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 I will never be forgotten with you by my side [Skye]

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SHADOW GIRL ∭ Scato, faut pas la faire chier. La sexy guerrière qui te met le feu.

Skye R. O’Sidheach

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 16/08/2015
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SHADOW GIRL ∭  Scato, faut pas la faire chier. La sexy guerrière qui te met le feu.

MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Dim 10 Avr - 18:03
Brace yourself for all will pay
We'll return from darkness, we'll end you in suffering. Sent by forces beyond salvation, there can be not one sensation. World on fire with a smoking sun, stops everything and everyone. Brace yourself for all will pay. When the sky comes crashing in, we'll go the distance, lead the way to your darkest sin.

Les paroles allaient et venaient. Dans la plupart des cas, elles finissaient dans l'oubli, sans avoir toujours pu être portées par les vents pour se répandre et se disperser à travers le monde et à travers les temps. Parfois, elles demeuraient, mais tronquées, modifiées, peu semblables à ce qu'elles furent, initialement. Parfois glorifiées, parfois minimisées, voire même critiquées et mises au ban, peut-être leur sort était-il tout de même préférable à l'abysse de l'oubli. De trop rares fois seulement, les paroles parvenaient à demeurer ce qu'elles avaient été, inaltérées, pures, directes et franches, résonnant à travers le temps et l'espace, comme entrées au panthéon de l'inaliénable. En réalité, ce qui demeurait surtout, c'était les actes. Les actes comptaient, les actes prévalaient, du moins, suffisamment pour qu'ils soient majoritaires parmi la foule des souvenirs et des héritages au milieu desquels on pouvait voguer et évoluer. Mais eux aussi n'étaient pas à l'abri d'être repris par d'autres, manipuler, façonner pour répondre à une attente, à une propagande, à une doctrine. Pour rentrer dans le cadre, ne pas faire tâche, aller dans le même sens qu'une volonté plus large. Ce qui pouvait s'avérer préférable autant que fatal. De sa propre opinion, Skye pensait qu'il s'agissait de choses qu'il convenait mieux d'éviter, malgré tout. Rêver de gloire et de prestige n'était sans doute en rien répréhensible, dès lors, voir magnifier ce qui n'avait pas été initialement si glorieux pouvait s'avérer être une quête qui vous comblait lorsqu'elle aboutissait. Mais l'Ombre était de ces êtres qui préféraient assumer jusqu'au bout leurs erreurs et leurs approximations, et qui n'appréciaient finalement que peu d'être bousculée, quelque peu désaxée au sein de son propre passé et de son propre cursus honorum. Elle n'était en rien d'une possessivité maladive, mais se voir contredire alors même qu'elle était à l'origine de cet exploit qu'on avait modifié, cela la perturbait un peu, quand cela ne l'irritait pas. Cependant, elle devait en convenir, elle était quelque peu paradoxale. Car se voir associée à Credne ne l'a dérangeait absolument pas. Pas du tout, même. Bien au contraire. Egoïstement, sans doute appréciait-elle de pouvoir être rattachée à un être comme elle, alors même qu'elle-même évoluait finalement assez seule et solitaire, mise au ban dès son plus jeune âge par sa propre famille.
    « Ils trouveront toujours matière à raconter ce qu'ils désirent. Qui sait, après avoir fait de nous des soeurs, peut-être décideront-ils de faire de nous des amants ? Les fantasmes saphiques ont de plus en plus une place de choix parmi leurs dérives psychiques ! Sans parler du fait que nos chevelures vont quelque peu être échevelés ! »
Est-ce que cela lui déplairait ? Non, pas réellement. Sa sexualité était si souvent vectrices de rumeurs, et les humains ne dérogeaient pas à la règle, faisant d'elle, à travers les légendes et mythes qu'ils véhiculaient à son sujet, une praticienne et une préceptrice des choses du sexe. Comme si les Feys avaient besoin qu'on leur tienne la main et qu'on leur explique comment faire et comment agir, à ce sujet là ... Secouant quelque peu la tête, autant en réponse à ses propres pensées que pour déloger les perles d'eau de ses cheveux, Skye entreprenait de se rhabiller progressivement, non sans se tenir que cela serait bientôt au tour de sa tenue de subir un bain complet ! Délogeant également du bout des doigts toute matière humaine qui pourrait former de petits morceaux sur sa tenue, l'Ombre adressa un clin d’œil à sa comparse. Ses lames aussi auraient bien besoin d'un décrassage, mais il s'agissait toujours d'une certaine fierté pour elle que de se balader avec un acier nourri au sang, en quelque sorte. Elle n'avait pas forcément besoin de ça pour s'imposer ou gagner un côté redoutable, mais cela ne coûtait rien, et c'était toujours plaisant pour elle, oui. Mieux vaut trop que pas assez, sans doute ... Cependant, effectivement, il fallait se revêtir, et remettre quelque peu d'ordre dans sa silhouette. Elles n'étaient pas venues jusqu'ici pour obtenir un statu quo, après tout. Pas plus qu'elles n'étaient venues pour se laisser aller à une longue pause de bavardages futiles et esthétiques. Ce n'était de toute façon pas dans leur genre de s'épancher en de telles directions. Relevant la tête vers Credne, tout en tressant certaines mèches de ses cheveux, à la va vite, et à la française, parait-il.
    « Malheureusement pour moi, je ne suis pas dans leur tête pour savoir ce qu'ils trament dans leur esprit, et ils font tant preuve d’ingéniosité pour murmurer et persiffler ... Tu n'es en effet pas la plus dangereuse pour ma réputation, ce qui me convient tout à fait. Je n'ai pas à batailler des heures pour les faire se taire lorsque leur perfidie se veut trop conséquente. Sans vouloir t'offenser, tu n'es pas perçue comme le cerveau politicien ou diplomatique de la Cour Unseelie, sans que cela n'ôte quoi que ce soit à tes qualités et tes compétences, et sans que cela ne ternisse ta réputation. Disons que, si l'on devait calquer l'exemple à mon propre cas, on dira de moi que je ne suis en rien associée à la manipulation et aux ambitions maritales ! »


They'll know my name
As I walk through the flames of burning lands, my feet are torn to strands. I will not thirst. As I cross the raging sea, waves are crashing over me. They drag me down, but I will not drown. They'll know my name, after the storms are passing through. They'll know my name, when they've forgotten all about you. And I shall rise, again and again. Oh well I shall rise. Again and again.

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THE UNSEELIE BLACK-SMITH ∭ Néné, l'Omnivore qui dévore tout, même ta main.

Blodwyn E. Tyronoe

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THE UNSEELIE BLACK-SMITH ∭  Néné, l'Omnivore qui dévore tout, même ta main.

MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Lun 11 Avr - 21:52
I will never be forgotten with you by my side
ft. Skye & Blodwyn.

Matière, oui, c’était bien le mot. C’était ainsi que les Humains appelaient les histoires qui formaient les fondements de leurs légendes. Les trouvères voisins des îles anglo-saxonnes appelaient bien cela la matière de Bretagne. Et leurs chansons n’étaient faites que d’exploits héroïques, de miracles attribuables à leur dieu unique et tout puissant qui avait pris tant d’ampleur jusque dans les campagnes les plus profondes désormais, sans pour autant qu’ils ne cessent d’en appeler aux anciennes divinités païennes, d’en appeler à eux, sans le savoir, eux, les Feys. On disait qu’il y avait toujours un fond de vérité dans toute histoire qui se respectait et ce n’était pas un hasard. Combien de leurs contes et de leurs mythes trouvaient leurs origines dans les actions d’un Fey dont eux, simples mortels, avaient été témoins ? Ce qui leur était naturel il y a des centaines d’années se transformait désormais une fois sur deux en un miracle à leurs yeux englués par leur religion nouvelle, et cela se répercutait dans leurs écrits et leurs paroles. Soit, c’était là un monde mouvant, en transition, et de toute façon, les Feys eux-mêmes de manquaient pas de troubadours immortels qui appréciaient tout autant que les Humains raconter des histoires, et le fait qu’ils étaient eux-mêmes des Feys ne les dispensaient pas de raconter parfois n’importe quoi, ou d’exagérer leur témoignage, de l’agrémenter de petites touches personnelles, voire fantasmagoriques. C’était précisément le cas pour tous les textes ayant jamais été écrits sur Scáthach et elle, ou pour toutes les chansons jamais scandées au coin du feu de génération en génération. Comme Scáthach le disait elle-même, il semblait que leur imagination n’avait aucune limite dès qu’il s’agissait d’ajouter un épisode à leur légende. Un sourire se dessina sur les lèvres de Credne alors que son amie évoquait l’idée que le prochain chapitre de leur histoire commune serait probablement sexuel ou ne serait pas. C’était vrai qu’elles avaient été relativement épargnées de cela jusqu’à présent et que pas grand-chose n’arrêtait les fantasmes du Fey ordinaire : en la matière, son peuple n’était pas bien différent des Humains, il était même plus libéré, plus à l’aise avec le sujet, surtout quand on parlait d’une relation entre deux femmes, ce que les mortels n’osaient même pas imaginer – du moins plus en public maintenant que c’était un… comment disaient-ils ? Un péché…

« Si cela devait arriver, ce ne serait pas de mon fait ! Je n’ai pas la réputation d’être très chaleureuse, à la ville comme à la chambre. »

Eh bien, c’était probablement ce qu’elle gagnait à jouer les ermites dans sa forge et à accueillir quiconque venait la trouver par de grandes claques fraternelles dans le dos, des chopes d’hydromel ou au contraire, des grognements colériques quand la forme n’y était pas. Elle s’était forgée une image de Sidhe plus froide encore que la moyenne, une image qui n’était peut-être pas si éloignée de la vérité. Elle secoua imperceptiblement la tête, bien consciente d’avoir déjà quelques siècles sans pour autant savoir ce qu’était ce fameux amour dont tout le monde parlait, et encore moins le Grand Amour. Mais ce n’était pas du tout de cela dont il était question ici, non, il s’agissait de considérations plus terre à terre, plus charnelle, quelque chose de pas bien compliqué et qui justement s’envisageait plus facilement avec un être connu et apprécié, du moins du point de vue de Credne. Cela, oui, elle connaissait, sans pour autant y avoir jamais trouvé de l’intérêt. Le chemin devant elle s’élevait vers le ciel à mesure qu’elles remontaient la falaise. Et les paroles de Scáthach lui arrachèrent un rire joyeux et surpris. Elle, pas le cerveau politicien ou diplomatique ? C’était un euphémisme ! Elle était la première à le reconnaître, et à le clamer bien haut également, malgré tous les ennuis que cela pourrait lui apporter : les affaires de la Cour ne l’intéressaient pas, c’est tout.

