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 Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan

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THE SEELIE SILLY KING ∭ Dada, le serial father de la faërie.

E. Dagda Mac Lochlain

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 18/11/2015
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THE SEELIE SILLY KING ∭ Dada, le serial father de la faërie.

MessageSujet: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Dim 20 Déc - 19:30
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Sombre martèlement des pensées fracassées. Océan de ténèbres. Ode aux enfers. Haine viscérale poignardée en plein flanc par l’orgueil ravalé. Morve s’étalant sous le menton. Reniflement lugubre. L’eau sombre s’agite et le vent froid souffle. Le bal des spectre s’enflamme. Il sombre. Tombe. Vacillement fatal. Il tente de lutter. Infectes augures. Ténébreuses amantes. Une marée noire enlace son cœur et le serre. Une dague empoisonnée le poignard. Traître. Sa vision le trompe, l’abuse. Les mensonges se dressent tel une barrière protectrice qui aux premiers tremblements s’effondre dans un amas de poussière. Goût de fiel dans la bouche. Cendre. Terrible malédiction qui le frappe en plein visage. Clignement des paupières vain. Lippes qui s’agitent, tremblent, vacillent. Une ombre passe sur la lueur dangereuse dansant avec la mort dans ses prunelles grandes ouvertes. Mâchoire béante. Gueule émaciée. Visage putride. L’ombre du passé revient hanté le présent. Les marécages putrescents de l’avenir inexistant. Il tremble. Il pleure. Il hurle. A l’intérieur. Le monde s’effondre, les murs tombent, le plafond se crève, la poussière et les gravas l’enterrent.
Immobile. Statue. Il a regardé trop longtemps Méduse. Contemplé l’abyme et s’est retrouvé plongé dedans. Crissement des os broyés sous son poids. Il a l’impression de siéger au royaume d’Hadès, dans les ténèbres lugubres à l’air empoissonné, le royaume des morts, au sein de la citadelle des ombres, au milieu des spectres rieurs. Chacun d’eux le pénètrent, empoissonnent son sang, poignardent son cœur, emportent un bout de sa lumière dans les ténèbres, noient son âme, gonflent son orgueil, réaniment la rancœur, la haine, mettent le feu aux braises encore fumantes. Le feu du diable. La haine risible et pourtant brûlante. Aisée à réanimer. Comme un chemin qu’on a si longtemps emprunter que la route nous revient naturellement.
Immortelle haine réduite à une seule image, celle d’un visage provenant du passé, un spectre dont le voile sombre charrie les démons nauséabondes, un souffle acide, un silence épais, et le vacillement entier d’un monde promis à une destruction absolue et salvatrice. Une immortalité de puissance, de lumière, réduite instantanément en poussière. Ténèbres prenez moi la main. Voilà que commence la valse des spectres. Prenez un ticket. Attendez donc, que vienne la mariée, la douce et sanglante mariée, celle portant le voile sombre, celle qui réveille les ténèbres, réanime le feu brûlant de la douleur et de la haine, le chagrin l’emportera, la rage, la rancœur et l’amertume d’une fissure interne jamais vraiment colmater.
C’est en ce lieu si apaisant, en cette terre noble, chez lui, alors que les promesses de lendemains chantants s’évanouissent sous son regard fatigué, et que ce goût de fiel lui revient en bouche, qu’il voit celle qui hante ses cauchemars les plus terrifiants, les plus absolus. Son démon intérieur. Sa première et dernière erreur.
Pourquoi l’avoir épousé ? Lamentation obscure baignant son cœur brisé. Les ténèbres dont il s’était drapé s’avèrent être des vipères, et à présent, elles le frappent jusqu’à ce que le poison coule en son cœur. Pourquoi m’as-tu tuée ? Dans son cœur, la belle et arrogante Morrigan pleurait, suppliait son assassin, tendait une main suppliante, tentant de défendre l’enfant qu’elle portait alors que la lame rouge s’enfonçait en son sein, tuant tout à la fois, ce cœur battant pour un autre, cette progéniture pour un autre, et tout espoir, toute rédemption, tout pardon. Pourquoi m’as-tu assassinée ? La vision semblait avoir tant de force. Le soleil dessinait des ombres dansantes dans ses cheveux rouges. Elle paraissait si réelle. Ce spectre revenu le hanter se déplaçait dans la boutique comme si elle était dotée de vie, comme si son acte assassin n’avait jamais eu lieu, comme si un miracle avait arrêté le geste du meurtrier à temps.


Mad King

“ Life’s but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
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Naemesys S. O'Ciardha

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 16/06/2015
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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Lun 21 Déc - 23:18
Le bal des spectres
ft. dagda && morrigan

A chaque jour suffisait sa peine. Depuis son retour à la Faërie, Morrigan avait eu à affronter ses souvenirs les plus abjects, et même une histoire qu'on n'avait pas jugée nécessaire de lui conter. Elle avait retrouvé un amour, elle avait perdu sa chair.. Elle avait retrouvé l'amour et avait retrouvé le chemin de la haine. Pleinement consciente de ce que la Faërie était capable de lui apporter, la Reine Fantôme avait tout de même relevé le défi en venant fouler le sol d'Ellan Vannin. Elle l'avait fait parce que la Déesse Mère lui avait ordonné de le faire, elle l'avait fait pour sa fille qui avait été arrachée à son habitat naturel. Et par-dessus tout, elle l'avait fait pour retrouver ce qu'elle avait jadis perdu.

Installée depuis quelques mois déjà sur l’île, elle avait eu le plaisir de retrouver ses marques. Celle qu'elle avait été jadis, qu'elle avait pensé morte et enterrée avait retrouvé le chemin de la vie. Les cendres étaient redevenues flammes incandescentes et à présent, elle n'était plus un fantôme. Et par-dessus tout, elle n'était plus le spectre de celle qu'elle avait été par le passé. Ainsi, elle avait décidé d'opter pour la sagesse et de laisser les rancunes d'hier à la postérité afin de se consacrer à un avenir qu'elle voulait plus brillant, bien plus à son image. Elle n'était plus seulement la Sidhe qui avait été modelée par sa mère, afin de devenir une légende, elle n'était plus la Déesse qui vivait au travers des Guerres et du Sang. Elle se sentait différente.. Peut-être pas plus sage, peut-être pas plus apte à appréhender ce que l'avenir lui réservait, mais résolument différente de la Morrigan d'hier.

