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 To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)

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ULTIMATE BEAR ∭ Teddy Bear, le nounours bouffeur de dames frigo.

Keagan Rafferty

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MessageSujet: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Sam 3 Oct - 13:07
Il s'éveilla en sursaut.
Pendant quelques instants d'un grand flou artistique, il n'y eut rien d'autre à l'intérieur de son crâne que le bruit du vent soufflant doucement dans les arbres, quand bien même n'y avait-il ni vent ni arbres à proximité étant donné qu'il se trouvait dans son bar. L'éther de son sommeil s'évapora pourtant bien vite, et la machine crânienne se remit en mouvement de même que sa carcasse. Un bref grognement plus tard, et l'une de ses grosses paluches s'écrasait sur le visage engourdi. Quelques mèches, blanches et brunes, lui barraient la vue et il ordonna sa tignasse en y passant machinalement les doigts.

Quelle heure pouvait-il bien être ? Depuis quand dormait-il ? Comme il se trouvait dans la réserve, il n'y avait aucune fenêtre sur l'extérieur et aucun moyen d'estimer la longueur de son somme.
Une fois debout, il agrippa la bouteille ambrée qu'il était venu chercher à la base avant de traîner ses pas lourds en direction du bar.

Une fois la porte à double battant franchie, il s'arrêta tout net, balayant la grande pièce de son regard délavé aux accents suspicieux. Rien semble-il, n'avait bougé durant son sommeil, si ce n'est le soleil au dehors, qui campait à présent plus bas sur l'horizon. La fin d'après-midi s'annonçait donc, et avec elle, l'arrivée lente des clients habituels, jusqu'à la grosse affluence nocturne qui verrait défiler bien des visages.

A l'intérieur du pub pour le moment, il n'y avait donc que Woody. Mais Woody ne comptait pas vraiment. A force, il faisait plutôt partie du décor à présent, un peu comme l'aurait fait une plante verte. Rien de péjoratif là-dedans, c'était un élémentaire-arbre et, au sens propre comme au sens figuré, il avait choisi de prendre racine là, au bar... Personne ne savait où il trouvait l'or pour ses consommations puisqu'il ne semblait jamais bouger de son tabouret, mais personne ici ne se posait de questions. L'incompréhensible avait toujours eu sa place dans leur monde.

Avec la bouteille en main, c'est donc vers Woody que se dirigea Keagan, reprenant sa place derrière le bar. Aussitôt il entreprit de lui servir un verre.

-J'suis resté parti longtemps ?
-Oh ... pas grand-chose ... deux petites heures peut-être.

Et l'élémentaire-arbre n'usait même pas d'ironie dans sa réponse. C'était l'avantage d'avoir affaire à quelqu'un pour qui l'immobilité et l'attente étaient purement intrinsèques. Le fait qu'on mette deux heures pleine pour aller lui chercher du bourbon dans la réserve ne le dérangeait aucunement. C'est principalement pour cette raison que les trois propriétaires de l'endroit laissaient Woody appartenir aux murs : on ne pouvait guère imaginer personnalité moins contrariante que la sienne.

C'était loin d'être le cas de tout le monde sur cette île...

-J'te l'offre celui-là, sourit Keagan en désignant le verre plein.
-Oh... merci... t'es un frère.

Le silence reprit ensuite ses droits, laissant planer une atmosphère sereine dans la tanière, accentuée plus encore par l'absence de lumière, ou tout du moins sa rareté. Ici, le carreau de la porte d'entrée était le seul à laisser rentrer la lumière du jour. Les fenêtres, elles, étaient bouchées de lourds rideaux bruns aux motifs obscurs, et ça et là sur les murs, quelques loupiotes d'un vert jungle projetaient leur faible halo sur les murs de lambris. L'ambiance confinée aurait peut-être mit mal à l'aise un humain, mais les bougres n'étaient pas autorisés à l'intérieur du bar, ce qui résolvait le problème. On n'y voyait guère de Seelie non plus, ceux-là préféraient boire du thé au soleil et éviter de se mêler au petit peuple impur et biscornu que l'on pouvait rencontrer dans des endroits tel que celui-ci...

Cela ne voulait pas dire que l'on ne voyait jamais de Sidhe. La preuve, sa préférée venait tout juste de passer la porte, l'éblouissant quelques instants, non pas par sa beauté bien qu'elle fut tout à fait agréable à regarder, mais à cause de la lumière du jour qui envahi momentanément toute la pièce lorsqu'elle entra.


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THE UNSEELIE BLACK-SMITH ∭ Néné, l'Omnivore qui dévore tout, même ta main.

Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Dim 4 Oct - 14:54
C’était une plaie que de se rendre dans ce pub. Et c’était bien parce qu’elle l’appréciait et qu’elle en appréciait le tenancier que Blodwyn s’y rendait quand même. Mais traverser le territoire humain mettait toujours la forgeronne mal à l’aise. Elle n’avait rien contre eux en particulier mais ce coin de l’île ressemblait tant à leur ancien monde, celui qu’ils avaient perdu ou abandonné de leur plein gré, que Blodwyn s’y sentait presque de trop. Il lui rappelait aussi ces quelques années passées de l’autre côté de l’océan Atlantique, période ô combien détestée par la Sidhe. Et il y avait cette façon qu’ils avaient tous de la regarder passer comme si elle marchait sur l’eau. Les Humains restés aux ordres des Feys à Ellan Vannin avaient forcément en eux cette déférence et cette fascination pour la Fëerie et ses habitants, et plus encore pour les Sidhes. Fut un temps où Blodwyn avait été adorée par les Humains, mais alors elle était une déesse et ses adorateurs étaient des forgerons, des artisans, des artistes, des créateurs. Aujourd’hui, pourquoi les adulaient-ils, tous ces humains ? Si ce n’est parce qu’ils les savaient pratiquement immortels, parce qu’ils connaissaient les histoires, qu’ils avaient vu les images pendant la guerre d’êtres plus grands et plus fort qu’eux qui maniaient des épées et des boucliers ? Blodwyn n’allait certainement pas s’arrêter pour leur poser la question. Elle avait aimée son culte tout entier mais parce qu’il avait un sens, à l’époque. Aujourd’hui, elle s’en passait très bien, et prenait facilement le respect et la fièvre dans le regard des hommes comme du fanatisme.

En plus, il n’y avait vraiment pas de quoi pavoiser. Elle avait laissé tombé ses outils une demi-heure plus tôt, la soif au gosier, et s’était mis en chemin illico après avoir plongé ses mains et ses avant-bras dans un broc d’eau et s’être vaguement nettoyé le visage. Elle avait ôté son tablier de cuir mais portait encore son pantalon de cuir épais et sa tunique en laine resserrée à la taille et sous les bras par des lanières en cuir, brûlée par endroit. Ses longs cheveux flamboyants étaient retenus sur sa nuque par un bout de corde, sa queue-de-cheval rabattue sur son épaule droite et battant sa taille. Elle avait même poussé le vice jusqu’à repousser en arrière les mèches trop courtes qui encadraient son visage avec un bandeau en cuir, une astuce qui avait toujours fait hurler d’horreur Luchta. Une magnifique trace de suie noire barrait son front. Et les humains la fixaient comme si elle était la septième merveille d’Irlande. Incompréhensible. Blodwyn voulut soupirer, au lieu de quoi un grognement s’échappa de ses lèvres, qu’elle étouffa avec sa main. En vérité, le plus dur était encore cette superbe vu sur les deux Sithins, présentement ternes, voire morts. Plus rien ne semblait pulser à l’intérieur, ni magie ni vie, nul scintillement réverbérant les rayons du soleil ou ceux de la lune. Ils n’avaient plus rien d’un phare dans la vie des Feys. Blod avait beau s’y rendre rarement, elle avait été, comme tous les Sidhes, au diapason de son Sithin et l’avait senti dans sa chair et dans son âme quand la Cour s’était éteinte, son énergie vitale arrachée aussi sûrement qu’elle l’avait été de la propre poitrine de la forgeronne.

Enfin, elle y était. Le pub ! Une victoire, qui n’en rendrait la boisson que plus délectable. Revigorée, Blod se sentait presque d’humeur à discuter. L’avantage de cet établissement, outre que les humains passaient leur chemin, c’était qu’il était ouvert à tous les autres. Elle ne cherchait pas vraiment la compagnie ni la diversité, en revanche il était beaucoup plus facile de se fondre dans le décor et de passer une soirée tranquille à glousser silencieusement au-dessus de ses verres vides quand on trouvait de tout et de tout le monde dans la même pièce qu’elle. Elle entra donc d’un pas conquérant, se donnant quelques secondes pour parcourir les lieux du regard. Toujours pareil. Tant mieux. La constance, l’un des trucs rassurants pour les immortels qu’ils étaient. Autre constante, Keagan était là, derrière son comptoir, qui la regardait d’un air hébété. Le regard de Blodwyn passa sur l’élémentaire sans vraiment le remarquer. Faut dire qu’il faisait littéralement partie des meubles. Elle rejoignit le bar d’un pas sautillant, son humeur déjà radicalement meilleure, et s’assit au comptoir avant de taper dessus du plat de la main.

