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 Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]

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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

MessageSujet: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Ven 8 Avr - 20:31
    Assise dernière mon bureau, je suis plongée dans la rédaction de plusieurs rapports en simultané. Comme quoi, parfois il m'arrive de prendre mon job de médecin légiste à cœur. Parfois. Je gribouille une note à gauche, remplis une colonne à droite, jongle entre les flèches et les mots-clés, entoure un terme qui attire mon attention. Bref, à première vue on pourrait vraiment me croire en profonde réflexion et à fond dans le perfectionnement de mes premiers jets. Les apparences mes amis. Encore et toujours ces satanées apparences. Voyons, nous évoluons dans un siècle d'avancement technologique majeur. Ne serait-ce que dans le service il y a au moins trois ordinateurs portables par pièce. Et autant si pas plus de gadgets High Tech sans queue ni tête pour égailler sur leur triste sort. Une souris sans fil. Un clavier fluorescent de nuit. Et là je ne parle que des extensions propres à la machine. Je vous évite la lampe intelligente (vous savez, celle qui s'allume d'elle-même en fonction de ses analyses internes en termes de luminosité idéale), le radio-réveil qui imite les bruits de la nature (carrément oui) et je ne parle même pas de cette plante artificielle offerte par mes collègues pour me souhaiter la bienvenue dans l'équipe. Je quitte un instant du regard mes notes et pour poser mon attention sur ce gros fake. Je fronce des sourcils tandis que le petit tas de plastic coloré se met à danser (tout est relatif) sous mes yeux. Il s'agit là tout simplement d'un vulgaire mécanisme de reconnaissance du mouvement. Forcément, à la base la bestiole n'est sensée se dandiner comme un constipé qu'en présence d'une source de lumière externe. Pas vraiment le nec plus ultra de la révolution quand on squatte la plupart du temps à la morgue. Je n'ai même pas une seule fucking fenêtre pour regarder à l'extérieur. Pas étonnant que le bureau est vide de toute forme de verdure. Bon d'accord, j'ai cet ersatz de clown qui semble presque ravi de me montrer ses tours de passe-passe. Mais comme je le précise, ça reste malgré tout un PRESQUE.

    Je secoue légèrement la tête pour dissiper les images de destruction apocalyptique qui me traversent les méninges et me reconcentre sur la feuille du dessus. Oh je vous rassure, cela n'est en aucun lien avec un quelconque meurtre à résoudre. Ni avec une cause de décès inexplicable que je tente de décortiquer en bonne et due forme. En fait ça n'a carrément rien à voir avec mon job. Non, mes rapports je les enregistre sur un dictaphone connecté. Il recopie mes moindres mots et ponctuations tel le petit robot qu'il est. Mon propre nègre enfermé dans la cave qui rédige mes mémoires sous prétexte que mes ongles parfaitement manucurées n'apprécient que moyennement la texture du clavier. Cette réflexion m'arrache un semblant de sourire. Comme si je pouvais être aussi superficiel que les autres aiment à le croire. Quels cons.

    Je suis méticuleuse. Très. Probablement même trop selon les critères de la plupart. J'ai beau ne pas affectionner particulièrement ce poste que j'occupe, cela n'empêche en rien que j'excelle dans le domaine. Mes notes sont irréprochables. Mes déductions en parfaite adéquations avec mes observations. Mon diagnostic rarement erroné. Oui, je me permets une marge d'erreur. Nous parlons quand même de cadavres qualifiés par la médiocrité de ce monde comme étant d'origine "surnaturelle". De fait, j'accepte d'inclure dans les statistiques un pourcentage de fluctuation. Ce n'est bien sûr que théorique. Purement pour la forme.

    Donc! Toutes ces feuilles éparpillées sur mon bureau, ce stylo bille que je triture de mes doigts et du bout des dents, cette paire de lunettes noire simple (mais qui me donne pourtant un air de secrétaire sexy) - oui, ils ne sont en rien liés au monde magique des croque-morts. Il s'agit là de notes personnelles. Des réflexions d'une nuit où je m'ennuyais. D'une anecdote banale qui m'a trotté dans la tête plus longtemps que de raison. De quelques réactions absurdes de cause à effet à première vue anodines. Allez comprendre.
    Je n'ai jamais été du genre à tenir un journal intime. A noter à tout va mes inspirations du moment. A prendre le temps de réfléchir plus posément aux aléas de la vie. Alors que je vous rassure immédiatement, ce n'est toujours pas le cas. Et je compte bien maintenir l'équilibre de la sorte. Alors qu'est-ce que je fais? Je m'instruis voyons. J'ai réussi à mettre la main sur le manuscrit d'un collègue. Comment? Oh cela importe bien peu à l'histoire. Le principal étant que ce petit joyau se trouve désormais entre mes mains diaphanes. Je m'amuse à caresser le papier. A imaginer l'arbre auquel il a appartenu un jour. A déchiffrer ces mots codés. A chercher une explication rationnelle qui n'existe très certainement pas. Ou seulement dans mon imaginaire. Oh, détrompez-vous, il ne s'agit pas de CE genre de collègues. Je m'en moque bien des rapports des autres médecins légistes. D’ailleurs, j’en ai toujours quatre qui font le pitre sur le coin supérieur droit de mon bureau. Les rapports d’autopsie ce sera pour plus tard. Actuellement cela m’intéresse autant que ce charabia médico-légal rédigé par les docteurs aux patients encore vivants. La vie. La mort. Vous savez, c'est inévitable. Petite pensée pour toi Crom Cruach. Bien malgré moi je sens un soupçon de sourire naître sur mon visage. J'en viens même à me mordiller la lèvre inférieure. Douce nostalgie quand tu nous tiens.

    Je secoue à peine ma tête pour évaporer cette pensée audacieuse et me reconcentre sur la symbolique qui retapisse désormais la quasi-totalité de mon bureau. On pourrait presqu'en déduire que je suis de nature désordonnée. Si pas bordélique. N'importe quoi. Je sais exactement qu'est-ce qui trouve où, dans quel ordre, depuis quand et pour combien de temps encore. Enfin, à quelques broutilles près bien sûr.

    Je m'apprête à m'attaquer au prochain chapitre lorsqu'un petit quelque chose vient comme perturber mon halo de bienséance. Je cesse nette mes occupations et reporte mon attention sur la porte. Je penche légèrement la tête afin de mettre mon ouïe à contribution. Non. Aucun bruit parasite pourtant. L'impression persiste pourtant. Ce n'est rien de bien dérangeant, plutôt ... perturbant. Une pointe oppressant. Comme si quelque chose d'invisible venait titiller mon aura immortelle. Comme un doigt inexistant qui me tapote l'épaule, mais n'appartient à aucune entité. Ça picote légèrement. Je n'irai pas jusqu'à dire que cela chatouille, mais c'est tout comme. Et aussi tout à coup cela s'estompe. Ça disparaît aussi rapidement que c'est apparu. Plus la moindre trace. Rien. Que dalle. Je décide de mettre ça sur le compte du besoin de distraction. Cela fait plusieurs heures déjà que je suis coincée entre ces quatre murs. Sortir un peu me ferait assurément le plus grand bien. Laisser le soleil réchauffer ma peau. Peut-être même que je m'oserais à une petite friandise si jamais je trouvais un peu de terre fraîche à me mettre sous les doigts.

    L'idée me plaît plus que de raison. Je rassemble toute ma paperasse dans un joli petit paquet bien uni. Je n'ai pas nécessairement envie que cela tombe entre les mains d'un novice. D'ailleurs, je ne veux tout simplement pas que d'autres phalanges que les miennes viennent à tripoter mes notes. Que ce soit ces documents-ci ou encore ceux qui ont attrait à ma profession. Je range le tout dans un tiroir dont je glisse la seule clé dans la poche droite de ma veste blanche. Je retire mes lunettes que je pose sur les quatre rapports d'autopsie à étudier plus tard. Je me masse et les sinus et soupire un coup avant de me redresser. Pas certaine que je vais revenir si jamais je sors d'ici.
    Peu importe. Ce n'est plus une envie là, c'est carrément un besoin. Je m'extirpe de mon assise que je prends soin de reglisser à son emplacement premier. Je ne prends même pas la peine de choper une veste au passage et me dirige vers la porte principale. Lorsque j'ouvre celle-ci, je manque de me la manger en plein nez. Une pression depuis la poignée de l'autre côté m'apprend que nous sommes deux à vouloir la même chose si ce n'est en sens inverse.


>> Comment puis-je vous ...

    Mes mots restent coincés dans ma bouche tandis que mon regard millénaire tombe sur cette silhouette que je reconnaîtrais parmi tous.
    Je crois que de tout être vivant sur cette terre, ma fille est bien la seule capable de me clouer le bec de par sa seule existence.


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CHANGELIN UNSEELIE modern myth.

Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Dim 10 Avr - 13:47
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Des Feys morts. Clare s’était imaginée, en débarquant sur Ellan Vannin, que sa vie en serait complètement bouleversée, et c’était bel et bien le cas, mais il y avait une chose qui n’avait pas changé, une chose qui restait la même, comme un roc dans la tempête : des Feys se faisaient tuer. Que ce soit à Londres ou ici, sur cette île minuscule, apparemment, on tuait des Feys. Pour Clare ça ne signifiait qu’une chose : c’était bon pour les affaires. Après avoir vu son agence de détectives battre de l’aile et frôler la fermeture, elle était un peu sensible sur ce sujet. Même s’il fallait retrouver le chat d’une voisine, ça lui convenait, désormais. De toute façon, ce n’était pas comme si elle avait le choix, maintenant qu’elle n’était plus sa propre patronne. C’était Esras, cette enflure d’Esras, qui gérait l’agence, et elle, elle ne pouvait qu’accepter les affaires qui se présentaient en se mordant la lèvre jusqu’au sang. Le coup des Feys morts, c’était plus ou moins la conséquence de ce qu’Elatha en personne lui avait demandé, en revanche : à peine arrivée sur l’île et installée dans ses nouveaux bureaux que Clare s’était vu confier une seule mission : se débarrasser de la concurrence. Concurrence qui avait pris l’apparence d’un certain Leith O’Martin, et parce qu’elle était bonne à son job, Clare avait découvert quelle était sa dernière enquête en date : des Feys morts. Et comme elle préférait pour le moment ne pas prendre la Vampire au mot – se « débarrasser » de la concurrence, ça voulait dire quoi, exactement, le tuer ? Comme si elle était capable de faire un truc pareil… –, elle avait décidé de mener l’enquête à son tour, moins pour découvrir ce qui se cachait sous ces meurtres que pour piquer son affaire à Leith et en retirer publiquement tout le crédit. Ce serait une bonne pub pour Alias Investigations et une très mauvaise pub pour Leith.

Tout ça voulait dire qu’elle ne serait pas payée, vu qu’aucun client ne lui avait demandé d’enquêter, mais les ordres étaient les ordres et de toute façon, maintenant qu’elle n’était plus qu’une pauvre employée et non pas la patronne, elle n’avait plus à s’occuper des questions financières. En dehors du fait qu’elle détestait cette situation parce que sa fierté en prenait un coup, remplir de la paperasse et gérer les comptes ne lui manquait absolument pas. Pour l’heure, elle se dirigeait vers l’hôpital St. Catherine. C’était la première fois qu’elle y mettrait les pieds, qu’elle s’en approchait, même, et elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Compte tenu de la tolérance extrêmement basse des Feys à la technologie, est-ce qu’il était géré par des Humains ? Cela aurait peu de chance parce que l’hôpital ne pourrait alors pas accueillir de Feys. Il était plus probable qu’il s’agisse d’un hosto à l’ancienne, fait de ce mélange bâtard d’avancées de la médecine et de matériel old-school. On faisait ce qu’on pouvait. De toute façon, la plupart des Feys n’avaient pas réellement besoin d’un hôpital, vu leur tendance à guérir tout seuls et facilement. En revanche, ils avaient besoin d’une morgue. Ils n’étaient immortels que face au temps, pas face aux blessures. Clare se planta devant l’entrée de la morgue avec un demi-sourire, s’amusant elle-même de se référer aux Feys par un « ils », comme si elle n’en était pas une elle-même. Eh bien, après tout, elle était bel et bien mortelle, elle…

Ce qu’elle avait trouvé jusqu’à présent ? Trois Feys Unseelies avaient été découverts morts peu après le couronnement du nouveau roi dont Clare n’avait pas retenu le nom. Elle savait aussi que des Seelies avaient été tués mais elle ne s’était pas encore penchée sur la question, c’était forcément plus compliqué. Et pourtant, pour avoir un point de vue d’ensemble sur l’affaire, il faudrait bien qu’elle récupère des informations sur ces meurtres-là, qui étaient forcément liés. Bref, quoi qu’il en soit, les Feys avaient probablement déjà été accompagnés dans leur dernière demeure depuis un moment, mais ce n’était pas leurs cadavres qui l’intéressaient, c’étaient les rapports d’autopsie. Clare ne se faisait pas vraiment d’illusion, aurait-elle vu les corps qu’elle n’aurait probablement pas pu en savoir plus qu’en lisant les rapports. Elle comptait rentrer dans la morgue, demander les rapports, les consulter, prendre des notes et des photos et repartir. Même si les lieux semblaient plutôt déserts, pour l’heure. Clare avait un plan B, de toute façon : crocheter la serrure et se servir, tout simplement. Ne plus vivre selon les lois humaines avait du bon. Debout face à la porte, elle tendit l’oreille un instant, crut entendre le bruit d’un pas léger, voir une lueur vacillante. Il semblait que quelqu’un à la morgue faisait des heures sup'. Clare espérait juste que le quelqu’un en question ne se ferait pas prier pour lui montrer les dossiers.

