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 The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]

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THE MAN OF SEA ∭ Man, l'Homme, le vrai. La force tranquille.

Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Ven 11 Déc - 20:58
The one without a name, without an honest heart as compass
ft. Elatha & Lucan
Il était difficile de ne pas comparer cette forêt de cauchemar aux temps qui semblaient s’annoncer. Difficile même de ne pas interpréter sa propre présence ici comme un mauvais présage. Si Lucan avait choisi de pénétrer dans le jardin des morts aujourd’hui, c’était loin d’être par plaisir. La curiosité, en tout premier lieu, l’avait poussé ici ; un endroit où d’ordinaire il n’aurait pas mis les pieds, du moins pas depuis qu’il était arrivé à Ellan Vannin. Il y avait eu des événements par le passé, il y avait eu des guerres, des drames et des batailles qui parfois avaient nécessité de traverser la forêt, d’appeler les Sluaghs, parfois simplement de repousser les créatures qui pouvaient en surgir soudain. Lucan voyait trop en cette île le dernier havre de paix des Feys pour ne pas craindre régulièrement pour ses frontières. Il lui était arrivé de longer cette frontière inextricable de racines tordues, de troncs noirâtres et de branches aux formes toutes plus étranges les unes que les autres. Y entrer, c’était une autre histoire. Mais depuis la grande révélation aux humains – du moins la dernière en date, à force, Lucan avait presque de la peine pour eux, toujours aussi étroits d’esprit mais encore à devoir se faire à l’idée que beaucoup d’autres créatures vivaient parmi eux – beaucoup de choses étaient arrivées. Et les précieuses frontières d’Ellan Vannin vacillaient désormais sur leurs fondations. L’Élémentaire ne savait que trop bien ce que cachait cette forêt, ce qui vivait de l’autre côté, et les êtres qui désormais avaient porte ouverte sur la Faërie. Il s’était demandé ce que comptait faire les familles nobles unseelies contre cette menace, mais n’avait pas encore eu le cœur à se présenter à la Cour. Une Cour sans couronne, du moins pour l’heure… Voilà qui allait probablement accélérer le processus.

Lucan avait pris l’habitude surveiller les limites d’Ellan Vannin, dans la mesure du possible et sur les terres qui lui étaient accessibles. Par bateau, souvent, il faisait le tour de l’île. Et il était déjà venu plusieurs fois ici, observer la sombre lisière et tendre l’oreille aux échos fascinants et inquiétants qui l’agitaient de l’intérieur. Il s’était souvent dit qu’on l’aurait dit vivante, et c’est avec cette pensée qu’il avait fini par y faire un pas, puis deux. Cela faisait maintenant un moment qu’il marchait, à son rythme, sur ses gardes. Il avait perdu la notion du temps et levait de temps en temps les yeux vers le faîte des arbres pour tenter d’apercevoir le ciel, mais il avait l’impression que les branchages, alors, se tordaient exprès sous un vent chaud et moite, comme pour l’empêcher de voir l’air libre. C’était l’instinct qui lui soufflait de continuer à avancer, car en vérité il ne cherchait pas grand-chose en particulier. Tomberait-il sur une bande de Sluaghs prêts à se déverser comme des hordes vengeresses sur le Sithin qu’il n’aurait pas pu faire grand-chose pour l’empêcher. D’ailleurs, les choses étant ce qu’elles étaient à l’heure actuelle, personne ne pouvait faire grand-chose à ce qui les guettait. Qu’ils le veuillent ou pas, le futur était en marche et Ellan Vannin était en passe de connaître de grands bouleversements. Et peut-être bien que c’était des Humains et non des Vampires qu’il devait se méfier. Mais des deux maux, il avait choisi de commencer par celui qu’il connaissait le mieux, qui lui était du moins, en tant que Fey, le plus familier. Il irait, plus tard, s’il ressortait de cette forêt, tester la température du côté des hommes.

Pour la dixième fois au moins depuis qu’il était entré dans le Jardin, il s’immobilisa et posa doucement la main sur le tronc d’un arbre. Il lui semblait pulser sous sa main, agité d’une vie ténébreuse et révoltée. Il résista à l’envie de retirer sa main et de l’essuyer sur son torse. Cette facette de la même pièce, il fallait l’accepter. De nouveau, une brise légère et humide s’éleva, agitant ses cheveux bleutés. Il avait laissé tomber son glamour depuis qu’il était arrivé  à Ellan Vannin et ses yeux perçants couleur océan au soir d’une tempête scrutaient la forêt devant lui avec attention. Nul chemin n’était visible à première vue, et il avait la sensation de malaise qu’elle le menait là où elle le voulait. Peut-être allait-il errer dans ces lieux pendant des années. Il faisait sombre, alors qu’il était arrivé à la lisière le matin même, et chaque bruit, chaque mouvement lui arrivait comme déformé, ses perceptions bousculées par ce pan de monde qui n’était pas le sien. Le vent s’enroula autour de son visage et il crut entendre un murmure, puis un rire porté par les airs, et son instinct lui souffla alors qu’il n’était plus seul. Il n’avait jamais été seul, du reste, mais cette fois, il en était sûr, il y avait quelqu’un avec lui, quelqu’un de tangible. Il resta silencieux, la main toujours posé sur le tronc, s’efforçant de ne pas paraître agressif, mais néanmoins sur ses gardes.

« Je ne suis qu’un promeneur, à peine égaré », finit-il par dire tout haut.

Annoncer qu’il venait en paix ou une autre assertion de ce genre aurait été ridicule, et probablement un mensonge également, qui plus est. Il lui semblait que cette brise mauvaise charriait quelque chose de sombre et d'enraciné, un mauvais augure, en quelque sorte.



 
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S. Eliz'yan Forsyth

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Jeu 17 Déc - 2:12
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Depuis combien de temps avaient-ils été dispersés ? Réduit au silence et aux ombres au nom d'une guerre d'antan ? Elatha avait cessé de compter, elle avait cessé de se morfondre sur cette défaite cuisante. La légende murmurait à qui voulait l'entendre que la lumière avait dû triompher des ombres afin que le monde survive. Mais la Darach avait toujours été intimement persuadée que dans le fond, cette légende avait été écrite par les vainqueurs, pour les vainqueurs. Car, que se serait-il passé si les Fomoires avaient vaincu les Tuatha Dé Danann ? Le monde se serait-il effondré ? Bien sûr que non. Non, cela était impossible.. L'histoire aurait simplement été toute autre.

A présent et sur cette île, sur cette.. Ellan Vannin, l'histoire subissait un nouveau tournant. Une renaissance. Le cycle de la vie arrivait à sa fin, et la mort était au bout du chemin afin de laisser place à une existence nouvelle. Il n'y avait pas de fin, pas d'aboutissement, pas d'échéance, juste un éternel recommencement. Ainsi était fait leur monde, et c'était ainsi qu'il devait perdurer. La tension entre l'ombre et la lumière était inéluctable. Il n'existait de victoire durable que dans l'esprit des protagonistes, en miroir de leurs espoirs les plus fous. Les temps étaient une suite de batailles, plus ou moins rangées, plus ou moins ouvertes. Et sur cette petite île, une nouvelle bataille se préparait. Elle n'était pas celle qu'attendait les Tuatha ou celle qu'attendait les Fomoires. C'était autre chose, contre un autre ennemi qui s'était développé au fil des siècles, qui avait imposé sa domination par son ignorance et son arrogance suprême.

Les humains jadis asservis se retrouvaient à être les bourreaux d'un ensemble de peuples qui les dépassaient. Un ensemble de peuples qui leurs survivraient grâce à leurs savoirs et surtout grâce à leur immortalité. Cependant, il était erroné de penser que les anciennes rancunes étaient enterrées à jamais. La preuve en était, les Feys avaient refusés l'asile à des ennemis d'antan, des ennemis qu'ils avaient pensé morts et enterrés. Ils avaient refusé un partage afin de bâtir une paix précaire et cela était logique, tout en étant insensé selon la Fomoire. Elatha était bien assez lucide pour se rendre compte que son point de vu n'était pas entièrement partial. Que malgré le temps écoulé, elle continuait encore et toujours à défendre la cause des siens. Après tout, dans son sang coulait les ombres, et elle ne pouvait - ou ne voulait - changer cet élément de sa condition.

Dans le jardin mort, Elatha avait déjà croisé la route de son ancien enfant, en la personne d'Eithne. Elle s'était arrêtée avec elle, le temps de philosopher, de rattraper le temps perdu, jusqu'à ce qu'elle décide de se remettre en quête de la raison première qui l'avait amené à se retrouver ici.

Trouver ou retrouver ses enfants. Voilà la première chose qu'avait fait la Vampire en se retrouvant sur l'île. Il ne s'agissait pas de ces bâtards qu'elle avait mis au monde puis mis en pièce, il y a bien longtemps, non.. Il s'agissait plutôt de ses plus belles créations : Les Sluaghs. Ses fantassins, sa fierté. Ils avaient trop longtemps répondu aux ordres des feys.. Et à présent, il était temps qu'il retrouve leur véritable maitre, leur mère, leur créatrice. Elle. Le monstre de science. La Sans Âme. Elatha.