— Salut Keagan ! Sers-moi ton meilleur alcool pour commencer, tant que je suis encore en état de l’apprécier !

Ce qui était une blague vu qu’elle disait toujours ça et qu’il lui servait toujours la même chose. Elle vit qu’il n’y avait pas d’autres clients à part elle et Jojo-plante-en-pot, et grimaça.

— Dis donc il n’y a pas grand-monde, j’espère que les affaires ne vont pas trop mal pour toi, ça m’embêterait que vous deviez mettre la clé sous la porte…

Quoi, comment ça, de la subtilité ? Elle ne connaissait pas. Quant à savoir de quelles affaires elle parlait, ça, c’était une autre histoire, évidemment.


of blood and fire

Though I am old with wandering through hollow lands and hilly lands, I will find out where you have gone, and kiss your lips and take your hands ; and walk among long dappled grass, and pluck till time and times are done the silver apples of the moon, the golden apples of the sun. —texte : yeats / code : ellaenys.
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Keagan Rafferty

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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Jeu 8 Oct - 18:22
L'arrivée guillerette de la forgeronne tira un demi-sourire au Kith et creusa une fossette invisible sous sa barbe bicolore. Comme il venait à peine de refermer la bouteille de bourbon qui trônait devant lui sur le bar, il la rouvrit aussitôt, tendant machinalement le bras vers l'arrière pour y agripper un verre à whisky. Quelques glouglous plus tard, et il plongeait deux glaçons dans le liquide ambré avant de déposer le breuvage devant sa cliente.

-On the rocks, lança-t-il pour accompagner le geste.

Après cela, il décida d'accompagner les deux autres et se servit à son tour, tandis que la Sidhe reprenait la parole. Sa remarque le fit d'ailleurs doucement marrer, même si elle mettait en effet le doigt sur quelque chose de somme toute relativement négatif. En bon mâle alpha, assurément, Keagan avait une susceptibilité assez prononcée, mais tout était relatif après tout. Susceptible n'était pas naïf, et les Feys, qu'ils soient Sidhe, Kith ou Élémentaire, avaient cette tendance innée à la franchise. S'attendre à autre chose aurait été candide de sa part. Chez certains comme Blodwyn, c'était même un peu plus inné que chez d'autres... Mais n'en restait pas moins vrai que les Fey avaient du même coup une endurance bien plus développée que les humains lorsqu'il s'agissait de se prendre des vérités dérangeantes dans la face.

Quoi qu'il en soit, sa remarque était pertinente, et le sujet méritait d'être abordé.

-Les gens sont pas très à l'aise depuis que les Sithins se sont éteint, expliqua donc le Beornide avant de déguster une première lampée d'alcool. Personne sait trop à quoi s'attendre, c'est comme si tout le monde attendait qu'il se passe quelque chose, j'sais pas quoi exactement...

Il haussa vaguement une épaule. Sa manière d'en parler avait quelque chose de blasé, et pour cause, il l'était, et pas qu'un peu. Tellement qu'au fond, il avait tout simplement décidé d'arrêter de s'en faire concernant tout cela. Ils dépérissaient et il n'y avait plus grand-chose à faire pour arrêter ce processus de mort lente à présent. Le plus raisonnable selon lui, était de tout simplement se rendre à l'évidence et accepter les choses. Il ignorait de quoi serait fait le lendemain, mais tant qu'on ne lui enlevait pas ce qu'il restait de ses proches, ça lui était bien égale à présent.
Car attention, il n'avait pas toujours pensé comme ça. Par essence et comme tous les Beornides, il appartenait à la neutralité, mais il avait tout de même œuvré pour l'un et l'autre au fil des siècles et des engagements. Il avait été horrifié de voir le déclin du Songe, il avait fait la guerre, protesté et participé, puis il s'était finalement rendu compte qu'avec ou sans lui, les Fey étaient entrain de s'éteindre. Autant passer les décennies qui lui restait à s'en foutre et profiter de la vie.

-J'm'en fais pas trop. Quand tout le monde aura compris qu'ils se rallumeront pas, moi j'serai là pour leur vendre de l'oubli, il émit un petit ricanement satisfait, avant de se saisir de son verre et de venir le faire teinter contre ceux de ses deux clients.

Les premiers à s'en remettre seraient justement ceux comme lui, qui ne dépendaient ni des uns ni des autres et pour qui le manque était bien moins pénible que pour les deux cours. Peut-être que cet épisode apprendrait l'humilité aux deux factions, qui sait ? Même les blasés tels que lui avaient le droit de rêver...

-T'as pas plus mortel comme sujet d'conversation ? J'crois qu'on fait peur à Woody.
-Un peu oui... confirma-t-il d'un oeil peureux qui fit bien marrer Keagan.
 
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Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Lun 12 Oct - 19:09
Blod vit atterrir son verre de bourbon devant elle comme un enfant humain découvrant ses cadeaux le matin de Noël. Références païennes mises à part, ou en quelques sortes du moins, c’était un vrai plaisir pour elle non seulement de pouvoir enfin se rincer le gosier, mais aussi d’être servie par quelqu’un comme Keagan, qui prenait son métier très au sérieux, service compris. Ce n’était pas pour rien que cet établissement semblait être hors de l’espace et du temps, et pas pour rien que la forgeronne s’y rendait très régulièrement. Il y planait une atmosphère intemporelle, un parfum de passé et d’immortalité, et, elle l’espérait, d’éternité. Même si ça n’était pas évident à voir la salle en cette seconde, totalement vide de client si ce n’était l’élémentaire qui avait pris racine dans son coin. Apparemment, elle était la seule dans le coin, voire même sur tout l’île, à faire encore très fort semblant que rien n’avait changé. Alors que bien évidemment, ce n’était pas le cas, comme finit par le lui rappeler Keagan, en toute honnêteté. Elle savait qu’il ne faisait que répondre à sa question et c’était sa faute en premier lieu, elle l’avait posée, mais cela n’empêcha pas qu’elle se rembrunit et porta son verre à ses lèvres pour vaguement grogner en réponse aux explications du tenancier.

En effet, le temps semblait suspendu depuis l’incident – difficile de l’appeler autrement puisque personne ne semblait savoir de quoi il s’agissait exactement. Mais les Sithins, eh bien, ils respiraient, il n’y avait pas d’autre mot pour le dire, ils brillaient et ils respiraient, comme deux entités vivantes qui accueillaient les cours de la lumière et des ténèbres en leur sein, et à présent, cette lumière avait disparu et tout le monde retenait son souffle avec eux, et c’en devenait douloureux un peu plus chaque jour, chaque minute. Du moins c’était ainsi qu’elle ressentait les choses, elle. Dans sa chair, littéralement. Sans pour autant courir en rond les bras levés en hurlant de terreur. Oui, les gens attendaient, parce que personne ne savait exactement de quoi il retournait. Mais elle s’était toujours tenue à l’écart des cours et des gens qui les faisaient et les défaisaient. Peut-être que chez les grands Sidhes adeptes des Sithins, il en allait autrement. En revanche, elle ne se serait pas imaginée qu’’absolument tout le monde à Ellan Vannin en ressentirait une telle gêne que cela les empêcherait d’aller au pub. Ça, c’était un comble, parfaitement. Tout se perdait. Rien n’aurait dû empêcher quiconque de venir s’en jeter un derrière le collet, de l’avis de Blodwyn. Keagan, pour des raisons qui lui étaient propres, semblait tout aussi calme vis-à-vis de cette situation – et probablement qu’il aurait été d’accord avec elle sur le fait que tout prétexte était bon pour boire, même les prémisses d’apocalypse.

De fait, ils trinquèrent à ses paroles, Blod et Keagan avec plus d’entrain que le troisième larron. Blodwyn avait bien conscience qu’elle aurait dû s’inquiéter un peu plus, tout de même, et d’ailleurs c’était le cas, elle s’inquiétait. Mais elle ressentait aussi un tel pessimisme et un tel sentiment d’impuissance qu’elle ne parvenait pas à s’arracher de cette gangue d’apathie. C’était désagréable, ça oui, et ce n’était pas le pire à venir, également. Par le passé, leur monde avait déjà subi de terribles secousses. Les guerres, eh bien, c’était une habitude, en quelques sortes, même si l’enjeu de certaines avaient été plus important que d’autres. Cette fois, il s’agissait de leur petit paradis personnel, la dernière enclave fey au sein du monde et elle aurait dû courir au Sithin se renseigner et demander des explications, mais avait le pressentiment que personne ne pourrait lui répondre.