« Est-ce que tu sous-entends que quand je suis avec toi, nous n’avons rien de menaçant aux yeux de toutes ces sangsues de la Cour ? Eh bien, je crois que je le prends comme un compliment. Si cela peut t’aider, je te laisserai aussi souvent que possible paraître en public aux côtés de l’idiote du village ! »

Oh, Danu, cette idée était si amusante ! Et absolument pas un sujet sensible ou de vexation pour Credne. Non, elle n’était pas douée pour la politique, elle n’aimait pas ça, cela la faisait bailler, elle ne connaissait pas trois noms des gens les plus nobles de cette Cour, n’avait probablement croisé David qu’une seule fois, de loin, de dos, même. Elle savait très bien qu’elle n’était pas appréciée pour sa sensibilité à la diplomatie, et alors ? Elle se forgeait, c’était le cas de le dire, petit à petit, une réputation autrement plus intéressante pour elle, celle d’une artisane hors pair et d’une guerrière de renom, et cela lui suffisait amplement, car c’était ainsi, en se tenant à l’écart de la chose politique, qu’elle avait gagné sa tranquillité. Elle secoua la tête, encore secouée par les échos de son fou rire, et elles parvinrent au même moment au sommet de la falaise.

De retour sur le champ de bataille qu’elles avaient quitté alors que les échos de la bataille résonnaient encore. Désormais, un silence de mort régnait, de mort parce que le sol était recouvert de cadavres, amis ou ennemis. Les armées s’étaient retirées, chacune dans son camp pour lécher ses plaies, et n’avaient pas encore envoyé des hommes récupérer ses morts et ses blessés. Credne poussa un soupir et entreprit de trouver son chemin entre tous ses corps, direction leur campement.

« Sommes-nous si nombreux que nous pouvons nous permettre de mourir en si grande quantité ? » grogna-t-elle.

Eh bien, il y avait encore peu de temps, elle pourrissait sur place dans une grotte, mais elle avait quand même eu le temps d’apprendre que les enfants n’étaient pas légion chez les Feys.

 


of blood and fire

Though I am old with wandering through hollow lands and hilly lands, I will find out where you have gone, and kiss your lips and take your hands ; and walk among long dappled grass, and pluck till time and times are done the silver apples of the moon, the golden apples of the sun. —texte : yeats / code : ellaenys.
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SHADOW GIRL ∭ Scato, faut pas la faire chier. La sexy guerrière qui te met le feu.

Skye R. O’Sidheach

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Sam 30 Avr - 1:40
Brace yourself for all will pay
We'll return from darkness, we'll end you in suffering. Sent by forces beyond salvation, there can be not one sensation. World on fire with a smoking sun, stops everything and everyone. Brace yourself for all will pay. When the sky comes crashing in, we'll go the distance, lead the way to your darkest sin.

Le sexe, la sensualité et les choses de la chair n'avaient pas grand chose de tabou pour les Feys. Pour eux, c'était aussi naturel que de respirer. Mais certains embrassaient moins que d'autres ces facultés et aisances naturelles. D'autres devaient être un peu moins doués, comme moins expérimentés, moins aventureux, ou moins éhontés. Ils n'osaient pas, ou restaient dans le conventionnel. Enfin, quelque chose comme ça ... Sans parler des cas d'affaires autour de l'identité ou de l'obédience de vos compagnons de couche. Scáthach ne faisait pas réellement de distinction, entre Seelies, Unseelies, ou membres de la Haute-Cour. Pas plus qu'entre hommes ou femmes, d'ailleurs. Elle avait, bien sûr, ses préférences, et certains Feys n'avaient pas forcément ses faveurs. Mais en dehors de ça ... En dehors de ça, elle se permettait quand même de choisir, de faire son tri. Elle ne s'allongeait tout de même pas pour tout le monde, sans parler du fait qu'elle n'était pas forcément celle qui s'allongeait ! Parler de tout cela avec Credne n'avait rien de déplacer à ses yeux, mais, bon, tout de même, elles n'étaient pas exactement là pour se lancer dans de telles discussions. Mais, malgré tout, fidèle à elle-même, la Guerrière ne pouvait s'empêcher de commenter les dernières paroles de son amie, d'un ton se voulant piquant, mais pas incisif ou belliqueux.
    « Ce serait sûrement de mon fait alors ! Ma réputation est absolument toute autre ! Tu sais que, selon les humains, je suis une grande prêtresse du sexe, qui a déniaisé un bon paquet des meilleurs guerriers ? D'ici à ce qu'ils te collent dans mes bras dans l'optique que je fasses de toi une reine du sexe ! Tu imagines, dans la chaleur de ta forge, avec la sueur qui glisse sur nos courbes ... »
D'une certaine façon, Scáthach n'avait que faire de ce que l'on pouvait bien dire sur son compte. En apparence seulement, peut-être, mais les apparences ne constituaient-elles pas une part essentielle de ce qu'était la fierté et l'orgueil des Sidhes ? Il devait y avoir bien des malédictions figuratives qui couraient sur son compte, et peut-être aussi véhiculait-elle quelques fantasmes. La nudité et l'anatomie n'avaient rien de concepts qui la faisaient rougir, dès lors, elle se permettait de plaisanter sur le sujet, et, pour le coup, cela englobait Credne. Credne qui n'allait tout de même pas s'effaroucher de tout cela, n'est-ce pas ? Elles se connaissaient suffisamment bien pour pouvoir pleinement être elles-même en présence l'une de l'autre. Cela faisait du bien, que de ne pas se sentir jugée, ou finement observée à la loupe pour se voir scruter de tous les côtés. De toute façon, non, elle ne fantasmait en rien sur le corps de son amie, de façon perverse ou dépravée. Et même si c'était le cas, la seule à même et à raison de s'en plaindre et de lui casser les deux genoux pour une telle bravade, c'était Credne, elle et elle seule.
    « Attention Credne, je n'ai jamais dis qu'ils te prenaient pour l'idiote du village, ou qu'ils n'ont jamais aucune crainte lorsque nous sommes ensembles, mais simplement qu'ils ne se montent pas la tête autour d'histoire d'usurpation de pouvoir ou de régicide ... En revanche, ils se font bien des histoires sur des tas d'autres sujets ! Tu n'es pas la plus sociable et la plus mondaine des Sidhes, et ils pensent toujours que je leur cache des choses. Je suis l'Ombre, les Ténèbres, tout ça tout ça ! Alors ... Alors, ils ne savent jamais de quoi nous parlons et ce que nous faisons ensembles, et cela les perturbe, et les fait parler. Beaucoup. Trop, même. Mais, oui, s'il te plait, ne cessons jamais d'être en présence l'une de l'autre ! »
Et ce même si leurs rencontres ne s'effectuaient pas forcément au sein des contextes les plus pacifiés et favorablement plaisants à voir et à ressentir. Certaines personnes s'effrayaient du sang, des substances corporelles et de tout ce qui pouvaient engendrer leur afflux et leur présentation à ciel ouvert. La sueur, la boue, la salissure, les chairs éventrées, les organes à découvert, l'odeur de la mort, tout ça les débectaient purement et simplement, quand cela ne les faisait juste pas faire dans leur pantalon. Ils acceptaient les avantages que pouvait apporter la guerre et en repoussaient au loin tous les inconvénients. Ils fermaient les yeux sur le moyen et ne se focalisaient que sur le résultat. Quand ils ne vous tombaient carrément pas sur le dos. En fait, peut-être qu'il fallait de tout pour faire un monde. Mais il ne viendrait jamais à l'idée de la Guerrière de cracher sur ceux qui avaient fait de la diplomatie leur principal cheval de bataille et leur crédo majoritaire. Elle les critiquait, certes, mais pour de bonnes raisons, à ses yeux, et elle ne les mettait pas tous dans le même panier. Au moins comprenait-elle l'intérêt de leur tâche et ne les dénigrait-elle pas. Oui, il fallait de tout pour constituer une Cour saine, équilibrée, capable de fonctionner et de perdurer dans le temps sans avoir à s'excuser de ses faiblesses et avoir à dissimuler ses failles de peur qu'on ne s'y engouffre. Qu'on s'y engouffre pour quoi faire d'ailleurs ? C'était là des questions qu'elle laissait de côté, maintenant que ses pas et ceux de Credne les avaient toutes deux menées face à ce champ de bataille dont elles s'étaient éclipsées il y avait quelques temps seulement. Le spectacle n'avait que peu changer, et pour cause. Aux dernières nouvelles, on ne revient pas parmi les vivants une fois que l'on est mort, en tout cas, pas en tant qu'un être identique en tous points à celui que l'on était avant de trépasser. Les premiers oiseaux charognards avaient déjà commencé leur office avant qu'elles n'aillent se faire un brin de toilette, et ils étaient encore plus en nombre, maintenant que le bruit des armes et des combats s'était définitivement tu. Il n'y avait certainement plus de grands espoirs pour les derniers agonisants, et peut-être que si elle avait été seule, la Guerrière se serait sentie de passer le temps en aidant les derniers êtres mortellement blessés à quitter ce monde, pour leur apporter une paix qu'ils sentaient douloureusement leur être offerte, mais qu'ils trouvaient longue et pénible à venir. Il n'y avait plus de raison de lever le bouclier et de crier à la différence, aux griefs et aux vielles rancœurs. A ses yeux, tous s'étaient battus, et tous méritaient d'être respectés, maintenant qu'ils étaient tous à égalité devant la mort, et qu'il n'y avait plus d'espoir pour eux dans ce monde là.
    « Tu me connais, je n'ai jamais dissimulé mon penchant pour les combats et l'art de la guerre ... Mais je préfère de loin abattre des mortels plutôt que de lever mes épées contre mes semblables. ... Peut-être y a-t-il quelque folie belliqueuse et fratricide dans nos veines, qui sait ... Nous parvenons encore à éviter un conflit total et général entre Seelies et Unseelies, sans doute est-ce là l'essentiel, pour l'instant. Mais il est vrai qu'avec la chute progressive et perpétuelle du taux de natalité, nos effectifs ne peuvent que s'amenuiser. Si c'est un bon point pour qui veut forniquer sans crainte de mettre au monde un enfant qui nous relierait à un être avec lequel on ne partage qu'un talent pour le sexe et la jouissance, c'est un point négatif pour la survie des nôtre ... »


They'll know my name
As I walk through the flames of burning lands, my feet are torn to strands. I will not thirst. As I cross the raging sea, waves are crashing over me. They drag me down, but I will not drown. They'll know my name, after the storms are passing through. They'll know my name, when they've forgotten all about you. And I shall rise, again and again. Oh well I shall rise. Again and again.

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Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Mer 4 Mai - 20:54
I will never be forgotten with you by my side
ft. Skye & Blodwyn.