Elle posa la main sur la poignée de la porte et un frisson la parcourut, si puissant qu’elle en vacilla, alors que la sensation d’une catastrophe imminente l’assaillait brutalement. La porte s’ouvrit, mais pas de son fait, non, quelqu’un, derrière la porte, venait de la tirer vers lui. Clare lâcha la poignée et ouvrit la bouche pour se présenter, mais sa voix resta coincée dans sa gorge. Oh, le cauchemar. Ce n’était pas un vain mot, ses cauchemars, tout au long de sa vie, avaient toujours pris un seul et même visage : celui qui venait d’apparaître devant elle, celui de sa mère, Narcisse. En venant sur Ellan Vannin, elle savait bien que ce moment arriverait forcément, mais elle l’avait ignoré délibérément, se convainquant que ce serait plus tard, un plus tard flou et lointain, pas réel. En tout cas, elle n’avait certainement pas prévu de la croiser ici et maintenant. Elle eut l’impression de recevoir un coup de poing en pleine figure, et d’ailleurs, choquée, elle se demanda pendant une seconde si ce n’était pas ce qui venait bel et bien d’arriver, ça n’aurait pas été une première. Mais ce n’était pas un coup physique, c’était le choc de milliers d’images et de souvenirs soigneusement enterrés dans les tréfonds de son esprit qui refaisaient soudain surface comme un geyser. Elle recula d’un pas, les yeux baissés, refusant de croiser le regard si longtemps oublié. Dans l’ombre du couloir, mécanisme de défense involontaire, elle s’entoura du Glamour avec lequel elle avait vécu si longtemps sur terre et qui, malgré des similitudes, restait si différent, si humain, par rapport à son apparence véritable.

— Je reviendrai plus tard.

Sa voix n’était qu’un murmure. Elle sentit un frisson glacer remonter le long de sa colonne vertébrale et sut qu'elle devait s'en aller tout de suite. Elle tourna les talons et commença à s’éloigner, tentant de se persuader que ce moment pouvait être ignoré, que le temps pouvait remonter jusqu’à quelques secondes auparavant, quand sa mère n’avait pas encore fait cette entrée fracassante dans sa vie à nouveau. Un choc tellement violent qu'elle sentait sa conscience se désagréger peu à peu, au profit, elle le savait, d'une tout autre personnalité.

 



 
What a time to be alive !
I'm the voice inside your head you refuse to hear, I'm the face that you have to face mirrored in your stare, I'm what's left, I'm what's right, I'm the enemy, I'm the hand that will take you down, bring you to your knees.
©️ code : ellaenys. // quote : foo fighters.  
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Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mer 13 Avr - 13:04
    Pendant l'espace d'un instant je me demande bien qui peut encore roder dans les parages à une heure pareille. Outre ma magnifique personne bien sûr. Oh cessez donc vos balivernes. Nous sommes dans un hôpital que diable! Il a beau porter le pseudonyme d'un saint chrétien, il n'est en rien lié à nos propres religions. Notre anatomie profonde nous permet une régénération quasi-immédiate et pseudo-parfaite. Oui je me permets une pointe d'amertume pour pimenter mon phrasé. Rien qu'au souvenir je ressens un léger picotement au niveau de la paume de ma main droite. Je suis tentée de baisser légèrement le regard pour m'assurer qu'elle est bien toujours là. La trace je sous-entends. Je n'en fais rien. Depuis ce jour maudit j'ai la fâcheuse tendance d'envelopper mes mains dans du tissu artificiel. Mon rôle de médecin légiste ne fait que confirmer ma parfaite couverture.
    Bref, tout ça pour dire que je ne m'attends pas particulièrement à croiser le regard ahuri d'un confrère - pour autant que l'on puisse les qualifier de tel. Je suis même quelque peu étonnée de croiser une autre âme qui vive dans un endroit aussi insolite. Appelons un chat un chat, la morgue n'est pas vraiment le lieu de rencontre par excellence.

    Alors que dire de l'instant présent? Comment définir cette sensation qui m'habite au moment précis où mes yeux confirment ce que dans mon for intérieur je savais d'ores et déjà? Comment mettre des mots sur une telle sensation? Je sens comme une déchirure violente dans le fin fond de mes entrailles. Comme si une bête invisible venait d'éclore d'un réveil millénaire et n'aspirait qu'à m'ouvrir la paroi abdominale en deux (ou plus si affinités) pour enfin se dévoiler au monde. Comme si un trou noir minuscule aspirait mon essence même depuis les tréfonds de mon utérus. Comme si ce dernier venait à reconnaître la partie manquante d'une âme qui n'a jamais été sienne. Ni mienne d'ailleurs. Je me prends une gifle si violente que seule ma main toujours sur la clinche de la porte m'empêche de reculer. M'évite de trébucher. Et, assurément, retarde sensiblement le point de non-retour. Je me sens tomber. Vaciller. Chuter. Je me prends un mur qui me broie la mâchoire et ricane de ma douleur. En même temps, c'est lui mon point d'ancrage. C'est lui mon phare dans le noir. Il m'insupporte. Je le déteste. Je LA déteste.

    Je sens une montée d'adrénaline s'injecter dans mon réseau veineux. Je sens mes artères se gorger d'une énergie renouvelée. Je sens mon cœur se contracter si fort qu'il pourrait venir à fissurer mes côtes de par sa seule volonté de nuire. Je sens mes phalanges se crisper sur la clinche. Je sens le métal crier sous ma poigne. Je sens mes ongles s'enfoncer dans la paume de mon autre main. Je sens mes envies, mes besoins, mes lubies et mes folies sur le point d'imploser. Tous se rencontrent, se frôlent, se bousculent. Ça grogne, ça crache, ça rue dans tous les sens. Ô Clare, si seulement tu savais tout ce chaos que tu m'inspires. Toute cette violence gratuite que tu fais naître en moi. Tu peux être fière de toi ma chérie. Outre Taranis, nul n'a jamais été capable de me faire cabrer aussi rapidement.

    La réaction semble mutuelle. Tu es magnifique ainsi. Déstabilisée. Déroutée. Tu manques de vaciller. Je le vois. Je le sens. Ta tête tourne n'est-ce pas? Tu manques de gerber. Tu manques de tomber. Tu sais pertinemment que je ne vais pas te rattraper. Alors tu luttes. Alors tu refuses. Comme tu es belle petite fille.

    Je sens ta détresse. Je devine tes frissons. De dégoût, de refus, de malaise, de mal-être. Humm Clare, tu me gâtes vraiment trop. Je dois me faire violence pour ne pas me délecter ouvertement d'une telle aberration. Pour ne pas enfoncer le couteau un tout petit peu plus. Pour ne pas tourner la lame dans cette plaie encore béante. Et crois bien qu'il m'aspire de récupérer l'arme de ce crime odieux et de la plonger dans les entrailles de la terre. Il me tarde tellement de goûter à ta vitae ma chérie. Si seulement tu savais ... mais tu SAIS déjà, n'est-ce pas?

    Tu ne prends même pas la peine de remarquer l'ersatz de sourire naissant aux coins de mes lèvres. Tu baisses les yeux. Tu courbes l'échine. Mon sourire se transforme en rictus. Côtoyer l'humanité ne t'a visiblement rien appris et tout volé. Tu as beau t'entourer de cette barrière factice, elle empeste littéralement la faiblesse et l'abandon. Est-ce donc ainsi que cela va se terminer? Tu lances l'essuie dans le ring avant même le son de la cloche? Tu aurais au moins pu prendre la peine de le gorger de ta propre sueur non? Tu me déçois Clare. Tellement. Mais comment en être étonnée? J'ai toujours su que tu n'étais pas digne de porter mon nom.

    Quatre mots. C'est tout ce que tu m'accordes avant de te tourner et de t'éloigner. Quatre! Est-ce que je représente donc si peu à tes yeux? Est-ce donc là la réelle valeur que tu offres à ma vie? Est-ce ainsi que vont se terminer nos joyeuses retrouvailles? Je ne crois pas non. Je ne t'ai pas donné l'autorisation de quitter la pièce. Je n'accepte pas un tel manque de respect. Ce n'est pas ainsi que ton éducation a été faite jeune fille. Ne crois pas t'en tirer à si bon profit.

    Je pars à ta poursuite. Vois comme tu me fais presser le pas. Tu devrais avoir honte. C'est toi qui devrais me rattraper et non l'inverse. De plus, tu as tendance à oublier à qui tu te mesures. Il ne me faut pas plus de quatre élancées pour être dans ton dos. Tellement de choix. Tellement de possibilités. Je pourrais te caler contre un mur et t'éclater le nez. Je pourrais te saisir le poignet et aisément le broyer. Je pourrais t'obliger à t'aplatir au sol et te faire supplier. Oh crois bien que l'envie ne manque point ma chère fille, mais vois comme moi aussi j'ai appris à évoluer. Vois comme je peux être plus fourbe encore en ne t'accordant pas le moindre prétexte de continuer à te détourner.
    Mes deux mains gantées se posent sur tes épaules. Le contact est électrifiant. Toi aussi tu le sens, n'est-ce pas?


>> Non, attends.

    Ma voix est sincère. Presque douce. Jolie prestation, n'est-il pas? Je pousse le vice à son apothéose en me penchant légèrement vers l'avant. Mon front vient ainsi à effleurer ta crinière.


>> Je ...

    Je n'ai, en fait, strictement rien à te dire. Je ne relâche pas pour autant ma prise - voire mon emprise - sur ton corps de pantin. Ton Glamour tente de me repousser. De me brûler. De me mordre. Je ne lui prête pas la moindre attention. Il n'a qu'à se contenter du tissu superficiel qui m'enveloppe. J'inspire lentement et laisse ton parfum imberbe m'imprégner les sens. Répugnant.


>> Tu m’as manqué.

    Ce qui n’est pas faux en soi. De là à appliquer la même définition de « manque » … je me permets d’émettre une option sur le doute raisonnable.
    Lentement je viens à relâcher la pression effectuée sur tes si frêles épaules. Est-ce que tu te nourris bien ? Tu ne te mettrais pas au sport pour muscler un peu tout ça ? Il y a du laisser-aller jeune fille. A se demander si ton géniteur a vraiment fourni le moindre effort notable dans la conception. Je secoue légèrement la tête pour dissiper cette scène de mon imaginarium. Où en étions-nous ? Ah oui, je récupère mes mains qui portent sur elles comme une impression de saleté. De crasse sous-jacente. Non franchement Clare, l’humanité ne te sied guère. Il était grand temps que tu reviennes parmi les tiens.

    Je recule d’un pas. Plus pour toi que pour moi. Si tout ceci était vraiment de mon ressort je t’aurais déjà planté un scalpel entre les côtes et je serais en train de découvrir les prémisses de ton intérieur. Heureusement pour toi je ne sors pas de la salle d’autopsie. Je ne dispose jamais que d’une paire de clés bad gamme et d’un badge d’autorisation. Celui-là n’est pas prêt de me servir … la clé du cadenas par contre. Presque machinalement j’ai plongé ma main droite dans la poche de mon revêtement et je viens triturer le métal synthétique de mes doigts impatients. Je me surprends à me mordiller quelque peu la pulpe de ma lèvre inférieure. Je suis certaine que la Déesse Mère trouverait à apprécier à juste titre l’exquis de ton essence. Souillée ou pas, tu n’en restes pas moins le fruit de mes propres entrailles. Cette pensée finit par achever mon semblant de bonne humeur. Je retrouve l’expression de mon stoïcisme professionnel. Je me redresse un peu plus dans ton dos. Arrête de me nier Clare. Tu sais parfaitement n’avoir aucune chance face à moi.


>> Qu’est-ce que tu veux ?

    Tu veux le jouer ainsi ? Qu’à cela ne tienne. Oh j’aurais pu t’accorder le bénéfice d’un « Que puis-je faire pour toi ? », mais je ne suis pas particulière encline à la charité ce soir. Pour cela tu vas devoir déployer quelques efforts supplémentaires. Et là aussi nous connaissons toutes deux déjà le résultat probant de notre future altercation.
    Vas-y ma CHÉRIE, surprends-moi.