— Tu parles en vrai commerçant, et personne ici ne t’en voudra pour ça. Comme tu dis, quand les choses empireront, on sera ravi de vous avoir, toi et tes stocks.

Bon, elle parlait pour tout le monde ici, donc pour elle-seule, mais bref. Ce n’était pas que Keagan avait l’air de se réjouir, mais on ne pouvait pas dire que l’appréhension ou les regrets l’étouffaient. Est-ce qu’elle aurait dû le rappeler à l’ordre pour ça ? Elle vida son verre, le reposa un peu fort sur le comptoir et le gratifia tout de même d’un méchant froncement de sourcils aux antipodes de ses paroles, mais tant pis. Elle était une Sidhe, oui, mais du genre mal élevée et très peu attachée aux questions d’étiquette et de hiérarchie sociale. En revanche, elle se sentait vachement plus attachée au bourbon de Keagan, et pour l’heure, il semblait enclin à la servir sans lui demander comment elle comptait le payer, à terme. De toute façon, elle avait de quoi le payer. Elle jeta un coup d’œil de côté au fameux Woody. Keagan devait avoir le truc pour interpréter les réactions de ce bonsaï, parce qu’à ses yeux à elle, il n’avait pas vraiment l’air traumatisée. Elle pivota sur son tabouret pour le fixer des pieds à la tête sans aucun égard pour la politesse ou son espace vital. C’était tout de même fascinant. Et aussi, cela lui inspirait de nouveaux motifs végétaux à graver sur ses armures en préparation. Yelena serait fière d’elle, quand elle les verrait.

— S’il ne peut pas supporter de nous entendre en parler, qu’est-ce que sera quand on sera dedans jusqu’au cou ? Mais d’accord, changeons de sujet. À condition que tu me resserves de ce petit bourbon.

Un peu de chantage n’avait jamais fait de mal à personne et c’était l’apanage des alcooliques.

— Je me demandais en venant ici comment tu faisais pour travailler au milieu des humains. À moins que ce ne soit justement un choix tactique ?

Il faut dire que peu de Feys se souciaient vraiment de ce qu’ils faisaient, de l’endroit où ils vivaient et de ce à quoi il s’adonnait en terme de passe-temps. Blodwyn ne savait pas non plus pourquoi aucun d’eux ne poussait jamais la porte du pub par accident, ou par désir irrépressible. Les Feys avaient cet effet-là sur eux, ils dépassaient parfois les limites. En soi, rester à Ellan Vannin était un autre genre de limite franchie allègrement et les yeux fermés. L’admiration, la fascination, et puis parfois, la folie pure.


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Sam 17 Oct - 20:30
Assurément, la vie de barman était bien plus reposante que tout ce qu'il avait bien pu faire jusque là. En comparaison des siècles passés à distribuer coups de machette, coups de boule et coups de griffes, le quotidien qu'ils avaient aujourd'hui prenait des airs de petite retraite tranquille et paisible. C'était d'ailleurs dans des moments tels que celui-ci que la chose lui apparaissait le plus clairement et qu'il était capable d'en apprécier la saveur, à déguster comme ils dégustaient leur whisky. L'ambiance était calme, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pub, et tout cela sans avoir à coeur de se dissimuler à coup de glamour, sans craindre l'arrivée de quelques humains fêlés et agressifs, et sans se soucier de la moindre rivalité entre cours.

Keagan n'était pas sans savoir que Blodwyn appartenait aux Unseelie, mais l'avantage avec elle, c'est qu'elle n'en faisait pas état toute les trois minutes, et qu'elle ne se laissait pas dicter ses relations par des affaires de pureté et de race. Le Kith admettait sans mal la manière dont se découpait leur société, car les choses avaient toujours été ainsi, mais il continuait d'abhorrer qu'on le qualifie d'impur. Il n'était pas impur du tout, sa lignée remontait tout droit aux Premiers Grands Ours, et n'avait jamais subit aucun mélange. Ça ne voulait sans doute pas dire grand chose pour un Sidhe à l’ascendance noble, mais pour un Beornide qui se respecte, c'était une grande fierté, et quelque chose qu'on ne voulait voir rabaissé par personne. Blodwyn n'était pas de ceux là heureusement, que du contraire, et c'est précisément ce qui la rendait unique en son genre et qui faisait d'elle l'une de ses Sidhes préférées.

Bien sûr, si l'on jumelait à son caractère bien trempé et marginal le fait qu'il leur était impossible de dire autre chose que la vérité, on pouvait facilement se retrouver confronter à des sujets de conversation plutôt délicat lorsqu'on avait affaire à la forgeronne. Un peu comme maintenant puisque pour Keagan, le sujet des humains était et resterait à jamais sans doute, un sujet assez délicat. Il avait l'impression que c'était hier encore qu'il leur déchirait la jugulaire et leur mettait les tripes à l'air d'un bon coup de griffe... Et il était plus proche encore le temps où leur présence les avait obligé à raser les murs et surveiller constamment par-dessus leur épaule en priant pour que le glamour tienne le coup.

-Un choix tactique, qu'il répéta en teintant son ton d'une bonne dose d'ironie. Ça s'saurait si on avait eut l'choix. C'est pas comme si y'avait un endroit qui existe pour ceux qui font partie d'aucune cours. Pour les Seelie y'a un endroit, pour les Unseelie y'a un endroit aussi, pour les humains on y est, ... mais pour nous ? Que dalle. Soit on choisi un camp, soit on se débrouille et on s'installe là où y'a d'la place, c'est tout. Même les Sluaghes ont un endroit à eux ! Bon, tu m'diras, il vaut mieux... admit-il d'un regard entendu, mais quand même, ça m'énerve.

Un endroit neutre existait bel et bien tout au centre de l'île, mais on ne pouvait guère s'y dénicher un lopin de terre et se l'approprier, l'endroit n'était pas fait pour cela. Après, il admettait volontiers que l'île était aussi grande qu'un placard et que par manque de place, certaines décisions nécessitaient d'être prises. Ça n'empêchaient pas les Feys neutres de se retrouver le bec dans l'eau, comme souvent.

-C'qui m'énerve en fait, c'est surtout les humains, avoua Keagan après quelques brefs instants de réflexion plus mure sur le sujet. Il s'enfila ensuite une bonne gorgée d'alcool avant de resservir les trois verres machinalement. J'peux pas les encadrer. Ils sont limités, lents dans leurs têtes, et ils meurent tellement vite qu'au final, ils servent à rien. Pourquoi tu crois que l'entrée du bar est interdite aux humains ? Ils avaient plein d'bars interdits aux Feys là où j'vivais avant. C'est bien fait pour eux.
-Ça y est, on est reparti pour toutes ses anecdotes de guerre, soupira Woody avec lenteur.
-Oh ça va ! C'est pas moi qu'ait lancé l'sujet !



Pistols at dawn

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Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Lun 19 Oct - 22:32
Parfois, Blod oubliait totalement ces histoires d’étiquette et de hiérarchie en société. On pourrait croire qu’étant issue d’une famille Sidhe pur jus et ayant quand même trois mille ans au compteur, elle aurait pu avoir appris et retenu la leçon, mais rien à faire, ça ne voulait pas rentrer. Cela venait non seulement de son éducation faite auprès des Gobelins, où elle avait incontestablement été considérée comme une esclave. De sorte qu’une fois revenue dans la Faërie auprès des siens, c’était trop tard pour lui apprendre les bonnes manières. Elle connaissait les codes, mais ne les appliquait simplement pas. Il ne fallait pas y voir une mission humanitaire ou des idéaux populaires de sa part : elle considérait simplement ces histoires comme une perte de temps, ne supportait pas de devoir ajouter cinquante titres au prénom d’une personne ou d’attendre qu’une autre ait débité ses cinquante surnoms à elle avant d’avoir une réponse à sa question, se riait des modes vestimentaires de la cour. Et donc, oubliait aussi la plupart du temps à qui elle s’adressait. Il ne faisait état de son statut qu’en cas de besoin, parce qu’elle n’était pas assez stupide pour s’en priver, ou quand elle y était forcée, ce qui était rare, vu que personne ne la forçait à rien. Sinon, elle s’adressait à tout le monde de la même façon, sauf à Naemesys pour qui elle avait un profond respect et une crainte hérités du mythe qu’elle avait représenté pour la jeune Credne tout au long de sa jeunesse avant qu’elle ne la rencontre en personne. Et ce qu’elle avait tendance à oublier, aussi, ou peut-être à occulter involontairement, c’était que tout le monde n’était pas logé à la même enseigne qu’elle. Elle avait ouvert sa forge dans le domaine où allait son allégeance, loin du Sithin, loin de tout, et ne s’était pas posée la question de savoir si elle en avait le droit ou pas. Mais évidemment, il n’en allait pas de même pour tout le monde.