L’avantage d’être Fey, c’était que le sexe sans lendemain était plus qu’une simple utopie. La conception de la sensualité chez leur peuple était facile, libérée, sans aucune inhibition. La chose était probablement plus facile quand on ne subissait pas le joug d’une religion unique telle que les Humains étaient en train petit à petit d’expérimenter, dans laquelle ils s’enfermaient de façon visible. Chez eux aussi, à une époque, le sexe avait été facile, ou du moins pratique. Maintenant, les choses évoluaient. Credne ne doutait pas une seule seconde de l’image de femme sensuelle et féminine que renvoyait son amie. Il suffisait de regarder Scáthach pour être soi-même quelque peu secoué. Il y avait autant de Feys que de différences, dans leur peuple, de sorte que jamais Credne ne s’était sentie menacée ou intimidée par son amie, admirant au contraire la façon qu’elle avait de manier une épée tout dégageant une telle aura de féminité. La forgeronne, comme tous les feys, probablement, avait à peu près tout connu dans les limites de ses propres préférences – il y en avait probablement pour coucher avec des Gobelins, après tout – mais de façon générale, ne se sentait pas plus que ça très féminine, ni n’avait cherché à l’être de toute façon. Ce n’était d’ailleurs pas un hasard si elle adorait se balader dans le monde des Humains avec un Glamour d’homme sur elle, ou du moins androgyne, et si les statues que les mortels avaient élevées à son effigie étaient masculines. Credne, dieu des forgerons, voilà comment on l’adorait, ce qui l’amusait grandement, cela dit. Forcément, la Cour était le lieu de tous les vices et de tous les jeux sensuels, mais la Cour était le centre de tout, pas que de cela. Et l’image invoquée par Scáthach lui arracha un rire clair. Il pourrait y avoir pire, comme idée, et comme tout ce qui concernait sa réputation, au fond, cela lui était égal. Si ce n’est que ça compliquerait fortement, dans les histoires, leur relation fraternelle !

« Pour cette dernière partie, au moins, tu n’as pas tort, nul besoin de forcer l’imagination… »

Eh bien oui, c’était vrai qu’elle transpirait dans sa forge et qu’elle accueillait parfois les clients en enlevant son tablier en cuir, captant leurs regards qui se posaient sans se dissimuler sur sa tunique trempée. Elle avait une poitrine, elle le savait, ils le savaient, tout le monde le savait, et alors ? De toute façon, de ce côté-là, elle était tranquille, elle aurait pu se balader toute nue dans les couloirs de la Cour que personne n’irait lui accoler une réputation sulfureuse. Juste de mal élevée, probablement. D’ailleurs, elle rassura Scáthach d’un sourire. Bien sûr, elle exagérait quand elle clamait qu’on la voyait comme l’idiote du village. Sa véritable réputation, elle le savait, était plutôt pointue : forgeronne et guerrière. Mais pas facile d’accès, également, et surtout, élevée chez les Gobelins. C’était ce dernier point qui avait froissé quelques visages. Elle était censée être Sidhe, après tout, et ce concept ne s’accordait pas vraiment avec le peuple des cavernes. Si Credne avait été du genre à participer au grand jeu de la politique, elle se serait probablement réjouie de cette image, s’en serait servie pour endormir la méfiance de ses adversaires. Elle espérait d’ailleurs que Scáthach en jouait elle-même, mais c’était forcément le cas, elle était habituée. Une réputation, surtout quand elle était mauvaise, était une force que l’on pouvait facilement retourner contre les plus crédules.

Elles traversaient désormais le champ de bataille, trouvant des chemins de traverse entre les cadavres. Sans pouvoir s’en empêcher, Credne analysait d’un regard vif ce qu’elle voyait : tel soldat aurait pu survivre à sa blessure si son armure avait protégé son aisselle, tel autre portait un casque qui n’était pas à sa taille, alors qu’il était si vital que le métal de guerre épouse les formes d’un corps à la perfection. Telle lame ébréchée semblait pleurer sa souffrance, telle autre, brisée, agonisait aux côtés de son propriétaire, ultime voyage à deux.

« Nous sommes semblables sur ce point. Ce spectacle me désole, mais mes nuits seront calmes. Je vois dans la guerre le moyen pour une civilisation de s’améliorer. Cela me donne quelques idées pour mon travail… »

Oui, des idées intéressantes. Améliorer les armes et les armures ne participeraient clairement pas à empêcher les guerres, au contraire, mais là n’était pas le but de Credne, loin de là. Et en attendant, sa propre armure était abrasée, enfoncée, mais pas brisée, et ses lames étaient plus acérées que jamais. Elle leva le nez vers les premières tentes du campement, signe qu’elles touchaient au but. Cette rencontre était, somme toute, une vraie joie et une bouffée d’air frais, de quoi repartir sur de bonnes bases, et la forgeronne hocha la tête amusée en guise de conclusion aux paroles de Scáthach.

« Eh bien, en termes de réputation, je ne suis pas sûre que ce soit de nous qu’on attente le renouveau générationnel. Pour ma part, du moins, j’en suis sûre, je n’ai pas de petits soldats à offrir à la prochaine cause de notre Roi, quelle qu’elle soit. »

L’idée ne lui avait même jamais traversé l’esprit. L’amour, ça oui, bien sûr. Mais ce dernier semblait destiné à n’être qu’à sens unique, et là-dessus, la forgeronne était catégorique : elle ne ferait pas don de son corps à la maternité par seul devoir. Elle en faisait déjà assez, en guise de devoir. Bien sûr, il n’en allait peut-être pas de même de son amie, de sorte qu’elle n’émettait là qu’un avis personnel et non pas général.

 


of blood and fire

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Jeu 26 Mai - 23:15
Brace yourself for all will pay
We'll return from darkness, we'll end you in suffering. Sent by forces beyond salvation, there can be not one sensation. World on fire with a smoking sun, stops everything and everyone. Brace yourself for all will pay. When the sky comes crashing in, we'll go the distance, lead the way to your darkest sin.

Certains concepts lui avaient parus, comment dire ? Un peu étranges. Un peu abusifs, même, parfois. Peut-être raisonnait-elle ainsi de par son caractère propre. Ou peut-être était-ce dû à la teneur et à la nature de ses primes années. Elle n'avait pas été immédiatement immergée dans tout ce protocole, dans toutes ces règles de conduite et de comportement. Elle avait, certes, eu un cadre, et s'était faîte taper sur les doigts à plusieurs reprises lorsqu'on avait estimé qu'elle dépassait certaines sacro-saintes limites. Elle se souvenait encore d'avoir vu débarquer sa génitrice en furie lorsqu'elle avait un jour décidé de se couper les cheveux d'un coup de lame. Pour sa défense, certes, elle avait bien remarqué une certaine fascination pour sa longue chevelure et la beauté de celle-ci, de la part des Feys vivant auprès d'elle sur l'Ile de Skye, mais elle n'avait pas exactement fait le rapprochement avec quoi que ce soit. Comment aurait-elle pu, ignorante de l'enjeu plutôt que de la coutume ? Il y avait eu trop de sang coagulé dans ses cheveux, et pas assez de patience dans ses veines pour qu'elle prenne le temps de bien démêler sa chevelure. Alors, elle avait tout coupé, ou presque, perdant au moins 15 jolis centimètres de longueur. D'où la furie de sa chère génitrice, le genre de truc à lui faire passer l'envie de recommencer de si tôt. Des parents, elle n'en avait jamais eu. Des géniteurs, plutôt, et encore. Alors, pourquoi auraient-ils été doux et compréhensifs ? Pourquoi l'auraient-ils ménagée ? Sa génitrice n'avait pas le temps pour des visages qui pleurent trop, déforment les traits et font couler le maquillage. Son géniteur n'aurait, quant à lui, jamais tolérer qu'elle soit trop innocente, prude et réservée, trop effrayée et trop peu aventureuse et aventurière. Dans un cas comme dans l'autre, ils souhaitaient, ou plutôt exigeaient d'elle plus ou moins la même chose, mais pour des raisons différentes. Et dans les deux cas, elle avait fait comme ils avaient dit, par obligation, mais aussi par agrément, car, au final, savoir se battre, rester droite et fière, ne pas se laisser aller aux sentiments plus que de raison, cela lui avait plutôt plu. Pour ce qu'elle en savait ...

D'une certaine façon, chacun d'entre nous était celui qu'on avait voulu que l'on soit, ou, par aversion, celui qu'on avait toujours refusé que l'on soit. D'une façon ou d'une autre, autrui laissait sa marque et son empreinte sur nous. Et autrui se permettait aussi de vous juger, de vous catégoriser, de créer sur vous des rumeurs et des racontars. Et, au final, au final, c'était comme avec les chiens : plus vous les nourrissiez, plus vous les engraissiez ! Enfin, tout ça tout ça, en somme ... En somme, aussi, toutes deux s'étaient éloignées pour se décrasser un peu, au sens propre plutôt qu'au sens figuré, et si leur petit plongeon dans les eaux marines avait pu faire son effet, il n'en demeurait pas moins que leurs habits étaient encore sales et un peu collants. Sans parler de leur état. Leurs armures n'étaient pas exactement inefficaces et bonnes à jeter, maintenant, mais elles mériteraient tout de même un sacré coup de restauration et de réparation. Quant au sol sur lequel elles marchaient, l'environnement au sein duquel elles revenaient à évoluer, là aussi, ils restaient des facteurs capables de défaire l'efficacité de leur brin de toilette. Elles devaient veiller à là où elles mettaient les pieds, et encore ... Il fallait aussi pour elles regarder là où elles allaient, et c'était une sorte d'équilibre à devoir atteindre. Ici comme ailleurs. Si Credne semblait pouvoir espérer dormir sur ses deux oreilles sans craindre de voir ses songes se peupler de noir et de sang, Scáthach pouvait assez aisément en dire autrement ... Certains des morts qu'elle avait aidée à partir avaient des visages continuant de quelque peu la hanter ... Sans parler des nuits qu'elle avait déjà pu passer à subir la régénération de son corps après des blessures plus que simplement superficielles. Sentir ses os reprendre leur place et se reconsolider, cela faisait un mal de chien ... Surtout quand il y avait alors nécessité pour des organes internes de eux aussi regagner leur place originelle et attitrée ... Dans des cas comme ceux-ci, vous ne pouvez pas exactement chercher à adopter une position qui vous ferait moins souffrir et vous serait plus agréable, à la fois pour dormir que pour endurer, en attendant que le temps et la régénération fassent leur effet ! Veillant à bien repositionner et resserrer l'harnachement autour de ses épaules et dans son dos qui lui permettait de bien accrocher les fourreaux où se devaient de se loger ses deux épées, elle offrait un petit sourire cynique et amusé aux paroles de la Forgeronne.
    « Pour ma part, j'ai donné ! Avec suffisamment d'application, je pense. Que ce soit dans le pedigree et la qualité des pères que dans le rendu final ! ... Non, plus sérieusement, ils sont grands, maintenant, et certains ont déjà donné le jour à la nouvelle génération. Même si cela fait plusieurs décennies de cela, maintenant. La fertilité s'éteint partout ! ... David n'a pas encore eu l'idée farfelu d'ordonner à tous de copuler chaque soir avec un partenaire différent jusqu'à ce que naissance s'en suive. D'ici à ce que Lizabeth ou Orel s'emparent de l'idée ! ... Fais gaffe à tes fesses, quand même ! »


They'll know my name
As I walk through the flames of burning lands, my feet are torn to strands. I will not thirst. As I cross the raging sea, waves are crashing over me. They drag me down, but I will not drown. They'll know my name, after the storms are passing through. They'll know my name, when they've forgotten all about you. And I shall rise, again and again. Oh well I shall rise. Again and again.