Entrée dans cette boutique, elle avait eu l'espoir de trouver une boite à musique ou un antique bijou. Elle aimait les vieilleries, parce qu'elles étaient porteuses d'une histoire. Passant entre les meubles anciens, elle s'arrêtait face à un étalage de babioles afin de les observer avec minutie. Elle les détaillait longuement avant d'entendre la cloche de la porte sonner à son oreille. Coulant un regard en biais en direction de l'entrée, Morrigan portait ses prunelles d'or et d'émeraude en direction de la silhouette masculine. Lui, elle était capable de le reconnaitre, mieux que quiconque. L'ombre des funestes souvenirs revenaient lui enserrer la gorge tandis que sa mâchoire se crispait. Le bijou qu'elle caressait des doigts au creux de sa main lui échappait tandis qu'elle se redressait lentement.

Sa peau diffusait une légère lueur solaire, ponctuée de mille et une lucioles tandis que les trois cercles concentriques qui habitaient son regard s'embrasaient littéralement. Chaque fibre de son être réclamait vengeance à la vue de Dagda, son ancien époux. Et pourtant, son esprit était encore maitre de son corps. Elle demeurait alors immobile tandis qu'elle concédait - par méfiance, surement - à pivoter sur ses hauts talons afin de s'orienter pleinement vers son ancien époux. Une de ses mains se nichaient dans sa poche, par reflexe. Cette main portait, en son prolongement le symbole de son union avec Nuada. Sur sa chair était imprimé le rosier d'une union procédée par la Déesse Danu, visant à unir deux âmes sœurs. Cependant, Morrigan préférait jouer la carte de la prudence tandis qu'elle dissimulait cette marque afin d'analyser, en premier lieu, la réaction de Dagda.

« Dagda. » Qu'elle lançait trop sereinement. Entre ses lèvres rouges, ce nom sonnait presque tel une injure. Malgré le temps passant, elle n'avait toujours pas accepté qu'il agisse avec autant de lâcheté, qu'il la fasse tuer. « A voir ton expression, je pourrais presque penser que tu viens de voir un fantôme. » L'ironie était de mise, mais dans le fond, la Morrigan avait pleinement conscience que Dagda était en état de choc. En état de choc parce qu'il se rendait compte qu'elle n'était pas si morte que cela. « Dois-je en déduire que la rumeur de mon retour n'est pas parvenue jusqu'à toi ? » Blanc, elle se nimbait de silence avant de finalement ajouter. « .. Ce qui doit être plutôt normal, puisque je me suis faites discrète. » Qu'elle concluait avec un sourire rouge.





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i won't just survive, you will see me thrive. can't write my story, i'm beyond the archetype. i won't just conform, no matter how you shake my core, 'cause my roots run deep. don't doubt it, victory is in my veins, i know it and i will not negotiate. i'll fight it.
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E. Dagda Mac Lochlain

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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Lun 28 Déc - 19:36
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Elle parlait. Les fantômes sont-ils dotés de paroles ? Dagda ne pouvait concevoir que son ancienne épouse qu’il a fait assassiné puisse être en vie. Pas une seule seconde cette possibilité effleure son cerveau enfiévré par cette vision tout droit sortie de son enfer personnel. Il avait maintes fois rêvé la scène. Elle revenait le hanter, dans ses rêves, ses cauchemars plutôt, le visage couvert de sang, parfois décomposé même si la plupart du temps elle était belle en dépit du sang et de la chair labourée, elle était plus belle encore que dans ses souvenirs, resplendissante en hydre vengeresse. Dans ses cauchemars, elle le criblait de question, l’accusait de meurtre. Parfois elle n’était pas seule. Un enfant l’accompagnait. L’ombre de celui qu’il avait tué. Dans ses rêves l’enfant était un garçon. Un mâle beau comme un dieu, intelligent et fort, qui aurait pu être son fils s’il avait accepté le mensonge que Morrigan avait tenté de lui faire avaler. Pourquoi n’avait-il pas accepté ce mensonge ? Lui-même avait procréer des bâtards. Parce qu’elle l’a conçu avec Nuada. C’était ça, la cruelle vérité, l’épieu dans son cœur et son âme, le poison coulant en son sein, l’attristante et sordide vérité.
Ses paroles ne faisaient que le confirmer dans sa certitude. Le spectre venait le hanter en plein jour, dans la boutique de Calypso, cherchant à le rendre fou. Peut-être l’était-il déjà. Il savait qu’en revenant sur l’île matricielle sa magie serait plus forte, il n’était pas illogique que la magie des morts soit plus forte. N’y avait-il pas eu de l’agitation mystique ces derniers temps ? Peut-être que l’agitation des sluags et la venue des suceurs de sang donnaient de la force aux ombres dont le spectre faisait indéniablement parti. Ses talons crissaient sur le sol avec un son d’une remarquable réalité. Mais les spectres sont capables de se rendre tout à fait réels quand leur victime croit dur comme fer à leur vision. Dagda était convaincu que son ancienne femme était là, réanimée par sa culpabilité, et sans doute par la proximité de Nuada. L’un comme l’autre n’avaient pu l’évincer de leurs pensées. Son frère n’avait sans doute pas dû essayer très fortement, en revanche, Dagda lui essayait désespérément de l’oublier. En vain.
La rumeur de son retour ? Le spectre jouait avec ses nerfs. D’habitude, elle se contentait de l’accuser et de le questionner jusqu’à ce que ses propres hurlements le réveillent en sursaut et en sueur en plein milieu de la nuit, parfois du jour, quand il s’assoupissait dans la tiède obscurité. Il secoua la tête, comme s’il cherchait à chasser la vision. Cela ne fonctionna guère, elle se tenait toujours devant lui, souriante, mais ne semblant pas se réjouir autant que le spectre en avait l’habitude devant son désarroi.
« Que me veux-tu, maudis spectre ? Pourquoi revenir me hanter ? » argua-t-il bien que sachant pertinemment qu’elle lui répondrait d’un rire presque satanique. Désespéré, il ne s’inquiétait même pas qu’on puisse le voir parler à une ombre. « Ne vois-tu donc pas que tu m’as déjà suffisamment persécuté ? » Sa voix tremblait. Il suppliait presque le spectre. « La punition vaut mille fois le crime. » souffla-t-il d’une voix à peine audible.