Elle considéra Keagan un moment. C’était fou comme il avait l’air normal, au regard de la société Fey du moins. Quel besoin avait la Faërie de le différencier d’elle ? À part la barbe, évidemment… Elle baissa les yeux sur son verre, regrettant comme souvent de ne pas pouvoir réellement se saouler. Elle n’avait jamais vu ça que chez les autres, chez les humains, et ça avait l’air marrant. Elle reporta son attention sur le Kith, notant comment sa voix s’emportait. « Nous », « pour nous », elle entendait dans ses non-dits toute sa fierté et l’esprit de meute qui devait l’animer encore. À croire que le feu couvait encore sous la cendre, hein ? Elle esquissa un sourire rusé.

— De quoi tu te plains, dis-moi ? D’être libre ? Tu n’as qu’à prêter allégeance à ma Cour et tu pourras implanter ton pub juste à côté de ma forge.

Le choix parfait, évidemment, et totalement pas orienté, ça allait de soi. Cependant, elle le comprenait, d’une certaine façon. Elle-même vivait sous le coup de plusieurs allégeances, Sidhe, Unseelie, Balor, mais on ne pouvait pas dire que sa vie était un enfer. On la laissait relativement tranquille et il était rare que ces cases viennent lui imposer de faire ou de dire ceci ou cela. Le désavantage de la neutralité, c’était que vous deviez vous démerder en toute occasion, parce que personne ne se sentait concerné par votre sort. Blod leva son verre comme pour encourager Keagan dans sa tirade anti-humains. Elle n’était pas tout à fait d’accord avec lui, qui semblait les détester pour quelque chose dont ils n’étaient pas coupables : n’auraient-ils pas souhaité vivre aussi vieux que les Feys ? Ne le souhaitaient-ils pas déjà, d’ailleurs, tous ceux qui étaient restés là, sur Ellan Vannin ? Ils la mettaient indubitablement mal à l’aise, c’est sûr, mais c’était d’autant plus vrai à la lumière de ce qu’ils avaient été du temps où ils lui avaient érigé un culte. Ou, pour le dire plus simplement, ils étaient très bien, les humains, quand ils l’adulaient. Mais le temps et les guerres étaient passés par là et avaient fait leur œuvre. Elle jeta un coup d’œil à l’Élémentaire. Elle oubliait qu’il était jusqu’à ce qu’il parle, puis elle l’oubliait de nouveau, jusqu’à ce qu’il parle, etc.

— J’aime bien ses histoires, moi. Il ferait un très mauvais tenancier s’il n’en racontait pas. Et je te trouve dur avec eux, Keagan, ils sont juste… sur le déclin. Mais ils ont eu leur temps de grandeur aussi.

D’où lui venait cette soudaine once de bienveillance pour eux, elle ne le savait pas. Elle garderait à jamais un faible pour le souvenir de ceux qui lui avaient érigé un culte, parce qu’elle les avait aimé d’un véritable amour à l’époque tant elle était ravie de ce qu’ils étaient capables de créer de leurs mains en son nom. Mais c’étaient des souvenirs, rien que ça, qu’elle pouvait se passer en boucle et serrer contre son cœur sans pour autant que cela change quoi que ce soit à l’affaire. Et c’était ironique qu’elle dise d’eux qu’ils étaient sur le déclin quand on voyait à quoi la civilisation Fey, ou ce qu’il en restait, était réduite, enfermée sur une île, isolée du monde et de ses racines, à péricliter sans dieu ni roi ni enfants. Mais le destin des Feys et celui des Humains étaient probablement liés.

— Je ne t’ai jamais demandé ce que tu faisais du temps de la guerre contre eux. As-tu pris parti pendant ces années ? Tu n’es pas obligé de répondre, mais j’aimerais entendre tes faits de guerre, moi.

Regard appuyé à l’Élémentaire. Et si elle lui laissait une porte de sortie, c’était qu’il ne devait pas y avoir de mensonges entre eux. Un « non » clair et net suffirait.


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Mar 27 Oct - 20:05
Libre ?
Houla, de toute évidence, la forgeronne n'avait pas du tout la même définition de la liberté que lui. Si vivre retranché et entassé dans un mouchoir de poche ressemblait pour elle à la liberté, c'était triste. C'est vrai qu'il pouvait faire ce que bon lui semblait et que l'absence d’allégeance lui permettait d'échanger avec qui il voulait, mais les avantages s'arrêtaient là en fait. Ce n'était pas si mal et c'était toujours mieux que ce qu'ils avaient connus juste avant, mais le constat restait proprement dérisoire par rapport à la liberté qui était sienne voilà quelques siècles. Il se passait d'ailleurs rarement un jour sans qu'il n'échappe un lourd soupir en y pensant, ressassant le temps où il pouvait changer de forme à volonté et parcourir le monde à sa guise et dans la plus grande insouciance.

Les choses étaient en tout cas bien assez complexes comme ça sans qu'il ne s'empêtre en plus dans ces histoires de cours. Pour lui, ces choses-là avaient toujours été 'un truc de Sidhes', même si les Sidhes n'étaient certes pas les seuls à se vouer à un camp. Ils étaient tout de même majoritaires, et puis surtout, c'était eux, à la base, qui avaient eus cette idée de merde.

Keagan savait bien que la proposition de rallier les Unseelies était une blague, et pour cette raison, il ébaucha un rictus avant de plonger dans son verre à nouveau, et ce afin de ne pas avoir à lui répondre la vérité, à savoir : plutôt crever. C'était plutôt radicale comme réponse, certes, mais c'était le reflet exacte de sa pensée. Pour lui, la scission du monde Fey en deux camps si distinctes n'avait fait que les tirer vers le bas et les précipiter à leur perte. C'était à cause de leur guerre intestine que les humains les avaient fichus dehors à coup de pied dans le train, une cerise sur un gâteau pourtant déjà copieusement garnit.
Mais bon, au fil du temps il avait apprit à garder ce genre d'avis pour lui. Mieux valait éviter les débats, surtout pour eux qui ne pouvaient pas mentir...

Une retenue qu'il n'avait certainement pas lorsqu'il était question d'humain ! Il avait mille fois plus de considération pour le bétail que pour ces animaux-là, et l'attitude concilient de Blodwyn à leur égare lui tira une brève grimace.

-Si tu veux t'voiler la face ma belle c'est ton problème, qu'il répliqua dans sa barbe, l'air de dire 'pense c'que tu veux, moi j'ai mon avis sur la question'.

Ce qui expliquait pourquoi parler de la belle époque où son sport favori était d'éventrer des humains lui parut tout de suite beaucoup plus engageant ! Il adressa en passant un sourire triomphant à Woody avant de répondre à la Sidhe :

-Pour sûr que j'ai pris parti, tous les Beornides ont pris parti. On a participé à presque toutes les batailles, on nous envoyait en première ligne pour arracher ou plier les canons des chars. On s'y mettait à cinq ou six et on faisait sauter l'toit comme le couvercle d'une théière haha ! C'est comme ça que j'ai eu mes cicatrices, expliqua-t-il en désignant les quelques stigmates qui barraient son visage. 'Me suis pris une chevrotine bourrée d'fer en pleine poire, j'ai eu d'la chance que ça m'arrache pas la tête, sinon j'y serai passé. Sans préciser que c'est ce qui était arrivé à la plus part des gens de sa race. T'as déjà entendu parlé du massacre de Shirley Hills Road ? ... ben c'était nous, annonça-t-il fièrement en se désignant la poitrine du pouce.

Quoi qu'il en soit, l'événement avait fait les gros titres à l'époque, et horrifié à peu près tous les humains. C'est vrai qu'ils avaient fait fort cette fois-là, en décimant toute une rue de la grande banlieue de Londres. En gros, à une vingtaine environ, ils avaient désigné une rue au hasard au plein coeur de la nuit, une petite rue de maisons proprettes et de belles propriétés, huit bâtisses en tout, qu'ils avaient investis sans criés gare. Ils y avaient massacrés les familles qui vivaient-là, saccagés tout le mobilier, pris les bijoux en or et dévalisés les frigos (plus digeste que la chaire humaine), et ils étaient repartis avant que leur police et l'armée ne déboulent.

-Et toi t'étais où à l'époque ?