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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Jeu 14 Avr - 22:40
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Comme elle voudrait pouvoir effacer ce moment. Peu importe la façon, elle prendrait toutes les solutions qui pourraient s’offrir à elle, remonter le temps, bidouillage de mémoire, elle était même prête à se cogner la tête contre un mur jusqu’à en oublier cette rencontre infâme au goût de sang. En cette seconde, elle se souvenait de pourquoi elle avait tant traîné des pieds pour venir s’installer ici, toutes ses disputes avec Nemed, toutes ses suppliques, ses bouderies, ses silences, ces choses qui lui avaient parues ensuite imméritées, reprenaient leur sens. Voilà pourquoi elle ne voulait pas retourner dans la Faërie, pour cette seule raison, et elle avait eu raison de ne pas vouloir, évidemment. Plus de cinquante avaient passé et elle avait cru que plus jamais elle n’aurait à faire face à l’être abhorré. Alors l’image s’était affadie, les souvenirs avaient été rangés dans un coin, c’était commode, pas si facile, mais à mesure qu’elle se construisait sa propre vie, si différente de son enfance, et qu’elle gagnait à la sueur de son front, une vie qui n’avait rien à avoir, de près ou de loin, avec sa mère, celle-ci avait fini par ne devenir qu’un ennuyeux bruit de fond dans sa tête, qui parfois se rappelait à elle, en certaines occasions dans certaines situations. Il suffisait de peu, c’est vrai, Clare ne pouvait pas le nier. L’intonation d’une inconnue sur un mot banal, mais qui lui appelait la voix de Narcisse. Un regard bleu acier scintillant se posant sur elle, qui lui arrachait un frisson dégoûté. La vision d’une main se levant au-dessus d’un enfant qui la heurtait avec la violence d’une gifle. Mais malgré tout ça, elle avait su en finir, elle en était sûre. Elle était devenue entière et non pas une extension non désirée et ratée de sa mère. Et tout aurait continué ainsi s’il n’avait pas fallu qu’elle se pointe sur cette île pourrie.

Tourner les talons, une inspiration. Avancer d’un pas, une expiration. Le plus dur était fait, non ? Son pas suivant fut plus ferme, la machine était lancée. Elle ne pourrait pas faire comme si ce face à face n’était pas arrivé, mais elle pourrait en rester là. Au diable l’enquête, au Diable Elatha et ses missions à la noix, et que Leith fasse ce qu’il veut, Clare s’en fichait, elle voulait juste rentrer chez elle. Parler à quelqu’un. Non, même pas, pas besoin de parler de ça, plus jamais, ce n’était qu’un bug dans sa vie. Simplement contempler le visage d’un être aimé, être en compagnie d’un ami. C’était ainsi que ce cauchemar prendrait fin. Elle s’en convainquit en une seconde, se sentit libérée, elle y était presque. Ne pas se retourner, certainement pas. Ne pas laisser les images qui menaçaient de déborder d’elle envahir son esprit, ni les cris du passé, ni les doigts recourbés aux ongles parfaits s’abattant sur ses joues. Tout cela n’était qu’un cauchemar dont elle avait fini par s’éveiller. Dans sa vie, sa vraie vie, il n’y avait pas de place pour sa mère. Elle n’avait plus dix ans. Elle avait vieilli, elle avait fui la Faërie sans se retourner à seulement dix-huit ans malgré tout ce que cela impliquait pour elle en termes de conséquences. Elle s’était trouvé un allié sur Terre, puis une famille, avait fait ses études, avait rencontré des tas de gens, eu des tas d’aventures, avait obtenu un diplôme et était partie sur les routes, elle avait vécu à Londres ! Elle s’était mariée ! Elle était devenue patronne de sa propre agence de détectives et avait fait face à son lot de sales types. Tout cela comptait, et tout cela était sa vie, pas cette créature issue de son passé, qui tentait de s’en extirper comme un monstre de légende humain s’arrache d’un miroir après avoir été appelé. À ceci près que Clare n’avait pas appelé sa mère. Jamais. Pas même quand elle était partie.

Deux mains s’abattirent sur ses épaules et la stupeur lui arracha un sursaut. Aussitôt, son mouvement en avant fut interrompu, ses jambes devinrent de pierre, comme si ses doigts qui s’étaient refermés de chaque côté de sa nuque portaient en eux une malédiction. Attendre ? Cette voix… Cette voix suave et douce et dont elle se servait exclusivement pour lui faire du mal… Clare sentit le souffle de sa mère effleurer ses cheveux et sentit ses entrailles se tordre. Elle s’était souvent demandé s’il était possible pour elle de détester plus quelqu’un qu’elle ne détestait cette femme, et avec le temps, la question était tombée dans l’oubli, mais elle avait sa réponse, en cette seconde. Non, personne. Il n’y avait personne, dans ce monde et ailleurs, qu’elle haïssait plus que sa mère. Elle se sentie envahie de ses vieux réflexes d’enfant. « Cache-toi. Ne parle pas. Retiens ton souffle. Si tu disparais à ses yeux, peut-être qu’elle ne te verra pas, cette fois. Peut-être qu’elle te verra mais n’aura simplement rien, aucune prise, aucune raison de s’en prendre à toi. » Sauf que Narcisse n’avait jamais eu besoin d’aucune raison, autre du moins que la seule, l’unique : elle ne pouvait pas plus se regarder dans un miroir et regarder dans les yeux de sa fille. Dans les deux cas, ses pupilles si belles lui renvoyaient ses propres erreurs et elle ne pouvait pas le supporter. Il avait fallu du temps à Clare pour comprendre que ce n’était pas elle, le problème, mais Narcisse elle-même.

Et puis non. Non, elle n’était plus une enfant. Le Glamour sur son visage faisait la fête, elle n’arrivait plus à le contrôler, alors elle s’en débarrassa, tout simplement. Regarde-moi, maman. Elle se tourna à demi vers Narcisse, dans une position transitoire : non, elle ne resterait pas là à lui faire la conversation. Mais elle ne la fuirait pas non plus. Les paroles de sa génitrices, aussi inoffensives soient-elles, étaient du venin. Cette hésitation, ces respirations entre un minimum de mots, cet air affligé… Elle avait toujours été douée, pour ça ; la frustration ultime pour Clare, de voir les gens boire ses propos d’un air fasciné quand elle, savait quel genre de poison il s’en déversait en réalité. Les Feys ne mentaient pas alors Clare devait vraiment lui avoir manqué. Mais on peut manquer à quelqu’un pour un tas d’autres raisons que des sentiments maternels. La victime manque probablement à son bourreau. Elle planta son regard dans celui de Narcisse, sentit de nouveau comme un coup à l’estomac. La rage l’envahit, simplement liée à cette constatation : sa mère avait encore de l’emprise sur elle. Elle en aurait mordu quelqu’un de colère. Ses mains sur elle et ses paroles à double-sens… Elle avait l’impression que son cerveau tentait de se faire la malle, une étrange sensation de dédoublement.

— Je ne veux rien, rien de toi, en tout cas.

Elle croisa le bras, leva le menton. Que sa mère la regarde. Qu’elle cherche sa petite fille dans cette adulte qu’elle était devenue, sans elle. Qu’elle retrouve tout ce qui la dégoûtait tant. Clare songea soudain à son père, qu’elle avait vu, juste une fois, et comme lorsqu’elle était enfant, s’imagina qu’il était avec elle et qu’il la soutenait. Petite défense automatique, infantile et stupide, parce qu’elle ne savait rien de cet homme, qu’elle saurait jamais rien de lui, en tout cas rien qui lui permette de deviner comment il réagirait en cette seconde. Mais cela aurait énervé Narcisse si elle l’avait su. Et cela suffisait à Clare.

— C’est moi, maman.

Elle avait mis tant de sarcasme dans ce dernier mot que c’en était caricatural. Elle haussa légèrement les épaules.

— Je suis revenue. Mais pas pour toi, et j’ai prévu de faire comme d’habitude : comme si tu n’existais pas. Tu n’auras qu’à faire pareil de ton côté et puis voilà.

Oui, voilà. Plus de cinquante ans avaient passé après tout, et Narvisse avait probablement vécu tout aussi bien sans Clare que Clare sans elle.

 



 
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Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Lun 18 Avr - 8:17
    Tu te retournes à peine. Tu restes coincée comme à mi-chemin. Je sais bien que ce n'est jamais plus que de la provocation gratuite, mais franchement Clare - qu'espérais-tu obtenir ainsi? Ne vois-tu pas que j'ai DÉJÀ gagné? Ne vois-tu pas que tu m'es déjà toute acquise à la cause? Si je n'avais vraiment aucune emprise sur ta petite personne, tu aurais continué à t'éloigner. Tu n'aurais pas été figée sur place. Tu ne m'aurais pas gratifié de ce délicieux frisson qui a léché ton échine avant de ronronner sous mes doigts de marâtre. Oh ma chérie, crois-tu vraiment me vexer pour si peu? Toi qui es encore si jeune. Toi qui crois connaître le monde sous prétexte d'en avoir effleuré une infime - infâme - partie. Cinquante ans Clare, cinquante. J'en ai vécu quarante fois plus avant même de t'avoir mis au monde. Et c'est à moi qui tu espères faire la leçon? Comme tu es mignonne.

    Je t'observe. Je te reluque. Je n'ai pas peur de le dire. Je ne m'en cache pas. Tu pourrais voir l'impression que je te jauge. Si pas que je te juge. Est-ce justifié? Bien sûr. Là encore, pourquoi en faire un secret d'état? Tu n'es rien mon enfant. Rien si ce n'est mienne. Tu as beau te débattre contre cette réalité, il s'agit là de rien de plus qu'un fait avéré. Si nous ne nous sommes pas croisées par le passé, ce n'était assurément pas de ton ressort. Et ce n'était certainement pas de ton choix. Qui crois-tu berner ainsi? Penses-tu honnêtement que nous avons besoin de nous côtoyer de si près pour savoir? Pour sentir? Taranis et moi avons passé des décennies, que dis-je, des siècles complets éloignées l'une de l'autre. Un océan nous a séparées. Une guerre nous a déchirées. Est-ce pour autant que nous avons vécu dans l'ignorance pendant toutes ces années? Est-ce pour autant que notre lien s'est effiloché? Il n'y a jamais que ce dieu chrétien qui bénit les ignorants ma fille. Tu as raté tellement de choses. Tu en ignores d'autant plus. Oh j'aurais pu, et même que je pourrais, t'apprendre tout cela, mais à quoi bon? Tu as gâché ton potentiel il y a bien longtemps de cela. C'est irrécupérable. Le mal était fait bien avant ta naissance. Pauvre de toi. Jamais tu ne comprendras.

    Tu accroches ton regard si similaire au mien à mes propres prunelles. Je sens la nervature rougeâtre de mes pupilles se calquer aux tiennes. Je sens ma propre essence se débattre dans ma chair. Je sens mes barrières se fissurer. J'ignore combien de temps encore je vais pouvoir me retenir. De fait ma profonde exaspération trouve exutoire au niveau de mes prunelles. Du moins, pour l'instant. Dis-moi Clare, est-ce que le spectacle te plait? Ça rappelle des souvenirs, n'est-ce pas? Toi aussi tu sais pertinemment comment cela est en train d'évoluer. Arrête de le nier. Arrête de ME nier. Et arrête de lutter. Tout est déjà perdu ma chérie. Tu as beau tenter de te persuader du contraire. Tu sais aussi bien que cela qu'il n'y a là que mensonge éhonté. Ersatz futile et fugace d'une réalité qui n'est et n'a jamais été. Tu t'évertues à te penser grande. Forte. Mature. Laisse-moi rire, veux-tu.

    Ta voix claque. Du moins tu aimes à la croire. J'accepte de maintenir l'illusion. Du moins pour l'instant. Tu croises les bras. Tu lèves le menton. Tu ressembles vaguement à une gamine capricieuse. C'est exactement ce que tu es. Mais je suis bien pire. Alors ne crois pas m'intimider avec si peu. Et puis cette pointe de sarcasme gratuit. Ridicule. Pathétique. Quel était donc le but caché de ce petit rassembli de cinq lettres sans la moindre saveur? Tu aurais mieux fait de rajouter un sourire, soit-il cynique. Au moins j'aurais pu y croire. Au moins j'aurais pu mimer la surprise. Pour le coup tu n'as droit à rien si ce n'est un désintérêt total pour ta petite personne.

    Un petit haussement d'épaules. Viendrais-tu de te rendre compte par toi-même de la douce ironie d'une telle stéréotypie? Ou n'est-ce rien de plus qu'une tentative désespérée de te défaire de ce sentiment de gêne qui te colle à la peau? Peine perdue ma jolie, je t'ai beaucoup trop bien façonnée que pour permettre une telle vulgarité de faire fit du passé. De toute façon, ça crève les yeux que tu as envie de faire subir le même sort aux miens. Vas-y, qu'est-ce que tu attends? Tu veux peut-être que je m'abaisse à ton niveau de larve insignifiante? Il est bien connu que les nuisibles sont difficile à exterminer. Vous m'avez bien lu "DIFFICILE". Pas impossible.