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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Dim 3 Jan - 19:07
Le bal des spectres
ft. dagda && morrigan

Dans le silence de la boutique, quelques cliquetis se faisaient entendre, martellement d'un métal contre un autre, d'un bijou rencontrant une autre babiole. C'était Morrigan qui effleurait des doigts quelques objets exposés. Il n'en demeurait pas moins qu'elle était profondément désintéressée par les articles, préférant garder ses prunelles d'or et d'émeraude rivées sur les traits de son ancien époux. Elle l'observait longuement, disséquant ses expressions, apprivoisant son étonnement.. Non, ce n'était pas de l'étonnement, mais plutôt un mal être. Un mal qui le rongeait, qui dissolvait son esprit dément. Un mal qui refaisait surface brutalement à sa vue.

Les doigts de Morrigan délaissaient les bijoux afin d'imposer le silence au silence. Mais ce dernier ne durait pas tandis que Dagda la considérait ouvertement tel un spectre. Spectre. Spectre.. Que c'était ironique. Diablement ironique. Lorsqu'elle était encore son épouse, en un temps jadis, Morrigan avait eu pour habitude de se faire nommer la Reine Fantôme. Parce qu'elle avait été des Déités venant apporter le repos aux guerriers. Elle avait été un spectre avant l'heure, tout en demeurant une exaltation fugace au combat pour les vivants. Cependant, aujourd'hui, face à Dagda.. Des millénaires étaient passés. Elle n'était plus cette Déesse. Elle n'était plus cette Reine Fantôme. Et par-dessus tout, elle n'était plus sa promise, son épouse, sa chose. Longtemps, pendant trop longtemps, la Tuatha avait payé le prix de ses erreurs, de ses offenses et de ses influences. A présent, elle s'estimait affraichie, s'engageant sur un nouveau chemin de vie.. Avec Nuada.

Elle aurait pu cracher tout cela au visage de Dagda, jouant des circonstances, déversant sa bile et sa rancœur au nez de son meurtrier. Mais elle ne le faisait pas.. Elle restait silencieuse, observatrice et fière. Fière d'être en vie, d'avoir survécu, d'être toujours elle, en dépit de l'oubli, des amputations et du temps passant. Elle était suffisamment fière pour ne pas s'abaisser à œuvrer par vengeance. Non. Elle avait une meilleure arme en sa possession : La vérité. Elle était plus douloureuse, plus vive, plus cruelle.. Et devait être utilisée au bon moment. Convenablement distillée, et ainsi, elle serait.. Dévastatrice.

« Ouvre les yeux Dagda, je ne suis pas un spectre. J'ai été la Reine Fantôme à tes côtés, mais ce passé est révolu. » Elle faisait quelques pas en direction du Sidhe en l'observant longuement. « T'ai-je réellement hanté ? Comment ? Couverte de sang ? Lacérée ? Agonisante ou pleine de colère ? Parce que je ne suis rien de cela. » Blanc, elle s'arrêtait sous le nez de Dagda, son regard s'illuminant d'or et sa peau étincelant de mille et une lucioles. « Enfin.. Je te hais et méprise pour ce que tu as osé me faire. Mais cela.. Cela est une autre histoire.. Une histoire que nous prendrons surement le temps d’aborder, si mon humeur m’en donne l’envie. »

Morrigan se détournait afin d'observer quelques étalages avant de finalement en revenir subitement à Dagda. Un.. « Ha. » Nasale et perplexe s'échappait d'entre ses lèvres closes alors qu'elle retenait l'esquisse d'un rire amer. « Aucune punition ne surpassera le crime. » Elle pivotait sur ses talons afin de lui faire face. « Aucune. Tu m'as fait assassiner, moi.. Ton épouse. Pour une infidélité que tu commettais chaque jour, sans relâche.. Avec la première catin qui consentait à partager ta couche. Ton geste a été lâche et malhonnête. Pourquoi ? Parce que j'aimais ton frère plus que je ne t'ai jamais aimé ? Ou par orgueil ? J'aimerais savoir. » Qu'elle finissait par murmurer entre ses dents tandis qu'elle restait face à Dagda, le regard rivé dans le sien. La vérité.. Il était temps que la vérité supplante cette éternité de mensonge et de dissimulation.