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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Mer 28 Oct - 22:54
Blod ricana comme une petite vieille dans son verre. Le visage de Keagan était fascinant, en cette seconde. Pas seulement magnifique, mais très expressif, aussi. Elle voyait bien qu’il ne répondait pas mais qu’il n’en pensait pas moins. Tous deux avaient probablement la même propension à exprimer des opinions arrêtées, voire extrêmes, qui allaient sans cesse à contrecourant de l’opinion générale ou pire, de l’opinion de la personne qu’ils avaient en face d’eux au moment où ils ressentaient le besoin de la balancer. C’était quand même pas de bol, mais en même temps, Blodwyn ne se faisait pas d’illusion sur sa capacité à se perdre en débats intelligents et constructifs. Non, elle parlait bref, elle parlait brutal, et pas question de s’adapter selon qui on avait en face de soi. À la limite, si Keagan était du genre à ça, il la priverait de boisson pour la punir, et alors elle serait bien embêtée, mais elle le savait bien trop commerçant pour faire une chose pareille, surtout qu’elle se vantait d’être une de ses meilleures clientes. D’ailleurs, elle reposa son verre le comptoir et le tapota du bout de son ongle comme un oisillon le bec ouvert attendant que sa maman la nourrisse.

Elle avait donc touché un point sensible : les humains. Peut-être vivait-elle dans le passé, pour les considérer avec un tel flegme. Peut-être aussi avait-elle échappé à leur mauvaise influence en vivant isolée, coupée de tout, des Cours les plus hautes comme des mortels les plus mortels. Elle n’avait pas l’impression de se voiler la face parce qu’elle considérait que les humains n’avaient aucune influence sur sa vie depuis des siècles et des siècles et que par conséquent, ils n’étaient que là, dans ses jambes quand elle voulait venir au pub, un peu glauques à la suivre du regard, mais bien dressés, aussi, au fait de la société fey et de ses interdits. Elle ne se sentait ni menacée ni ennuyée par leur présent, elle ne les comprenait simplement plus, plus depuis longtemps, plus depuis qu’ils avaient arrêté d’adorer leurs idoles de bois, de feu ou de guerre pour entrer dans le monde de la technologie, des dieux uniques et des vies virtuelles. Peut-être bien qu’elle ne connaîtrait jamais plus grand séisme dans sa vie sur le jour où elle avait été déchue de son statut de Déesse. Ou pire, où elle avait dû sacrifier une main de pouvoir. Ou pire, quand Cenn avait disparu. Ou peut-être bien qu’elle ne ressentait plus rien de puis le tout début, depuis son premier coup de pied asséné par son maître Gobelin. Ah ! Des fois, ça la fatiguait, de penser au passé. Heureusement, Keagan remplissait son rôle d’hôte à la perfection et avait repris la parole, la détournant de certaines pensées pénibles. Toujours aussi vif, toujours aussi passionné. Des fois, elle arrêtait de l’écoutait juste pour le regarder parler.

Elle se redressa et s’agita au rythme de ses paroles, des images de guerre, de chars déchirés et d’humains démembrés. Elle aussi avait été là. Elle n’en aurait pas parlé avec autant de nostalgie, pas toujours capable de faire la part des choses entre le plaisir qu’elle avait pris à se battre pour la beauté du combat et ses regrets de devoir en arriver là. Et puis les faits d’armes des autres l’intéressaient toujours. L’histoire de leurs cicatrices également. Elle-même en avait eu plus que son compte, d’autant plus visible que sa peau était pâle et lisse. L’avantage, c’était qu’elle s’en fichait complètement. Elle n’était pas une lady et elle les portait fièrement, mais pas sur son visage. Elle se leva à moitié de son tabouret pour observer de plus prés les cicatrices de Keagan, faisant fi des notions d’espace vital et de politesse. C’était tout à fait incroyable ! Elle en avait vus, des Beornides, de loin, souvent. Difficile de se battre aux côtés de petits bulldozers. Elle les respectait pour leur talent de guerriers – quiconque savait se battre et s’était battu avait son respect à un moment ou à un autre. Quiconque également appartenant à ce que les Sidhes considéraient comme des Feys inférieurs. Si elle s’était préoccupée de ces choses-là elle aurait été la première à lutter pour les droits des Feys dits inférieurs, parce que pour elle, personne n’était meilleur que personne ici, mais malheureusement, elle vivait très bien dans sa solitude d’ours dans sa grotte, loin de la Cour et loin des ennuis. Elle hocha la tête d’un air impressionné à l’évocation de Shirley Hills Road avant de se rasseoir sur son tabouret.

— Nan, ça me dit rien, mais je veux bien te croire, j’ai déjà vu des gens de ton peuple se battre. Mieux valait ne pas rester sur leur chemin.

Amère ironie que cette vigueur au combat qui avait si bien arrangé les décideurs et aussi participé à entretenir l’image de sauvages que beaucoup de Kiths véhiculaient.

— Moi, j’étais en Irlande. J’étais là à chaque guerre. Je partageais mon temps entre le combat et la fabrication des armes et des armures, c’était pire qu’une usine, mais l’or a coulé à flot dans mes coffres, à l’époque. Tu sais, la guerre, c’est bon pour les affaires, enfin les miennes, pas les tiennes. Mais je ne supporte pas de ne pas aller au front, c’est tout aussi important pour moi que de forger.

Elle haussa les épaules. Les Sidhes s’étaient battus. Beaucoup d’entre eux en tout cas. On pouvait leur reprocher beaucoup de choses, mais pas d’avoir peur et de s’être planqués. Blod avait rencontré de véritables déesses et dieux de la guerre dans les rues de tout le pays. Chacun avait ses convictions, et certains n’en avaient pas du tout, certains s’étaient juste retrouvés eux-mêmes dans la guerre et la violence, avaient vécu à nouveau un temps révolu depuis longtemps où ils étaient des êtres surpuissants. Peut-être bien que c’est pour ça aussi qu’elle-même s’était battue. Mais la vérité c’était qu’il y avait toujours eu une part de violence et de colère en elle qui n’avait jamais disparu depuis son retour dans la Faërie, et chaque guerre avait été pour elle un prétexte à s’exorciser de cette violence.

— Je n’ai jamais eu l’impression de me battre pour une grande cause, plutôt pour un grand gâchis. Mais je me suis battue quand même parce que sinon j’aurais eu l’impression que cette guerre n’aurait pas eu de sens.

Elle se tourna vers la plante en pot à côté d’elle.

— Vous n’êtes pas d’accord ? Je suis censée vous demander où vous étiez, vous ?

Ce n’était certes pas très poli, mais l’ambiance allait être plombée, si elle continuait dans cette veine.


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Sam 21 Nov - 17:43
Le sujet n'avait rien de joyeux et faisait partie de ces sujets qu'il faut aborder avec subtilité tant ils sont sensibles, pourtant Keagan ne serait certainement pas celui qui prendrait l'initiative de changer le cours de la conversation pour des terrains moins minés. Ressasser et tourner en rond sur ces quelques éternels sujets faisait en quelque sorte partie de lui maintenant. Et encore. Il pouvait aujourd'hui en parler comme quelqu'un de normal, en discuter avec une cliente sympathique sans que le ton ne monte ou que l'évocation de cette époque ne déclenche en lui l’irrépressible envie de descendre d'une traite la première bouteille de whisky venue. Mais ça n'avait certainement pas toujours été le cas et il avait dû faire bien du travail sur lui-même pour en arriver là. Il continuait à se crisper chaque fois qu'un humain rentrait dans son périmètre direct et il continuait d'en rêver et d'en cauchemarder parfois, mais l'un dans l'autre, ce n'était rien comparé à la dernière décennie. Voir au dernier siècle car, pour être honnête, si les gens de sa race s'étaient jetés à corps perdu dans l'affrontement de cette manière, c'est parce qu'ils s'étaient sût condamnés d'avance. Le Haut Roi David avait fait d'eux une espèce en voie d’extinction en décidant de les révéler aux humains.

Bien sûr, le Beornide n'avait pas l'intention de partager toutes ces considérations avec son interlocutrice. Il préférait et de loin conserver une image légère et insouciante et palabrer sur les anecdotes au lieu d'aborder le fond du problème avec elle. Ce qui était de toute façon plus prudent puisqu'elle avait une allégeance spécifique. Elle avait toujours eut une étrange manière de le montrer mais ce n'en n'était pas moins vrai qu'elle était Unseelie depuis trop longtemps que pour lui accorder une totale confiance.

Heureusement, la remarque décochée en direction de Woody vint aussitôt alléger l'ambiance et arracher au propriétaire du bar un demi sourire amusé. Lui-même avait plusieurs fois tenté de tirer les vers du nez de l'Elementaire pour savoir ce qu'il avait bien pu faire de lui-même durant toutes ces différentes périodes de troubles. En le voyant là, tellement raide et immobile, on se l'imaginait difficilement faisant autre chose que ce qu'il était entrain de faire là, à savoir, rien. Mais Woody était tout de même bien plus malin qu'on ne pouvait le deviner en tombant sur son oeil hagard et il était chaque fois parvenu à contourner les sujets et se montrer assez évasif que pour conserver la plus grand part de mystère. Un phénomène parfaitement conscient d'ailleurs, car lorsque Blodwyn se tourna vers lui pour l'interroger, Woody pivota lentement vers elle pour la regarder.