Elle avait offert sa chair, son sang, sa progéniture au nom d'Unad, au nom d'une nouvelle race. Elle n'avait aucune limite pour son art, pour sa science.. Et cela ne datait pas d'aujourd'hui. Jadis, son esprit avait été pur, clairvoyant. A présent, il était souillé par ses ambitions noires, ses multiples volontés de posséder le monde, de le disséquer afin d'en saisir les moindres rouages. Elle était un scientifique fou dissimulé derrière des atours de Femme Sereine. Autrefois, Manannan Mac Lir avait côtoyé cette femme, tandis que son esprit était pur, cependant, les temps avaient changé, ils avaient changé. Et finalement, ils allaient.. Non, il allait se rendre compte qu'une histoire avait été basée sur une supercherie seule et unique, et que de multiples secrets se dissimulaient dans les ombres.

Avançant parmi les feuillages obscurs, Elatha restait silencieuse, son regard aux deux nuances de rouge offrait une profondeur certaine à ses prunelles tandis qu'elle se drapait de noir, de la tête aux pieds. Sa longue veste en cuir accueillait ses mains au sein de ses poches tandis qu'elle finissait par s'arrêter, un peu plus loin. A peine quelques pas avaient été fait jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle n'était pas seule. Etait-ce un Sluagh ? Non, il venait de l'Autre Côté. Fronçant sensiblement les sourcils, une voix perçait l'opacité oppressante des ombres afin de lui parvenir. Un promeneur a peine égaré.. C'était une manière de tourner les choses. Car, Elatha était assez lucide pour se rendre compte qu'un promeneur pouvait également être un ennemi. N’importe quel ennemi.

Reprenant son avancée, elle arrêtait ses pas au détour d'un arbre à l'écorce ravagée par les âges. Penchant le visage sur le côté, la Vampire observait la silhouette qui se présentait à elle. La brume évanescente laissait se dessiner les contours d'une silhouette masculine, une silhouette qu'elle reconnut pour l'avoir côtoyé en un temps lointain. Ses traits lui rappelaient ceux de sa captive, il y a de cela bien moins longtemps. Manannan Mac Lir, il s'agissait bien de lui, rien que de lui. Que voulait-il ? Réclamait-il vengeance pour son peuple ? Sa fille ? Son enfant déchiqueté dans un chaudron ? Non, la dernière option était impossible, car c'était un secret bien gardé. Les Pères n'avaient jamais eu connaissance de l'existence de leurs Progénitures insipides.

« Manannan Mac Lir en personne. Que fais-tu ici ? Je doute que tu te satisfasses d'une balade au cœur de cette forêt maudite. Ce n'est pas ton.. Terrain de prédilection. Je trouve que tu as l'air d'un poisson hors de l'eau. » Qu'elle lançait sans une once d'humour dans le timbre. Il était plutôt linéaire, trop calme pour être vrai tandis qu'elle faisait un pas, puis un autre afin d'être à portée de vue, tout comme il avait pu l'être. « Serais-tu venu en éclaireur ? Ou peut-être pour jouer au héro ? Ou alors.. Réclamer vengeance puis réparation ? » Les questions étaient posées et il était évident que la Fomoire allait se montrer particulièrement attentive concernant les réponses données.






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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Ven 18 Déc - 21:56
The one without a name, without an honest heart as compass
ft. Elatha & Lucan
Tant de bruits hantaient cette forêt. Traversée par des années et des années de mensonges chuchotés et de hurlements de rage ou de guerre, elle était autant porteuse d’histoire et gardienne des secrets les plus sombres des Feys. Elle était la personnification malsaine et inévitable de décisions anciennes et qui peut-être, à l’époque, avaient fait sens, mais sur auxquelles aujourd’hui il était difficile de penser sans en garder un goût amer sur la langue. Barrière protectrice en même temps que rappel impitoyable des erreurs du passé, voilà comment Lucan la considérait, et il n’était dès lors pas étonnant qu’elle projette en lui un effet aussi dérangeant. Pas étonnant non plus qu’aujourd’hui, les Feys, et peut-être plus encore les anciens Tuatha, n’y étaient pas les bienvenus. L’Élémentaire se sentait assailli de souvenirs en cette secondes, hanté par ses propres erreurs, et celles de son peuple, et aujourd’hui il se tenait seul au beau milieu du résultat. On ne vivait pas cinq mille ans sans apprendre la leçon : l’histoire ne se répétait pas, mais on y trouvait tout de même de sacrées similitudes. Et l’écho des guerres d’antan que tous ici avaient mis un point d’honneur à oublier résonnait encore parfaitement dans le Jardin des Morts. En un certain sens, l’ironie aurait pu faire sourire Lucan. Aussi imprégné du passé qu’il était, peut-être bien que ce souvenir qui surgit soudain devant lui, venu du fond des âges, c’était lui qui l’avait invoqué. Il la vit apparaître comme on sort de l’ombre à la lumière, comme si elle s’arrachait littéralement de la végétation pour prendre corps face à lui, et malgré le temps qui avait passé, malgré le caractère finalement anecdotique de leur relation d’alors, il la reconnut immédiatement et son nom effleura ses lèvres en silence : « Sin. » Du moins, c’était ainsi qu’elle s’était présentée à lui, et à l’époque, il ne s’était pas soucié d’en savoir plus sur elle.

Et si ce n’était sa présence en ces lieux, cela aurait eu tout aussi peu d’importance. Mais elle se tenait là, ici et maintenant, et c’était comme si elle appartenait à ce paysage, comme si elle était le personnage principal du tableau sombre et agonisant qu’était la forêt. Ses mots ne le surprirent pas, son ton en revanche, c’était autre chose. Il la regardait, hésitant. Le temps et les circonstances rendaient cette rencontre inquiétante et son instinct lui soufflait de se méfier. Il écarta doucement les bras en guise de réponse à sa question. Si elle trouvait qu’il n’avait pas sa place ici, c’était qu’elle considérait être parfaitement à la sienne, en revanche. Il se contenta de la regarder un long moment, intensément, cherchant en elle ce qu’elle avait été alors, et petit à petit, il constata avec un peu d’effroi qu’il ne retrouvait rien, si ce n’était cette enveloppe extérieure qui somme toute ne valait pas grand-chose, pour eux. Les souvenirs affluaient, soulignant péniblement la terrible comparaison. Sin avait été malicieuse, et parfois en totale contradiction avec ce qu’il était, lui, mais elle était alors pleine d’une vie qui semblait aujourd’hui avoir été aspirée d’elle en ne laissant qu’une ombre d’elle-même à la place. Il repoussa fermement le passé, car il était clair qu’il avait affaire à une personne totalement différente, et il lui fallait la traiter comme telle.

« Pourtant c’est vrai, j’erre, en espérant obtenir des réponses, mais il semble que la seule chose que cette forêt ait bien voulu faire pour moi est de t’avoir mise sur mon chemin. »

Il n’était pas certain que ce ne soit pas l’inverse, en vérité, pas certain de qui gouvernait qui, ici, et le malaise ambiant ne fit que s’accentuer. Il n’était pas aisé de croiser ainsi un fantôme du passé, après tant d’années, après tant de vies écoulées les unes après les autres, même à l’échelle Fey, et il n’était pas encore tout à fait certain de ne pas halluciner. Mais pourquoi donc aurait-il vu Sin en rêve alors même que jusqu’à ce qu’elle apparaisse devant lui, il l’avait pour ainsi dire repoussée dans les tréfonds de sa mémoire ? Le choc, d’ailleurs, était brutal : cette différence entre celle dont il se souvenait et celle qui le toisait aujourd’hui. En réponse à quoi, un sourire se dessina sur ses lèvres et il retint un rire bref et teinté d’amertume.

« Crois-tu donc que je précède une armée ? Pour quelle guerre ? »

Et s’il y avait bien une chose qu’il n’était pas, c’était un héros. Elle le savait bien, du moins l’avait-il cru à l’époque. Il avait cru beaucoup de chose, à propos de beaucoup de monde. Finalement, ce fut la fin de sa tirade qui le tira de sa torpeur, et il fit quelques pas vers elle pour réduire la distance qui les séparait. Autour d’eux, la forêt bruissa doucement, et cela ressemblait au sifflement d’un serpent. Comme une mise en garde.

« Vengeance pour quoi ? Réparation auprès de qui ? Tes mots n’ont pas de sens pour moi. Sin… »

Comme son nom franchissait ses lèvres, il eut l’impression de se fourvoyer, sur sa présence ici, sur celle de Sin, sur cette forêt tout entière. Quelque chose n’allait pas, comme si le monde ne tournait plus tout à fait sur son axe.

Elle était partie. C’est elle qui était partie, et cela avait marqué la fin d’une relation qui avait été à l’image de cette conclusion : superficielle, amusante, différente, frustrante aussi. Difficile à décrire, mais qui convenait à merveille aux deux êtres insaisissables qu’ils étaient, lui qui était, comme l’eau, impossible à retenir de ses mains, et elle, comme une fille de l’air, jamais vraiment présente même quand elle était avec lui. Mais même ainsi, il eut l’impression qu’évoquer leur passé commun aurait été comme se heurter à un mur. Il n’y avait plus de « eux » en elle, elle était bien au-delà de ça quand lui en était encore à se demander qui elle était, exactement comme tous ces siècles auparavant. Ce qu’elle était… Son regard bleu se fit plus intense dans l’obscurité de la forêt alors qu’il déchirait petit à petit le voile qui ternissait sa vision. Sa voix se fit murmure :

« Je crois que c’est toi qui veux quelque chose. »

Et il croyait aussi qu’elle allait lui dire quoi, et que le pas qu’il s’apprêtait à franchir ne permettrait pas de retour en arrière.