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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Dim 3 Jan - 21:07
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Ouvrir les yeux. Douloureusement, l’ancien Haut Roi réalisa que les paroles s’écoulant hors de la bouche spectrale s’enfonçait dans sa chair, dans son âme immortelle, le frappant comme des myriades d’éclats de verre d’une fenêtre se brisant devant son œil grand ouvert. Figé, incapable d’émettre le moindre mouvement, la respiration coupée, il se sentait comme envoûté.
Toute la colère qu’il ressentait quand il a donné l’ordre, cette fureur qui s’était emparé de lui, ce vertigineux et envoûtant sentiment, étourdissante haine viscérale, colère éclair, brûlante, consumant tout sur son passage, dévorant en un éclair son cœur, faisant fi de sa sagesse et de sa raison, il ne la ressentait plus. Avait-elle disparu ?
Et son aigreur à l’estomac reprenait. Sa cauchemardesque terreur le saisissait. Il se terrait dans les ténèbres mais aujourd’hui, elles ne lui étaient plus d’aucun secours. Les abysses qu’il avait l’habitude de contempler venaient d’ouvrir leur œil et le contemplait à leur tour.
Reine fantôme. Passé. A tes côtés. Comme autant de poignard s’enfonçant en lui. Le souvenir en était douloureux. Ce n’était que des méandres. Des restes. Des cendres. Et soudainement, il le sentait, ce vertige, cette douleur, et cette vague impression d’avoir mérité le supplice. Il se trompait. Il pouvait tomber encore plus bas. Souffrir plus mortellement encore.
Il s’accrocha à une table. Il tombait. Intérieurement. Il sombrait. Son corps allait s’écraser au sol s’il n’y prenait garde. Son esprit était déjà tombé. Et son cœur, s’il en subsistait quelque chose, était désormais en cendre. Il en avait le goût dans la bouche. Un goût de fiel.
Colère. Il la perçoit. A présent. Il ne l’avait pas vu ainsi. Dans ses cauchemars. Sa colère était froide, lente, mais ce qu’il voyait, percevait, c’était brûlant. Ce n’était pas la même colère qu’elle avait éprouvé cette nuit là où elle avait scellé sans le savoir son destin et celui de ce qu’elle portait dans son ventre… il frémit. Il la ressentait à présent. Il ne l’avait pas ressenti immédiatement. Cela avait mit des siècles à l’empoissonner, à rendre son âme malade. Un Seelie sombrant aussi bas. C’était indigne de lui. Un meurtre. Un assassinat. Commandité qui plus est. Il n’avait même pas eu le courage de lui donner la mort lui-même.
Cet acte là avait causé sa damnation. Il n’avait nul besoin de l’enfer des chrétiens pour cela. L’enfer était là. L’enfer c’était l’endroit où l’on s’enfermait. L’enfer c’était cette culpabilité et les souvenirs qui revenaient vous hanter. Les spectres de votre passé.
Si proche, si lumineuse, d’une lumière pâle, froide, mortelle. Il y avait quelque chose de différent chez elle. Cette lumière. Cette froide présence.
Mépris. Haine. Il ne méritait rien d’autre. Pour ce qu’il avait fait… ce qu’il avait commis. Et dire qu’il avait jugé son frère pour le meurtre de ses enfants… de quel droit l’avait-il jugé alors que lui avait commis cet acte… il éprouvait du dégoût pour lui-même. Les ténèbres, il avait besoin de ses ténèbres, il avait besoin de sa solitude, il avait besoin de rentrer chez lui. Il retira ses doigts du meuble en bois comme si le contact avec le bois était de l’acide.
Le spectre s’éloigna pour revenir. La torture devait prendre son temps. Le poison était lent à agir, n’est-ce pas ? Il senti un frisson glacer ses entrailles.
Chacun de ses mots recelaient d’une colère brûlante, d’une haine viscérale et d’un dégoût, mais comment aurait-il pu lui en faire le reproche ? Il ressentait la même chose à l’égard de lui-même, et de son geste. Pas une seule journée, pas un seul instant, il n’avait pas éprouvé un sombre et triste regret. Un tressautement gagna les muscles de son visage. Un sourire malade se dessina, le sourire d’un dément, d’un fou, un sourire nerveux, agité et brûlant. L’ancien roi était fiévreux.
« Oh Morrigan, » murmura-t-il alors que les muscles de son visage continuait à trésauter sous le coup de la nervosité qui le gagnait, et de la crise d’angoisse qui s’annonçait, avec elle viendrait les ténèbres agonisantes et les abysses entêtantes. Il tendit sa main, effleurant la joue du spectre sans pour autant toucher sa chair, de peur de sentir le contact spectral d’un froid glacial ou peut-être, une chaleur indiquant qu’elle était bel et bien là sous ses yeux. « Morrigan, » répéta-t-il alors qu’un éclat de rire le traversa. Un éclat de rire nerveux signe de la folie qui le dévorait. « Morrigan. Morrigan. Morrigan. » Il ne parvenait tout simplement pas à s’arrêter. Il répéta inlassablement son prénom divin encore, et encore, sans pouvoir s’arrêter.
Il dû plaquer sa main sur sa bouche pour s’imposer le silence. Son corps se voûta sous l’effet de l’effort incommensurable qu’il faisait. Courbé et secoué par des frissons glacé, des éclats de rire déments, et des cris, ce prénom qu’il répétait en hurlant. Tout n’était que folie. Délabrement et folie. Son regard s’obscurcissait tandis que son corps ne lui obéissait plus. La terreur le remplissait. La terreur d’être à tout jamais comme ça. La frayeur de ne plus jamais prendre le contrôle. D’être fou. Pour de bon.


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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Dim 10 Jan - 3:06
Le bal des spectres
ft. dagda && morrigan

L'enfer, c'était les autres. Qui donc avait dit cela en premier ? Morrigan ne s'en souvenait pas. Un humain torturé mentalement, très certainement. L'Enfer.. C'était une conception bien humaine, l'idée d'une punition cosmique qui arrivait après le crime, après la vie, après le profit. La Reine Fantôme détestait ce concept, parce que l'Enfer, c'était un instant, un moment durant une éternité, plus ou moins long et assurément mérité. L'Enfer, elle y avait eu droit en étant arrachée à la Faërie, en perdant sa place, son rôle, sa couronne, son amour.. Elle avait subi l'Enfer durant plus de deux milles années et encore aujourd'hui, elle avait la sensation que de sombres reliquats l'attendaient au détour de quelques ruelles tracées par la Destiné. L'exemple parfait était celui de Kean enlevé par Eire.. Lui, son enfant avait été un reliquat laissé par sa demi-sœur douce-amère, sa demi-sœur qui s’était improvisée Destiné. Kean, le fils, l’enfant arraché.. Il avait été le reflet d'un abandon, d'une vengeance dont Elle n'avait pas eu connaissance.. Une vengeance bien brutale. Si brutale. Morrigan travaillait encore afin de s’en remettre.

En observant Dagda, Morrigan se rendait compte que lui aussi, il avait connu un enfer bien personnel. La culpabilité transparaissait sur ses traits. Elle était luisante, pour ne pas dire brulante. Elle incendiait la raison, l'âme du Damné alors que son regard était empreint d'une folie grandissante. Depuis quand était-elle là, cette lueur ? Depuis son acte odieux ? Depuis qu'il n'était plus en relation avec ses Frères ? Ou depuis qu'il n'était plus Haut Roi ? La Sidhe ne connaissait pas la réponse à cette question qui la taraudait et dans le fond, elle ne voulait pas la formuler à haute voix. Elle n'avait aucun intérêt pour elle, hormis le fait d'avoir la saveur d'une curiosité mortifère. Et puis, au fin fond de son esprit, le doute subsistait. Le doute, l’idée qu’il simulait, qu’il jouait une pièce de théâtre bien cruelle. Pourquoi ? Pour qui ? Surement pas pour elle.