-J'étais éclaireur, espion et artificier, spécialisé dans le camouflage et les explosifs...

Il y eu un bref silence stupéfait que Keagan ponctua d'un petit rire et d'une mine qui disait "haha, elle est bien bonne celle la !". Mais comme vraisemblablement, Woody était on ne peut plus sérieux et que de toute façon, ils ne pouvaient pas mentir...
Le sourire de Keagan disparu donc pour aussitôt reprendre une mine sérieuse et acquieçer d'un air concerné.

-Awé carrément. Puis d'un coup il tiqua : punaise, mais comment ça s'fait que tu m'ais jamais répondu ça avant ? Je t'ai posé la question au moins trois fois en un an !
-Je sais.
-Bon ben alors quoi ?!
A nouveau, avec cette lenteur qui le caractérisait, le regard étrange et fixe de Woody vint se poser sur Blodwyn à leur côté.
-Elle est beaucoup plus jolie que toi...

De nouveau, un bref silence stupéfait vint leur planer autour, rompu cette fois par un éclat de rire fauve et rocailleux. Se saisissant de la bouteille pour en remettre une grand rasade à tout le monde, il ne put résister à l'envie de se pencher vers la forgeronne.

-T'as un ticket j'crois ma belle, et de lui adresser un petit clin d'oeil ravageur.

Le Kith arrosa son propre gosier d'une bonne lampée de liquide ambré avant de reprendre la parole :

-Pour la prochaine guerre, rappelez-moi de garder vos coordonnées dans la poche, m'est avis qu'ça pourrait vachement servir, hehe. J'espère qu'elle arrivera bientôt d'ailleurs. Puis sans transition : hey, vous voulez des pistaches au fait ?



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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Mar 24 Nov - 22:55
En voilà une surprise. Non seulement il parlait, mais il y avait de la vie sous ce crâne ! Et voilà comment l’Élémentaire annonça à Blodwyn que pendant la guerre, pendant les guerres, même, il avait été éclaireur, espion et artificier. Autant de jobs en fourbe que la forgeronne n’aurait jamais pu exercer elle-même, elle qui manquait bien trop de subtilité et de patience. Il y avait aussi un petit côté traître à ce genre de boulot, parce qu’il n’y avait rien de pire que de sauter avec un pont ou se faire tuer bêtement pendant une réunion parce qu’un espion vous avait balancé. Non, si elle avait dû mourir, elle n’aurait pas supporté d’autre mort que les armes à la main, debout sur le champ de bataille, et les gens comme Woody n’étaient pas les plus appréciés parmi les soldats en tant de guerre, et pourtant il fallait bien en compter parmi ses rangs puisque les rangs adverses en comptaient, et pourtant c’était aussi grâce à eux qu’on gagnait une guerre. N’empêche qu’elle se redressa sur son tabouret de bar, le considérant d’un autre œil. Il cachait bien son jeu. Et apparemment, Keagan non plus n’était pas au courant, parce que s’il commença par se marrer, il se tut ensuite pour mieux considérer l’Élémentaire. C’est vrai qu’on ne plaisantait pas avec ces histoires. Les histoires de guerre. Vaste sujet, champ de mines émotionnel, nid à traumatismes et terreaux de vieilles ambitions et d’anciennes luttes qu’on avait rarement vues aboutir, la frustration ultime.

S’ensuivit donc un échange délicieux entre le client et le barman, et Blodwyn, qui avait eu l’impression que ces deux-là se connaissaient comme s’ils s’étaient faits, dut bien réviser son jugement. Révisé aussi, son jugement sur Woody, qui tout d’un coup prenait plus d’allure. Mais quand il se tourna vers elle pour affirmer qu’il venait de balancer son scoop parce qu’elle était plus jolie que Keagan, elle en resta le bec ouvert. Bon certes, c’était vrai qu’elle était plus jolie que le Kith, c’était pas bien difficile, il aurait fait une femme très moche. En tout cas, loin de vexer Keagan, ça le fit bien rire, et Blodwyn accueillit avec joie la nouvelle tournée qu’il leur servit à tous, tout en toisant Woody du coin de l’œil, cherchant encore à savoir s’il était sérieux ou pas. Manquant pas mal de second degré, elle ne put que grincer des dents quand Keagan annonça en rigolant qu’elle avait une touche avec l’Élémentaire. Ben oui, mais bon, c’était ennuyeux cette affaire, elle n’était absolument pas intéressée par lui et n’avait pas envie de devoir ménager la sensibilité du monsieur en plus de ça.

— Trixie est bien plus jolie que moi, finit-elle par marmonner, le nez dans son verre.

C’était vrai, après tout, et puis Trixie était toujours ici, enfin, sauf aujourd’hui évidemment, mais Blod se comprenait. La Demi-Fey représentait donc une bien meilleure chance pour Woody de se trouver une petite femme, c’était du pur pragmatisme, et Blodwyn y croyait à fond, à sa solution. Heureusement, Keagan remit la conversation sur ses rails, en évoquant de nouveau la guerre, et pas n’importe laquelle : celle à venir. C’était quand même un comble qu’il l’attende avec autant d’impatience. Voulait-il donc qu’il ne reste plus un seul Kith dans ce monde ? Elle baissa les yeux vers le fond de son verre, les épaules baissées, l’image même de l’ivrogne la plus malheureuse du monde, même si ce qui la rendait malheureuse, c’était justement qu’elle ne pouvait pas être saoule. Une vraie perte, une vraie plaie.

— Méfie-toi de ce que tu désires, tu pourrais bien finir par l’obtenir, comme on dit. Je ne veux pas d’une guerre ici, on vient juste d’arriver. Même si j’avoue que je commence déjà à rouiller et que mes armes et mes armures ont besoin d’aller sur le champ de bataille…

Oui, mais non. Elle avait ouvert une nouvelle forge, avait retrouvé Cenn, sa vie s’était bizarrement bien mise en place, pour une fois, elle aurait bien voulu en profiter un peu avant que tout ne s’écroule une nouvelle fois pour une raison stupide, l’orgueil des Sidhes, la bêtises des Humains ou les complots idiots des Familles nobles. Même si c’était bien vrai que tout semblait mal engagé, avec cette histoire de Sithins qui avaient perdu toute leur énergie vitale. La Déesse ne pouvait pas les abandonner, si ? Une pensée bizarre qui lui avait traversé l’esprit de façon inattendue, compte tenu du fait qu’elle avait beaucoup de mal à se sentir liée à la Déesse d’une façon ou d’une autre. Décontenancée, elle finit par taper du poing sur le comptoir.

— La seule guerre que je voudrais mener, là, tout de suite, c’est si on va massacrer les Gobelins !

Ce serait joindre l’utile à l’agréable, et Blodwyn rêvait du jour où elle enfoncerait une lame en Métal féérique, inventé par les Gobelins, dans le corps d’un Gobelin, justement. Oh, l’ironie… Puis elle se dégonfla comme un ballon de baudruche.

— Mais j'imagine qu'avec ce qui se passe dans les Sithins, ça n'arrivera jamais.

Qu'est-ce qui se passait, d'ailleurs ? Des trois personnes présentes ici, elle était la mieux placée pour le savoir, sauf qu'elle ne savait pas, parce qu'elle ne traînait pas dans la Cour. Dommage. Elle jeta un coup d’œil à Woody, on ne savait jamais, il avait l'air de savoir des tas de trucs.


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Dim 13 Déc - 19:35
Tout en remplissant un petit bol de pistaches pour ses clients, Keagan ébaucha un sourire en coin à l'évocation de Trixie. Si son amie avait été présente pour entendre ça, nul doute qu'elle en aurait rosie de plaisir. Il pouvait presque la voir faire papillonner ses petites ailes pour manifester son contentement ! A cela près que Blodwyn sous-estimait clairement son propre charme. Assurément, Trixie était une très jolie Fey, mais il était presque inutile de le préciser puisque la plus part des femmes Fey étaient belles, Blodwyn comprise. Certaines étaient en effet plus ravissantes encore que d'autres - notamment l'Elementaire aux cheveux d'or rencontrée quelques temps plus tôt - mais à part cela, on pouvait si facilement se rincer l'oeil dans leur monde que ce n'était finalement pas l'allure qui primait. Plutôt la prestance, l'aura, le charme, tous ces synonymes exprimant ce qui émanait subtilement d'un être en dépit de son apparence. De l'aura et du charme, Blodwyn n'en manquait pas. Et de toute évidence, elle ne se rendait pas compte du potentiel fabuleusement sensuel d'une femme qui martel une grosse épée rougeoyante avec un marteau...