 
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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Lun 21 Déc - 22:33
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Le passé était une marque, un fardeau, un souvenir. Une idée, des images, des pensées. C'était un concept subjectif, l'objet de mémoire. Elatha le concevait ainsi, elle le percevait ainsi. Surement était-ce une manière pour elle d'appréhender ce qu'elle avait été jadis, et ce qu'elle était à présent. Avant, en cette époque reculée, elle était encore une femme.. Simplement une femme. Une femme voulant faire ses preuves, prête à bafouer chaque règle régissant le monde afin de façonner le sien. A présent, elle était bien plus. Elle était la science, l'art obscur, l'accomplissement de cette femme partie au loin. Elle était la fierté personnifiée, la science à son extrême, la folie sous la glace. Et il était alors naturel pour Manannan Mac Lir de ne pas la reconnaitre, cette Sin. Parce que Sin était morte pour laisser s'épanouir Elatha.

Souvenir évanescent d'un passé partagé, d'une histoire contée puis oubliée, Elatha était bel et bien là. Les seules pensées qui revenaient hanter sa mémoire étaient son départ, son acte passé sous silence et finalement son entretien avec la progéniture de l'Elémentaire. Elle avait, en sa possession, un lot d'allumettes menaçant de mettre le feu aux poudres. Elle le savait, elle en était consciente. Surement était-ce pour cela qu'elle prenait cette rencontre avec autant de distance. Non.. Non, en fait, ce n'était pas totalement vrai. Elle gardait une distance respectable, parce qu'elle ne voulait pas tomber dans le piège évident des souvenirs. Elle haïssait celle qu'elle avait été, cette femme asservie par les Males Fomoires, elle détestait cette époque, parce qu'elle lui avait couté énormément.. Alors, même si Manannan Mac Lir était le reflet de jours heureux, elle refusait l'idée même d'accéder à cette palette de souvenirs d'antan.

Ainsi, silencieuse, elle demeurait solidement ancrée dans le sol. Les mains nichées dans ses poches, elle observait fixement les traits du Fey tandis que son attention glissait lentement sur sa silhouette afin d'en appréhender la totalité. « Peut-être puis-je t'apporter des réponses. Peut-être.. Car cela dépend des questions. » Un sourcil se haussait, signe qu'elle attendait ses réponses, ou peut-être même sa réaction. Elatha avait l'air de jouer la carte de la coopération, ou alors était-ce une manière de ne pas se lancer, tout de suite, dans un conflit ouvert. Elle prenait le temps. Parce qu'ils avaient le temps.

Ils avaient le temps de la discussion, tout comme ils avaient le temps de se faire la guerre. « Qui sait ? De l'eau a coulé sous les ponts. » Blanc, elle retenait un sourire, qui s'avérait à demi-voilé, tandis que son regard rouge s'embrasait. « Quelle guerre.. Voilà une bonne question. Il est vrai que la donne a quelque peu changé. Nous avons un ennemi commun aujourd'hui. » Il le savait. Elatha en était certaine.. Elle était certaine qu'il se voilait simplement la face. Parce que dans le fond, il n'avait pas voulu s'avouer que Sin avait été une de ses ennemies jurées. Inspirant profondément, son regard se plissait tandis qu'elle considérait l'expression de Manannan Mac Lir d'une manière critique. Il ne semblait pas avoir connaissance des éléments qui pouvaient déchainer sa colère. « Ils n'en ont pas aujourd’hui. Qu'importe. » Blanc. Elle faisait le choix de laisser de côté ce sujet. « Sin.. Je n'ai plus entendu ce nom depuis éternité. Avec un peu de recul, j'estime qu'Elatha me sied mieux. Ne penses-tu pas ? » Elatha. Il connaissait enfin sa véritable identité. Le nom qui portait quelques souvenirs légendaires. Son nom avait été murmuré au fil des siècles sur les lèvres, parmi les Fomoires, en dehors des Fomoires.

La Vampire laissait le Fey s'approcher tandis qu'elle extirpait ses mains de ses poches. Elle venait les nouer dans son dos en faisant quelques pas afin de tourner autour de Manannan Mac Lir. Elle tournait sans s'approcher réellement. Si sa première approche avait été hostile, la seconde était plus assurée, moins sur la défensive. Après tout, elle avait eu une partie de ses réponses : Il n'était pas là pour lui faire payer le prix de ses offenses, pas encore. Elle allait devoir appuyer sur cette gâchette, enclencher le mécanisme.. A un moment ou à un autre.

Penchant le visage sur le côté, elle s'arrêtait à nouveau face à son vis-à-vis et haussait un sourcil. Incrédule, elle reprenait avec simplicité. « Ah ? Et que crois-tu que je veuille ? » C'était une bonne question, parce qu'elle semblait véritablement ignorer la réponse à cette question.






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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Sam 26 Déc - 18:26
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ft. Elatha & Lucan
Il avait l'impression diffuse que Sin tentait de l'entraîner dans un jeu dont elle seule comprenait les règles, dont elle seule savait comment emporter la partie, également, et plus il s'enfonçait dans les affres de perplexité que les questions qu'elle lui opposait en guise de réponses aux siennes, plus cette sensation se renforçait. Il était loin de contrôler la conversation ici, et cela ne tenait plus seulement au cadre qui les entourait. Quelque chose le dépassait, la personne qui se tenait campée sur ses deux jambes face à lui le dépassait. Il savait cela désormais, et il savait que ce n'était pas une amie qui lui faisait face. Il avait quasiment toutes les cartes en mains, à présent, et la patience et, oui, entrer dans le jeu de Sin, finiraient par lui apporter les réponses qui lui manquaient. Il lui fallait garder son calme et mener sa barque dans le cours de cette rivière métaphorique qui semblait l'emmener vite et loin vers une destination connue de Sin seul. Elle parlait de guerre sans vouloir préciser sa pensée alors même qu'aujourd'hui, Lucan le savait, tous les Feys un peu malins le savaient, des temps sombres s'annonçaient pour eux tous et le péril pouvait survenir de plusieurs parties en présence, Humains, Sluagh et Fomoires, et même du cœur même des Sithins, du Sithin qu'il voulait à tout prix protéger et qui appelait de ses vœux un monarque pour lui redonner vie. Malgré cette infinité de possibilités au regard du péril que cela représentait, Lucan avait pourtant envie de répliquer qu'en cette seconde, c'était elle et elle seule, le danger. C'était ce qu'elle dégageait, entourée de cette forêt qui épousait si bien les contours de son aura et les formes de son corps. Elle, Sin, était dangereuse. Il retint ses mots, se sachant à quelques secondes de vérités précieuses et qu'il redoutait pourtant, par instinct.

Et enfin, quelque chose se passa, comme un tremblement à la surface sombre et morte d'un lac aussi lisse que des marais. Il suffit qu'il prononce son nom pour qu'elle lui donne en retour une révélation à en faire trembler les fondations mêmes d'une partie de son existence. Elatha était son vrai nom, et ce nom n'eut aucun mal à se frayer dans son esprit. Et à présent s'engageait la première des véritables batailles, une guerre des mots à laquelle il ne s'était pas attendu mais qui ne l'effrayait pas, pas encore. Il absorba l'information avec calme et c'est tout juste si un froncement de sourcils assombrit son visage alors qu'il repensait soudain leur relation passée à la lumière de cette vérité dérangeante. Nul n'ignorait le nom de la sorcière Fomoire, entré dans le folklore fey avant l'heure, pour effrayer les enfants le soir dans leur lit. Et pourtant, Lucan en était certain, Sin et Elatha étaient deux personnes différentes, et elles avaient toutes deux vécu.

Elle s'était mise à tourner autour de lui comme une lionne en chasse, et lui au contraire restait à présent immobile au milieu de la forêt tout entière, les bras le long du corps, hiératique et puisant, la suivant du regard, avec toujours une impression d’inéluctabilité quand elle passait dans son dos, comme s'il s'attendait à ce qu'elle lui saute dessus et qu'il comptait ne rien y faire. Ce qu'elle voulait ? Lui-même avait quelques hypothèses, mais clairement, elle ne s'était pas interposée entre lui et ses pérégrinations simplement pour le saluer et lui rappeler le bon vieux temps. D'ailleurs, c'était comme si ce temps n'avait jamais existé pour elle, et Lucan s'opposait à cette idée, non pas par nostalgie car l'idée d'avoir fréquenté Elatha lui semblait inconcevable, mais par défi. Parce que sa seule arme face à elle était ce passé commun, devenu en une seconde si pénible à évoquer, au moins pour lui. Mais fructueux en informations, en explications, sans aucun doute. L'histoire ne se répète pas, mais le pas contient bon nombre de clés pour comprendre l'avenir.

« Peut-être, Sin, m'as-tu interpellé pour évoquer le bon vieux temps ? »

Pour comprendre la femme qui se tenait devant lui et sa place dans cette forêt, et sa place dans ce monde et le monde qui allait se jouer demain, il devait d'abord comprendre cela, ce changement, ce qu'elle avait été et qu'il pensait connaître, qui était devenu la Fomoire d'aujourd'hui. Et c'est par provocation aussi qu'il se refusait à l'appeler par ce nom qu'elle lui avait dévoilé avec retenue, comme attendant son heure.