    Qui essaies-tu de persuader là? Tu y crois peut-être à tes propres bobards? Auquel cas tu es encore plus atteinte que je ne le craignais. Pauvre de toi. Je pourrais ressentir de la pitié à ton encontre, c'est un fait. Sauf que tu sais fort bien que ce mot ne fait pas partie de mon vocabulaire. Et quand bien même, jamais ô grand jamais c'est à toi que je l'attribuerais. Tu veux jouer dans la Cour des Grands? Ça me convient parfaitement. Mais attention au retour. Il est vachement plus dévastateur que la première gifle. Prête? Je m'en fous en fait. Même à travers une réponse négative, il est déjà trop tard. A moi de bouger mon cavalier maintenant.


>> D'accord.

    Tu peux toujours essayer. Et sans crier garde, je me suis déjà avancée d'un pas. Me voilà déjà contre toi. Ma main gauche dans de ton dos. Une légère pression. Mes doigts de la main droite posés avant délicatesse à l'arrière de ton crâne. Ton corps a toujours réagi plus vite que ton esprit. Ou l'inverse, va savoir. Je nous entraîne dans une étreinte forcée. Je l'avoue. Je l'assume. Ne lutte pas Clare, toute résistance est vouée à un échec certain. Je t'emporte dans la position que MOI je décide. Quand JE le décide. Et pour le temps que JE jugerai utile à répartir.
    D'un point de vue tiers, je ne doute à aucun instant de l'aboutissement parfait de ces joyeuses retrouvailles. De loin tout ceci doit ressembler à une union émouvante. A un câlin mère-fille. A un moment privilégié à n'interrompre en aucun cas. Parfait, je n'ai pas envie de me faire interrompre en si bon chemin.

    C'est horrible n'est-ce pas? Cette sensation de chute. Ce vertige exponentiellement grandissant. Cette pression. Cette oppression. Crois-tu pour autant que ce serait plus gérable si je venais à te lâcher. Arrête de te pourvoir ainsi mon enfant, n'est-ce pas exactement ce auquel tu aspirais depuis toutes ses années? N'est-ce pas là l'aboutissement ultime d'une utopie trop rapidement éclatée? Ton esprit a beau refuser, hurler, griffer ... je sais Clare. Je. SAIS.


>> Rien?

    Je pousse le vice à son apothéose en commençant à caresser doucement ta crinière qui ressemble trait pour trait à la mienne à ton âge. Tu auras beau le nier, le cacher ou encore la couper; le naturel retrouvera toujours les joies incommensurables de son galop.


>> En es-tu vraiment certaine?

    Je le sens Clare. Ton cœur qui bat tout contre mon corps. Son mouvement comme paralysé qui ne peut s'empêcher de se calquer au rythme rassurant du mien. Tes ongles qui s'enfoncent dans ta chair et défaut de pouvoir s'offrir le luxe de s'accrocher à ma veste. Ce glamour que tu peines à contenir. Ta rage que je devine naître et gronder de l'intérieur. Tes dents qui grincent. Tes certitudes qui se fissurent et vont bientôt commencer à s'effriter. Oh comme j'aimerais inspirer si profondément à me gorger de tout ce maelström viscéral qui semble émaner de partout et de nulle part de ta seule constitution. Comme j'aimerais m'enrouler dans ta détresse. Aspirer les moindres de ses soupirs. Avaler tout cru cette viscosité latente.
    Je n'en fais pourtant rien. Je me retiens. Je me contiens. Je ne te donne aucune raison. Je ne t'offre aucune porte de secours. Je suis ce que je suis Clare. Et ce n'est assurément pas pour toi que je consentirais à changer.

    Je finis pourtant par te relâcher. Je n'ai pas l'intention de te fournir ce seul privilège. Je décide. Tu subis. Cela a toujours été ainsi. Pourquoi changer?


>> Je vais répéter ma question. Que veux-tu Clare ?

    Ton nom dans ma bouche est comme une aberration. Je prends au moins autant, si pas plus, de plaisir à le décortique que toi-même vient d’en éprouver au même énoncé. Arrête de te pourvoir dans ce qui n’est pas, n’a jamais été et jamais ne sera. Tu ne fais pas le poids ma chère fille.
    Attends, je vais t’aider.


>> Qu’es-tu venue faire ICI ?

    Crois-tu donc vraiment que cela m’importe ce qu’il est advenu de toi ces dernières années ? Oserais-tu donc aller jusqu’à prétendre que l’inverse est d’application ? Cesse de jouer les victimes petite fille. Que fais-tu à la morgue ?
    Que cherches-tu ?
    QUI cherches-tu ?



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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Jeu 21 Avr - 22:55
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Ah, ce regard. Clare le connaissait bien, et pas seulement parce qu’elle voyait le même dans le miroir tous les matins. Non pas que leurs yeux étaient semblables, puisque sa chère petite maman était Sidhe et qu’elle ne l’était pas. Les iris de la Changelin avaient beau porter fièrement cette belle couleur turquoise, nul dégradé dans son regard, nul cercles clamant haut, fort et à en vomir la pureté de son sang. Mais dans leurs yeux, le même défi, le même mépris, la même ironie. Clare ne se faisait aucune illusion sur Narcisse et nul doute que sa mère ne s’en faisait pas non plus. Mais à une époque, ce regard était plus violent, plus douloureux que n’importe quel coup qu’elle avait pu, dans ses crises de rage, lui porter. Elle en disait bien plus avec ses yeux qu’avec n’importe lequel de ses discours, cela au moins n’avait pas changé. Il y avait tout dans ce regard, tout ce qui avait défini Clare dans son enfance, tout ce qui l’avait modelé : la haine, le dégoût, la colère, l’envie de meurtre, mais aussi la possessivité, parfois même le regret – mais n’allons pas jusqu’à parler de culpabilité. Petite, Clare ne comprenait pas pourquoi sa mère ne se débarrassait pas d’elle pour de bon. Si maman la détestait alors pourquoi finissait-elle toujours par attirer sa fille contre elle en une étreinte étouffante et effrayante ? Clare savait à présent, à quel point sa mère était folle, mais pas seulement folle : folle de rage, folle de douleur, folle de mépris, folle de dégoût. Bien sûr, ces yeux de glace coupants comme du verre lui faisaient encore de l’effet, mais pas le même qu’avant.

C’est par fierté qu’elle ne recula pas quand Narcisse s’approcha d’elle. De toute façon, elle le savait, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, pour sa mère, ce serait une victoire, et pour elle, une défaite. De toute façon, elle ne voulait pas, elle ne voulait plus agir « pour sa mère », ne plus réagir en fonction d’elle. Non, c’était pour elle-même qu’elle restait plantée là, quand bien même elle anticipait le prochain mouvement de sa génitrice : une étreinte. C’était beau, n’est-ce pas ? Une mère et sa fille qui se retrouvent, après un demi-siècle de silence radio. Un passé compliqué, pesant, et voilà qu’au lieu de mettre à profit cette séparation pour en finir l’une avec l’autre, elles reprenaient exactement là où elles en étaient, comme si Clare n’était partie que la veille. Mais elle le savait, elle, à part elle-même, comme un secret : elle n’était plus une enfant. Elle n’était plus cette enfant. Alors oui, elle se raidit, laissa tomber les bras le long de son corps, s’évada ailleurs en esprit, totalement passive, totalement absente. Les mots de Narcisse lui parvenaient comme de loin, depuis un nuage ouaté. Bien sûr, elle était dégoûtée, bien sûr elle connaissait la finalité de ce geste : il n’y avait rien de maternel dans tout ça, ou plutôt si, c’était totalement l’idée de la maternité selon Narcisse. Rien de nouveau sous le soleil. Elle, au moins, restait fidèle à elle-même, statufiée, momifiée dans le temps et l’espace.

Le moment dura, puis passa, enfin. Quand sa mère se décolla d’elle, enleva ses griffes de ses cheveux, Clare ressentit fugitivement le besoin de se plonger tout entière dans un lac d’eau glacée. Entendre son nom dans sa bouche, en revanche, fut désagréable. Très peu de gens l’appelaient réellement Clare. Aux inconnus, aux gens qui ne comptaient pas, elle se présentait sous son prénom, Darina. Mais Narcisse l’avait toujours appelée Clare, et Clare ne pouvait rien y faire. Si ce n’est, pour la première fois, puisque c’était la première fois qu’elle revoyait sa mère depuis sa rencontre avec Nemed, constater la différence. Constater à quel point dans la bouche de Nemed, son nom était si joli, si amusant, parfois séduisant, toujours tendre et chaleureux, alors que dans celle de sa mère, ce n’était qu’une gifle de plus, et puis voilà. Elle esquissa un petit sourire face à cette constatation. Elle était si heureuse d’être partie. Si heureuse d’avoir fait sa vie ailleurs. Pas si heureuse d’être revenue, évidemment. Elle se contenta de fourrer ses mains dans ses poches et fixa sa mère d’un œil éteint.

— D’accord, je suis venue pour une raison précise. Mais je n’ai pas envie de la partager avec toi. Si c’est tout ce qui t’intéresse, restons-en là.

Comment lui dire, comment lui faire comprendre que Clare ne veut plus d’elle dans sa vie ? Est-ce seulement possible ? Dans l’esprit tordu de cette femme, y a-t-il de la place pour cette hypothèse : sa fille, sa propriété, plus jamais à elle ? Le sang, après tout, n’était pas grand-chose, et c’était la seule chose qu’elles partageaient. Alors qu’il y avait tant d’autres choses qui la reliaient à ceux qui comptaient vraiment, à ceux à qui elle avait confié sa propre personne en les acceptant dans sa vie.

— Tu t’en fiches, de toute façon, tu veux juste me faire parler pour je ne sais quelle raison tordue. Mais tu pourras vivre sans savoir, j’en suis sûre, ça ne te changera pas de ces cinquante dernières années.

C’était chiant, tout de même, il allait falloir qu’elle trouve un autre moyen d’obtenir ces dossiers. Elle était sûre que sa mère serait du genre à rester en embuscade dans la morgue à attendre qu’elle revienne un autre jour. Peut-être bien qu’elle enverrait Nemed, il lui devait bien ça. Encore qu’elle n’avait pas trop envie que ces deux-là se rencontrent, même si elle savait que c’était inévitable. Bon, elle pouvait toujours employer quelque méthode un peu moins légale, peu importait. Clare recula d’un pas en sautillant.

— Quoiqu’il en soit, je vois que tu as trouvé un job à ta mesure : les morts, au moins, ne peuvent pas se plaindre.

Ah, c’était terrible de les savoir entre les griffes de Narcisse, mais bon, quand on était mort, on était mort, peu importaient le dernier outrage de devoir être manutentionné par une folle.

 



 
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Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Jeu 28 Avr - 21:09
    A peine je m'éloigne de toi que déjà tu me manques. Que déjà mon cœur semble s'effondrer sur lui-même. Je crois même pouvoir dire avec une quasi-certitude que je l'ai entendu couiner. C'est beau n'est-ce pas? Ce naturel contre lequel nous sommes des plus impuissants. Ces réactions chimiques qui s'imposent à notre anatomie bien malgré l'essence même de notre être. Ces petits mouvements si anodins qui prennent tout à coup une toute autre tournure. Bien sûr je ne laisse rien apparaître. Je reste droite. Je reste fière. Ça non plus tu ne peux pas comprendre. T'engendrer à travers la semence d'un être aussi abjecte que l'homme a été la pire connerie de ma vie. Si dans ton sang avait coulé la vitae d'un sidhe, jamais nous n'en serions arrivées là. Jamais tu n'aurais pu me décevoir à ce point. Jamais tu n'aurais eu un regard aussi condescendant à mon égard. Il aurait été bien pire. Il aurait été bien plus intense. Il aurait été tellement parfait. Quel gâchis.

    Tu as raison Clare, j'aurais dû le faire. J'aurais dû te plonger dans un lac glacé et te noyer à travers ton premier cri. J'aurais dû m'ouvrir le ventre et te sortir de mes entrailles bien avant ta naissance. J'aurais dû me faire mante religieuse et avaler tout cru la tête de ton géniteur tandis qu'il me chevauchait. Que veux-tu, nous faisons tous des erreurs. Des miens, tu n'as jamais été que la plus insignifiante. Tu me déçois ma fille. J'avais pourtant fini par donner mon accord à ce souhait si cher à ton cœur. Par céder à la facilité d'un caprice aussi abjecte que l'obtemption d'une pseudo-liberté. Après tout, elle ne l'est jamais vraiment. Pas plus pour toi que pour moi. Nous sommes tous reliés à la Déesse Mère mon enfant. C'est juste que certains sont plus aveugles à la vérité pourtant si flagrante que d'autres. J'ai pourtant tenté de t'apprendre. Ne t'en rappelles-tu donc pas? Ou, au contraire, bien trop à ton goût?