Enfin soit, sans doute aurait-il été plus sain et plus constructif de continuer à rêvasser sur la beauté des femmes, pourtant le sujet fut à nouveau éclipsé par celui de la guerre. L'avertissement de son interlocutrice lui fit hausser un sourcil sceptique tandis qu'il prenait à nouveau place en face de ses deux amis, pourtant il ne répliqua rien pour contredire la Sidhe. Il avait bien conscience des enjeux et des risques, bien conscience des conséquences aussi, mais il avait plutôt l'impression d'être mû par un excès de réalisme, tout simplement. Un réalisme certes quelque peu blasé et gris, mais du réalisme tout de même.

Il pouvait être naïf pourtant, à ses heures, mais certainement plus vis-à-vis de ce sujet-là. La dernière guerre à laquelle il avait participé avait coûté si chère qu'il en accusait encore le coup. Elle avait coûté si chère qu'il en était ressorti pratiquement dépouillé, si pas de ses amis, de la majeur partie des siens et d'une bonne part de son identité. Il en était surtout ressorti dégoutté d'la vie, passez-moi l'expression, et sans plus aucune foi envers les têtes pensantes de la communauté, qui ne pensaient qu'à se taper dessus eux aussi. Au final, tout le monde ne voulait plus rien faire d'autre que de taper sur ses voisins, pour tout un tas de raisons grotesques, et ce n'était certainement pas lui qui irait prêcher la paix et la réconciliation, encore moins l'apaisement des esprits.

Non, lui, on l'avait éduqué avec des principes simples : pour éviter d'être frapper, frappe le premier. Et si on te frappe, frappe en retour jusqu'à ce que l'autre ne puisse plus riposter.
Des principes peut-être un rien extrêmes mais d'une efficacité difficile à remettre en cause. Mercenaires dans l'âme, c'est aussi ce qui avait perdu la plus part des Beornides durant les guerres, qui avaient préférés pour la plus part mourir au front plutôt que de se rendre ou fuir.

-Laisse un peu les Gobelins tranquille, marmonna-t-il d'un air semi-amusé, ils sont pas tous bons à jeter, regarde ceux d'la banque par exemple ! en levant le bras en direction du dit-bâtiment, Ils sont pas si cons.

Il allait éviter de s'en venter devant elle mais en réalité il avait bien souvent travaillé avec des Gobelins. Ils sentaient souvent encore plus mauvais qu'lui et se comportaient comme de vraies petites pestes, mais c'étaient de très bons combattants, il fallait leur laisser cela. Quand bien même, ce n'était pas avec Blodwyn qu'il convenait d'avoir ce genre de débat... Du coup, il enchaîna aussitôt lorsque la Forgeronne évoqua les Sithins :

-Ouep, sans les Sithins, il faudra sûrement pas trop longtemps aux humains avant d'nous repérer. Et vu qu'ils sont soudainement devenus allergiques à nos tronches, il leur faudra certainement pas longtemps avant d'envisager d'nous envoyer leurs machines et leurs missiles. J'veux pas faire mon rabat-joie mais j'sais qu'ça finira par arriver. Et quand ça arrivera, moi j'serai prêt à les recevoir comme il faut !
Puis se tournant vers Woody :
-Hey, quand ils seront là tu voudras bien être mon artificier ?
-oh... oui, avec plaisir, acquiesça l'homme-arbre avec une douceur qui cadrait difficilement au contexte.
-Si jamais ça fonctionne pas, on prend une trentaine d'otages humains sur l'île, on réclame un hélico et 30 kilos d'or à l'armée et on s'exile à Cuba.
-Bonne idée, confirma Woody avec sérieux.
-Tu viens avec nous Blod ?





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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Mar 15 Déc - 20:04
Blod fronça le nez et les sourcils en réponse au rappel à l’ordre de Keagan, et quelqu’un ne la connaissant pas aurait pu croire qu’elle boudait, et peut-être bien que oui, elle boudait. Voilà bien un sujet qui était sensible et dont elle n’aimait pas parler, si ce n’était, effectivement, pour jurer de massacrer tous les Gobelins qu’elle croiserait dans sa longue existence à venir. En plus, l’argument de Keagan la touchait d’autant moins que la forgeronne n’avait jamais mis les pieds dans une banque, et pour cause : elle pouvait créer de l’or. Un don qui aurait fait fantasmer tous les Humains, à n’en pas douter, quand bien même il aurait représenté pour leur économie un péril mortel, mais quant à elle, pour le coup, elle n’en avait jamais abusé, pour la simple et bonne raison que l’or en lui-même de servait à rien, et qu’amassé dans un coin, il prenait de la place. Donc elle se fichait bien que les Gobelins de la banque savent conjuguer leurs verbes et poser des questions sans frapper en même temps pour accélérer le temps de réponse, et même, elle ne voulait pas le savoir. Sa haine était trop viscérale, trop ancrée en elle, dans sa personnalité, pour que cela change un jour, car cela serait revenu à changer sa nature même et à remettre en cause bien des épreuves auxquelles elle était plutôt fière d’avoir survécu.

Heureusement pour tout le monde, Keagan changea de sujet sans attendre, et Blodwyn ne put que grogner intérieurement en se mordillant la lèvre et en se calmant petit à petit. Dommage, elle aurait bien cassé quelque chose, là, tout de suite, mais à part les tabourets de bar du Kith, elle n’avait rien sous la main, et elle tenait trop à ces tabourets pour leur faire du mal, vu qu’ils accueillaient très régulièrement son noble derrière. Elle se contenta donc de grommeler tout bas pendant que Keagan reprenait la parole : « Bien sûr que si c’est des cons », comme si c’était là la seule chose qu’elle leur reprochait. Voilà, elle pouvait être atrocement sage, des fois. Là-dessus, elle esquissa un sourire finaud et abattit sa main sur le comptoir.

— Ah, mais laisse un peu les Humains tranquilles, il y en a de très fréquentables, aussi.

C’était difficile de croire qu’elle avait trois mille ans et pas quatorze, mais cela dit, elle se sentait parfaitement dans son droit de pointer du doigt l’obsession personnelle de Keagan, surtout si elle n’avait pas le droit de faire une fixette sur sa propre Némésis. Puis elle se rassit calmement, parce que bon :

— Cela dit, je pense que tu as raison. Sauf sur la dernière partie, il n’y pas grand-chose que tu puisses faire contre un missile, à mon avis.

Non parce qu’ils étaient bien jolis les plans de Keagan mais bon, voilà, quoi. D’abord, les trente kilos d’or, elle pouvait les lui fournir gratis – chose dont elle ne se vanta pas vu qu’elle avait une ardoise dans son bar et donc zéro raison de ne pas l’avoir encore payée – et puis le coup des otages, elle ne le sentait pas trop, les Humains allaient d’autant plus développer un syndrome de Stockholm que leurs ravisseurs seraient Feys, et ensuite il faudrait s’occuper d’eux, ils voudraient les suivre à Cuba, et tout, c’était chiant. Et puis d’ailleurs, Cuba, elle ne voulait pas, elle avait déjà testé cette partie-là du monde – l’Iowa, okay, rien à voir – et elle avait détesté.

— Quand ça arrivera, je resterai et je combattrai. J’aime bien cette île. Et j’ai une allégeance à respecter. Si ça implique de protéger Ellan Vannin et de tuer des Humains qui viendraient nous tuer, ça me convient, et tant pis si ça finit comme ça.

Elle jeta un regard en biais à Woody, qui mine de rien, malgré son calme, avait l’air tout prêt à repartir à la guerre, et songea que décidément, les rêves du Haut-Roi étaient bien utopiques et que la paix dont il avait rêvé entre les Feys et les Hommes était plus que jamais fragile. Le souvenir était encore frais dans les mémoires Sidhes, la plaie encore à vif, et peut-être bien que chez les Humains, dont les générations s’enchaînaient si rapidement, il en allait autrement.

— De toute façon, les Humains ne sont pas notre seul problème. Si la magie continue de faiblir comme ça, tu auras d’autres genres d’ennemis qui viendront frapper à ta porte…

Ce qui était funeste, dit comme ça, mais bien vrai. Du coup c’est sûr que les plans de retraite à Cuba de Keagan sonnaient tout de suite plus intéressants, vu comme ça, en fait.