« Peut-être te livres-tu à un jeu avec moi et te repais-tu de mon ignorance, car j'avoue ne pas comprendre. Reste-t-il aujourd'hui quelque chose de celle que tu étais quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois ? »

Il savait, il savait qui elle était. Elatha, leur reine, à ces Feys que tous s'étaient appliqués à oublier, à ignorer la présence pourtant si proche, parce que ça les arrangeait. Et quelque part en lui, la colère grondait doucement, à mesure qu'il comprenait avoir été la victime d'un jeu pervers, si seulement elle lui avouait avoir toujours été celle qu'elle prétendait être aujourd'hui. Il n'était pas si stupide, il n'était pas si naïf, juste, parfois, impassible face aux bizarreries que la vie pouvait lui jeter à la figure, et aussi bizarre que Sin avait pu être à l'époque, il avait toujours trouvé assez de satisfaction dans ce qu'ils avaient tous les deux pour ignorer ce sentiment. Et certes, pour l'heure, il réduisait la présence d'Elatha si prés d'Ellan Vannin à une petite portion du passé, qui ne concernait que lui. Elle avait l'avantage, mais il fallait savoir encaisser des coups pour en apprendre plus sur l'adversaire.

« Tu sais qui je suis, et je pensais savoir qui tu étais. La question est : que sommes-nous aujourd'hui l'un pour l'autre ? »

Il pressentait la réponse, mais il devait comprendre. Des ennemis, par la force des choses, par la tradition, l'histoire, le passé, Fomoires et Tuatha. Et probablement que leur avenir à tous serait à l'image de ce qu'eux deux, Sin, ou Elatha, et Mannanàn Mac Lir, ou Lucan, étaient aujourd'hui l'un pour l'autre.



 
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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Mer 6 Jan - 1:50
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Un prédateur. Une lionne enfermée dans une cage aux barreaux effacés par la force de sa volonté. Des barreaux que la réalité façonnée avait effacés. Son esprit meurtri par les sciences noires ne connaissait plus aucune limite : A la science, à la magie, à l'univers et par-dessus tout à l'arrogance. Elle était l'incarnation de cette arrogante fierté dont été affublés les scientifiques accomplis, baignés dans leur démence extrême. Au fil du temps, Elatha était bel et bien devenue un cauchemar, elle était la représentation noircie d'une icône qui aurait pu être lumineuse. Seulement, de par sa naissance et par le sang qui coulait dans ses veines, elle n'avait jamais pu saisir la lueur salvatrice engendrée par la lumière.

Par les ombres, elle s'était accomplie. Par les ombres, elle demeurait. Là reposait sa fierté.

Enfermée dans son silence, ses prunelles de sang observaient longuement le Tuatha Dé Danann. Au travers de sa posture, de sa silhouette, elle devinait les batailles durement menées. Contre sa propre race, contre ses opposants. Elle devinait le fardeau du passé, la douleur de l'oubli.. Parce qu'ils avaient cela en commun. Ou presque. Parce qu'Elatha refusait de tomber dans l'oubli, elle avait été la pionnière, l'instigatrice de l'horreur et elle refusait que son nom soit effacé ou laissé de côté sur quelques parchemins vieillots. Surement était-ce pour cela qu'elle avait cultivé le mythe, sous différente forme, sous différente appellation, au travers de différentes expériences.

A la lueur clair-obscur de son présent, Elatha œuvrait pour enterrer son passé lointain. Alors, lorsque Manannan Mac Lir la forçait, par la brutalité des mots, à faire quelques pas en arrières, elle résistait. Elle résistait avec une ardeur sans déconvenue, dissimulée derrière un sourire serein. « Jamais je ne ferais une telle chose. Il faut savoir laisser le passé au temps jadis. » Non. Elle ne voulait définitivement pas parler du bon vieux temps. Loin d'elle cette idée. « Certains squelettes doivent demeurer dans leurs placards pour ne pas provoquer l'effroi. A moins que tu aies vraiment envie que je déverrouille certains placards. » Ses mots étaient teintés d'une malice venimeuse. « Certains pourraient t'intéresser. » Qu'elle susurrait, doucereuse.

« D'ailleurs.. » Elle sortait déjà une clé, allant vers un placard oublié. Là-bas. « Comment se porte ta douce enfant ? Ta Petite Sirène ? Vogue-t-elle toujours autant vers des eaux inconnues ? » Elle questionnait sur le ton de l'innocence feinte, le visage se penchant sur le côté, le sourire déchirant ses traits de glace. Une lueur intéressée brillait au creux de ses prunelles rougeâtres. Niam Chinn Oir.. Elle portait en sa chair le souvenir d'Elatha. Cette dernière ressentait encore l'exaltation liée aux petits jeux qu'elle s'était permise sur l'enfant de Manannan Mac Lir. A l'époque, l'ennui lui avait fait faire de terribles choses.. Terribles, si terribles choses. En ce replongeant dans ces souvenirs, elle en soupirait avant d'en revenir à l'Elémentaire.

Le menton redressé, son expression perdait cette once de satisfaction mystérieuse au profit d'une perplexité pesante. « Celle que j'étais ? Cette femme dominée, aux espoirs et visions folles ? Oh non, il n'en reste plus rien. Depuis cette éternité écoulée, je me suis accomplie. Mes espoirs sont devenues réalités. » Tout autant que sa folie. Elle le savait, et il n'allait pas tarder à le savoir aussi. Cette démence, elle avait appris à s'en accommoder, parce qu'elle était devenue son art de vivre, de penser et d'agir. Son mantra, en quelque sorte.

Dégageant une mèche de cheveux brune dans un tic devenu plus qu'habituel, Elatha inspirait profondément, prenant le temps de la réflexion face à cette nouvelle tentative de Manannan Mac Lir de la plonger en eaux troubles. Qu'était-ils devenus l'un pour l'autre, au fil du temps ? C'était une question, une bonne question, une sacrée question.. Une question qui méritait une bonne réponse, une sacrée bonne réponse. « Mortels. » Ils étaient mortels l'un pour l'autre. « Nous sommes mortels l'un pour l'autre.. Bien que je ne crains pas la mort. Je la trouve plutôt fascinante. » Blanc, elle développait aussitôt. « Imagine seulement.. Imagine. Mes crocs, mes griffes. Un contact et je pourrais t'être fatale alors que ton sang me serait savoureux. Tu représentes un délicieux nectar voué à se dégrader dans une agonie lente et douloureuse. Ce serait surement du gâchis, tu ne penses pas ? J'aimerais assez remédier à cela, même si engendrer la mort m'a toujours été plus plaisant que de créer la vie. » Les pensées macabres se bousculaient au creux de l'esprit de la scientifique tandis qu'elle faisait quelques pas afin d'effleurer un arbre du bout des doigts, son regard porté sur ce dernier. « La mort, la vie et entre les deux, un voile. Je pourrais étudier cette lente dégradation, cette décadence exponentielle qui mène à l'état final.. » Une moue froissait ses traits absorbés par ses réflexions avant qu'elle ne reprenne. « Pourquoi ne pourrais-je pas créer ce nouvel état ? Pourquoi pas moi ? » Un soupir s'échappait de ses lèvres avant qu'elle ne reporte son attention sur Manannan Mac Lir. Un rire surgissait de nulle part alors que son visage signait finalement à la négative. « Je m'égare, je m'égare. Quelle était la question ? Ah oui.. Ce que nous sommes l'un pour l'autre aujourd'hui. Eh bien.. Des opposés qui ne trouveront plus de plaisir dans la dissimulation pour satisfaire un manque implacable. Parce qu'il n'y a plus de manque, ni même de dissimulation possible. »







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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Sam 9 Jan - 17:41
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Cette rencontre aurait pu s’apparenter à un cauchemar. Lorsque les souvenirs enfouis et les lambeaux du passé refoulés se faisaient un plaisir de jaillir à nouveau dans la tête, sous les formes les plus incongrues et les plus traumatisantes. Il n’était pas en train de rêver, il le savait parfaitement, mais si ça avait dû arriver, alors cela aurait certainement pris cette forme exacte, une forêt de ténèbres, un air étouffant et elle, au milieu de ce paysage, en train d’y trôner comme une reine. Nulle place pour lui dans son propre cauchemar, contemplé à la première personne, sans recul, sans objectivité, il ne lui restait alors plus qu’à s’adapter, à se laisser porter par le courant, à attendre. Dépendant d’elle plus que l’inverse, presque victime de leur conversation, qu’il suivait avec un temps de retard. Le fait que leurs chemins se soient croisés aujourd’hui était bel et bien dû au hasard, du moins dans une certaine mesure, puisqu’après tout il se trouvait là, oui, à la suite de circonstances bien précises, et peut-être bien que c’était le cas pour elle également. Mais la coïncidence avait fait long feu et à présent. Les grandes lignes de force d’un plan presque cosmique étaient en train de se mettre en place et elle avait quelque chose à lui dire, qu’elle désirait lui dire. Même si pour l’heure, elle se contenter de jouer avec lui comme un chat avec sa proie. Le mieux à faire était de ne pas rentrer dans son jeu. C’était d’autant plus compliquer qu’il avait réellement l’impression de faire face à une inconnu qui aurait porté le visage d’une ancienne, très ancienne amie.