    Oh Clare, si seulement tu connaissais l'étendue réelle des véritables aspirations que j'avais gardées en stock pour toi. Tu aurais pu arriver si loin. Tu aurais pu monter si haut. Je t'aurais poussé pour atteindre le sommet, mais tu aurais trouvé à me pardonner une fois arrivée à destination. Crois-moi. Ou pas. De toute façon, peu importe quels mots quitteront la pulpe de mes lèvres, à la seule appréciation de ton ouïe gangrené cela n'aura jamais d'autre saveur que le mensonge. Ce n'est pas de ta faute tu sais. Tu es tout simplement mal-née.

    L'impression de sourire amusé qui se dessine sur ton visage n'échappe pas à mon œil de lynx. Que me vaut donc ce plaisir? Ou devrais-je plutôt dire cet HONNEUR? Tu penses pouvoir me dérouter avec si peu? Tu l'as peut-être déjà oublié, mais nous avons partagé dix-huit années ensemble. Je te connais. Je te sais. Après tout, je suis celle qui t'a modelée. Et tu as beau clamer à qui veut l'entendre que tu n'es autre que rébellion et antithèse; prouve-le. Vas-y Clare, montre-moi. Ce que tu as appris. Ce que tu es devenue. Qui tu es devenue. Et ensuite, permets-moi d'en rire.

    La vulgarité de tes gestes ne fait que confirmer ce que je sais déjà. J'ignore pourquoi tu t'évertues à rester. Si ma présence t'exaspère à ce point, pourquoi n'es-tu pas déjà très loin? Pourquoi t'être arrêtée? Pourquoi avoir acceptée? Toi aussi tu n'es jamais rien de plus que le pantin de ta destinée. Même si tel était ton véritable souhait, tu ne peux rien me refuser. Quelle douce ironie du sort, ne trouves-tu point?

    Je te laisse t'exprimer. A force de traîner avec la plèvre de ce monde en pleine déchéance, tu en as perdu la pureté de ta voix. Ton accent grince à même mes tympans. Ce sont là comme des ongles finement manucurées qui crissent sur un gigantesque tableau noir. Je pourrais m'en offusquer. Il n'en est rien. Tu n'es rien. Et je ne vais assurément pas t'offrir sur plateau d'argent une victoire aussi futile que facile. Même si je suis certaine que tu trouveras à t'en contenter. Vraiment, tu me fais perdre mon temps.

    Bien sûr que je m'en fiche de la raison de ta présence ici. Même si je pourrais éprouver un semblant de jouissance s'il s'agissait pour raison personnel. Tout à coup les quatre rapports d'autopsie que je n'ai pas encore pris la peine de regarder m'apparaissent comme recouverts d'ambroisie liquide, l'ancien nectar des Dieux. Oh dis-moi que tu connais personnellement une des victimes concernées ma chérie. Susurre-moi son nom au creux de la nuque. Rien que l'idée de t'arracher cette confession me fait ronronner de contentement. Je dois me faire violence pour contenir mon propre Glamour. Tu dois en être consciente non? Ah moins que ton exil ait également pris soin de voler cette partie fey de toi? Pauvre enfant, comme ta vie doit être monotone et insipide. Je comprends mieux pourquoi tu es venue me voir. Pourquoi tu persistes et signes à rester plantée là. Tu es en manque ... n'est-ce pas? Ne t'inquiète pas, maman est là.

    Tu te permets finalement de reculer. Mais qu'est-ce que tu fais? Tu te prends pour une sauterelle? C'est tellement indigne de notre - ton - statut. Tu essaies peut-être de me faire sortir de mes gonds? Désolée poussin, il va falloir faire mieux que ça. Beaucoup. Mieux.

    Je t'observe encore un instant dans le silence le plus total. J'aime quand ça devient oppressant entre nous. Même si au final il ne faut jamais grand-chose pour y arriver. J'ai envie de te sentir impatiente. Trépignante. Une légère pointe de malaise, pourquoi pas. Tu as ce don innommable de rouvrir d'anciennes plaies et de réveiller ce qui sommeille de plus viscéral en moi. J'avais raison Clare, tu m'as réellement manqué.


>> C'est là le mieux que tu puisses faire?

    C'était tellement facile que je ne prends même pas la peine de relever. Il y a vraiment un sacré laisser-aller. Tout ce potentiel vulgairement jeté aux ordures. Je ne peux m'empêcher de lever les yeux au plafond et de secouer légèrement la tête.


>> Quelle déception.

    Mais ça tu le savais déjà non. Et toi qui espérais tellement trouver mieux ailleurs. Preuve supplémentaire que j'avais raison depuis le début. Tu devrais vraiment apprendre à écouter ta mère jeune fille. Ce qu'elle a à te dire tient parfois la route. PARFOIS. Et là c'est moi qui lui offre un semblant de sourire plus qu’évoquant. Tu veux toujours jouer? Tu en es bien certaine? Qu'est-ce que tu attends alors? Attaque.


>> Je ...

    Me fais une nouvelle fois interrompre en plein monologue. Cette fois part une paire de chaussures qui claque au sol et fait ricocher un écho assourdissant et omniprésent dans tout ce couloir aseptisé. Un souffle rauque dans mon dos m'apprend que leur propriétaire a quelque chose d'important à annoncer. N'empêche, ce n'est toujours pas une raison valable pour m'interrompre sans avoir obtenu mon accord préalable.


- « Docteur O'Maiolrain, docteur O'Maiolrain. »

    Il n'est même pas encore à portée de bras que déjà il m'insupporte. Que peut-il bien y avoir de plus important que d'aussi joyeuses retrouvailles familiales ? Inutile de répondre, c'était de la pure rhétorique. La liste serait bien trop longue à énumérer.


- « Docteur O'Maiolrain, nous ... »

    Le pauvre, il est tellement à bout de souffle qu'il manque de rentrer dans ma fille. Il l'évite de justesse et finit plié en deux, s'excusant à demi mots tandis qu'il peine à retrouver ses moyens. Je hausse un sourcil tout en déversant un regard hautain sur sa pitoyable silhouette vautrée. Aucune condition physique. Déplorable. Et ça aussi prétendre au rôle d'assistant. Le mien qui plus est.


- « Nous ... nous avons ... enfin, ils ont ... »

    Sa gorge est désormais tellement sèche que les syllabes semblent lui coller au palais. Mais qu'est-ce qui me vaut le plaisir d'être entourée par une telle bande de bras cassés ? Franchement?!


>> Mon cher Charles, c'est très simple. Soit vous crachez le morceau, soit vous cessez de m'importuner et vous allez voir ailleurs si j'y suis.

    Tu vois mon ange, ce n'est pas contre toi. Sauf qu'avec lui je m'en fous un peu de prendre des pincettes. Il ne vaut même pas la peine que je prosterne par-dessus ton triste sort. Tu devrais te sentir privilégiée. Tu l'es tu sais.


- « Oui bien sûr docteur, excusez-moi. »

    A quoi bon ? Tu sais aussi bien que moi qu'à la moindre occasion tu vas remettre ça. Tandis qu'il se redresse, toujours aussi péniblement, je commence à perdre patience. Mes yeux sont les premiers à tirer la sonnette d'alarme.


- « Ils ont trouvé une tête. »

    Il réagit au quart de tour. Brave petit.
    Attendez un peu, il a bien dit une tête ? Je sens le sourire naître aux coins de mes lèvres bien avant qu'il apparaît à la vue des autres.


- « Peut-être bien que le corps numéro trois ... »

>> Merci Charles,. Vous pouvez disposer.

- « Mais .. je ... c'est que ... »

    Je reporte mon regard qui vire au turquoise sur sa frêle ossature de novice.


>> C'est que quoi Charles?

- « C'est que je suis votre assistant et je pourrais peut-être ... »

>> Inutile Charles, ma FILLE va m'assister.

    Je vois autant que je devine la mâchoire inférieure de mon cher cobaye lutter pour ne pas céder aux plus simples lois de la gravité. Avant qui que ce soit n'ait le temps d'en placer une, j'attrape Clare du regard.


>> N'est pas ma chérie. 

    C'est loin d'être une question. Du coup je n'attends ni réponse ni contestation, lui chope le poignet droit de ma main gantée et la tire à ma suite direction chambre froide.

    Une tête.
    Deux corps décapités.
    Allons découvrir ensemble si nous avons un heureux gagnant.



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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Ven 29 Avr - 21:59
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Breaking news, elle décevait sa mère. Comme ce n’était pas une nouveauté, compte tenu des aspirations complètement folles de Narcisse, et comme en plus, cette remarque eut l’effet inverse que celui probablement espéré par sa mère, Clare esquissa un sourire et hocha la tête, l’air de dire « Bien, parfait, excellent, même ! ». Décevoir sa mère ? Avant, c’Décevoir sa mère ? Avant, c’était une habitude, maintenant, ça devenait une fierté qu’elle n’avait pas ressentie encore jusque-là. Est-ce que ça voulait dire qu’elles pouvaient en rester là ? Est-ce que ça signifiait que, étant une telle disgrâce pour sa mère, celle-ci cesserait tout à fait de vouloir parler avec elle, et accepterait de couper les ponts pour de bon ? L’idée était tellement agréable qu’elle eut presque le tournis. Elle ne mettait pas sa mère et tout ce qu’elle pensait ou disait au niveau standard des choses. Un compliment dans la bouche détestée devenait une insulte, une insulte était destinée à blesser autrement que là où elle frappait, ce que Narcisse aimait était souvent des choses que Clare méprisait et ses passions à elle n’avaient jamais trouvé grâce aux yeux de sa génitrice. Tout était inversé, ou sens dessus dessous, entre elles, alors pourquoi se serait-elle offusquée ou inquiétée de décevoir sa mère ? Au mieux, c’était génial, au pire, c’était tant pis pour Narcisse, parce que Clare avait cessé très tôt d’essayer de plaire à sa mère. Enfant, toute petite, oui, elle avait voulu être ce que Narcisse semblait vouloir qu’elle soit. Elle avait voulu lui plaire, elle avait voulu que sa maman l’aime, s’était dit que si sa mère s’en prenait à elle c’était parce qu’elle n’était pas une bonne petite fille ou en tout cas pas la petite fille que Narcisse désirait. Mais elle avait vite compris que c’était sa mère qui avait un problème avec elle, et pas l’inverse. Et aujourd’hui, elle avait largement passé l’âge d’avoir besoin de sa mère, et encore moins d’avoir besoin de son approbation.

Alors elle attendit la prochaine salve, tout simplement, en se demandant ce qui la retenait encore ici. Elle craignait que Narcisse la suivre, elle cherchait une coupure nette, une fin de conversation claire, une porte claquée, un adieu bien défini. La dernière chose qu’elle voulait, c’était donner envie à sa mère, parce que la conversation ne l’aurait pas satisfaite, de la suivre. Elle ne voulait pas qu’elle apprenne quoi que ce soit sur sa nouvelle vie, sur l’endroit où elle vivait, sur les personnes qu’elle fréquentait, sur la vie qu’elle menait. Tout ça lui appartenait, était totalement indépendant de Narcisse et de leur passé commun. Mais soudain, un bruit de cavalcade retentit dans son dos et un Humain apparut en la bousculant presque. Il avait méchamment coupé la parole à Narcisse, sans le savoir, et il ne savait probablement pas non plus à quel point il passait prés du drame, ainsi faisant. Elle se raidit, serra les poings, prête à s’interposer si quelque chose arrivait. Elle aimait bien les Humains, et elle détestait sa mère, autant de raison de prendre la défense de l’inconnu, d’autant plus qu’il la sauvait d’une conversation qui s’annonçait pénible au possible.

— Docteur O'Maiolrain… Ce qu’il faut pas entendre… se moqua-t-elle tandis que le pauvre Humain se débattait avec Narcisse, laquelle n’était bien entendue pas ravie de cette interruption.

Bizarrement, Narcisse faisait preuve d’un self-control inhabituel. Elle réussit même à l’envoyer se faire voir tout en restant calme et polie. Tout à fait sa maman – sauf en privé, évidemment. Cependant, les propos de l’Humain arrachèrent Clare de ses réflexions amusées. Une tête. Une tête, et pas de corps, ou bien y avait-il dans le coin un corps sans tête ? Les maths, c’était strict. Pour une raison obscure, elle vit que sa mère souriait, mais ça ne l’étonnait pas trop, les histoires de têtes coupées devaient vachement lui plaire. Ou plus probablement, elle venait d’avoir une sale idée. Clare, quant à elle, voyait déjà le truc venir gros comme une maison : il était évident que cette tête coupée avait un rapport avec son affaire, enfin, l’affaire de Leith, donc la sienne. Et donc, il allait falloir effectivement qu’elle revienne ici, comme prévu. Il allait falloir qu’elle se cogne la filature de sa propre mère pour noter ses horaires et revenir un jour où elle ne serait pas là.