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Ven 25 Déc - 22:15
Apparemment, Blodwyn avait le sang trop épais pour le soleil de Cuba. Tant pis pour elle après tout, et tant pis pour tous les Seelies et les Unseelies, avec leurs allégeances tendancieuses, leurs obligations illogiques et leurs engagements abusifs. Il fallait être un peu fou pour se laisser ainsi endoctriner, du moins c'est ainsi que Keagan tendait à voir les choses, en bon nocker qui se respecte.
Quoi qu'il en soit, et tout combatif qu'il pouvait être, on lui avait également apprit à savoir quand tirer sa révérence. L'individualisme avait cela de bon qu'il contribuait franchement à vous allonger la vie plutôt qu'à vous la raccourcir. Et c'était tout de même cela au fond, le but final de l'entreprise : survivre. Non ?
Peut-être que de par sa nature animale, il était plus facile d'accepter ce principe pourtant simple ? Il n'était en tout cas pas de ceux qui aiment à se sacrifier pour une cause, bonne, mauvaise, ou les deux. Il laissait cela à ces idiots de Sidhes et tous les autres idiots qui leur emboîtaient le pas dans leur bêtises.

A noter tout de même, pour l'image de marque, que se sacrifier pour une cause lui semblait certes ridicule sous bien des rapports et dans bien des situations, mais qu'il en était tout autre du sacrifice pour une personne chère. Une cause, c'était bien joli, mais les causes n'avaient ni coeur ni âme, et n'avaient dès lors aucun besoin de sacrifice. Ces choses-là, il valait mieux les réserver aux gens, tout comme sa dévotion et sa combativité.

Bref, ce n'était pas le genre de débat qu'on a envie d'entretenir avec un Unseelie, surtout quand l'Unseelie en question maniait la lame depuis quelques millénaires en plus que lui. A la place, lorsqu'elle lui affirma qu'il ne pouvait pas faire grand-chose contre un missile humain, il laissa échapper un "pffff" très sceptique, suivi d'un reniflement plein d'assurant et d'un petit bombement du torse qui disait clairement 'Moi ton missile j'le gère avec une seule main, facile'.

La suite par contre le laissa quelque peu dubitatif. Si ce n'est les rivalités entre Seelies et Unseelies, et la menace humaine plus récente, il y avait bien longtemps que les Fey n'avaient plus eus de réels ennemis, et le Kith avait bien du mal à imaginer ce qui pourrait aggraver leur situation plus encore. Du coup, il accueilli les présages de sa cliente d'un bon gros haussement d'épaule désinvolte.

-Foutus pour foutus, j'm'en cogne dans l'fond qui c'est qui décide de nous chercher des noises. Que ça soit les humains ou autre chose, ils trouveront à qui parler.

Un bref silence suivi durant lequel il entreprit de siroter son propre verre d'une mine un peu méditative. Puis rapidement, un demi-sourire vint étirer ses lèvres pleines. Une petite voix criarde était venue parasiter ses pensées morose avec une singulière touche de positivisme.

-Mais bon... qui sait, p'tètre que c'est Trixie qu'a raison. P'tètre qu'avoir un ennemi commun ferait pas d'mal aux Feys sur le long terme ? P'tètre que ça les poussera à s'réconcilier une bonne fois pour toute un d'ces jours...

Il adressa à sa vis-à-vis une œillade malicieuse avant de plonger le nez dans son verre. Il y croyait fort peu lui-même, mais en se forçant un peu, il arrivait tout de même à l'envisager, et c'est vrai qu'à bien y regarder, de tous les scénarios futurs possibles, il était de loin le moins funeste...


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MessageSujet: Re: To be or not to be fucked up on whiskey (terminé)   Mer 30 Déc - 23:22
Keagan n’avait pas l’air d’être d’accord avec elle avec cette histoire de missile, et il la gratifia d’un tel « pfff » que Blod, du haut de ses trois mille ans et des poussières, se sentit obligée de répondre avec toute la hauteur et la dignité dont elle pouvait faire preuve, en marmonnant : « Pfff toi-même, d’abord. » Une bonne façon de faire avancer un débat, en somme, mais c’est sûr que ce n’était pas à elle qu’il fallait demander de mener une joute verbale, elle n’avait largement pas la patience, la subtilité et l’envie pour ça. Le blabla la gonflait, elle préférait l’action, et par exemple, là, si seulement ça avait été possible, elle aurait enjoint le Kith à la suivre dehors, à se tenir à un bout de la rue, et elle lui aurait tiré un missile dessus pour voir s’il pouvait vraiment l’arrêter à mains nues, parce que rien ne valait la preuve concrète dans ce genre de discussion stérile. Mais elle ne pouvait pas, et c’était bien dommage. Ca avait fini par la rendre curieuse, cette affaire. Peut-être bien qu’en fait, il pouvait, en effet. Ca lui paraissait fou, mais bon, allez savoir. Bon en revanche, ça l’aurait ennuyée que pour prouver son point de vue, Keagan se fasse réduire en bouillie. Donc finalement, c’était peut-être une bonne chose qu’ils ne puissent pas s’amuser avec des missiles au milieu du quartier.

Le barman avait l’air grognon, à présent, et Blodwyn le savait bien parce qu’elle-même arborait en permanence cette expression chiffonnée sur le visage. Il ne semblait vraiment pas inquiet pour l’avenir, lui. Peut-être que c’était dû à leurs statuts respectifs qu’il prenait la chose plus à la légère qu’elle. Lui n’avait que sa personne et un bar qu’il pouvait rebâtir n’importe où, il avait déjà quasiment tout perdu, en somme, et elle subissait des millénaires de réflexes inculqués à la dure, qui faisaient qu’elle se sentait l’obligée de sa Cour, à défaut de son monarque, puisqu’ils n’en avaient pas. Et puis elle n’allait pas cracher dans la soupe : Ellan Vannin était la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis longtemps. Avant cela, il y avait eu l’Iowa, et c’était horrible, elle dépérissait là-bas et c’était à cette occasion qu’elle avait enfin compris l’importance d’avoir une terre, un foyer, même elle qui pourtant se sentait attachée à si peu, mis à part à sa forge. Elle se pencha par-dessus le comptoir et tapota le biceps de Keagan avec un petit sourire, comme pour abonder dans son sens, comme s’il était effectivement fait tout de métal et de roc, comme s’il était immortel, alors qu’il ne l’était pas, aucun d’eux ne l’étaient, strictement parlant.

— Oui d’accord, mais tu feras quand même attention à toi. J’aime bien ton bar, tu me manquerais.

Elle prit quelques secondes pour bien y réfléchir, mais oui, décidément, il lui manquerait un peu plus que le bar en lui-même, quand même. Même si ce bar, ce n’était pas seulement un endroit sympa pour boire provisoirement à l’œil, c’était aussi là qu’elle rencontrait le plus souvent Trixie et Edmund. Voilà, ces trois-là, elle les aimait beaucoup, mine de rien, et leurs chemins ne se seraient jamais croisés sans Ellan Vannin, ils ne venaient pas des mêmes cercles et Blodwyn n’était pas assez actrice de sa propre vie pour provoquer ce genre de rencontre. Donc au final, c’était que du bon, cette île, raison de plus pour ne pas laisser les Humains la vaporiser au missile nucléaire, et pour garder à l’œil l’énergie des Sithins, qui venait du Nemeton, qui lui-même symbolisait la Déesse, laquelle protéger Ellan Vannin tout entière. Ils savaient tous quel genre de créatures se planquaient à ses frontières. Encore que, à choisir, Blodwyn préférait trucider des Sluaghs que ces foutus Humains et leurs armes modernes. Le nom de Trixie arrivant soudainement dans la conversation la sortit de ses réflexions et son visage s’éclaira.

— Trixie a toujours raison. Même si là je ne suis pas d’accord. Les Feys ne se rallieront jamais comme un seul et même homme. Ce qui va se passer, c’est que chacun combattra dans son coin, en espérant tirer un peu la couverture à lui au passage, et qu’ils se feront tous massacrer, Seelies et Unseelies.

Et peut-être qu’elle aurait dû baisser d’un ton compte tenu de sa propre allégeance et des choses à dire et à ne pas dire, mais ce n’était pas son genre, et elle considérait que ce qu’elle racontait là n’était que la stricte vérité. Cela faisait des siècles que les Feys se marchaient dessus, Sidhes, pas Sidhes, Seelies, Unseelies, Nobles, pas Nobles, et si après tout ce temps ils n’avaient pas su faire la paix, il n’y avait pas de raison qu’une crise remette en cause cet ordre magique, cet équilibre né du chaos.

— Tout ce qu’on peut faire maintenant c’est spéculer sur la nature de l’ennemi. Ah, bah, on verra !

Elle finit son verre et le reposa sur le comptoir. Il faut croire qu’elle était venue ici pour tenter de se saouler – en vain, comme d’habitude – et pour plomber l’atmosphère ! La prochaine fois, elle penserait à venir avec une liste de sujets de conversation légers à aborder, et puis voilà.


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