Silencieuse, elle observait simplement. Elle attendait les réponses à ses interrogations formulées plutôt. Elle attendait et n'obtenait rien d'autre qu'un vacillement, un rire dément.. L'Ancien Haut Roi se transfigurait en vieux fou sous son regard médusé. Un sourcil arqué marquait tout l'étonnement de la Unseelie alors qu'elle croisait les bras. Méfiante, elle patientait. Méfiante, elle finissait par lever une main rapidement afin d'attraper le poignet de Dagda et l'empêcher de lui toucher la joue. « Ne me touche pas. Tu as perdu ce droit bien avant que la mort ne m'emporte. » Qu'elle articulait entre ses dents tandis qu’elle relâchait son poignet d'un geste sec. Sur le sien se dessinait un tatouage à la forme ancestrale. C'était le rosier de l'union indéfectible orchestrée par Danu. Il était nouveau sur sa chair, il était un privilège que les anciens époux n'avaient jamais eu. Ce tatouage était le symbole de son union avec Nuada, bien que rien ne le laissait deviner.

« Ressaisis-toi Dagda. » Blanc, elle inspirait afin de demeurer sereine. « Tu ne peux t'attendre à quelque clémence que ce soit de ma part, tu ne peux pas. Alors cesse de jouer au Fou. » Qu'elle lâchait tandis que son visage signait à la négative. Elle ne croyait pas en sa réaction, ou alors.. Peut-être qu'elle ne voulait pas y croire. Oui, c'était bien plus probable. « A moins que ce soit ta punition, pour ton acte. » Son timbre se faisait murmure alors qu'elle adressait à son vis-à-vis un regard plein de suspicion. « Je peine à croire que tu aies un jour eu une conscience.. »

Compatir, elle n'y parvenait pas. Elle ne le pouvait et ne le voulait pas. Car même si elle avait promis à Nuada de ne pas mettre en œuvre une quelconque vengeance à l'égard du Seelie, il n'en demeurait pas moins qu'elle ressentait une foule de ressentiments à son égard. Une foule grondant et insatiable. Malgré cela, elle était sage et ne priait même pas la Déesse Mère pour la Déchéance de son ancien époux.. Non. Rien. Rien.. Aucune action, aucune ambition néfaste n'avait été dirigée vers Dagda depuis son retour au sein de la Faërie.

Remontant une main à son front, elle retenait un soupir en détaillant Dagda avant de reprendre. « Deux fils fous sur trois.. Que c'est cruel. » Ces mots susurrés étaient pour Danu. La Clémence de l'Ancienne Déesse Guerrière était dirigée vers la Mère de tous. C'était mieux que rien, soit dit en passant.. Et surtout, cela signifiait qu'elle commençait à croire à la déviance mentale de Dagda.






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E. Dagda Mac Lochlain

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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Mar 12 Jan - 13:50
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Folie et démence. Un souffle chaud et tourbillonnant sur lequel l’ancien Haut Roi se laisse porter. Seule manière d’affronter l’odieux, l’inacceptable, l’acte abominable que, des millénaires plus tôt, il exécuta dans un accès de colère et de jalousie abjecte. Etait-ce réellement de la jalousie ? Plutôt de la colère. De l’aigreur et de la frustration. De l’envie peut-être. Les cris résonnaient encore dans sa tête, les hurlements de la reine et les siens, échos d’un passé effrayant. Le traumatisme était encore là, marqué au fer rouge. L’instant était indélébile. Et la sentence inavouable. Il ne voulait pas chercher, encore moins se souvenir, mais le spectre l’y contraignait.
La reine fantôme lui attrapa le poignet et il senti son étreinte empreinte de chaleur. Les spectres ont la peau froide, pas vrai ? Les spectres ne peuvent t’attraper le poignet. Un sursaut le traversa tandis qu’un tic nerveux déforma pendant un bref instant sa physionomie. Son œil droit paru devenir fou, tandis que le gauche demeura fixe, ses commissures se levèrent puis se baissèrent, il eut un hoquet. Ses lèvres s’agitèrent un bref instant. Nul son audible n’en jailli pour autant. Il s’y refusait. Et hurlait de démence. Intérieurement. Extérieurement le masque vacillait, se fendait, en un odieux visage. C’était le portait de son âme abimée et torturée qui s’imposait, un bref instant, dans les cris et la fureur d’une démence dévorante, aussi salvatrice que destructrice.
L’enfant perdu de Danu ne remarqua que brièvement le tatouage nouveau au langage ancien, il n’avait pas les capacités disponibles pour déchiffrer, ni même pour enregistrer ce détail. Peut-être, une fois la fièvre passée, la folie retombée, pourrait-il se souvenir d’avoir vu quelque chose inscrit sur le poignée de son épouse assassinée. Pour le moment, la folie le terrassait, et l’étrange sentiment que Morrigan n’était peut-être pas un simple spectre faisait jaillir en lui une terreur indicible, et le sentiment plus angoissant encore que son monde défaillait.
Figé, il entendait les paroles, dures et révélatrices d’une colère cherchant à s’exprimer. Alors que son expression demeurait déformée comme si un anévrisme soudain avait touché une partie de son cerveau envahi par les ténèbres brumeuses aux conséquences fâcheuses, ses prunelles à la lumière défaillante se remplissaient de larmes. Des larmes pour celle dont il avait prit la vie, pour l’enfant qu’il avait assassiné, une âme innocente dans cette horreur triviale, pour le frère dont il s’était ainsi attiré la haine, pour Danu, la mère trahie, pour la famille déchiré, pour la faërie trahie elle aussi par ce geste contre nature, et enfin, pour lui-même. Un torrent de larme ne suffirait pas à pardonner son geste. Lui, le Haut Roi, qui avait un si fort sentiment de justice avait trahi les siens autant que ses valeurs et ses croyances, après cela, il lui était impossible d’exercer encore son pouvoir, impossible de regarder ses sujets sans ressentir de plein fouet la trahison qu’il avait eu, il ne pouvait que se retirer.
Mais l’enfer avait perduré. Il avait tenté de sauver une âme, celle de Nimue, pensant ainsi racheter ses erreurs, en vain. La déchéance alors s’était imprimé autant dans sa chair que dans son esprit, et la folie l’avait emporté. Cette folie qui l’avait amené à commettre d’autres atrocités comme pousser un fils à trahir son père, ou rester sans réagir alors que la faerie se déchirait. Alors, au fond de ces ténèbres, le cœur meurtri, dans un éclat de lucidité, il avait tenté de mettre fin à son éternité, sans même savoir comme s’y prendre, maladroitement, mais même dans cet ultime acte de bravoure et de lâcheté à la fois il avait échoué. Nimue pensait encore le sauver. Mais personne ne le pouvait.
On ne peut racheter une faute pareille.
Un bref instant, la folie le quitta, son regard coula alors vers son ancienne épouse, et dans un râle à peine audible, d’une voix tremblante, l’œil humide, il chuchota « Morrigan… puisses-tu un jour me pardonner. »