Mais en fait, ce fut pire que ça. Quand Narcisse évoqua l’idée que Clare l’assiste pour une autopsie, le premier réflexe de cette dernière fut de refuser. C’était l’autre, là, ce Charles, qui était payé pour ça, pas elle ! Mais la vérité, c’était qu’elle avait là une occasion idéale d’en apprendre plus sur cette affaire de meurtre. Il était évident que Narcisse ne disait pas ça par hasard, mais elle ne pouvait pas savoir que Clare enquêtait sur cette histoire, ni même qu’elle était détective privé. Elle avait probablement vu là une occasion de passer un peu de temps avec sa fille, à sa façon tordue. Objectivement, il n’y avait rien qui empêchait Clare de refuser. Rien, si ce n’est son professionnalisme et bien sûr, sa fierté. Et le défi que cela représentait.

— D’accord. S’il faut en passer par là pour qu’ensuite tu me laisses tranquille, je vais me faire un plaisir de te regarder éviscérer un pauvre Fey décédé, ce n’est pas comme si tu n’avais pas fait pire.

Du point de vue de Narcisse, il était probablement étrange que Clare accepte de faire ça. Eh bien, qu’elle se pose des questions. Clare s’en fichait. Qu'elle pense même l'avoir manipulée, elle, ça l'arrangeait, finalement. Elle passa devant sa mère pour entrer dans la morgue, son regard analysant déjà tout ce qu’elle y voyait, où étaient les armoires à dossiers, à quoi ressemblait l’ordinateur, où étaient les différentes portes et accès. On ne savait jamais. Elle avisa une armoire contenant des blouses propres et des gants, et elle s’empara des deux, enfilant la blouse en quelques secondes.

— Alors ? Ce n’est pas moi qui vais mener la danse. Tu as toujours été la meilleure pour étriper les hommes.

Elle enfila les gants et serra les dents. Allez, un mauvais moment à passer, pour la bonne cause. Le mauvais moment en question étant de rester là avec sa mère à l’écouter parler et non pas d’autopsier un pauvre type, chose qu’elle avait déjà vue faire au long de sa petite carrière.

 



 
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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mer 4 Mai - 20:16
    Une tête ... une tête!
    L'excitation vient de monter d'un cran. Je m'en moque bien que mon Glamour peine à se contenir. Qu'il aille donc renvoyer Charles de la vulgaire buanderie de laquelle il vient de s'extirper pour venir interrompre une telle intensité. Parce que ça l'était. Je l'ai bien senti ma chère fille. Cette rage. Cette colère. Cette pointe de jouissance éprouvée à me défier ainsi. Je te connais Clare. Cesse de le nier. Tu sais pertinemment ne rien pouvoir me cacher.

    Mais qu'à cela ne tienne. Si cela peut t'arracher un sourire de courtoisie, je te l'accorde plus que volontiers. Une tête! Oh non pas que c'est la première fois que j'ai l'occasion d'en tâtonner une. Soyons lucides un instant. Je suis moi-même l'instigatrice première de pas mal de décapitations. Et qu'en est-il de toi? Toujours pas décidé à agir? Toujours convaincu de trouver le bonheur - peu importe sa définition - dans un monde régi par les moldus? Il faut pardonner mon langage, mais je suis certaine que c'est le seul mot que tu sois capable d'assimiler correctement et à sa valeur réelle. Tu ne me fais pas honte Clare, ni même pitié. Ce sont là des définitions bien trop probantes pour du sentimentalisme futile. La réalité est toute autre. Tu me laisses totalement indifférente. Et n'est-ce pas là le plus magnifique des châtiments qu'une mère peut imposer à sa progéniture? IMPOSER oui. Tu n'aurais de toute façon jamais accepté le terme comme étant présent. Alors pourquoi m'évertuer à chercher ton approbation silencieuse si en sens inverse tu n'as jamais daigné prendre en compte les miennes? Je ne suis pas égoïste ma chère fille. Pas plus que toi-même tu n'es égocentrique. Oserais-tu encore en douter? Mais les faits sont pourtant là. Juste sous ton nez. Si tu prenais seulement la peine de retirer tes œillères. Ne serait-ce qu'un simple moment.

    Mais passons. Je me moque bien du débat interne auquel tu fais face en cet instant bien précis. Je ne te demande pas ton autorisation. Je connais déjà ta réponse. Et mieux encore que toi-même. Crois-moi, cette invitation tu la veux. Tu la désires. Tu vas même trouver à la chérir. Pourquoi? Mais mon cœur, si je te dévoilais la fin avant l'heure, où donc serait le suspense? Fais-moi confiance. Même si je t'en sais fichtrement bien incapable. En toute connaissance de cause, crois-tu seulement que je te laisse le choix?

    Ma main sur ton poignet oscille entre caresse et entrave. J'aurais peut-être, probablement même, dû retirer mon gant. Pour mieux te sentir. Pour mieux de saisir. Dans l'extrémité même de mes doigts, je sens mon Glamour se débattre avec les règles de la bienséance. Bouder le tissu qui enveloppe ses phalanges. Ronchonner de nous savoir aussi semblables. Il est vrai que j'aspire à te toucher encore Clare. A effleurer de bout de mon essence fey la tienne. De m'infiltrer en douce dans les fissures de ton âme pour y dénicher la beauté des crevasses laissées. D'admirer de près l'œuvre d'art qui porte mon seul nom. Mais laissons cela pour une prochaine occasion, veux-tu. Ce n'est pas vraiment une question. Tu dois bien t'en douter.

    Tandis que mon pas ralentit, je relâche l'emprise portée sur tes membres. Là encore je sens comme un picotement. Fébrile, mais intense. Mon statut de mère hurle et crache face à cet abandon facile. Je ne lui offre guère la moindre pellicule d'attention. Je la réprime même et vais jusqu'à royalement la nier. Tu ne peux pas comprendre. Et je n'aspire pas particulièrement à t'enseigner.

    Ta voix est crécelle. Elle vient rompre le silence seulement interrompu par le bruissement de nos pas. Ma foi, tu acceptes bien aisément. Est-ce là un fin stratagème de ta part? L'application de la psychologie inversée? Aurais-tu donc à ce point évolué? Aurais-tu donc finalement réussi à la dompter? Cette monotonie d'une vie lambda. Cette certitude d'une fatalité inévitable? Humm ... permets-moi d'en douter. Oh pas de tes prouesses ma chère fille, mais de ce degré flagrant de facilité. Qui essaies-tu donc de berner? Un prêté pour un rendu? Une alcôve vacante? Ne rêve pas mon ange, je ne te dois rien. Tu me dois tout.
    Pourtant j'offre un léger sourire en guise de réponse à ton audace. Tu ne croyais quand même pas m'arracher une victoire aussi insignifiante? Tu es décidemment tombée bien bas. Tu aurais dû rester à mes côtés Clare. Tu n'imagines même pas tout ce que j'aurais pu t'apporter.

    Je pénètre à ta suite dans la morgue. Je n'observe jamais que d'un œil distrait tes propres divagations. Tu sembles scanner les lieux. Te dessiner un plan fictif de la scène de crime dans ta petite mémoire pleine de failles. A quoi bon? Si tu veux je peux très bien te filer les dessins de l'architecte. Qu'espères-tu trouver ici? Des preuves accablants ma culpabilité? Mais ma chérie, même un novice trouverait à me juger coupable de tous les maux que tu me reproches. A quoi bon s'évertuer à rajouter de l'huile sur le feu? A moins que tu tiennes impérativement à te brûler les doigts? Ça peut s'arranger sais-tu ...

    Tandis que tu t'affaires à te changer - je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais soit - je me dirige vers le mur aux tiroirs. J'ouvre les deux portes contentant nos John Doe. Je les glisse un à un hors de leur antre glaciaire. Je ne les découvre pas de leur tissu immaculé blanc. Du moins, pas encore. Je laisse les cadavres pour ce qu'ils sont et reporte mon attention sur le brancard placé à l'autre bout de la pièce. Tandis que je m'avance vers lui, tu trouves opportun de me balancer des informations sans queue ni tête. Une danse? Étriper? Ma préférence va clairement vers le "MEILLEURE. J'aime quand tu utilises des adjectifs qui me définissent si bien. Tu devrais le faire plus souvent. Même si je suis persuadée que ça a manqué de t'arracher les cordes vocales. Là encore, je te souris, te dépasse et viens me placer près de notre nouvel arrivant. Je retire le drap recouvrant la trouvaille des chercheurs et fais apparaître une magnifique (tout est relatif) ... tête. Aucun coup. Aucune boursouflure. Pas la moindre parcelle manquante. Si c'est le fruit d'une vendetta, elle a clairement été menée par un amateur de premier ordre. Peu importe, ça va considérablement nous faciliter la tâche.


>> Quelle naïveté Clare. Franchement, je m'attendais à mieux de ta part.

    Cela pourrait apparaître comme mensonger, il est vrai. Tout comme l'est le fait que le genre fey, par définition, ne peut s'exprimer qu'à travers la vérité. Du coup, devines-un peu pourquoi je me permets une telle aisance dans l'utilisation abuse des mots.

    J'attrape l'homme, ou du moins ce qu'il en reste, par une bonne poignée de cheveux (il a clairement la crinière des nôtres) et l'emporte à ma suite vers les deux macchabées immobiles dont seuls les pieds sont visibles. La grande taille fey n'a jamais été le dada des croque-morts.


>> Pourquoi vouloir à tout prix les ouvrir, si on peut faire plus inventif?

    C'est donc ainsi que tu me vois? Comme rien de plus qu'une bouchère kascher? Non Clare, tu n'arriveras pas à me faire avouer que j'ai honte de toi. Je te l'ai pourtant déjà dit: nous ne savons PAS mentir.

    Je dépose mon trophée sur un coin de table et déplie un à un les draps blancs jusqu'à mi-abdomen de mes deux patients. Bah quoi, ils le sont non?
    Je ne prends que quelques instants pour observer la nette coupure portée à la base de la jugulaire. Ça ne porte clairement pas la même signature. On devrait être assez vite fixées.


>> Soit un amour veux-tu, Pour autant que tu puisses l'être. et trouves-moi quelque chose qui coupe et une aiguille. Ça devrait se trouver à proximité de la boite à gants.

    Je ne te regarde même pas tandis que je me penche par-dessus le premier corps et commence à tâter du bout des doigts la plaie. Ça te prendra sûrement un peu de temps pour trouver du matériel non-contaminé par le fer. J'aurais peut-être dû te prévenir. Mais la prévision de t'insuffler plus que de simples nausées psychologiques et bien trop attrayante. De mon côté l'examen post-mortem aura besoin d'une touche de plus de dextérité. Je me vois forcée de retirer mes propres gants en cuir afin d'être full opérationnelle. Je les dépose avec soin près de la décapitation et retourne à mon œuvre. Ah c'est déjà mieux.


>> On va commencer par l'autre. Celui-ci semble avoir été disséqué à la scie à main. C'est une vraie boucherie. On ne pourra pas en tirer grand-chose.

    J'ignore pourquoi je prends le temps de l'en informer. Peut-être bien qu'inconsciemment j'essaie de lui enseigner quelque chose. De l'intéresser à la beauté du métier ... ha-ha. Je garde la pensée pour moi, laisse le premier John pour ce qu'il est et me concentre sur la blessure vachement plus propre que l'autre.


>> Ne t'évertue pas à chercher quelque chose de conventionnel, tant que ça coupe ça conviendra.

    Nous n'avons clairement pas le temps de nous éterniser. Du coup j'y vais à la force de mes ongles et commence à dégrafer un à un les points de suture apposés par un de mes confrères.


>> Chope la tête au passage, on va improviser.

    Tic-tac, tic-tac. The clock is ticking. Remember ma chérie?


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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Ven 6 Mai - 12:07
Mothers of teens know why lions eat their young.
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Le secret, c’était de se projeter ailleurs, dans un avenir proche. Se dire que dans peu de temps, ce grand moment de communion mère-fille, apogée d’une mascarade hypocrite et sadique qu’elle n’avait pas vécue depuis des années et qui bien évidemment ne lui avait pas manqué. Elle ne l’avait pas oubliée non plus. Elle en connaissait tous les codes. On aurait dit que pour Narcisse, les choses reprenaient naturellement là où elles s’étaient brutalement interrompues un demi-siècle plus tôt : Clare retrouvait sur son visage les mêmes sourires, les mêmes pensées qui balayaient son visage de certitudes et de dédain. La Changelin avait l’impression que le temps s’était arrêté pour elle quand elle s’était enfuie, que pendant qu’elle vivait et apprenait des choses jamais vécues ni appris jusque-là, qu’elle bâtissait sa vie pierre par pierre, sa mère était restée là, figée dans le temps et l’espace, l’écho de son nom encore dans sa bouche, et qu’elle ne venait de reprendre vie que maintenant, là, dans ce couloir de morgue. Et dans un autre temps, cela aurait été une torture pour Clare, car alors, elle n’avait pas de refuge, nulle part où se cacher pour échapper aux griffes et aux dents maternelles, si ce n’était la maison de sa tante Taranis. Au final, son seul point de chute, là où tout finissait, c’était chez elle, avec sa mère à laquelle elle souhaitait si fort échapper. Mais cela aussi avait changé. Et Clare suivait Narcisse avec placidité, l’esprit plein de ce qui l’attendait une fois ce mauvais moment passé. Elle s’en irait d’ici, tournant le dos à sa mère parce que désormais elle en était capable. Elle marcherait dans la nuit fraiche et humide d’Ellan Vannin, dans ce paysage pas si différent de l’Angleterre où elle avait vécu. Elle irait retrouver Nemed, et peut-être qu’elle lui parlerait de cette rencontre inévitable, mais peut-être pas, car il était son monde désormais et dans son nouveau monde, sa mère n’avait pas sa place. Elle s’absorberait dans ce travail dont elle était tombée amoureuse, et puis irait au pub pour boire quelques pintes et se moquer de Keagan. Et dans cette peinture, cet aperçu de l’avenir, Narcisse n’avait pas sa place.