Avec n’importe qui d’autre, il aurait peut-être été d’accord. Il y avait des choses qu’il ne faisait pas bon déterrer. Mais dans cette situation, et avec elle, il voulait tout savoir, tout comprendre de ce qu’elle était, de son lien avec cet endroit et des signes annonciateurs qu’elle portait en elle comme les graine d’un chaos à venir, tempétueux et destructeur. Et s’il ne cessait d’essayer de la repousser dans le passé, elle revenait sans cesse à ce présent qu’ils ne partageaient pas, dans lequel ils n’avaient rien en commun. Jusqu’à cette minute, après tout, Lucan n’avait pas imaginé une seule seconde la voir réapparaître dans sa vie. Pas comme ça, pas sous cette forme, sous ce nom. Elatha. Était-ce Elatha qu’à l’époque il avait fréquenté ? Était-il si idiot qu’il n’avait absolument rien remarqué ? Il avait du mal à y croire, et ne pouvait encore mettre de mots sur ce qu’il ressentait face à cette révélation. Elle n’était pas n’importe qui, après tout. Il tenta de repousser ces pensées parasites, cette impression d’avoir été le jouet du destin, suivant son conseil avec un sourire ironique. Ne pas sortir les squelettes du placard. Eh bien, ça aurait dû l’arranger, après tout, car dans cette histoire, il ne tenait pas un beau rôle, mais que dire d’elle ? C’était bien pour cela qu’elle refusait de se laisser entraîner sur cette pente-là, qu’elle déjouait ses tentatives de la faire parler de Sin, cette femme qu’elle n’était pas, qu’elle n’était plus et qu’elle n’avait même peut-être jamais été. Cependant, entendre cette bouche évoquer sa fille effaça le rictus des lèvres de Lucan. Comme le battement d’ailes du papillon, il sentit l’air onduler sous l’effet d’un choc en apparence minime. Il ne parvenait pas à se souvenir. Avait-il jamais mentionné Niam du temps où ils se voyaient ? Et pourquoi soudain imposer sa présence dans leur conversation ? C’était délibéré, et elle s’en amusait. Il y avait là plus que ce qu’elle en disait, et elle ne lui laissait pas d’autre choix que de lui demander des explications. Mais il se retint au dernier moment, probablement par crainte d’entendre sa réponse.

Au lieu de quoi, il fixa Elatha avec intensité, perplexe face à ses paroles enflammées, presque fanatiques. Parlait-elle des Sluaghs ? Était-ce ainsi qu’elle s’était accomplie ? Cela faisait peu de sens pour lui, compte tenu  du destin de ce peuple artificiel et dont tout le monde faisait l’usage jusqu’à peu de temps encore. Un triste destin pour ces pantins, et il avait du mal à comprendre qu’elle puisse y tirer une quelconque fierté. Ou bien parlait-elle d’accomplissements à venir ? Cela avait de quoi inquiéter, évidemment. Qu’elle était difficile à comprendre, soudain. Ou peut-être l’avait-elle toujours été, mais n’y avait-il jamais prêté attention.  Et qu’elle veuille ou non, la tirade qui suivit lui ouvrit quelque peu les yeux. Il l’écouta lui parler de la mort, de sa mort à lui, même, et elle en parlait avec passion et presque gourmandise, comme un rêve quasiment à portée de main, mais pas encore tout à fait réalisable. Ainsi, pour lui, était-elle la mort, et peut-être même pas de façon générale. Peut-être que cette conversation trouverait son issue, aujourd’hui ou dans mille ans, quand elle le tuerait véritablement. Peut-être était-ce une menace. Lucan absorbait les mots sans rien dire. Pouvait-il exister deux êtres aussi opposés ? Face à la mort, il se sentait vie, volonté salvatrice, le renouveau face à l’issue inévitable, le changement face à la stagnation de la décrépitude. Il la savait létale, oui, et se sentait tout aussi létal pour elle, ne serait-ce qu’à cause de leurs idéologies respectives.

« J’entends bien tes mots. J’ai du mal à les dissocier de ta nature, cependant. C’est te réduire à peu de chose, à une catégorie plutôt qu’à une personne, mais je crois que je ne te dois plus aucune excuse, aujourd’hui. Opposés, nous le sommes, et j’ajoute : ennemis.  »

Le divorce était donc consommé, aussi facilement que cela. Mais Lucan, aussi calme et chaleureux soit-il, n’était pas non plus de ceux qui voient le danger et ferment les yeux en espérant qu’il va simplement s’éloigner. Il se sentait à présent tout prêt à entrer en collision avec elle, pas seulement à cause de ce qu’elle était, ni de sa présence ici et maintenant, mais à cause également de ses paroles, et de la façon dont elle avait parlé de Niam, et pour rester à son niveau, pour ne pas la laisser lui échapper, tout simplement. La mort, avait-elle dit, la mort, avait-elle répété, plongée dans ses pensées, dans ses fantasmes, même. La mort de qui, aurait-il voulu demander ? La saisir, la secouer, l’arracher à ses délires mais non, à quoi bon ? Elle n’avait pas tort sur un point : se seraient-ils rencontrés pour la première fois aujourd’hui qu’ils n’auraient probablement pas même essayé de se connaître.

« Tu es Fomoire et je suis Fey, et c’est donc à cela désormais que nous en sommes réduits ? Je sais que c’est faux, qu’il y aura toujours quelque chose de plus entre nous, de personnel, ne serait-ce qu’à cause de notre passé commun, quand bien même tu refuses d’y faire allusion. Sans parler des non-dits, des sous-entendus que tu dissémines çà et là.»

Il s’avança soudain vers elle, réduisant la distance entre eux, dans l’urgence de la situation, dans son besoin d’obtenir des réponses.

« Avant qu’on en arrive là, dis-moi, pourquoi me parles-tu de ma fille, quel droit as-tu donc de prononcer ces mots à son sujet ? Est-ce à une guerre que tu te prépares ? Est-ce une guerre personnelle ? »

Il savait que s’il posait les mains sur elle, il n’y aurait pas de retour en arrière. Il se contenta de peser de tout son poids dans l’air, de contenir la colère qui grondait doucement et petit à petit en lui, comme les flots qui s’écrasent au fond d’un gouffre.



 
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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Sam 23 Jan - 19:57
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Pour Manannan Mac Lir, la vision d'Elatha s'apparentait à celle d'un fantôme, d'un spectre appartenant au passé.. Peut-être même à une Ombre rattachée à celle qu'elle fut jadis. Cependant, la principale concernée percevait les choses sous un angle inverse. Elle considérait Sin comme étant l'Ombre qu'elle n'était plus. Elle n'était plus cette femme asservie aux ambitions folles. Elle était les ambitions folles, elle était la science à l'état pur. Elle était.. La dégénérescence d'un Être oublié. La dégradation d’un esprit sain.

Alors forcément, la confrontation était telle qu'elle s'apparentait davantage à un choc qu'à une rencontre bien heureuse. Les retrouvailles des deux anciens amants-amis auraient pu être plus glorieuses. Elles auraient pu être symptomatique d'un accord nécessaire entre les Feys et les Vampires, d'une paix cordiale entre deux peuples ennemis.. Et pourtant, ce n'était pas le cas. Aujourd'hui, ils s'opposaient pour le pire à défaut de s'opposer pour le meilleur.

Satisfaite, Elatha dégageait une vague de satisfaction mortifère lorsqu'elle distillait les pensées et idées qui lui venaient à l'esprit. Peu à peu, elle parvenait à réduire à néant le passé qui les avait unies, comme elle avait pu assassiner le fruit de leur union tabou. Elle réussissait là où elle n'avait fait qu'échouer jusqu'à là, parce qu'elle effaçait l'image de la Fomoire qu'elle avait été par le passé au profit de la Vampire qu'elle était devenue au regard de chacun. C'était très certainement un cauchemar pour Manannan Mac Lir, alors qu'en parallèle, cela n'était qu'un aboutissement, un bonheur pour Elatha.

Silencieuse, elle observait longuement l'Elémentaire tandis que son visage se penchait sur le côté. Ils étaient si opposés, si différents. Un peu comme la mort et la vie en pleine confrontation, comme l'ombre et la lumière en même lieu. Et finalement, les paroles de Manannan Mac Lir justifiaient magnifiquement la pensée de la Fomoire qui trouvait un écho à sa psyché au creux des mots de son vis-à-vis. « Nous sommes des concepts, des créatures nées des rêves et des cauchemars, mais tu as raison.. Je te l'accorde, nous sommes bien plus que ce que nous voulons bien laisser paraitre. » Alors que le divorce était ainsi consommé, Elatha portait une main à son corps, mimant une attaque fictive, une blessure imaginaire. « Ennemis ? Quel gros mot. Nous ne le sommes pas encore.. Pas encore mon cher Poséïdon. »

Il pouvait la secouer, il pouvait tenter l'éveil.. Il pouvait espérer retrouver Sin, et endormir Elatha, cependant, l'une avait été étouffée par l'autre. La corruption qui avait gangrené le cœur de la Fomoire était bien trop profonde, elle atteignait chaque fibre de son être, elle contaminait jusqu'à l'air qui l'entourait. Cet air qu'elle venait à partager avec l'Elémentaire tandis qu'il s'approchait à la suite de ses paroles. Silencieuse, elle nouait ses mains dans son dos, se montrant volontairement à la merci du Tuatha Dé Danann. Faisant un pas, à son tour vers lui, elle partageait son espace vital, contaminait son air de sa folie savante. « Tu es.. Un Tuatha Dé Danann. Tu n'es pas qu'un fey, parce que les feys, je m'en délecte lorsque la faim me tiraille, alors que les Tuathas.. Les Tuathas sont autre chose. » Elle se rapprochait encore d'un pas tandis que cette distance qui existait entre eux était réduite à néant sans qu'aucun contact ne se fasse cependant. Ses mains se déliaient de son dos alors qu'elle les laissait pendre le long de son corps. Elle était si simplement détendue.

« Quelque chose de personnel ? Vraiment ? Tout ce qu'il y avait de personnel, entre nous, a été réduit à néant il y a de cela bien longtemps. » Et c'était peu dire.. S'il savait. Justement, il ne savait pas, et là était tout le problème. « A quoi t'attendais-tu ? A ce que nos retrouvailles soient merveilleuses ? Mais je les trouve merveilleuses.. Elles le sont. » Qu'elle murmurait avec un sourire amusé tandis que son regard s'ancrait au creux de ses prunelles. Et finalement, elle rompait le charme en esquissant un sourire rouge, plein d'énigme et de non-dits.