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Dim 29 Mai - 11:45
I will never be forgotten with you by my side
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Scáthach mère de famille. Enfin, biologiquement parlant. Point de repas en famille le dimanche, de biscuit cuits sur le feu de bois, d'histoires racontées le soir aux petits pour les endormir... La mère de famille en ce moment même brandissait son épée et écharpait l'ennemi. Il n'y avait rien de choquant à cela, ils vivaient tous dans une société qui ne s’émouvait pas de voir les femmes prendre la place des hommes. Ce n'était pas comme chez les Humains où la femme se définissait justement par sa capacité et surtout son devoir à enfanter. Bien sûr, ici aussi, donner des enfants à Danu était en quelque sorte un devoir, enfin ça l'était depuis quelque temps. Après tout, si la fabrication restait la même, il n'était pas si simple pour deux immortels d'assurer une descendance. L'amour ne suffisait pas, l'enfant n'était pas synonyme d'amour et il était rare que les deux soient conciliés, en vérité. Mais au-delà de ces considérations, tous et toutes étant libres, pour l'heure, de s'amuser comme ils l'entendaient, il n'était pas étonnant que Scáthach ait semé quelques enfants ici ou là. Le fait que lesdits enfants soient déjà des adultes accomplis et autonomes dont elle avait peut-être même déjà perdu la trace, de façon naturelle ou pas, renforçait l'idée qu'aux yeux de Credne, son amie était véritablement une femme accomplie. Elle-même ne ressentait cependant aucune pression de ce côté là, c'était la beauté de la chose. Les inconnus qui lui avaient brièvement servi de parents auraient-ils été dans le coin que cela aurait peut-être été différent. Née dans une noble famille Sidhe, si elle y avait été élevée, sans jamais sortir de la Cour, nourrie de l'étiquette, de la politique et du devoir des plus puissants, peut-être aurait-elle déjà été la mère d'une dizaine de petits Sidhes qui auraient fait sa fierté. A tout malheur quelque chose était bon, en quelque sorte.

« C'est une idée farfelue, effectivement, et un peu dérangeante, si tu veux mon avis. »

Mais n'avait-on pas vu pire, à la Cour ? Credne imaginait les soirées fertilité organisée par la royauté, copulation en série jusqu'à ce que naissance s'ensuive, et hop, au suivant ! Le pire était que c'était là une idée pas tout à fait irréalisable aux yeux de Lizabeth, probablement, puisqu'un peu de folie aurait suffi à la mettre en œuvre. La forgeronne aurait bien prétendu qu'elle aurait préféré fuir la Faërie que se retrouver à participer à ce genre de petite sauterie, si on peut dire, mais le devoir était le devoir, non ? Aussi répugnant que cela lui paraisse, quand un roi ordonnait, que ce soit d'aller faire la guerre ou d'enfanter, il fallait obéir. Lever l'épée ou la cuisse, après tout, quelle différence ? Tant que le sentiment ne s'en mêlait pas. Mais bizarrement, Credne trouvait l'une de ces deux idées bien plus révoltante que l'autre. Eh bien elle était une femme, c'était bien normal, et il n'y avait aucune honte à se sentir assez femme pour trouver dégoûtante l'idée de devoir se reproduire par obligation.

« Je garderai mes fesses à coups d'épée, n'aie crainte. Il n'est pas venu le temps où la situation est assez grave pour en arriver, en tout cas je l'espère. Et puis ça irait à l'encontre de tout ce que nous sommes et de tout ce que la Déesse a fait de nous... »

Elles croisaient des gens désormais, qui à leur passage s'inclinaient ou les saluaient d'un geste plus ou moins appuyé de respect. Credne pouvait lire le respect dans leurs yeux, l'admiration parfois, la curiosité souvent. Parfois le ressentiment. peu importait leurs motivations. En les balayant du regard, elle ne pouvait que songer qu'aucun d'eux ne semblait assez bien pour se reproduire avec qui ce soit !

« Pour l'heure, notre Haut-Roi semble plus attaché à ôter la vie qu'à la créer, et cela me convient très bien ainsi. Mais je dois avouer être curieuse de connaître tes enfants et surtout le ou les hommes que tu as choisis pour leur donner la vie. »

Quel Fey, dans ce monde, serait-il assez fort, assez grand, assez respectable même pas elle, pour convenir à Scáthach et lui donner des enfants ? Ou bien peut-être y avait-il de l'amour là-dessus ?



 


of blood and fire

Though I am old with wandering through hollow lands and hilly lands, I will find out where you have gone, and kiss your lips and take your hands ; and walk among long dappled grass, and pluck till time and times are done the silver apples of the moon, the golden apples of the sun. —texte : yeats / code : ellaenys.
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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Dim 5 Juin - 1:58
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D'une certaine façon, à mesure du temps, Scáthach avait changé, évolué, grandi et mûri, aussi. C'était sans nul doute ce qu'on attendait d'elle et de tous, en réalité. Qu'ils s'adaptent, qu'ils ne restent pas d'éternels naïfs crédules de tout et de n'importe quoi. Seulement ... Seulement, Scáthach elle-même reconnaissait qu'elle avait changé, sacrément changé, même, par Danu ! Elle avait commencé son existence d'une si étrange façon, alors, peut-être qu'après tout, tout le reste n'était que suite logique. Sans jamais avoir délibérément cherché à être différente, et à le demeurer, il lui apparaissait tout de même évident que, malgré elle, elle l'avait été et l'était encore aujourd'hui, tout comme elle le serait probablement encore demain. Il n'y avait pas forcément à chercher très loin dès lors que l'on se mettait en tête de vouloir la déprécier ou se méfier d'elle. Après tout, ce n'était pas très joli joli, de faire ce qu'elle faisait si régulièrement, que ce soit au nom du Haut-Roi ou non. Certains d'entre eux étaient si prompts à la juger et à la regarder d'un sale œil, en se focalisant sur l'être qu'elle pouvait sembler être, sans se normaliser plus que ça du fait que, peut-être, si elle était devenue celle qu'elle était devenue, c'était parce que tout avait un prix. Elle ne regrettait en rien d'avoir accepté de s'engager sur la voie que lui proposait David, mais, clairement, à l'époque où tout ceci avait commencé, sans doute ne se doutait-elle pas exactement du prix qu'elle aurait à payer, des sacrifices qu'elle aurait à faire. On ne se balade pas au milieu des champs de bataille, entourée de macchabées et d'être en passe de le devenir, sans sentir peu à peu votre santé mentale se déliter en petits morceaux. On ne flirte pas si régulièrement avec la Mort sans verser quelque peu dans le cynisme et la noirceur. On ne la surnommait pas l'Ombre par hasard, après tout, quoi que cela ait également un rapport avec son identité. Comme si ses chers géniteurs avaient eu vent de celle qu'elle deviendrait ... A moins qu'il n'y ait prédestination, et que votre identité vous modèle ne serait-ce qu'un peu dès le début ? La principale concernée ne s'attachait pas à de telles considérations. De ses géniteurs, il ne restait plus que sa mère, vu comment on avait massacré son père, et la Seelie ne lui avait jamais tendu la moindre main pour lui signifier qu'elle était enfin prête à la reconnaître comme étant sa fille, et prête, aussi, à enfin jouer son rôle de mère. Si tant est qu'il existe réellement un comportement maternel type ! Scáthach elle-même était la preuve vivante, s'il en fallait, qu'être mère, cela signifiait tant de choses et rien du tout à la fois ... Qu'il n'existait pas de comportement type, ni même un réel guide, ou une suite logique d'étapes à franchir, de raisonnements à adopter.
    « Qui n'est pas un peu dérangé en ce monde ? La Faërie, ça rend un peu détraqué, à la longue, non ? »
Détraqué, oui, c'était sans doute là un terme des plus appropriés. Mais d'une certaine façon, sans doute était-ce plus rationnel ainsi. A moins de rester éternellement enfermé au sein d'un Sithin, il est plus qu'évident qu'il est impossible de rester imperméable aux aléas et évènements. A moins de ne jamais faire aucune rencontre et de se murer dans son propre soi intérieur, de ne prendre aucun risque, de ne rien faire du tout, on en vient forcément à être déçu, à se sentir trahi, dégoûté, lassé ou épuisé. Pas à chaque instant, fort heureusement, mais de temps en temps, et c'est sans doute suffisant pour virer un peu parano, désaxé ou irrationnel, de façon régulière ou temporaire, mais quand même un peu. Et comme il n'existe aucun tabou concernant la sexualité, et bien, allons-y gaiement, n'est-ce pas ?! En tout cas, du côté de la Guerrière, il n'y en avait absolument aucun, de tabous, et elle n'était en rien une jeune fleur virginale et encore rougissante qui n'oserait jamais ô grand jamais faire la moindre allusion ou plaisanterie tournant autour de la sexualité et des plaisirs de la chair ! Son corps, sa nudité et ses courbes, elle se les était rapidement appropriée, dès toute petite. Sans doute consciente qu'il y avait un enjeu important, qui se situait là. Son corps avait assez rapidement attirer les regards des Feys chargés de la surveiller pour le compte de ses géniteurs. Sans doute parce qu'elle avait rapidement eu plus de poitrine que certaines comparses Sidhes, ou parce qu'elle était grande, pour une femme, et surtout en comparaison de ces Feys qui n'étaient pas de sa caste, ou pour toute autre raison, d'ailleurs ... Certains diraient qu'elle avait pour habitude de se trimballer quasiment nue régulièrement. Elle leur rétorquerait alors, sans se démonter, qu'elle prenait tout de même la peine de revêtir une armure sur les champs de bataille, et qu'elle restait quand même toujours habillée en public ... Elle n'avait juste pas besoin de s'arnacher d'armures encombrantes et pesant trois tonnes, parce qu'elle savait vous dégommer la tête à coups d'épée avant que vous n'en veniez à la blesser sérieusement. Et elle n'avait pas envie de se planquer derrière du tissu supplémentaire juste pour convenir à qui que ce soit ! Présentement, effectivement, elle sentait bien tous ces regards s'attarder sur Credne et elle, mais elle ne leur accordait aucune importance. Les pensées vicieuses et perverses que certains d'entre eux pouvaient avoir resteraient toujours ça, des pensées, des fantasmes inachevés. Elle ne lisait pas dans les pensées, Scáthach, et à moins de leur mettre une trempe à tous, tout autant qu'ils étaient, par mesure de précaution et parce qu'aux grands maux les grands remèdes, et bien les choses devaient rester telles qu'elles étaient maintenant. De toute façon, la liberté de pensée, c'est nécessaire, non, tant qu'il n'y a pas passage à l'acte, hmm ? De toute façon, dialoguer avec Credne était nettement plus intéressant !
    « Cela me convient aussi. Mon corps est à moi, merci bien, je m'offre pas à n'importe qui ... Et David n'étant pas comme Orel et Lizabeth, à réclamer un droit de cuissage exclusif, et bien tout va pour le mieux dans mon petit monde concernant ce point là ! ... Concernant mes enfants ... Tu as très probablement déjà dû en rencontrer quelques uns, mais il n'est pas dans leurs habitudes pas plus que dans la mienne de mettre en avant notre lien familial. Prouver sa vraie valeur vaut mieux que de s'appuyer sur un nom déjà connu ! ... Et quand à ce qu'il en est de leur père, la notion de Grand Amour n'étant pas faîte pour moi, et bien disons que j'ai su prendre du bon temps là où j'en ai trouvé, si tu vois ce que je veux dire ! » Un éclat de rire fusa d'entre ses lèvres dont elle se mordillait quelque peu la pulpe, alors qu'elle dégainait un haussement de sourcils des plus suggestifs et amusés, là où l'une de ses mains se tendait vers un destrier qui venait de les rejoindre. A savoir sa propre monture, Dubharachd.