Clare émergea de sa petite projection mentale quand sa mère reprit la parole – pour lui balancer une vacherie, surprise… Elle se contenta de la fixer d’un air moqueur. Pauvre vieille femme sénile qui tournait en boucle… Clare ne savait même pas pourquoi Narcisse lui disait cela, elle avait perdu le fil de leur non-conversation. Face à elle, une tête. Ah oui, les Feys assassinés, les décapitations. Clare était venue là pour en savoir plus sur cette affaire, non pas qu’elle cherchait à la résoudre en soi, il s’agissait surtout pour elle de mettre des bâtons dans les roues de Leith. Quelle vie ! Elle regarda Narcisse balader la tête à droite et à gauche. Est-ce qu’elle était vraiment médecin légiste, en fait ? Ou bien, était-elle comme ces fous qui réussissaient à se faire passer pendant des jours et des semaines pour ce qu’ils n’étaient pas ? La Changelin partit à la recherche d’une aiguille et de « quelque chose qui coupe », c’était probablement ainsi que les professionnels appelaient leur matériel, tiens. Elle s’abîma dans une fouille sans motivation. Il y avait pas mal de matériel inadapté aux Feys dans ces tiroirs, mais Clare avait vécu cinquante ans dans le monde des Humains et avait appris à éviter ce qui pouvait lui faire du mal. Elle mit la main sur un kit de seringues et un sachet de scalpel en métal et se retourna pour voir Narcisse en train de tripoter les plaies des cadavres. Finalement, oui, elle avait trouvé sa voie, c’était clair. Clare nota mentalement les informations que sa mère consentait à lui refiler. La scie à main, bon, un massacre, quoi. Elle avait quitté Londres, la ville de Jack l’Éventreur, pour Ellan Vannin, et il s’y passait les mêmes choses. D’ailleurs, sachant qu’Esras était dans les parages, la Changelin n’aurait pas été étonnée de découvrir que c’était lui le coupable. Cette pensée lui arracha un soupir dégoûté en même temps qu’elle comprenait qu’elle allait devoir lui poser des questions. Ce type était l’équivalent masculin de Narcisse dans son top trois des gens sur lesquels elle aurait bien roulé dessus avec un train.

— Qu’est-ce que tu comptes faire, exactement, docteur Frankenstein ? Recoller la tête sur le corps ? Je ne suis pas venue ici pour te regarder t’amuser. Si tu n’as aucune information utile à me donner, je m’en vais.

Parce qu’elle n’était pas une fille ingrate, elle s’empara précautionneusement de la tête, avec un respect que Narcisse n’avait clairement pas pour les morts – ou pour les vivants, pour ce que ça valait – et la posa dans un bac à côté du corps, avant d’ôter ses gants.

— Je dois savoir qui a fait ça, et vite. Oh, mais j’y pense… Si tu m’aimes, tu me rendrais un service ?

Rien que prononcer ces mots amena un sourire doux-amer sur les lèvres de Clare. Elle suivait les gestes de sa mère tout en se disant qu’elle était vraiment allée à bonne école.

— Si quelqu’un d’autre vient te poser des questions sur ces crimes, ça m’arrangerait que tu restes un peu vague. Que tu me gardes l’exclusivité.

C’était tout bénéf, non ? Clare serait forcée de revenir voir Narcisse pour en apprendre plus. Et si sa mère faisait, sans surprise, l’inverse de ce qu’elle lui demandait, et si Leith se pointait pour récupérer les rapports d’autopsie, sa mère pourrait-elle s’empêcher de lui demander quelle relation il entretenait avec sa fille ? Peu importait, Leith ne connaissait pas Clare, ne savait pas encore qu’il avait un petit parasite Changelin accroché à ses basques.

 



 
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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mar 17 Mai - 8:07
    Ta lenteur n'a jamais eu de cesse de m'exaspérer ma chère fille. Une preuve incontestable de plus à rajouter à un tableau de chasse déjà bien fourni. Tu étais née pour te retrouver à ramper parmi les nuisibles de ce monde. Je suis persuadée que tu passes presque inaperçu dans les aléas de leur petite vie monotone, fade et tellement éphémère. Pourquoi donc t'évertuer à revenir planter ta silhouette imberbe dans un monde qui ne t'appartient plus depuis si longtemps? A se demander si tu y as seulement appartenu un jour. Ah oui, c'est vrai, lorsque je portais l'infection de tes gênes hybrides dans fin fond de mes entrailles sidhes. Tu aurais au moins pu t'en approprier quelques-unes ... ne penses-tu pas? Même si je dois bien avouer que je comprends à la perfection ce refus propre à mon corps de s'entacher d'une telle souillure. C'est ce que tu es Clare. C'est ce que tu fais. Avant. Maintenant. Ici même. En ce moment bien précis. Tu te fourvoies dans une réalité que tu crois connaître. Tu penses m'impressionner. Ou, à défaut, m'indisposer. Il n'en est rien. Ou presque. J'accepte volontiers d'avouer que tu me déranges.

    Oh non pas ta présence, ni même ta voix qui a commencé à muer. Mais ne t'inquiète pas pour si peu mon enfant, la mélodie finira bien par te revenir. Tu as beau nier tes origines, tu ne peux guère les renier pour autant. J'ai beau ne pas avoir été du genre partageur lors de ta conception, je n'ai pu empêcher la nature de te gratifier malgré tout de quelques souvenirs de notre semence divine. L'ignorais-tu donc? T'en moquerais-tu éperdument? Oh ma fille ... comme il est péché de mentir à sa mère!

    Malgré ma dextérité agile et professionnelle, je peine à récupérer toutes les agrafes. Le travail a clairement été bâclé. Une vraie boucherie. Je n'omettrai point d'en toucher un mot au principal concerné. Je l'inviterai même à participer à une petite démonstration. Après tout, nous avons un autre macchabée qui, lui, ne présente prestement pas le moindre intérêt pour la science. Autant en faire bon usage avant de restituer ses cendres à une terre qui se moque bien de son triste sort. Je sais, je suis trop généreuse. De l'altruisme à l'état pur. Il n'y a jamais que ma chère fille qui s'obstine encore et toujours à ne pas vouloir admettre cette seule vérité. En témoigne son manque flagrant d'enthousiasme lorsqu'elle décide - enfin - de délaisser l'armoire et revenir à mes côtés. Sa voix est lassitude. Ennui. Obligation. Ce n'est pourtant pas ainsi que je vous ai éduqué mademoiselle. Quel cruel manque de respect. Et je parle bien évidemment à l'encontre de notre récent mort. Car il l'est. Mort depuis peu je sous-entends.

    Je laisse ses paroles futiles pour ce qu'elles sont. Si tu as envie de prendre la porte, qui donc pour t'en empêcher ma chérie? Et ne va pas là me blâmer d'un méfait qui ne porte aucunement mon nom. De fausses accusations? En si bonne route? Si tu voulais vraiment me faire sortir de mes gonds, tu aurais mieux fait de me frapper. Ça n'aurait certainement pas eu plus d'effet, mais au moins cela t'aurait soulagée. Tu vois, je ne suis pas cet horrible monstre comme toi tu le perçois.

    Tes gestes trahissent la futilité de tes paroles. Tu devrais pourtant hanter tes mots avec plus de précaution. Ah ma douce Clare, dix-huit années de pure perte économique. Jetées dans une benne à ordures au profit d'un demi-siècle de débauche facile. De non-sens absurde. Je crains fort que l'humanité ne t'ait à jamais contaminé. Pauvre de toi. Si mon cœur l'avait permis, sans le moindre doute aurait-il laissé échapper quelques larmes. Quel dommage pour toi qu'il soit trop étroit que pour permettre la hantise par plus d'une seule âme à la fois. Je te rassure, je ne suis pas aussi égocentrique que ça. Ce n'est assurément pas ma petite personne que j'aime au point d'en damner l'avatar même de Danu.
    Mais assez de sentimentalisme, veux-tu ... ah non, clairement pas. Le verbe utilisé me sort de ma transe chirurgicale. J'en vais même jusqu'à délaisser, ne serait-ce qu'un instant, mon cobaye pour me concentrer sur ta seule et unique personne. Est-ce donc cela que tu voulais? Que tu veux? Que je vois en toi le centre de mon seul intérêt? Que j'érige à ton effigie un autel dans mon placard? Que je prie en silence le soir après ton pardon? Ou, plus fourbe encore, ton amour? Voyons donc ma chérie, qui est donc l'abruti qui a bien pu te faire gober de telles sottises? Qui a pu t'enrouler dans une telle mascarade? Qui a pu t'aveugler au point de te rendre si faible que j'ai limite envie d'en rire. L'amour tu dis? Sais-tu seulement ce qu'il est petite ingrate? Ce qu'il représente dans son intégrité autant que son intégralité à notre famille? Ce dont-il est constitué dans son for intérieure? Quel est le véritable sens de ta question Clare? Espères-tu une réponse sincère dont tu estimes déjà connaître la couleur? Ou n'est-ce rien de plus qu'un dernier appel au secours dans un océan de ténèbres qui lentement se morfond et s'étend au néant? Quand tu arriveras à me répondre en toute honnêteté, fais-le-moi savoir. En attendant, ferme-là et contente-toi d'apprécier ce moment de précieuse complicité.


>> Nous en reparlerons.

    Et sans perdre plus de patience je me saisis d'un de tes poignets de ma main que j'oublie être dénudée. La réaction est imminente. Le contact m'envoie une violente décharge. Je manque de te relâcher. Il n'en est rien. Je sers plus fort. Un peu. Je crois. Le temps se fige tandis que je tente de reprendre le contrôle. Depuis la dernière guerre et toutes les conséquences qu'elle a entrainées sur ma relation avec ta tante, sais-tu seulement combien de feys ont eu le privilège de sentir ma peau contre la leur? Combien ont eu le plaisir de découvrir la réelle chaleur de mon épiderme? Je n'aurais pas dû, c'est un fait. D'ailleurs, je ne devrais pas. Mais même moi je ne peux contrer en tout temps ce mal nécessaire qui nous habite.

    Avec lenteur et sans pour autant te brusquer, je guide ta main emprisonnée vers mon visage. Avec une délicatesse que tu ne dois pas me connaître, je viens lover ta paume gauche tout contre ma joue. Mes paupières se ferment bien malgré ma réticence à une telle exhibition. Je me laisse emporter par le souvenir ainsi recrée. Un infime - infâme - instant seulement. Trop long et tellement long à la fois. Mes yeux s'ouvrent et se portent sur tes prunelles si semblables aux miennes. Aucun mot ne sort de ma bouche. De toute façon, lequel donc serait seulement capable de traduire du bout des lèvres ce qui vient de transcender?

    Je retire ta main, mais garde ton poignet prisonnier. Nous n'avons pas le temps pour ce genre de sottises. Déjà je me retourne et t'attire une nouvelle fois à ma suite. Je viens déposer, assez brusquement d'ailleurs, ta paume maudite sur le torse de notre victime. Je l'y laisse tandis que moi-même je retourne à cette tête.


>> Tu le sens non? Il persiste des traces de son Glamour. Cela a dû lui arriver il y a moins de quatre heures.

    Oh elle devra peut-être se concentrer un peu, mais bon comment lui en vouloir? Si jeune. Si inexpérimentée. Si ... humaine. L'adjectif exposé m'arrache un rictus de dégoût. Ma chère fille, que tu m'abandonnes au détriment de mieux ... je peux le comprendre. Difficilement, mais je le peux. De là à qualifier l'homme de tel? Tu me permettras le doute raisonnable.


>> Ouvre le sachet et file-moi le scalpel.

    Je viens déposer le membre décapité à proximité de l'entaille étrangement propre. Les deux entités se trouvent ainsi alignées en parfaite continuation. Outre la brèche de six centimètres, l'anatomie semble en totale adéquation.


>> Nous allons le stimuler un peu pour inciter l'éveil de son instinct de survie.