Le silence venait les prendre d'assaut à sa question jusqu'à ce qu'elle se décide à lui répondre. « Je ne prépare aucune guerre, j'attends qu'elle éclate furieusement au nom de non-dits qui ne sont pas de mon fait. Je ne suis pas celle qui te fait des cachoteries… Enfin, presque. » Elatha levait une main, dressant l'index afin de le placer entre eux. « Trois siècles de silence.. Trois siècles et tu ne t'es jamais posé de question ? Quel mauvais géniteur tu fais, Manannan Mac Lir. » Le mystère se levait à l'image d'un voile sur la réalité. « Ce n'est pas grave.. Ce n'est vraiment pas grave.. Sais-tu pourquoi ? Parce que.. J'ai pris soin d'elle, pendant tout ce temps. » Un sourire s'imprimait, à nouveau, sur ses lèvres tandis qu'elle faisait quelques pas pour s'écarter. Son geste aurait pu être théâtrale, cependant, il était avant tout fait pour observer la réaction du Tuatha Dé Danann.








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Lucan M. O'Daibhead

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Mar 26 Jan - 23:33
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Était-ce une illusion ou bien Elatha était-elle en train de devenir comme un cœur de lumière sombre au sein de la forêt ? Lucan avait l’impression que petit à petit, à mesure qu’ils parlaient, la végétation se refermait sur eux, sur lui, oppressante, emplie des murmures des morts et des oubliés. Point de mire de ce mouvement végétal, Elatha semblait comme briller, mais non pas d’une lumière de vie comme Danu elle-même aurait pu l’être, plutôt comme une lueur obscure, qui avalerait les autres sources de lumière, et toute vie qui allait avec. L’Élémentaire se sentait de plus en plus à l’étroit, et dans le même temps, comme drainé de son énergie, de ses espoirs. C’était elle, la responsable, il le savait, elle, et ce jeu auquel il acceptait de jouer en sachant qu’à l’heure actuelle, il n’avait aucune chance de gagner. Mais même s’il devait aller au devant de la défaite, cela en valait la peine, car plus elle parlait, plus elle lui donnait un peu de ce qu’il voulait. Des réponses, peut-être, des informations, au moins. Cependant, cela lui coûtait, il se sentait comme la frêle flamme d’une bougie qui peu à peu se fait dévorer par les ténèbres. Et c’est pourtant de son plein gré qu’il s’enfonça un peu plus dans l’obscurité, testant ses limites, testant aussi celles d’Elatha. L’avenir lui dirait s’il se montrait trop téméraire, ou s’il avait raison de penser que son heure n’était pas encore venue. La Vampire, face à lui, remplissait pleinement son rôle, était à l’apogée de sa nature, lui autant de sa lumière par sa seule présence, et pourtant, elle appréciait trop sa présence face à elle, elle se délectait trop de cette conversation pour vouloir simplement en finir avec lui. Il lui était nécessaire d’une façon ou d’une autre, du moins dans l’immédiat, et c’était là bien maigre, mais cela restait un avantage. Et donc, il subissait, l’obscurité, les mots, même ceux qui le faisaient grincer des dents. S’il y avait bien une chose qu’il n’aimait pas, c’était qu’on lui donne un de ces noms que les Humains avaient inventés pour lui du temps où ils avaient fait de lui un dieu. Mais elle le savait, probablement. Il ne se souvenait plus vraiment de leurs conversations d’antan, et il ne doutait pas qu’elle en avait retenu l’essentiel, en revanche.

Il laissa s’écraser la vague de colère en lui comme une vague sur une falaise, continuant à avancer vers elle. Elle aussi fit quelques pas vers lui, les mettant sur un même pied d’égalité, comme si désormais l’enjeu n’était rien d’autre que cet espace entre eux, et la façon dont il s’amenuisait peu à peu. L’air se faisait lourd, presque rare, et même l’humidité de la forêt, dans la terre, entre les racines des arbres, lui était presque désagréable, moite sur sa peau, collante. Ils étaient à présent face à face, si proche l’un de l’autre que leurs vêtements et même leur peau semblaient se tendre l’un vers l’autre comme sous l’effet de l’électricité statique. Lui était tendu, s’attendait à tout de sa part, alors qu’elle profitait de cet instant sans même prendre la peine de le cacher. Ses mots, encore, semblaient lourds d’un autre sens, le feu couvant sous la cendre. Il ne put empêcher un sourire d’effleurer ses lèvres, cependant, quand elle lui avoua qu’elle n’avait pas prévu de se nourrir de lui, et pourquoi ? Parce qu’il était Tuatha ? Un vestige du passé auquel lui-même n’était même pas attaché et ne l’avait jamais été pouvait donc bel et bien l’influencer, malgré ce qu’elle prétendait.

« Le poids de ce qui fut pèse donc sur tes épaules, que tu le veuilles ou non.»

Mais il savait que ce n’était pas là le cœur de ce qui les liait, qu’il ne s’agissait que d’une généralité, et enfin, elle en vint elle aussi à évoquer ce qui était plus personnel, avec un sourire qui était comme du feu sur sa peau. Lucan inspira doucement et sentit son pouvoir l’envahir de l’intérieur, comme si, sans l’avoir voulu, il se préparait à l’attaquer. Elle lui faisait perdre son calme et c’était en soi un amusement, car elle était bien la première à le faire, depuis très longtemps. Et ce n’était donc pas la guerre qui l’intéressait, ou du moins au sens large du terme. Mais comme elle évoquait encore sa fille, Lucan dut se résoudre à accepter l’inacceptable : les chemins d’Elatha et de Niam s’étaient croisés et ce n’était pas une bonne nouvelle. Il fronça les sourcils, son visage se figea, devint comme un masque de cire, si ce n’étaient ses yeux qui soudain s’animèrent d’une tempête soulevant le bleu de ses yeux et lançant des éclairs. Et comme elle s’écartait après avoir enfin dit ce qu’elle voulait probablement lui dire depuis le début, il la saisit par le bras d’une poigne de fer, l’empêchant de reculer en cet instant décisif, la coupant dans son élan.

« Toi, parmi toutes les créatures qui foulent cette terre, tu n’as aucune leçon à me donner sur ce sujet. »

N’avait-elle pas donné la vie à tout un peuple qu’elle avait ensuite abandonné à son sort ? Ne donnait-elle pas naissance à la moindre morsure, alors que tous savaient ce qu’il advenait ensuite de ces créatures pathétiques arrachées à leur nature originelle par ses soins ? Il resserra sa main autour du bras en apparence frêle, avec l’impression qu’autour d’eux, la forêt bruissait de plus en plus fort en guise de protestation. Mais peu lui important le lieu et le moment, peu lui importait de n’être qu’un intrus dans le royaume de celle-là même qu’il retenait.

« Qu’as-tu fait, Elatha ? Est-il possible que la liste de tes crimes soit encore plus longue que ce que je pensais ? Qu’as-tu fait à ma fille ? »

Mais la réponse importait-elle vraiment ? Pourquoi ne pas plutôt aller trouver Niam et lui parler ? Si sa fille ne lui avait rien dit, c’est que le crime devait être à la hauteur de la coupable, et pendant quelques secondes, son champ de vision se réduisit à peu de chose sous le coup de sa colère et de son impuissance. Il n’avait rien vu, bien évidemment, trop habitué qu’il était à la croire invincible. Mais elle était sa fille, son unique enfant, et face à cela, la Fomoire n’était rien, rien du tout à ses yeux. Et quant à son calme légendaire à lui, il était, comme les plus malheureux le savaient, fait d’apparence et d’une maîtrise qui pouvait s’envoler à tout instant. Il leva l’autre main, prêt à serrer cette nuque pâle et fine comme pour en empêcher les mots de sortir.



 
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S. Eliz'yan Forsyth

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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Ven 12 Fév - 1:34
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Cette tension, elle la cultivait. Cette tension, elle en jouait habilement, testant les limites du Tuatha Dé Danann. Son calme était bien trop légendaire pour qu'il ne fasse pas l'objet d'une de ses expériences démentes. Dans le fond, Elatha avait conscience qu'en menant le jeu aux frontières de l'acceptable, elle risquait de perdre quelques plumes.. Enfin, manière de parler. Mais cela ne semblait pas véritablement l’inquièter. Elle avait une revanche à prendre sur la vie, et sa folie latente ne demandait qu'à se satisfaire de la peine déchirante qui briserait l'âme du Père. Cette enfant, cette petite sirène, au bout d'un long moment, d'un trop long moment.. Elle avait créé l'inacceptable chez Elatha : Une étincelle d'affection comme avait pu le faire l'Elémentaire jadis. Et comme à son habitude, la Fomoire avait procédé simplement ; elle avait tranché dans le vif, elle s'était séparée de ce qui cultivait l'affecte afin de tuer les sentiments.

Parce que tout cela souillait son âme pure et noire. Tout cela bafouait son esprit scientifique. Elle n'avait pas pu accepter cet attachement sadique, parce que la Gamine avait réussi - au travers de ses cris et de ses supplications - à créer un lien entre Elles. Une seule avait pénétré le jardin interdit, c'était Eithne, mais cela, Elatha l'avait permis parce qu'elle était la fille de Balor, parce que la Fomoire avait été sa nourrisse, ni plus.. Ni moins.