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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Sam 11 Juin - 18:02
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Ce n’était pas Credne qui allait contredire Scáthach. C’est sûr que leur monde n’était pas à proprement parler normal, sans même parler de ce qu’était la normalité, évidemment. Ce que les Feys considéraient comme la routine pourrait paraître hautement étrange à des yeux humains, par exemple. Étrange, effrayant ou déplaisant, voire répréhensible. Tout ce qui faisait une société, les traditions, les mœurs, les coutumes, l’histoire, les lois, la philosophie et le reste, variait au fond d’une civilisation à une autre. Credne, comme ses congénères, ne sourcillait pas face à ce massacre et à la guerre en général, à l’usage de la violence au quotidien au sein de la Faërie, aux mœurs libérés des Feys, à leur conception individuelle de la justice, etc. Tout cela formait le cadre de sa vie, dans lequel ils naissaient tous, auquel tous devaient s’adapter de façon plus ou moins profonde. Mais au-delà de ça, elle n’était pas ignorante du fait que sa vie avait parfois dépassé la norme, même la norme fey. Sa capture et ses années d’esclavage chez les Gobelins avaient fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui et c’était difficile de renier ce passé tout en en appréciant l’héritage. Un grand écart moral auquel elle se livrait sans cesse, car elle était la première à savoir à qui elle devait de maîtriser la forge du Métal féérique – non pas que les Gobelins lui aient cédé ce savoir sans rechigner, puisqu’elle le leur avait volé, tout simplement. Du sang Sidhe pur coulait dans ses veines et pourtant elle avait choisi de frapper le métal toute sa vie plutôt que d’aller parader à la Cour, même si elle s’attendait tous les jours à payer le prix de cette fuite. Et elle savait que la vie de Scáthach était tout sauf ordinaire selon leurs propres standards. Mais peut-être justement était-ce cela, la banalité faite fey : une vie extraordinaire. De sorte que finalement, il n’était peut-être pas inenvisageable qu’un jour, ils doivent tous s’aligner pour faire des bébés à la chaîne, après tout !

Malgré tout, Scáthach n’était pas une Fey comme les autres aux yeux de la forgeronne, de sorte qu’elle était curieuse de connaître l’identité du grand guerrier – forcément – auquel elle avait accepté d’accorder ses faveurs. Et la réponse de son amie la fit sourire, parce que bien sûr, il n’y avait en vérité rien d’exceptionnel dans son choix. Il ne s’agissait pas d’amour, après tout, encore moins de Grand Amour. Credne aussi concevait la sensualité de cette façon : passer du bon temps en générant le moins de conséquences possibles. Heureusement, l’amusement par les jeux du corps était une constante et un concept pleinement accepté et assumé dans leur société. Ainsi, pas de prises de tête, pas de sentiments heurtés, de cœurs malmenés, de sensibilité à épargner. Il était même de bon goût de ne pas en faire tout un plat, de la part des deux – ou trois, ou quatre, ou dix – partenaires. Credne n’airait pas jusqu’à dire qu’elle multipliait les partenaires, parce qu’elle n’en avait ni le temps ni l’envie, en vérité, et la différence entre son amie et elle, c’était qu’aucun enfant n’était né de ces brèves étreintes. Ce qui n’était pas pour déplaire à la forgeronne. Quand bien même les enfants feys n’avaient pas besoin de leurs parents pour grandir, c’était là une responsabilité vis-à-vis du monde qu’elle n’était pas prête à endosser. Parfois, elle se regardait dans un miroir et avait l’impression d’y voir, à la place de son reflet, celui de l’enfant sale et échevelée qu’elle était. Et son rapport au corps était bien loin de celui que Scáthach avait au sien. Pour l’heure, d’ailleurs, Credne ignorait superbement les regards appréciateurs qui jalonnaient leur route, tout simplement parce qu’elle n’y voyait rien qui la concernait, elle. Les hommes regardaient beaucoup d’autres choses avec cette lueur affamée dans les yeux – l’alcool, les armes, l’or – et la forgeronne mettait son corps au même niveau. Elle avait un corps, ils la regardaient pour ça, très bien.

« Je dois dire que je suis soulagée de savoir que David n’exige pas ce genre de service de ta part ! Non pas que cela m’étonne, je ne le connais pas si bien que ça mais il ne m’a pas donné l’impression d’être aussi… d’être comme Lizabeth, par exemple. »

Elle allait utiliser un autre adjectif – fou, sadique, stupide, elle ne savait pas encore – mais s’était retenue au dernier moment. S’il était prouvé depuis toujours que le Sithin avait bel et bien des oreilles, littéralement, il en allait parfois de même, de façon plus figurée, partout ailleurs, et elle savait ne pas être à l’abri d’une dénonciation quelconque. Par ailleurs, l’idée qu’elle ait peut-être déjà croisé un ou plusieurs des enfants de Scáthach sans le savoir l’amusait follement.

« Peut-être bien, oui, cependant, je pense que je l’aurais su ou senti, si tes enfants sont ne serait-ce qu’à moitié la personne que tu es ! »

Là-dessus, elles furent rejointes tout naturellement par un magnifique cheval. Credne ne le reconnut pas, mais reconnut son origine. Il n’y avait pas deux montures comme celles qui étaient dressées sur l’île de Skye. Elle tendit doucement la main, laissant à l’animal le soin de décider s’il acceptait son contact ou pas. La forgeronne forgeait autant d’armes que de fers et elle voyait passer, des étalons, mais la vision de celui-ci ne pouvait que la ramener au passé commun que Scáthach et elle partageaient.

« Je reconnais là un cheval de Skye. Cela me donne d’autant plus envie d’y retourner, car les lieux me manquent. Ou peut-être ce qu’ils représentent. »

Des lieux associés à un passé où tout était plus simples, peut-être, ou bien juste assurément différent.

 


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Skye R. O’Sidheach

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Ven 17 Juin - 2:08
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Scáthach ne s'en cachait pas, elle ne comprenait pas forcément tout aux comportements et réactions des Humains, loin de là-même. Elle n'allait pas forcément jusqu'à tous les mettre dans le même sac et gommer la moindre de leurs différence et la moindre trace de leur individualité et de leur existence en tant qu'être unique et personnel, mais elle avait cependant grande difficulté à trouver son compte parmi eux. Cela tombait sans doute plutôt bien de toute façon, on n'attendait pas d'elle qu'elle devienne leur grande amie ou qu'elle se mêle à eux, n'est-ce pas ? Certains avaient eu ses faveurs, autrefois, mais il avait alors s'agit d'hommes et de femmes qui avaient de la valeur, des principes, ce qui était en voie d'extinction, parmi l'espèce humaine, désormais. Du moins, à ses yeux. Ils ne se battaient plus trop pour leur indépendance, ou leurs terres, mais plutôt entre eux, pour des raisons stupides et peu valeureuses. Il n'était plus question d'entendre raisonner à travers l'Histoire des noms comme Culloden par exemple. Quoi que la Guerrière se devait tout de même de reconnaître que les Celtes conservaient ce petit côté plus attendrissant et intéressant à ses yeux. Les Irlandais en avaient assez de l'occupation des Anglais, mais ils n'étaient visiblement pas encore décidés à les foutre dehors à coups de pompe, dussent les terres de leur belle île être gorgées jusqu'à l'excès du sang de l'envahisseur ... Dommage. Vraiment dommage. En tout cas, les faits étaient là, rarement l'un de leurs concepts trouvait grâce à ses yeux. La question de la monogamie était assez étrange pour elle. Pourquoi se contenter d'un seul compagnon lorsque l'on pouvait en avoir plusieurs ? Pourquoi s'enfermer dans une unique relation, jusqu'à la fin de sa vie, courte, en plus, les concernant, quand on n'était même pas sûr de ne pas finir par se lasser et de réellement toujours y trouver son compte, en chaque instant et chaque occasion ? Le mariage revêtait une certaine importance pour les Feys, quand même, mais les unions étaient de plus en plus rarement célébrées, et pour cause. On ne lie pas ses destins pour l'éternité si on n'est même pas sûrs de pouvoir avoir une engeance ! Et même lorsque cela est le cas, on n'a en rien l'obligation de s'épouser, du moins, pas encore, n'est-ce pas ?

