laissé fuir ma fille afin de sauver ma Reine. J'ai fait ces choix en toute connaissance de cause. Je ne regrette rien. De toute évidence, il est bien trop tard pour cela.

    La paix tu dis? Laquelle donc Man? Qui te dit que j'y aspire? Qui pour prétendre que je la mérite seulement? Oh non pas que je compte mourir en martyre mon ami. Loin de là mon idée d'implanter une telle sottise dans ton crâne rabougri par le temps. Tu ne seras peut-être même jamais au courant. Du quand. Du où. Du comment. Mais après tout, tu t'en moques bien n'est-ce pas? A moins que ... ta conscience en serait-elle plus apaisée si après avoir raté ton occasion avec Lizabeth, je t'offre là sur un plateau d'argent une seconde chance? Certes, un second choix aussi. Mais bon, tu devais bien t'en douter la première fois où elle est morte sous tes yeux.
    De la rancune?
    Jamais mon ami, tu sais bien que je ne suis pas du genre à reporter à demain un poignard que je peux planter dès aujourd'hui.

    Et là je ris. Parce que c'est drôle. Parce que c'est moche. Parce que c'est tellement facile de raconter les faits en détournant subtilement une vérité ignorée de tous et connue par si peu. Toi. Moi. Elle. Et lui. Son meurtrier. Son assassin. Celui dont tu m'as toujours caché le nom. Le visage. L'odeur. Le crime. As-tu seulement eu le courage de l'achever? De le décapiter. De le brûler. De le noyer. Non. Ne réponds pas. Garde ton fardeau pour toi. Je n'en veux pas. Preuve en effet, je commence déjà à m'éloigner de toi. Je recule. Lentement. Pas par pas. Pour graver cette dernière image de moi dans ta tête. Pour laisser le temps à la terre de se faire à l'idée que nous allons bouger. Pour tellement de raisons et aucune à la fois. Tout ceci n'a désormais plus la moindre importance.


>> Et ensuite elle est partie Man.

    Ma voix est douce. Posée. Le vent l'emporte avec délicatesse et la fait virevolter dans l'air. Grand bien lui fasse.


>> Elle nous a abandonnés.

    Elle M'a abandonnée. Elle m'a laissée. Dans le doute. Dans le silence. Dans la fange. Moi qui ai voué ma vie à Son nom. Moi qui ai voué mon corps à Son culte. Moi qui ai saigné mes veines plus que de raison à Sa promesse de revenir. De renaître des cendres encore chaudes de Son sacrifice. Moi qui ai refusé d'oublier. Moi qui ai espéré, prié, rampé ...

    Je secoue la tête tandis que je sens dans mon dos l'orée de la forêt. Une brise non pas anodine vient s'engouffrer dans ma crinière détrempée. Des branchages se tordent et se tendent vers moi. Des feuilles juvéniles viennent caresser la nudité de mon dos.


>> La Reine est morte Lucan.
Vive la Reine.


    Je me retourne et me laisse emporter par la nature.
    On se retrouve de l'autre côté cher conseiller.
    Ne pleure surtout pas ma mort, tu risques de suffoquer.


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