Guérit de ses sentiments et plongée dans l'obscurité, Elatha savourait sa victoire, petit à petit, avec délectation. C'était une autre forme de violence, celle faite de non-dits, de silences, de sourires sous-entendus et de secrets inavouables ou du moins, qui n'auraient pas dû être avoués. Cette violence-là, des mots supplantait celle des corps, parce qu'elle était capable de laisser bien plus de traces. De manière plus profonde et plus dramatique. Dans le fond, et en observant Man, Elatha se demandait ce que cela ferait de détruire la psyché d'un Tuatha, à défaut de briser ses os. Paradoxalement, elle savait que cela allait se produire, ou du moins, qu'elle allait tenter de le faire, parce qu'elle était certaine (ou l'espérait-elle ?) que la résistance de l'Elémentaire était aussi mythique que son calme.

Gardant ce sourire aux lèvres, elle retenait entre ses dents un rire lorsqu'il évoquait le poids d'un passé et de conceptions oubliées. « Il me pèse sur l'estomac, oui. » Charmant. « Mais toi, n'es-tu pas celui qui grimace à l'idée que je te nomme par ton véritable nom ? Parce que tu es un Dieu oublié ? J'ai entendu, ces on-dit sur les divinités qui se cachent comme des rats parce que leur Saint Roi leur a arraché leur force. » L'amertume coulait des mots prononcés lorsqu'elle parlait de David. Lui, elle le haïssait pour ce qu'il avait fait aux siens, pour ce qu'il lui avait fait, à elle. Car même si elle demeurait fière de ce qu'elle était, il était évident qu'en parallèle, elle souhaitait égorger ce roi manquant à l'appel afin de lui faire payer le prix de son offense.

« Et ces cours.. Ah, ces cours. Que vous êtes drôles. Vous, les Unseelies, vous n'incarnerez jamais les véritables ténèbres, vous êtes aussi hypocrites que les autres-là. » Ne pas aimer les Unseelies, pour Elatha, était d’une normalité banale mais détester les Seelies, c'était encore plus naturel. Ils représentaient toute la façade dorée incarnée par les feys qu'elle méprisait.
Mais .. Les cours, les feys, là n'était pas le sujet principal tandis qu'elle tentait de s'éloigner avant de se faire attraper au vol. Le poignet saisit faisait luire brusquement le sang de ses prunelles bicolores. L'ivoire inondait le carmin tandis qu'elle l'observait longuement. La glace s'immisçait au creux de ses traits tandis que sa peau devenait de plus en plus pale, contrastant avec cette chevelure de plus en plus sombre. Elle était une Vampire, comment avait-il pu l'ignorer jadis ? C'était tout ce que traduisait son allure tandis qu'elle serrait le poing et que ses canines se faisaient voir progressivement entre ses lèvres cramoisies.

« Et pourquoi ? Je pourrais te donner bien des leçons, bien plus que tu ne peux l'imaginer. » Provocatrice, cassante, pour ne pas dire froide, elle l'observait fixement, lui laissant ce bras saisit comme unique contact. « Oh, peut-être parce que je me suis débarrassée de mes bâtards afin de fonder un peuple plus grand, plus utile, pour ne pas dire exceptionnel ? Je t'attends, Manannan Mac Lir. J'attends tes paroles pleine de bons sens : Que c'est mal.. Mal de sacrifier sa chair, tu n'aurais pas dû, tu me fais horreur. » Un rire passait la barrière de ses lèvres. « Eux me faisait horreur alors qu'eux.. » Qu'elle désignait d'un geste du menton en direction d'un bruissement de feuilles, plus loin, sans que rien ne soit perceptible. « .. Ils sont ma fierté. »

Lasse d'être retenue, elle ne tolérait plus son contact, sa proximité et comprenait qu'un rien ferait basculer l'instant de la violence morale à la violence physique. Sa main libre propulsait l’Elémentaire plus loin d'un coup de paume contre son torse, et ce, sans ménagement tandis qu'elle retirait dans un mouvement contraire son poignet prisonnier, de manière à créer une distance. « Et ce calme légendaire, Manannan Mac Lir.. Où est-il passé ? » Qu'elle lançait placidement, le regard rivé sur la silhouette du Fey, avant de finalement concéder à répondre à sa question. « Je l'ai nourri, logée et nous nous sommes amusées ensemble. » Enfin, l'amusement était surement à sens unique. « Et puis, j'ai laissé l'aquarium ouvert, un soir, et elle était partie. » C'était très imagé comme manière de voir les choses. « Estimes-toi heureux, j'aurais pu m'en débarrasser.. Et tu n'aurais plus eu qu'à recommencer, à refaire une autre gamine. » Blanc, elle inspirait avant de finalement reprendre, une moue théâtrale fichée sur ses traits. « Ah oui, c'est vrai, votre peuple se meurt, ça n'aurait pas été évident. D'ailleurs, comment ça se passe de ce côté-là ? L'extinction est pour bientôt ? Dommage que vous n'ayez personne d'assez compétent, parmi vous, pour remédier à votre petit problème.. » Une Elatha version Fey ? Par Danu/Unad, heureusement pour le monde.









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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Sam 13 Fév - 23:30
The one without a name, without an honest heart as compass
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« Si tu penses que je regrette ce temps où j’étais un Dieu, c’est que tu ne me connais pas autant que tu voudrais le croire. »

L’oubli avait été une bénédiction, la fin d’une véritable torture mentale. Il n’avait jamais voulu être un Tuatha, jamais rien fait pour gagner ce statut et toujours œuvré à faire disparaître toute trace de son culte, si ce n’est humaine, car il refusait de s’en prendre à eux. Et malgré tout, ils avaient fait de lui un Dieu. Mais qu’en savait-elle ? Il ne lui avait quasiment rien dit de lui, de même que, très visiblement, elle lui avait tout caché à propos d’elle, et voilà où ils en étaient aujourd’hui. Si ce n’est qu’elle paraissait se ficher du passé alors que lui, qui s’en fichait jusque-là, allait probablement avoir quelques regrets, à partir d’aujourd’hui. Mais ce qui était fait était fait et cela n’avait pas de sens de pleurer sur le lait renversé – ou sur un mauvais choix de compagne de jeu.

Elle était parvenue à faire fleurir sur les lèvres de Man un sourire amer, à défaut d’autre chose, et il voulait bien lui accorder cette petite victoire. Il n’était pas hypocrite, n’était pas malsain, ne portait pas d’autres ténèbres en lui que sa passion quelque peu malvenue du jeu politique et sa culpabilité, qui ne le quittait jamais, lui qui trouvait toujours un maux dont il s’accusait. Mais il n’était pas coupable de malhonnêteté, ne vivait pas avec la noirceur en lui comme elle devait s’y baigner avec délice. Ils n’avaient rien en commun si ce n’était un passé qui en quelques minutes venaient de se transformer en mirage. Alors oui, il voulait bien lui concéder cette bataille : il se sentait soudain amer, en colère, et il avait des envies de violence, aussi. Envie de la rabaisser, d’effacer ce petit sourire plaqué sur son visage, tout en sachant qu’il était probablement une de ses armes préférées et qu’elle le maniait à la perfection, qu’il n’y pourrait rien changer. En revanche, son avis sur les Feys, les Cours ou quoi que ce soit d’autre qui le concernait de près ou de loin lui passait bien au-dessus de la tête, et il le lui fit comprendre en secouant légèrement la tête. Elle ne représentait rien d’autre pour lui, désormais, qu’une épine dans son passé qui allait probablement le déranger un bon moment, voir faire plus de dégât qu’il n’y paraissait.

Il s’était approché d’elle, l’avait saisie au poignet, et avait vu ses yeux luire soudain de cette lueur mauvaise des Vampires. Cette réaction, probablement incontrôlée, le fit sourire à nouveau, un terrible sourire, ressemblant à celui d’Elatha, encore quelque chose qu’il regretterait plus tard, forcément. Mais tant pis. Il n’était pas naïf, n’était pas un gamin, n’était pas un de ces saints humains. Il était un Fey, peut-être un peu plu sage et un peu plus calme que les autres, mais un Fey au final, de chair et de sang, et surtout, un Fey puissant. Sous ses yeux, elle se transformait, devenait statue, peinture, figure de cauchemar par un phénomène si subtil qu’il en était presque invisible et dont pourtant il ne pouvait ignorer le résultat. Sa peau qui pâlissait, ses cheveux qui s’assombrissaient, ses canines qui perçaient sous ses lèvres sanglantes désormais et ce froid et cette force qui s’imposaient entre eux… Mais il ne la craignait pas. Au contraire, il voulait qu’elle dévoile sa véritable nature, qu’elle se dévoile, qu’elle cesse son jeu de dupe auquel elle ne s’adonnait que pour son propre plaisir, car lui n’avait nullement le temps de la regarder porter ce masque. Et alors qu’elle se sublimait dans ce qu’elle était vraiment, lui avançait la main, pour s’immiscer dans cette image vivante qu’elle était devenue, briser cette dynamique, lui faire subir sa présence, parce qu’il en avait fini de la laisser mener la danse. La réaction d’Elatha fut à la hauteur de l’offense, alors qu’il se sentit soudain partir en arrière après un choc qui aurait probablement enfoncé n’importe quel mur. Il retrouva son équilibre, portant une main à son torse là où celle de la Vampire l’avait touché, avec l’impression d’y sentir un froid glacial, comme si elle avait pu, en le frappant, enfoncer dans son cœur une écharde de glace. Il secoua la tête, balaya l’air d’un geste.