Dès lors, Scáthach savait qu'elle ne devait en rien réellement choquer ou étonner son amie de par sa réponse et ses explications. Credne la connaissait suffisamment pour bien savoir, sans même qu'il y ait besoin d'explications ou de rappels, que la Guerrière n'était en rien de ces Feys transis d'amour, romantiques à souhait, et tout ce qui va avec. Tout comme elle savait qu'elle ne s'offrait pas à n'importe qui, n'importe quand, ou pour n'importe quelle raison. Si chacun de ses enfants n'était pas forcément toujours prévu, mais la Guerrière n'avait senti poindre en son cœur et en son être la moindre sensation de désamour et de rejet. Elle avait aimé chacun de ses enfants et continuait de les aimer, pas forcément de la façon la plus conventionnelle et courante, mais nul ne pourrait jamais venir lui dire qu'elle avait échoué à les préparer à la rudesse et à la violence de l'existence. Elle ne les avait pas jetés dans ce monde comme on jette aujourd'hui de jeunes conscrits humains à la guerre. Elle avait su les armer pour ne jamais s'effondrer au premier coup de tonnerre. Elle n'avait en rien été comme ses géniteurs, et en rien été non plus comme nombre de parents Feys et particulièrement Sidhes. D'ailleurs, en parlant de Sidhes, et d'allégeance de cours, la Guerrière levait les yeux vers le ciel, pour contempler des cieux au sein desquels le soleil n'avait pas encore rendu les armes pour la journée. Lizabeth n'avait encore en rien la possibilité d'entendre ce que racontait ou sous entendait Credne à son sujet, et il valait sans doute mieux.
    « Elle a quand même très mauvais caractère ta Reine ! ... Une raison de plus pour que David continue d'avoir mon allégeance et ma loyauté ! » Oui, bon, allez, elle ne faisait elle aussi qu'exprimer son point de vue, sans se montrer désobligeante et malpolie ... Si ? ... Concernant ses enfants, et particulièrement ses fils ... « Hmm, je ne saurais te dire ... En tout cas, aucun d'eux ne m'a réellement rapporté la moindre évocation d'une rencontre avec toi ! Peut-être que l'idée a pu effleurer certains de mes fils, tu sais, le fait de tenter une approche avec une amie de leur mère, mais ils n'ont jamais dû passer à l'action. Il faut dire que je ne leur ai jamais caché à quel point cela me froisserait grandement d'apprendre que l'un d'eux ait pu se montrer désobligeant à ton égard, tout comme je ne leur ai jamais caché à quel point tu n'avais rien d'inoffensif en tout temps et toute occasion ! »
La Guerrière pouvait avoir quelques difficultés à accorder sa confiance, ou à vous accorder du crédit. A ses yeux, on n'était jamais à l'abri d'être brossé dans le sens du poil et manipuler pour obtenir quelque chose de vous. Le pire étant lorsque vous accédiez à une demande sans vous en rendre compte, parce qu'alors, cela revenait à vous être fait avoir, à n'avoir rien vu venir, et à passer pour l'abruti face au petit génie. D'où le fait que les jeux de la cour, entre fausse courtoisie, euphorie des courtisans et paroles mielleuses et fielleuses, cela ne passait pas trop, auprès d'elle, alors même qu'elle n'avait aucune réelle envie de sans cesse jouer à ce jeu là. Alors, Scáthach appréciait de pouvoir au maximum garder le contrôle. Pour tout et n'importe quoi. Mais ce qui pouvait apparaître du détail, de l'infime, de l'accessoire, cela pouvait se révéler important à ses yeux. Ne pas chevaucher n'importe quelle monture, c'était un de ces éléments là. Dubharachd n'était, dans le fond, qu'un parmi tant d'autres. Mais il était à elle, elle l'avait élevé, éduqué, dompté, mais pas domestiqué. Elle connaissait son pedigree, ainsi que ses ascendants, et pour cause. Ils étaient tous, ou presque, des montures lui ayant appartenu ou, à défaut, qu'elle avait élevé, ou dont elle connaissant la valeur. Elle était attachée à tout cela, et se disait que, si un jour elle devait se reconvertir et vivre loin de toute Cour, et bien elle n'aurait rien contre le fait d'aller se trouver un haras et de couler des jours aussi heureux que possible en élever des destriers ! Elle était plutôt réputée pour être douée en ce domaine là aussi, à défaut d'être une couturière de renom ou une chanteuse à la voix lyrique, alors, pourquoi cracher là-dessus ?
    « L'espèce a totalement disparu de la mémoire des humains, tu sais ... Ce qui n'est pas plus mal. Ça m'évite de voir des hybridations malvenues et un mauvais traitement envers ces destriers là ! ... Dubharachd est à 25% seulement Clydesdale et Irish Hobby, le reste, c'est du 75% a rinneadh in Sgitheanach ! » Alors que le destrier flattait la main de Credne, sa cavalière, elle, lui flattait plutôt l'encolure, pour faire disparaître poussières et autres traces de lutte. Et puis, elle se stoppa, un petit pincement la prenant au cœur. « Il y a des instants durant lesquels j'aimerai pouvoir retourner aux temps de notre rencontre. Tout me semblait tellement moins capital et crucial ... Et puis, tu étais plutôt pas mal vêtue tel un homme ! »


They'll know my name
As I walk through the flames of burning lands, my feet are torn to strands. I will not thirst. As I cross the raging sea, waves are crashing over me. They drag me down, but I will not drown. They'll know my name, after the storms are passing through. They'll know my name, when they've forgotten all about you. And I shall rise, again and again. Oh well I shall rise. Again and again.

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Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Lun 20 Juin - 21:41
I will never be forgotten with you by my side
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« Sa reine. » Oui, cela sonnait étrangement aux oreilles de Credne. Mais après tout, ce n'était là que la vérité. Lizabeth était sa reine, depuis le jour où la forgeronne avait choisi la Cour des ténèbres, avait ployé le genou et prêté allégeance et fait toutes ces promesses à la reine. Mais ce n'était pas tant pour Lizabeth qu'elle avait fait ce choix que pour les valeurs qui transcendaient la couronne et la Cour elle-même. Il n'y avait pas de décision parfaite, à l'époque, mais il fallait en prendre une sous peine de rater un tournant de l'Histoire, en quelque sorte. Elle n’avait donc pas choisi une reine, qu’au demeurant elle ne connaissait pas avant d’assister à son couronnement et de la voir au quotidien gérer les affaires du Sithin Unseelie, qu’un Sithin lui-même. Cependant, elle ne pouvait qu’être d’accord avec Scáthach quant au caractère quelque peu extrême de Lizabeth. Cette dernière avait la colère rapide et l’exécution facile, et elle ne trouvait son plaisir que dans des comportements tordus – dans le meilleur des cas. Sa Garde était devenue célèbre malgré elle et de façon immédiate rien qu’à cause des règles qu’elle lui imposait, et ce n’était qu’un seul aspect de sa personnalité originale. Et certes, oui, en plus du reste, elle avait mauvais caractère, s’emportait pour un rien. Eut-elle entendu Scáthach parler ainsi, par exemple, qu’elle aurait exigé sa tête. Et celle de Credne aussi pour ne pas l’avoir défendue. Et celle de quiconque autour d’elle pour avoir été les témoins involontaires d’une telle sortie. Et leurs familles. Des fois, rien n’arrêtait la soif de sang de la reine.

« Disons que les choses sont animées, à la Cour, grâce à elle. Et je suis ravie de savoir que ton allégeance te protège de ses passe-temps ! »

Bizarrement, et alors qu’elle faisait preuve d’une prudence bien peu familière pour elle – comme quoi, même elle pouvait apprendre, et elle avait eu un bon mentor –, Credne songeait que Scáthach plairait très probablement à Lizabeth, au moins pendant quelque temps. La reine pouvait adorer autant qu’elle détester et la personnalité sauvage et bouillante de la Guerrière n’aurait pas manqué d’attirer l’œil de la reine. Si ce n’était que celle-ci se lassait vite de ses nouveaux jouets, et qu’en plus, Scáthach n’était certes pas du genre à supporter sa possessivité. Elle qui avait connu des hommes dont elle avait fait les pères de ses enfants sans pour autant sacrifier sa liberté première. Credne émit un rire amusé, non seulement à l’idée du sermon que son amie avait visiblement fait à ses fils, mais aussi à la simple idée d’imaginer l’un d’eux se montrer entreprenant avec elle. Il était sûr qu’elle n’avait pas les manières d’une lady ni le verbe d’une nonne, et il n’était pas rare que, par quelque simples vérités assenées en toute innocence, elle ne vexe ces messieurs, tous trop habitués à faire la cour à des Sidhes au mieux jouant le jeu par intérêt personnel, au pire véritablement aussi pâles, féminines et soumises que ce que leur statut exigeait d’elles. Il n’empêche qu’à présent, la forgeronne allait peut-être s’inquiéter un peu des quelques types à qui elle accordait ses faveurs – au moins leur demander le prénom de leur mère ! Elle comprenait le point de vue de son amie et se serait sentie légèrement mal à l’aise de devoir un jour lui avouer qu’elle avait folâtré avec la chair de sa chair. Son regard se fit vague quelques secondes.

« Je ne cherche pas moi-même les relations, de toute façon. Au mieux, cela m’ennuie, au pire… »

Elle haussa les épaules. Au pire, cela lui rappelait douloureusement que chaque homme qui parvenait à percer ses défenses n’était pas lui. Ce n’était pas faute justement d’essayer d’oublier le seul homme dont elle aurait voulu attirer l’attention et les faveurs avec d’autres ersatz, mais justement, au final, ils ne devenaient que ça, des visages flous, interchangeables, dont elle ne gardait aucun souvenir. Mais cette légère douleur disparut en même temps que Dubharachd fit son apparition. Pour un homme, pour un Fey, pour une guerrière, pour n’importe qui, en fait, il n’y avait pas meilleur compagnon qu’un cheval. Même le chien ne leur arrivait pas à la cheville, car les chevaux, en plus de vous aimer, de vous reconnaître et de tenir à vous, pouvaient vous emmener au galop au travers d’une vaste plaine d’herbes hautes, au point que vous vous sentiez presque voler. Credne retrouva le sourire et laissa l’étalon faire connaissance avec elle, écoutant les explications de son amie avec attention. Elle hocha la tête, car, malgré toute la tendresse qu’elle avait encore pour les Humains, elle reconnaissait qu’ils avaient tendance, de plus en plus, à tordre ou à souiller tout ce qu’ils touchaient, de plus en plus, à mesure que les religions uniques gagnaient en puissance parmi leurs diverses civilisations.

« Et cependant tu ne seras pas oublié par nous, mon ami », souffla-t-elle à l’adresse de Dubharachd. « Ta noblesse sera toujours à la hauteur de notre immortalité. »

Elle se tourna vers Scáthach avec un sourire quasi enfantin, désireuse de chasser ce nuage qu’elle pouvait presque voir passer dans le cœur de son amie.

« J’aimais ce temps-là, moi aussi. Les Humains ne changent pas en la matière, il est tellement plus simple d’évoluer parmi eux quand on n’est pas une femme. Ce qui est drôle, quand on y pense, regarde-nous… » Centre de toutes les attentions, légendes, déjà, et tant de hauts-faits à leur actif. « Mais toi, tu savais qui j’étais sous le Glamour, et cela ne t’a pas empêchée de dégainer ton épée quand je suis venue te défier ! »

Et ce geste, aussi agressif soit-il, au moins autant que l’initiative de Credne elle-même, avait marqué le début de ce qui aujourd’hui était devenu un véritable lien de sang et de cœur.

 


of blood and fire

Though I am old with wandering through hollow lands and hilly lands, I will find out where you have gone, and kiss your lips and take your hands ; and walk among long dappled grass, and pluck till time and times are done the silver apples of the moon, the golden apples of the sun. —texte : yeats / code : ellaenys.
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SHADOW GIRL ∭ Scato, faut pas la faire chier. La sexy guerrière qui te met le feu.