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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Lun 18 Jan - 2:23
Le bal des spectres
ft. dagda && morrigan

La folie. Morrigan avait croisé la route de bon nombre de feys atteints de cette dégénérescence des sens durant son exil forcé. Ou plutôt son périple.. L'un ou l'autre des termes se valaient dans le fond, quoique le premier s'était plus facilement ancré en son esprit après sa brève -mais douloureuse- rencontre avec Lizabeth. Cette vipère destructrice avait fait bien plus de ravage qu'elle ne pouvait compter et dans le fond, la Sidhe était certaine qu'elle se serait bien entendue avec Dagda, s'ils n'avaient pas été séparés par un clivage moral, et possiblement royal. Ou alors, peut-être bien que l'ancien Haut-Roi la connaissait.. Evidemment qu'il devait la connaitre, parce que la politique était une maladie qui coulait dans ses veines depuis le début, depuis.. Une éternité. Très certaine que Dagda avait côtoyé Lizabeth d'une manière ou d'une autre, peut-être même avait-il livré son propre frère à cette catin royale ? Pour se venger, très certainement. Au moins, il en avait eu pour la monnaie de sa pièce, parce que Lizabeth avait usé et abusé de son droit royal.

Secouant le visage négativement, la Reine Fantôme préférait laisser de côté toutes pensées relatives à l'ancienne Reine des Unseelies, et surtout à une potentielle ancienne alliance avec Dagda. Parce que ce n'était ni le lieu, ni le moment.. Et encore moins les circonstances. Et surtout, il fallait avouer que ces idées risquaient de plonger la Unseelie dans la tourmente, sans que cela ne soit utile. Car finalement, faire face au commanditaire de son assassinat était déjà bien assez. Bien assez.. Fort en émotion. Morrigan aurait pu se laisser aller à la colère, à la rage, à la violence, parce qu'ainsi était fait son tempérament lorsqu'elle ne cherchait aucune modération. Après tout, elle avait toujours été l'avatar de la guerre, de l'exaltation au combat, du besoin rouge de violence.. Elle l'avait toujours été, jusqu'à ce qu'elle soit amenée à se cacher parmi les humains. En se fondant parmi la masse, elle avait appris à renoncer à sa déification, à son statut supérieur et surtout.. Surtout, elle avait appris à se modérer, à se montrer plus raisonnable. Vraiment plus raisonnable..

Dans le fond, Dagda avait beaucoup de chance dans son malheur, parce que Morrigan demeurait d'un calme de glace. Ses propos, quoique plein de venin, n'étaient représentatifs que d'un état d'esprit compréhensible et non-condamnable selon elle. Elle exprimait ce que le temps lui avait fait passer sous silence au nom de circonstances particulières, si l'on pouvait appeler cela ainsi.

Inspirant profondément, elle s'apprêtait à se détourner afin de laisser Dagda à sa tourmente mais finalement, il laissa échapper le murmure qu'il ne fallait pas. Le pardon, il voulait le pardon. Lui.. Il s'abaissait à demander la seule chose qu'il ne pouvait plus obtenir de la Rouquine. Le visage de l'ancienne Déesse Guerrière se penchait sur le côté tandis qu'elle analysait l'expression de son ancien bourreau. Il avait l'air sincère.. Véritablement sincère. Et pourtant..

« Pourquoi ? Pour qu'une fois le dos tourné, tu me poignardes toi-même, cette fois, au nom de ta folie ? » Morrigan ne semblait pas encline à octroyer le pardon à Dagda. Parce qu'elle ne pouvait se permettre une telle chose, pas ainsi, pas au bout d'une rencontre. Pas parce qu'il le demandait. Selon la Sidhe, le pardon était deux choses : Il était un état de grâce octroyé par bonté d'âme, comme il pouvait être une action méritée après effacement d'une dette ou d'un pêché. Dans le cas de son vis-à-vis, il entrait clairement dans la seconde catégorie. « Non, tu n'auras pas mon pardon. » Qu'elle clarifiait en se détournant de Dagda avant de s'arrêter dans son dos et de l'observer.

« Mais je ne chercherais pas à me venger, d'aucune manière. » Au moins, Morrigan mettait les choses au clair. « Tu pourras remercier ton frère pour cet élan de sagesse. » Surement pas Dian, mais bien Nuada. « Cependant, sache que si tu as le malheur de t'en prendre à moi ou à ma famille, d'une quelconque manière, je viendrai - en personne -  te tuer. Je pense que les choses sont claires entre nous maintenant. » Diable qu'elle était pragmatique, elle s'étonnait elle-même de sa réaction.. De ce flegme qui calmait le feu bouillant au creux de ses veines.