« Je me fiche bien du destin de ta progéniture, Elatha. Elle a probablement connu un destin à la hauteur de sa génitrice, et maintenant que je vois ton vrai visage, je ne prétendrai pas être surpris. »

Où était son calme légendaire, en effet ? Eh bien, Man n’avait jamais prétendu être fait de pierre, lui. Cette légende avait certes un fond de vérité, comme toujours, mais il était, après tout, à l’image de son élément de prédilection, et si la mer pouvait offrir un calme lunaire, elle était également à l’origine des pires tempêtes, jetées encore et encore sur les rives de la terre pour battre les vivants et leur rappeler que face à l’immensité de la nature, ils n’étaient pas grand-chose. La particularité de ses colères se trouvait plutôt dans leur rareté. Et aujourd’hui, face à elle, il se laissait gagner par cette rage venue des fosses de son âme. Son adresse aux ténèbres, ce geste, comme si les Sluaghs eux-mêmes se terraient dans la pénombre et observaient leur danse mortelle, ne fit qu’abreuver sa colère. Mentait-elle, se faisait-elle des illusions ? Ou bien était-elle simplement folle, et alors perdait-il son temps à discourir avec elle ? Mais il y avait Niam, il y avait sa fille, dont le destin semblait lié à celui de la Vampire, et il ne pouvait rien faire contre cela. Et enfin, les mots franchirent les lèvres carmin et se fracassèrent sur lui avec la violence d’une vague sur le pied d’une falaise. Nourrie, logée. Amusées. Débarrasser. Pour la première fois depuis longtemps, l’image de la mère de Niam jaillit soudain dans son esprit, occultant tout le reste, le présent, la scène, la voix désormais haïe, s’imposant à lui. Ruine d’un passé qu’il n’avait jamais eu l’envie de regretter. Si Fand avait été persuadée d’avoir fait une erreur, ce n’était pas le cas de Manannàn Mac Lir. Elle ne savait de son bébé qu’une seule chose : c’était une fille. Et à la seconde où elle était née, Fand avait décidé de faire d’elle le passé, alors qu’à l’inverse, en la prenant dans ses bras, Man avait su que désormais une immense partie de sa vie tournerait désormais en orbite autour de cet être minuscule.

L’image et le son lui revinrent, et il capta les derniers mots de la Vampire, dont il n’avait que faire. Se moquer, en retour de son peuple banni ? Lui parler des couronnements à venir, des enfants qui naîtront à nouveau ? Voulait-elle tellement mettre un pied dans son monde qu’elle y faisait sans cesse référence, quand bien même il n’avait cure de son avis sur quoi que soit concernant les Feys ? Alors il fit la seule chose qu’il pouvait faire en cette seconde : il avança de nouveau vers elle, revint à la charge, comme le ressac part à l’assaut du rivage, encore et encore.

« Savais-tu qui elle était avant de l’emprisonner ? »

Pourquoi cette question ? Lui-même hésita, puis s’avoua la terrible vérité : était-ce parce qu’elle était sa fille que Niam avait attiré l’attention d’Elatha ? Il y avait peu de chance. Il n’y avait aucune chance, même, n’est-ce pas. C’était le hasard, le terrible hasard. Il sentit la paume de sa main se réchauffer alors que son pouvoir courrait dans ses veines pour se rassembler en ce point précis. Autour d’eux, de minuscule gouttes d’eau s’arrachaient du sol et se transformait en brouillard humide et étouffant. Bien sûr, en arrière-plan de sa conscience, il y avait l’effroi de ne pas avoir su, de ne pas avoir vu, de ne pas avoir compris. En quelques secondes, il pouvait imaginer tous les mauvais prétextes du monde qui avaient fait qu’il n’avait pas été au courant de cela : trop occupé, trop investi, trop ailleurs de par le monde. Et elle ne lui avait rien dit. Elle qui lui disait tout, qui venait toujours lui raconter son dernier voyage en date, n’était pas venue la trouver, et il ne s’en était pas inquiété. Et il sut que les actes d’Elatha allaient avoir des conséquences bien plus vastes qu’elle-même imaginait peut-être.

« Je crois, Elatha, que je vais te haïr. Et je sais que pour toi, ce sera un bonheur. Je ne pourrai hélas pas m’en empêcher. Faut-il que je te tue pour apaiser ma colère, désormais ? Dis-moi donc, toi qui es si familière de cette sensation. »

Il ne la tuerait pas, pourtant. Pas maintenant en tout cas. Il n’avait plus qu’une envie : partir, et aller trouver sa fille. C’était d’elle, désormais, qu’il voulait entendre cette histoire.



 
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MessageSujet: Re: The one without a name, without an honest heart as compass [Elatha]   Sam 27 Fév - 20:03
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A la faveur de l'obscurité, les Ténèbres étaient maitresses. Lumière noire dans un monde dansant, Elatha offrait le reflet véridique d'une Vampire, elle se montrait sous son véritable jour en tant que parcelle ou amas d'ombre, au cœur des Ténèbres vivantes. Elle aimait ce monde dans lequel elle évoluait.. Et par dessus tout, elle aimait entrainer la lumière dans les tréfonds malsains de sa noirceur. A bien y regarder, n'était-ce pas ce qu'elle était en train de faire avec l'Elémentaire ? Elle le poussait volontairement dans ses retranchements, elle appuyait là où la douleur se faisait le plus vive. Elle provoquait l'ouragan, la colère brutale d'une mer outragée. Elle .. Provoquait simplement.

Alors, lorsque le contact se faisait, que la friction provoquait ce sentiment électrique d'accomplissement, la Fomoire avait conscience qu'elle avait accompli son œuvre pour cette rencontre au parfum d'éphémère. Elle avait effacé la sérénité océane de Manannan Mac Lir au profit d'une colère grondante, dévastatrice. La probabilité selon laquelle elle risquait d'en faire les frais provoquait un sourire malsain sur ses lèvres. De la douleur au plaisir, il n'y avait parfois qu'un pas, même si généralement, Elatha préférait être génératrice de douleur chez autrui, pour son propre plaisir. Dans le fond, le schéma était respecté parce qu’avec le Fey, la douleur était morale, à défaut d'être si banale et si physique. Et de cette douleur si spéciale, elle en était l’instigatrice, et c’était de là qu’elle tirait sa plus grande satisfaction.
Peut-être que dans la forme, la Fomoire ne connaissait pas réellement le Tuatha Dé Danann, seulement, elle était persuadée de connaitre ce qui se cachait derrière le masque de bienséance, et les évènements lui donnaient pleinement raison. L'Obscur muselé par le Maitre était là, ne demandant qu'à se libérer d'une éternité de servitude et de modération. C'était ce constat qui la faisait bien plus rire que celui d'une méconnaissance mutuelle proposée par Manannan Mac Lir.

Et puis, il y avait le sujet épineux de la progéniture. Elatha aurait pu lui répondre de mille et une manières différentes. Elle aurait pu enfoncer le clou, elle aurait pu être dévastatrice.. Mais non. Non. Elle se voulait plus subtile que cela. Elle avait envie de distiller lentement mais surement son venin afin d'éveiller, à nouveau, la face cachée de son Poséidon. Alors, sur le sujet, elle choisissait d'offrir une réponse sommes toute banale.. Pour elle. « Leur chair a été plus utile que leur esprit.. Même si je suis persuadée, dans mon for intérieur, qu'un soupçon de leur mental demeure chez les Sluaghs. »

Cette réflexion, parfaitement métaphorique, appelant à une philosophie décadente entrainait Elatha dans les méandres de ses pensées avant que finalement, elle n'en revienne pleinement à son vis-à-vis. Concernant l'enfant, elle penchait le visage sur le côté tandis que son teint gagnait une teinte plus ordinaire, plus banale, au fil des secondes. « Non, évidemment que non. Mais après, oui. » Qu'elle répondait avec sincérité et sans détour, ni entourloupe. Etait-il seulement satisfait de la réponse apportée ? Elatha n'en était pas certaine tandis qu'elle observait les alentours et sentait les affres du pouvoir de Manannan Mac Lir ramper sur sa chair blanchâtre. Cette humidité la dérangeait. L'ambiance ne lui plaisait guère.

Le regard de sang se rivait instinctivement sur la silhouette de l'Elémentaire en approche. A ses paroles, un sourire innocent se dessinait sur ses lèvres tandis que ses canines n'étaient plus qu'un souvenir, tout comme son apparence vampirique. Depuis quand ? Depuis qu'elle l'avait décidé, le processus inverse s'était opéré en douceur. « La colère et la haine ne font pas partie de mon quotidien, Man. » Que c'était étrange de l'entendre l'appeler ainsi. Elle appelait les souvenirs, volontairement. Par un nom, par un ton employé, par une allure familière. « L'obscur est mon quotidien. Mais ce qui est obscur n'est pas forcement néfaste. On peut même y trouver une certaine plénitude, mais cela, je suis persuadée que tu le comprendras avec le temps. » Elle se rapprochait d'un pas, posant son talon dans l'ombre du Fey, enclenchant son propre pouvoir. Ainsi, elle l'immobilisait de corps afin qu'il lui fasse face sans être dans la capacité de bouger un orteil, ou même une oreille. Elle l'observait, de face avec un léger sourire. « Notre rencontre touche à sa fin. Nous nous reverrons très certainement. Si l'envie de me tuer demeure, je te souhaite de ne pas me rater. » Qu'elle concluait en levant une main en direction de sa joue, jusqu'à avorter son geste et tourner les talons pour gagner les ténèbres et s'y faire ensevelir. Bien évidemment, Manannan Mac Lir était libre, dès l'instant où elle quittait le confort de son ombre afin de gagner les ténèbres vivantes de la forêt.







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