Skye R. O’Sidheach

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Sam 2 Juil - 22:52
Brace yourself for all will pay
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Si nombreux avaient été ceux qui avaient rejoint l'une des deux Cours lors de leur création. Mais cela n'avait pas été le cas de Scáthach, sans doute parce que cette perspective ne la tentait pas du tout. Après tout, bien que déjà âgée de plus de 200 ans, elle avait eu ce parcours de vie et d'existence qui l'avait amenée à ne pas de suite être socialisée parmi les siens. Dès lors, elle avait vécu lors des rivalités, des dissensions, des concurrences et des affinités, loin de tout ça et de tout le reste. A ses yeux, cela ne la concernait pas, cela ne la touchait pas, cela n'éveillait absolument rien d'autre en elle que de la neutralité et de l’impassibilité. Si cela les tentait de quitter la Haute-Cour et de rejoindre les Seelies ou les Unseelies, libre à eux. Après tout, chacun avait le droit de faire ses propres choix lorsque cela lui était permis, et il n'y avait sûrement rien de répréhensible à cela. Il valait mieux se plaire et se complaire aux ordres d'un monarque que l'on avait choisi en plein état de fait et de conscience plutôt qu'à ceux d'un monarque suprême qui était là depuis si longtemps et que l'on n'avait donc pu choisir. Cela avait fait de place, avait donné le champ libre, aussi, à tous ces Feys qui avaient dû vivre dans l'ombre, par choix, par obligation, ou parce qu'ils étaient encore jeunes et balbutiants. La Guerrière s'était sentie appartenir à ces trois catégories à la fois, à l'époque. Et elle avait délibérément choisi de rester sous la coupe de la Haute-Cour, sans jamais regretter sa décision depuis. Même si les dissensions pouvaient exister, signe, sans doute, qu'elle avait encore gardé son libre-arbitre et son fichu caractère, et que le temps n'avait en rien altérer tout cela, la rousse ne se voyait pas claquer la porte au nez de David, sans doute parce qu'entre autres, elle ne saurait trop quelle Cour rejoindre. Sa raison et son cœur étant deux entités tout à fait capable de fonctionner dans la plus pure des incohérences et des cacophonies, elle ne pouvait pas réellement se fier plus à l'un qu'à l'autre. Et puis, son appartenance présente semblait lui apporter des avantages bien plus nombreux comparés à ceux sur lesquels elle devrait très probablement rogner si elle devait soudainement appartenir à l'une des deux Cours. Le fait de ne pas avoir d'ennemis tout désigné, et de n'en avoir que parmi ceux qu'elle s'était elle-même fait, c'était une chose non négligeable. Le fait, aussi, de ne pas avoir à particulièrement se tenir loin des mâles Seelies ou Unseelies en était une autre, encore moins négligeable, d'ailleurs. Mais elle savait bien que ce genre de considérations n'était pas forcément primordialement partagées par tous, Credne en faisant parfaitement exemple, oralement !
    « Oh, tu sais, les relations, ce n'est pas pour moi non plus ... Je me lasse vite, à moins que je refuse catégoriquement de soudainement me retourner liée pour trop longtemps à un quelconque mâle. Certains se font si vite des idées, et d'autres encore sont terriblement misogynes. Et puis, pourquoi se fermer des portes, quand on peut ... Enfin, tu m'as sans doute très bien comprise ! »
Les cheveux, et la faune animale, plus généralement, n'avaient pas cette tendance à vous tracer un dessin pour toujours et à jamais lié au leur. Ils ne se faisaient pas de fausses idées, ne se construisaient pas de grands châteaux de sable pour vous deux. Ils ne vous imaginaient pas une vie à deux, ne vous concevaient pas désormais indissociables. Bien au contraire. Un animal encore à l'état sauvage, ou seulement partiellement domestiqué, se trouva toujours dans l'état d'esprit d'être indépendant, et de ne pas avoir sans cesse à vous quémander quoi que ce soit pour pouvoir continuer à vivre. C'était ça que Scáthach appréciait chez eux. Ça, et leur incapacité à parler. Mais, même sans la parole, jamais, sans doute, il ne leur viendrait à l'idée de devoir absolument combler le moindre silence, polluer le moindre instant de votre tranquillité en bruits parasites et gênes du même genre. Peut-être avait-elle des côtés misanthropes, mais dans le fond, cela s'apparentait plus à un besoin quasi vital de sa part de s'aménager des instants de solitude, des parenthèses d'isolement. Un flot discontinu de souvenirs et de sensations ne cessait jamais réellement de déferler en elle, alors, oui, parfois, le silence et l'isolement étaient les bienvenus, pour ne pas risquer d'exploser en plein vol, sans prévenir, un de ces jours. Peut-être aussi cela tenait-il à la teneur des premières décennies de sa vie. Peut-être effectuait-elle alors à chaque fois un minuscule retour aux sources, allez savoir ... Là-bas, sur son île ... Sur son île où les mauvaises rencontres et les mauvaises sensations ne faisaient que de s'accumuler, ces derniers temps, alors même que, dans le même temps, une myriade de bons souvenirs y resterait sans doute éternellement liée. Comme sa rencontre avec Credne, sans nul doute aucun et permis. Un souvenir qu'elle évoquait, et qui était repris par son amie, non sans lui tirer un petit rire amusé.
    « Tu l'avais bien cherchée, après tout ! Nul n'était censé ignorer que je ne formais que les hommes ! Et puis, nul n'ignorait non plus ce qu'on venait chercher et quérir sur l'Ile de Skye. Tu ne t'attendais peut-être pas à une telle réaction de ma part, mais avoues que cela ne t'a pas déplu. La preuve, tu n'as pas décampé comme un lapin, ni même tourné les talons ! ... Cela aurait très bien pu mal finir, mais, heureusement pour nous, la Déesse n'a pas voulu qu'il en soit ainsi ! Je serais alors passée à côté d'une amitié indéfectible si chère à mon être, et à côté d'une sœur de cœur. Cela aurait été si regrettable ... Parce que j'aurais triomphé, bien sûr ! » La Guerrière accompagnait ses paroles d'un petit coup d’œil sûr d'elle et provocateur, ce qui manquerait sûrement pas de faire réagir son interlocutrice !


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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Mer 6 Juil - 22:37
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On aurait tort de croire que l’amour et les Feys, cela faisait deux. Aussi désinhibés étaient-ils, aussi à l’aise étaient-ils avec leurs corps, leurs passions, leurs désirs, et le sujet en général, cela ne voulait pas dire que les Feys étaient réfractaires aux sentiments, à l’amour véritable, indéniable, pur ou violent ou destructeur ou au contraire, créateur de vie, de descendance, de dynasties. Il existait cette chose, après tout, bien connue de tous : le Grand Amour. En la matière, chacun était libre de ses choix, comme Scáthach et elle, par exemple, jusqu’à ce que, justement, cette liberté s’évapore dans les sentiments violents qu’un Fey pouvait soudain ressentir pour un autre. Credne connaissait les histoires, savait aussi que c’était là une chose qui pouvait être rare, qui pouvait arriver n’importe quand, de façon vertigineuse, quand on y pensait, et que cela pouvait être violent, ou bien au contraire, un véritable processus. Dans tous les cas, cela paraissait bien contraignant à ses yeux, même si elle avait toujours pris soin de ne pas tenter de se mettre à la place d’une victime de grand amour, juste au cas où ça lui donnerait envie de hurler et de partir en courant. Elle n’était pas loin, l’époque où elle était prisonnière, et elle refusait de vivre encore une seule fois dans sa vie sous la contrainte. Et l’amour, le grand amour, était bien la pire des prisons, non ? De sorte que de toute façon, elle pouvait tout à fait comprendre ce que Scáthach lui disait, et même, elle était tout à fait d’accord avec elle. Et plus encore sur le caractère misogyne de la chose en générale, c'est-à-dire de leur société, des relations homme-femme et même de l’amour ou au moins du couple.

« Les choses changeront… ou pas ! Ça ne nous fera pas changer, nous, en tout cas ! »

Et cela ne dérangerait personne, puisque certes, leur société était moyenâgeuse – comme de juste, après tout – mais en même temps, était permissive au possible, ce qui était un véritable paradoxe. En attendant, c’était bien grâce à cette liberté qu’on leur laissait qu’elles pouvaient se battre sur les champ de bataille, se balader tout en armes dans le campement et flatter le museau d’un magnifique cheval dont Scáthach était l’heureuse propriétaire. Un animal qui ne manqua bien sûr pas d’éveiller des souvenirs. Et ces souvenirs-là étaient tous plus agréables les uns que les autres. Si ce n’était les premières heures de leur rencontre, où Credne avait réellement été habitée par la volonté de battre Scáthach, de la battre à plate couture pour pouvoir ensuite revendiquer publiquement cette victoire, elle ne pouvait se rappeler de mauvais souvenir en compagnie de son amie, ce qui était rare, dans une vie. Elles avaient probablement été destinées à se croiser, poussée dans les bras l’une de l’autre par Danu elle-même. Et c’est avec beaucoup d’amusement que la forgeronne écouta Scáthach évoquer ce moment grandiose de leurs existences respectives.  

« Tout ce que j’avais retenu de Skye, c’était qu’elle abritait en son sein l’un des plus grands guerriers du Songe. Je n’avais pas vraiment payé attention aux détails – que tu n’entrainais que les hommes, et que tu étais toi-même une femme. Cela ne comptait pas pour moi, j’étais si orgueilleuse, si sûre que ce grand guerrier ne refuserait pas de croiser le fer avec moi, surtout sous mon apparence masculine… »

Et elle avait eu raison, d’une certaine façon. Passé le premier choc de trouver, au cœur de cette arène naturelle de pierre, une guerrière et non pas un guerrier, Credne n’avait pas reculé. Cela ne voulait rien dire, pour elle, homme femme, ou autre, tout ça importait peu, c’était la qualification de l’être qui était importante : guerrier. Guerrière, en l’occurrence. Qui de son côté, n’avait pas hésité non plus, quand bien même son adversaire du jour se cachait sous les traits d’un homme. Toutes deux, à ce moment-là, n’avaient probablement été guidées que par le même amour qu’elles portaient à leurs lames et à la chose guerrière. Et voilà bien cependant le sujet sur lequel Scáthach et elle ne tomberaient jamais d’accord : l’issue de ce combat épique auquel elles avaient dû mettre un terme faute de réussir à se départager. Prolonger la lutte n’aurait probablement servi à rien et aurait assurément été faire montre de bêtise.

« Bien sûr que ça ne m’a pas arrêté, j’étais venue pour ça. Mais permets-moi de douter de ta version de l’issue de ce combat. Je pense que j’aurais pu finir par te battre. Mais je crois qu’un jour, il faudra que nous remettions ça pour en être sûres, toi et moi ! »

Un vœu pieux, une plaisanterie, évidemment. D’abord, ce combat et son issue incertaine avaient forgé leur légende commune. Et Credne ne ressentait plus aucun désir de se mesurer à Scáthach, maintenant qu’elle la connaissait et qu’elle la respectait. Cela n’aurait pas eu de sens, pour elle. Peut-être aussi s’était-elle assagie, car à l’époque, elle était encore très jeune, et surtout, pleine de colère. Et peut-être aussi qu’elle ne voulait pas savoir. Que battre son amie l’attristerait plus qu’autre chose, et que se faire battre par elle ne lui plairait pas plus ! Et donc, il faudrait que ceux qui se délectaient des histoires sur les deux sœurs guerrières se contentent de leur imagination pour avoir droit à une véritable conclusion.