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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Lun 18 Jan - 20:07
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Tant de colère et de fureur, en un éclat brillant dans les prunelles scintillantes de la déesse. Dagda supportait à peine ce regard. Il baissa rapidement ses yeux embrumés par les larmes. Oh, il savait qu’il méritait cette colère, cette fureur et bien plus encore. Pour ce qu’il avait fait, l’abomination commise, il n’y avait nul pardon, nulle rédemption possible. Il aurait pu sauver un millier de vies innocentes des griffes de l’infamie cela n’aurait suffit à racheter sa faute. Combien de fois s’était-il repassé le film en boucle ? Combien de fois avait-il invoqué le spectre de sa femme pour se fustiger ? L’absence de punition l’avait rendu fou aussi sûrement que sa déchéance résultait directement de cet acte là. La présence et l’amour de Eire avait seulement retarder l’instant. Il avait été heureux avec elle, suffisamment pour oublier l’ignoble acte qu’il avait fait. C’était si aisé de se plonger dans ces bras aimant et d’oublier. A chaque fois qu’il croisait quelqu’un de la cour, à chaque décision qu’il prenait, sans elle, silencieuse mais présente à ses côtés, à chaque fois qu’il posait sa couronne sur sa tête, il ressentait la culpabilité étreindre son cœur jusqu’à ce qu’elle lui ôte toute envie de continuer à régner, lui qui pourtant ne se sentait bon qu’en cela. Si Eire était resté, peut-être n’aurait-il pas chuté aussi bas. N’aurait-il prit conscience alors de son geste et de ses conséquences. Au fond, il ne regrettait pas que Eire l’eut abandonné et sur le moment, avait vu en cela une punition quasi divine. Danu le châtiait pour ce qu’il avait fait, et sa déesse mère avait raison.
Devant ses accusation de nouvelle trahison, il secoua la tête, refusant même l’idée de porter la main sur elle, les yeux chargés de larme, la lèvre tremblante, il secouait la tête avec véhémence. Elle lui refusait le pardon, et cela, il l’acceptait. Oh il aurait même accepté un poignard en fer planté dans son cœur, il aurait accepté des siècles de torture si tel était son choix. N’osant se retourner, il s’attendait à ce que le spectre l’assaille à nouveau de sa rage et de sa colère, car telle était la reine fantôme quand ils étaient mariés et tel était donc le souvenir qu’il en gardait. Le spectre qui le hantait était défini par ses souvenirs et n’était donc capable d’avoir un autre discourt que celui qu’elle aurait eu à cette époque là. Mais elle lui dit ne pas chercher vengeance, et qu’il pouvait remercier son frère pour cela. Dagda senti son être entier vaciller. Nuada. Il se remémora de sa vaine tentative de réconciliation. Comme il y avait mis si peu de cœur, et si peu d’entrain, oh, il voulait faire la paix avec son frère, plus que tout autre chose, mais il savait déjà que Nuada ne pourrait l’accepter. Il savait qu’il ne méritait pas cette paix ni ce pardon. Comme aujourd’hui, face à elle, il demandait une chose qu’il savait impossible. Mais au moins savait-elle, qu’il regrettait. Car à présent, il commençait à penser qu’elle était vraiment là. Son esprit défaillait trop souvent pour qu’il puisse être catégorique, et le miracle que cela serait lui semblait peu probable… à moins que Danu… Mais si tel était le cas, pourquoi n’était-elle pas venu se venger ?
A l’instant où elle prononça sa menace il compris pourquoi. Famille. Elle ne pouvait parler d’Eire. Il en doutait connaissant l’inimitié des deux sœurs. Il espéra de tout cœur que l’enfant eut survécu lui aussi. Peut-être l’assassin avait raté son coup, ou la déesse mère de tout avait corrigé son erreur, mais sans le lui dire… ce qui signifiait que même Danu ne lui pardonnait son geste. Personne ne lui accorderait ce pardon, même lui se le refuserait. Il baissa la tête, courbant l’échine sous le poids de la culpabilité et des remords. « Jamais plus je ne te ferais de mal, chuchota-t-il, j’aurais dû arracher ce cœur de cette poitrine, fit-il en indiquant sa propre poitrine, après ce que je t’ai fait. J’étais le Haut Roi, j’incarnais la justice, et n’ai fait mon devoir… » Sa voix s’étrangla. Il se rappela, cette nuit obscur où il chercha à s’arracher son immortalité et la vie en son cœur, où il avait commis un autre pêché, moins grave que le meurtre, mais tout de même, tabou, le suicide. Sa mort cependant n’aurait racheté l’erreur. Rien ne saurait le faire. Peut-être des millénaires de tortures mentales et physiques, et encore.
« Mes mots doivent te sembler faux, mais sache que, je me répugne pour ce que je t’ai fait, et je me punirais jusqu’à la fin de mon existence pour ce crime. » Sa voix fut coupée par le chagrin qui le prenait à la gorge. Un sanglot le coupa. Il parvint néanmoins à retenir le flot de larme. Il n’avait pas le droit de lui infliger ce spectacle. Elle méritait mieux que ça. Mieux que ces larmes qui paraissait être une supplique, mieux que la vision de cet être torturé par ses propres crimes et dévorer par la folie.


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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Lun 25 Jan - 17:37
Le bal des spectres
ft. dagda && morrigan

Nuada. C'était ce nom, cette silhouette, cet âme sœur, ce frère, qui était à l'origine du calme brulant de Morrigan. Sans lui, elle aurait été prête à dévaster la boutique de la Seelie en vue de blesser et peut-être même de tuer Dagda. Pendant une éternité, la Reine Fantôme s'était raccrochée à peu de choses : A son amour et à sa rancune. Si le premier lui avait permis d'élever sa fille dans les valeurs propres aux Sidhes et à la Faërie, la seconde lui avait permis de ne pas succomber au noir chagrin d'avoir sombrée dans l'oubli. Elle était morte aux yeux de tous et de chacun, elle était passée de la Reine au Spectre en l'espace d'un instant. Et même si elle avait gagné le plus précieux des présents lors de son second éveil en prenant conscience qu'elle était devenue l'Avatar de Danu, il n'en demeurait pas moins qu'elle avait vécu dans un monde édulcoré durant près de deux millénaires. Elle avait été arrachée à ses racines, à son existence, à ce monde auquel elle aurait dû appartenir.

Pour tout cela, elle avait blâmé Dagda si fort que sa rancune était devenue une rengaine entêtante. Elle aurait pu la rendre simplement folle si Saoirse n'avait pas été là. Elle aurait pu sombrer lamentablement si elle n'avait pas dû demeurer digne et fiable pour son enfant. Dans le fond, Morrigan s'était rattachée à son enfant et à son souvenir, tout autant qu'à son amour et sa rancune. Aujourd'hui, elle se rendait compte que le temps avait fait son œuvre et que l’eau avait coulé sous les ponts, que l'univers lui-même avait connu quelques modifications, à l'instar de ses rouages vacillants.