 


of blood and fire

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Skye R. O’Sidheach

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Mar 2 Aoû - 23:05
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D'une certaine façon, sur Skye, elle avait bien pu faire tout ce qu'elle voulait, ou presque, pendant tant de décennies. Elle avait été comme hors du temps et de l'espace, sur son Ile. Loin de penser qu'il n'existait rien d'autre par delà les mers, parce qu'après tout, elle avait des yeux, et que du côté Est, elle apercevait bel et bien les côtes écossaises, la jeune Sidhe qu'elle était alors s'était tout de même dit qu'on était bien, chez elle. Oui, cela avait été chez elle. Elle savait bien que, dans les faits, il y avait eu la volonté de ses géniteurs, entre autres, de choisir pour elle et de faire en sorte que ce choix perdure et soit viable, mais, bon, elle avait tout de même considéré qu'elle était maîtresse en son domaine. Dès lors, elle avait imposé ses règles, ses lois, avant de tomber d'assez haut en découvrant tout ce système bien plus complexe, dominateur et écrasant qui régissait ce monde auquel elle appartenait techniquement depuis toujours mais avec lequel elle n'avait pas immédiatement fait connaissance. Après ça ... Après ça, évidemment que les choses avaient quelque peu été différentes. Elle n'avait pas pu retourner sur Skye en prétendant que rien n'avait changé, que rien ne s'était passé, qu'elle demeurait encore dans l'ignorance et la relative naïveté. Elle ne s'était pas leurrée : on l'avait laissée retourner sur Skye, mais cela avait eu un prix, celui de ne plus pouvoir se tenir éternellement à l'écart, celui de contribuer à la vie de la Faërie, celui, aussi, de ne plus séjourner entièrement sur l'île. Elle se savait chanceuse, tout de même. Chanceuse de n'avoir jamais entièrement été obligée à rentrer dans le rang en devenant la parfaite courtisane sans cesse présente à la Haute-Cour, incapable de faire quoi que ce soit par elle-même, devant sans cesse attendre ordres et directives car incapable de raisonner par elle-même et de faire preuve d'esprit d'initiative. David avait visiblement suffisamment été comblé de la façon dont elle l'avait servi, et peut-être qu'il avait très vite compris qu'elle avait besoin de ne jamais rester en place, d'avoir son pied à terre sur Skye, pour éviter qu'elle ne vous tape des crises ou qu'elle évacue ses frustrations à coups de décapitations, quelque chose comme ça.
    « En même temps, je pense qu'à cette époque là, j'aimais encore plutôt pas mal entretenir le mystère, laisser planer le doute. ... Je n'étais pas encore excessivement sociabilisée, quoi que je ne le suis toujours pas aujourd'hui. Qu'on me pose trop de questions ou qu'on vienne fourrer son nez dans mes affaires ne me plaisait pas tellement. J'étais aussi très orgueilleuse et très fière de moi. Tous ces hommes, qui venaient jusqu'à moi, que j'acceptais d'entraîner ou non ... Cela me donnait un certain ascendant, c'était grisant, tu comprends ? »
Oui, cela avait réellement été grisant, le temps que cela avait duré. Elle qui avait été une inconnue au bataillon pendant près d'un siècle, avant d'être très souvent regarder avec méfiance, doute, et questionnements, elle avait évidemment plus qu'apprécier de voir ce changement. Elle avait aussi un peu recouvrer ce qu'elle connaissait si bien, pendant les premières décennies de sa vie, soit le fait de donner des ordres, de pouvoir imposer sa volonté, faire ses caprices sans être sanctionnée pour ça. Et puis, évidemment, les mystères avaient progressivement été éventés, du moins, pas tous, mais les plus essentiels, ceux qui, au final, contribuaient majoritairement à établir cette certaine aura autour de Skye, et autour d'elle. Et puis ... Et puis à mesure des siècles, les missions de David lui avaient pris de plus en plus de temps, et tout ceci avait quelque peu perdu de son sel. Alors, elle avait progressivement cessé, avait changé, avait évolué. Elle continuait encore aujourd'hui à contribuer à la formation aux armes, mais elle n'avait plus besoin d'aller se terrer sur Skye, de se parer de mysticisme et de prendre ses grands airs. Tout était devenu bien plus terre à terre, sans que cela ne devienne fade et sans goût dans sa bouche. Demeurer respectée pour ses talents était toujours grisant, et grisant, évidemment. Ce n'était juste plus pareil. Elle n'était pas nostalgique, n'avait pas réellement de regrets. Rester figée, sans avancer, c'était bien plus mortifère que de se voir changer et devenir quelqu'un d'autre, en tout cas, partiellement. Et puis ... Et puis cela faisait des souvenirs. Credne était parmi ses plus belles rencontres, au cours de sa vie, et il se trouvait que tout ceci, entre elles, datait de cette fameuse époque où la Rousse était le grand manitou sur Skye, si l'on pouvait dire ça comme ça.
    « Mais oui, bien sûr, berces toi de jolies illusions ! Aucun de mes élèves n'est parvenu à me battre, même pas Cúchulainn ! ... Techniquement, tu ne m'as pas battu. Mais techniquement aussi, je ne t'ai pas vaincu ... C'est un combat qu'on s'était dit devoir finir pour plus tard, mais, tu vois, finalement, ça ne me dit rien. On est très bien comme ça, à armes égales. Cela risquerait peut-être de briser quelque chose entre nous, pas de quoi nous séparer, mais, bon, quand même ... Alors, le fait qu'on en soit resté là, ça ne m'a jamais froissé ! »


They'll know my name
As I walk through the flames of burning lands, my feet are torn to strands. I will not thirst. As I cross the raging sea, waves are crashing over me. They drag me down, but I will not drown. They'll know my name, after the storms are passing through. They'll know my name, when they've forgotten all about you. And I shall rise, again and again. Oh well I shall rise. Again and again.

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THE UNSEELIE BLACK-SMITH ∭ Néné, l'Omnivore qui dévore tout, même ta main.

Blodwyn E. Tyronoe

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MessageSujet: Re: I will never be forgotten with you by my side [Skye]   Lun 15 Aoû - 10:00
I will never be forgotten with you by my side
ft. Skye & Blodwyn.

Entretenir le mystère, laisser planer le doute… Credne ne pouvait pas ne pas comprendre les paroles de son amies et même, se les approprier. Elle-même avait parcouru cette terre sous les traits d’un homme pendant des décennies et des décennies. C’était un temps où être une femme ne vous apportait rien, parmi les Humains, rien de ce qu’était Credne, rien de ce qu’étaient les Feys, même. Eux, [i]elles[/], si libres, si libérées, forgeronnes, guerrières, reines, sans qu’aucune voix ou aucun regard masculins ne puisse y faire quoi que ce soit, sans même que cela leur traverse l’esprit ; les Humains, pendant ce temps, brûlaient leurs femmes pour se rassurer quant à leur virilité et en faisaient de la femme en général la personnification du diable dans toutes leurs religions nouvelles. Alors, Credne endossait les habits et le visage d’un homme. Ainsi, elle marchait libre parmi les autres hommes, forgeaient avec eux, prenaient ce qu’elle appréciait chez eux – leur créativité – et leur laissait ce qu’elle n’appréciait pas. Tout n’était qu’apparence, et elle n’avait jamais, pas une seule fois, désiré qu’il en soit autrement. Jamais elle n’avait voulu se révéler à eux, pas en tant que femme, bien évidemment, mais pas même en tant qu’homme : ils avaient fait d’elle une Déesse, enfin, un Dieu, mais elle avait vécu ce culte malicieusement dissimulée. Probablement qu’à l’instar de Scáthach, elle n’en ressentait pas le besoin, plus encore, elle n’en avait pas l’envie. Elle ne cherchait pas leur compagnie autrement que comme ses pairs forgerons, même si elle profitait pleinement de son statut de Tuatha, parce qu’elle aimait, elle adorait ce qu’ils créaient de leurs mains en son nom, son nom à elle, son art à elle. Mais déjà alors, comme aujourd’hui, elle n’était pas plus introduite que cela à la Cour, n’avait pas plus d’amis que cela, ne souhaitait pas plus que cela discuter et voir des gens. Et ce n’était pas non plus pour cela qu’elle s’était rendue sur l’île de Skye : ce qu’elle voulait alors, c’était faire parler le métal, se battre, vaincre, un échange bien plus passionnant qu’une conversation. Elle comprenait, oui : elle aussi avait été fière, probablement d’elle-même autant que de ces artisans humains. De façon égoïste, elle ne considérait pas les autres, le reste de l’humanité : elle ne leur accordait pas même un regard. Seuls comptaient les siens, ses enfants, ses forgerons, ses orfèvres, ses bijoutiers.

« Je comprends. J’ai eu ce genre d’ascendant à une époque, et j’en ai grandement profité, sans jamais dévoiler on vrai visage ou ma véritable identité. C’était bien plus agréable d’être spectatrice de ma propre ascension. »

C’était, après tout, le propre de la Déesse elle-même : omnisciente, omnipotente, toujours présente dans les cœurs et dans les têtes mais qui pourtant se marchaient jamais parmi eux physiquement, du moins depuis très longtemps, un temps qui remontait bien au-delà de la propre naissance de Credne. Et il avait fallu sa confrontation avec Scáthach pour faire tomber le masque, dissiper le Glamour qui dissimulait sa véritable nature : une femme. Que vous le vouliez ou non, c’est ce qu’elles étaient toutes deux ; des guerrières, et des femmes. Et cela n’avait rien d’antinomique. Credne fut secouée d’un léger rire quand Scáthach en arriva à la même conclusion qu’elle sur une hypothétique nouvelle confrontation entre elles.

« Je suis d’accord, nous en resterons-là. Je trouve de toute façon beaucoup plus de satisfaction à me battre à tes côtés à présent que contre toi. Je pense que notre légende saura se nourrir de cela. Mais puisque tu parles de Cúchulainn, dis-moi donc, si tu le veux bien, qu’est-il devenu ? »

Si elle posait la question, c’est qu’elle se souvenait encore très vivement du guerrier Changelin, qui avait fait forte impression que la forgeronne. Et pas seulement par les liens qui l’unissaient à Scáthach. Cúchulainn était un guerrier lui aussi, et un des meilleurs que Credne ait pu admirer à l’époque. Elle l’avait regardé manier la lame avec une pointe d’excitation, avait eu envie plus d’une fois d’aller le défier, tout en sachant que cela n’aurait pas eu de sens, pas là-bas, sur l’île de Skye, pas sous l’œil de celle qui y régnait. Elle se rappelait s’être dit que Cúchulainn avait probablement un destin à accomplir, que s’il ne se faisait pas tuer par son arrogance, alors elle entendrait un jour son nom dans les histoires que racontaient les parents à leurs enfants et verrait son visage sur les fresques de toute l’Europe. Mais bien sûr, sa question revêtait mécaniquement une dimension intime pour son amie et la forgeronne aurait compris que Scáthach préfère ne pas s’éterniser sur le sujet.

 


of blood and fire

Though I am old with wandering through hollow lands and hilly lands, I will find out where you have gone, and kiss your lips and take your hands ; and walk among long dappled grass, and pluck till time and times are done the silver apples of the moon, the golden apples of the sun. —texte : yeats / code : ellaenys.
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I will never be forgotten with you by my side [Skye]

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