Par le passé, Dagda avait été un grand Roi ; Il avait été forgé pour la politique, tout autant que Dian Cécht avait été façonné pour la Médecine et Nuada pour la Guerre. Et aujourd’hui.. Aujourd'hui, il était un futur roi à l'esprit démembré par la folie des âges et de la culpabilité. Il semblait que la culpabilité l'avait brisé, pour ne pas dire dévoré de l'intérieur. Il aurait été mensonger de dire que Morrigan n'en retirait pas une certaine satisfaction. Parce que dans le fond, elle estimait qu’elle avait survécu à la mort, à l'absence, au mal.. Alors que lui, n'avait pas supporté son geste. En observant son ancien époux, la Reine Fantôme se rendait compte que Nuada avait raison -encore une fois, ce qui avait le mérite de l'exaspérer-, que la vengeance était inutile, voir totalement futile.. Qu'elle ne ferait que nourrir un cercle vicieux dont ils pouvaient se passer. Le passé devait être enterré et l’avenir ne demandait qu’à s’écrire.

S'arrachant à sa réflexion, Morrigan demeurait fixe, le regard parcourant Dagda tandis qu'elle restait silencieuse devant son état proche de l'agonie. Son cœur n'était pas fait de pierre, non.. Elle n'était simplement pas assez miséricordieuse pour accorder la paix à l'âme du Roi Seelie. Cependant, cette situation gagnait à la rendre mal à l'aise, parce que dans le fond, la satisfaction s'était avérée être un sentiment éphémère alors que la torture de Dagda ne semblait pas trouver de fin. Inspirant alors profondément, elle plissait légèrement les yeux tandis que son visage finissait par se pencher sur le côté.

« Tes mots sont difficiles à accepter.. Je dois l’avouer, tout comme ton attitude peut-être source de malaise pour moi. J'ai souvent imaginé le calvaire que je serais prête à te faire endurer, mais finalement, je me rends compte que cela n'est pas nécessaire. » Le menton se redressait afin de retrouver son axe tandis que son visage signait à la négative juste avant que ses mots ne reprennent. « Je vais avoir besoin de temps, tout comme tu vas en avoir besoin pour te ressaisir, semble-t-il. Si tant est que tu puisses le faire. » Elle en doutait et enchainait aussitôt. « L'éternité est un lourd fardeau en soit, contente-toi plutôt de me voir vivre aux côtés de ton frère. Ce sera une punition suffisante et bien plus juste.. Une fin à l’image du début de notre calvaire respectif. »

La conclusion était là et dans le fond, Morrigan n'était-elle pas la mieux placée pour juger de la punition que méritait Dagda ? Très certainement. D'ailleurs, elle lui adressait un signe de la tête courtois avant de finalement passer le pas de la boutique afin de reprendre son chemin. Elle avait besoin de clarifier ses pensées, de les ordonner. Elle avait besoin de calme. De silence et de solitude.




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MessageSujet: Re: Le bal des spectres ƒ ft. Morrigan   Mar 26 Jan - 9:55
Le bal des spectres

Dagda & Morrigan

Les mots qui franchissaient ces lèvres étaient le reflet de la torture toute personnelle qu’il se faisait à lui-même. Jamais il n’aurait cru sortir ces mots, et sans doute le faisait-il parce que la folie avait arraché son orgueil et sa fierté, et qu’il pensait encore qu’elle était un fantôme, même s’il commençait sérieusement à un douter. A cet instant précis, son esprit était enfermé dans une fièvre puissante, dévastatrice, qui renfermait l’essence même du poison coulant dans ses veines et s’enfermant dans son cœur depuis qu’il avait commis cet acte abominable. Il devrait vivre avec ça sur la conscience jusqu’à la fin des temps. C’était cela sa punition. S’il avait été enfermé, s’il avait été torturé physiquement, si elle avait prit sa vengeance, peut-être aurait-il pu passer à autre chose, mais son âme savait que personne ne l’avait punit pour ce crime qui restait son odieux secret même si tout le monde savait plus ou moins ce qui s’était passé et pourquoi la Reine avait été assassinée. La honte le submergeait encore mais elle n’était rien en comparaison de la torture qu’était sa culpabilité qu’il portait tel un fardeau bien trop lourd à porter.
Les mots qui sortaient de la bouche de Morrigan semblaient lointains, comme des échos, qu’il entendait pourtant. Son âme désoeuvrée percevait ces échos. Il n’y avait nul pardon, mais la promesse d’une absence de punition, comme si elle savait, que ce geste ne pourrait que le soulager. Elle lisait dans son âme et son cœur. Et en l’écoutant, il se demanda si elle n’était pas réellement un spectre. Peut-être était-elle juste le reflet de sa conscience. Un avatar de celle-ci s’exprimant avec des mots qui auraient pu être ceux de Nuada. Son frère. Il avait le cœur lourd en pensant à son frère, ce qu’il avait vécu, dans la cour d’hiver, plus encore, le décès de son enfant, et de la femme qu’il aimait. Il aurait mérité une vengeance de Nuada mais ce dernier n’en ferait rien. Il était bien plus sage que ne le serait jamais Dagda. Danu l’avait épargné de cette colère et de cette jalousie.
L’ancien Haut Roi dégluti péniblement, n’osant regarder Morrigan, son ancienne épouse, la femme qu’il avait aimé, pas aussi fort que Eire, mais il lui portait une certaine tendresse au début de leur mariage. Insuffisante comparé au vrai amour. Insuffisante pour faire de lui un époux convenable. Insuffisante pour l’empêcher de commettre ce geste ignoble. La culpabilité le submergea à nouveau, faisant trembler ses membres comme des feuilles mortes agitées par le vent. Sa carcasse semblait aussi faible et vacillante que celle d’un vieillard au crépuscule de son existence. Et il était immortel. La Reine fantôme avait raison, l’éternité était un lourd fardeau quand on portait une telle culpabilité, et que vous aviez l’impression de n’avoir plus qu’une moitié d’âme dévorée et recrachée. Dagda releva les yeux, timidement, des yeux brumeux, emplis de larmes qui refusaient de couler, et la regarda un bref instant avant qu’elle ne s’éloigne. Vivre avec Nuada. Cela semblait être un rêve. Un spectre. Il était trop enfiévré pour réellement comprendre ces mots et leur sens. Et cependant, sa jalousie avait disparue, et jamais plus il ne la laisserait grandir. La honte en revanche, et la culpabilité, elles étaient bien présentes, et se réveillant en son sein au moindre souvenir de son geste. Il ignorait alors qu’il aurait bien des occasions de la sentir se réveiller en lui.
Fin




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