    Je tends ma main droite vers l'arrière, sans pour autant détourner mon regard à sa suite. Si elle a envie de me blesser, c'est le moment. Cela finira par guérir. Je m'en moque bien. Mais si cela peut lui apporter un semblant de réconfort, pourquoi pas. Comme elle semble encore encline à hésiter, je vais l'aider un peu à se décider.


>> S'il se réveille, tu auras l'exclusivité de sa version des faits.

    Après, si tu veux, on - JE - peut toujours le renvoyer là d'où il vient. Personne n'est obligé de savoir. Tu crois me connaître Clare? Pourtant tu es la première à dénigrer l'AMOUR que je porte pour toi.



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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Jeu 19 Mai - 22:25
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

« Si tu m’aimes », que voilà une drôle de formulation. Clare l’avait prononcée à moitié par cynisme, à moitié pour obtenir une réaction de la part de sa génitrice, et oui c’était drôle, et oui elle eut sa réaction. Cela ne dura que quelques fractions de secondes, mais cela suffisait. Après quoi, la sentence tomba, pire que la mort : elles en reparleraient. Oui, enfin, ou pas. Cette seule expérience suffisait à rappeler à Clare tout ce qu’elle avait fini par oublier, trop occupée à vivre sa propre vie sans devoir sans cesse la penser à l’aune de celle de sa mère. L’agacement perpétuel qu’elle ressentait à se tenir à côté d’elle, dans la même pièce qu’elle, à respirer le même air, en sachant quelle perte de temps c’était, en fin de compte. La tension physique et instinctive qui tirait les muscles de son dos et de sa nuque, héritage de son enfance où se tenir à proximité de Narcisse nécessitait une concentration de tous les instants tant la gifle pouvait pleuvoir vite et sans avertissement. L’épuisement moral que cela représentait pour elle de devoir ne serait-ce qu’écouter sa mère parler, ou penser, pour ce que ça valait, tant elle la connaissait par cœur, ennemie intime et cauchemar de sa jeunesse. Le sentiment de vacuité enfin qui l’envahissait, un sentiment nouveau, pour le coup, qui avait remplacé la peur de la petite fille qu’elle n’était plus. Tout ça était tellement vain, si ce n’était que Narcisse elle-même devait beaucoup s’amuser. Si elle l’aimait ? Elle aimait la détester, elle se délectait de sa haine envers sa fille et c’était probablement cela qui la défiait encore aujourd’hui, qui lui faisait croire qu’elle s’intéressait à Clare, qui avait sauvé cette dernière, peut-être, quand elle était petite, parce que la tuer était tentant mais la torturer l’était encore plus.

Quand soudain, et sans raison, sa mère lui saisit le poignet, Clare se raidit et afficha une moue écœurée. Son cœur se mit à battre à tout rompre, en revanche, conséquence invisible de cet acte innommable. Oh oui, la mère avait fait bien pire à la fille par le passé, mais tout cela était derrière elles, et cependant, un simple geste suffisait à ramener les souvenirs à la surface, ces temps où les contacts physique contraignants de ce genre annonçaient ni plus ni moins qu’une énième tentative de meurtre. Clare patienta donc en sentant la poigne de sa génitrice se raffermir. Non, elle n’essaierait pas de la tuer maintenant. Visiblement, ce simple contact suffisait à la rendre heureuse, la pauvre. Pauvre créature trop longtemps délaissée. Elle résista quand Narcisse guida sa main, faillit protester, mais comprit que plus vite sa mère obtenait ce qu’elle voulait, plus vite elle la libèrerait. Cela non plus, ça n’avait pas changé. Avec l’impression de régresser, la Changelin laissa Narcisse porter sa main à sa propre joue, et de nouveau, esquissa une moue, contraste flagrant avec l’expression quais extatique de sa mère. Une droguée, voilà à quoi elle ressemblait. Une de ces droguées que Clare avait si souvent croisées dans les rues de Londres et qui, mettant la main sur une dose après un sevrage trop longtemps prolongé, affichaient exactement cette même expression. En cet instant, Clare adressa une prière à la Déesse, sans trop savoir que lui dire, mais une simple pensée, pour la couper de cet instant amer et malsain. Et quand Narcisse ouvrit les yeux, Clare se contenta de souffler, sans un sourire, sans une once d’ironie dans la voix :

— Alors, heureuse ?

Comme si cela importait, à l’une comme à l’autre… Le moment passa enfin, si ce n’est que Narcisse ne libéra pas sa main, mais Clare laissa la raison l’emporter sur l’émotion et se concentra sur les paroles de sa mère. Si elle le sentait ? Pas la peine, non ? Sa mère était tout, mais pas une menteuse, c’était bien une partie du problème. Mauvais sang ne saurait mentir, surtout s’il était fey et sidhe par-dessus le marché. Scalpel, dit-elle, et cela rappela à Clare les séries télés qu’elle regardait parfois, de loin, dans le monde des Humains, et cela la fit sourire, lui fit étouffer un rire. Elle posa la lame dans la main tendue, s’approcha du cadavre.

— La nuit des morts-vivants, chouette. Ah, mais suis-je bête, tu ne dois pas comprendre de quoi je parle…

Étaient-elles plus mère et fille qu’en cette seconde où la culture populaire de l’une passait loin au-dessus de la tête de l’autre ? Quel beau duo elles formaient. Franchement, s’ils avaient dû se relever après un tel traitement, les quelques corps « complets » qui avaient été retrouvés, quand bien même complets ne voulaient pas dire en un seul morceau, auraient repris vie. Que la vie des Feys était facile, quand leur mort représentait un tel challenge !

 



 
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I'm the voice inside your head you refuse to hear, I'm the face that you have to face mirrored in your stare, I'm what's left, I'm what's right, I'm the enemy, I'm the hand that will take you down, bring you to your knees.
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Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mer 25 Mai - 8:22
    Oh je suis bien consciente que tout ceci n'est que vaine tentative d'aboutir à un autre résultat que celui déjà connu de tous les partis concernés. Vous pourriez, peut-être, en déduire que j'espère là impressionner ma fille. Que je vais dans un sens en toute contradiction à l'éthique qui incombe à la blouse blanche que je porte afin de lui soutirer une pointe d'attention. Que je fais non par choix, mais par désespoir de cause. Détrompez-vous. Même en son abjecte absence j'aurais procédé comme tel. Avec minutie et doigté. Avec passion et envie. Avec ce soupçon de défi dans le regard et ce picotement non point désagréable dans le bout des doigts. C'est bien là que se situe la seule différence. Seule dans la pièce, je ne me serais même pas évertuée à retirer mes gants. J'aurais plongé tête première et les mains jointes dans ce foutoir de chair et de sang. Je n'aurais même pas pris la peine d'ouvrir un sachet stérile de matériel superflu et handicapant.

    Qu'à cela ne tienne. Le métal frigide du scalpel retrouve la paume de ma main. Mes phalanges s'y resserrent naturellement. Depuis le temps que j'occupe ce poste, j'ai appris à contenir ma répulsion primaire à l'encontre de tout ce charcutage gratuit. A travers une dextérité nouvellement acquise, mes moindres faits et gestes relèvent désormais du véritable Art. Soit-il abstrait. Je m'incombe si peu des paroles qui accompagnent mon assistance improvisée. Je devine autant que je sens un sourire amusé poindre aux coins de ses lèvres. Je sais pertinemment ne pas en être l'instigatrice. Alors qui? Quoi? Quand? Pourquoi? Je sens ma mâchoire inférieure se crisper quelque peu. Je sens mes ongles s'enfoncer plus profondément autour de l'objet toujours captif de ma poigne. Je sens quelque chose qui me griffe le long des côtes, à l'intérieur même de ma cage thoracique. Je décide de remettre ces foutaises de côté. J'inspire un coup et expire lentement, m'aidant ainsi à évacuer ce profond sentiment de désagrément. La présence de Clare a toujours eu cet effet néfaste sur mes si délicieuses apparences. Sa fuite lâche aura toujours été la meilleure chose qui ait pu nous arriver ... M'arriver.

    Passons! Elle contourne l'arrière de ce semblant de table d'opération et se rapproche du cadavre en recomposition. Les agrafes toutes dissoutes de leur précédent point d'ancrage, la chair ne laisse apparaître aucune boursouflure. Aucune nécrose. Le coup porté a été d'une efficacité nette, claire et précise. Comme je les aime. A mon tour maintenant de mimer un sourire tandis que je dépose mon arme de fortune dans un petit récipient prévu à cet effet et entame la lente descente de la tête en direction de son tronc.

    Là encore, je suis on ne peut plus consciente de l'absurdité de la scène. Du caractère futile autant qu'inutile de la chose. Pourtant je m'y applique avec tout le professionnalisme des médecins de renommé dans le domaine de la spécialisation. Peut-être bien que j'ai là raté ma vocation. Ou pas. Qui sait.

    D'autres mots condescendants.


>> Tu auras tout le temps de me l'expliquer, mais plus tard.

    Je porte une première incision à l'orée du tranchement supérieure. Un effleurement à peine. Histoire de vérifier la donne avant de s'attaquer au lourd. En effet, je pourrais applaudir le fait que tu aies également pris soin de rajouter une vérité flagrante pour combler ton ridicule manque de respect à mon égard. Oui ma fille, cet adjectif te va à ravir. Maintenant cesse de te jeter des fleurs à tout va et rends-toi utile. Ah, suis-je BÊTE, tu ne dois pas comprendre de quoi je parle. Ne t'inquiète pas pour autant ma chérie. Maman est là. Elle va te guider.


>> Il aura beau ne pas ouvrir les yeux, on va quand même réussir à lui arracher quelques aveux de culpabilité.

    La torture sur fey est un Art au moins aussi précieux que la peinture ou la sculpture. Si point plus. Mais laissons ce débat temporairement de côté veux-tu. Nous pourrons en parler à une autre reprise si la curiosité t'en dit. Lorsque nous entamerons le sujet de la confidentialité médico-légale par exemple. A ta seule convenance bien sûr ma chère enfant.


>> Donne-moi ta main.

    Comme si j'avais besoin de la demander pour qu'elle soit mienne. Je n'attends d'ailleurs pas que tu termines de peser le pour et de contre de cet ordre (c'en était bien un, oui) et saisit ton poignet le plus proche de mes doigts avides. Le contact à peine apposé, une nouvelle décharge électrique vient me bousiller le système nerveux. Je t'offre un regard qui en dit long sur mes envies du moment. Oui Clare, j'ai envie de t'arracher ce membre ici, maintenant et tout de suite. Oui Clare, j'ai envie de t'entendre hurler, de te voir pleurer et de te regarder supplier. Oui Clare, je veux encore une fois sentir la chaleur de ta peau tout contre cette joue qui me brûle en cet instant bien précis. Mais ça vois-tu ... je ne suis guère prête à te l'avouer.
    Le moment ne perdure qu'une vulgaire poignée de secondes. C'était bien trop long à mon goût. Ma réaction ne se fait point attendre. Je tire plus violemment ta main emprisonnée vers moi. Ou plutôt, vers le macchabée qui se situe entre nous. Petite veinarde que tu fais!


>> Qu'est-ce que tu sens?

    Je guide tes doigts de telle sorte à ce que leurs extrémités viennent à effleurer le contour des deux plaies. Tandis que je laisse à tes neurones l'occasion de trouver le chemin jusqu'à ton cortex, j'enfonce tes phalanges plus profondément dans la chair ouverte. L'ambiguïté de cette scène pour le moins inhabituelle est des plus frappante. Ne trouves-tu point?


>> Même en suivant le protocole tout en étant sur le lieu du crime, cet homme n'avait pas la moindre chance de s'en sortir.[b]

    Trop net. Trop lisse. Trop parfait. Même la colonne vertébrale ne souffre pas de la moindre fissure. Peut-être même que la lame était chauffée à blanc. Ceci expliquerait la beauté de la décapitation. Même si quelques nuances de noir et de cramé aurait dû être décelées.


>> [b]Plutôt que meurtre, j'opterais personnellement pour l'assassinat commandé.


    Comme j'aspire à rencontrer la fey responsable de telles prouesses. Je sens mes entrailles se tordre et ronronner de contentement à cette seule prévision. Il nous faut impérativement découvrir l'identité de notre mystérieux sabreur. Et pour cela, il faut lui arracher sa signature.
    Nous tâtons toujours à l'aveugle dans l'anatomie peu participative de notre John Doe quand tout à coup mes doigts se crispent. J'ai comme l'impression que mon corps tout entier se met, un court instant, en standby.


>> Ce n'est pas censé être là ça ...

    Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seul, je retourne la tête en direction de la porte principale de la morgue à l'instant précis où ...


- « Docteur O'Maiolrain, docteur O'Maiolrain. »

    Monsieur Wilson, monsieur Wilson.


- « Je … je … urgh … ils … »

    Je hausse un sourcil face à sa position prostrée et son manque évident de condition physique. Il n’a donc rien appris depuis la dernière fois ?


>> Ils quoi Charles ?

    Ma voix a toujours eu cet effet autoritaire sur sa seule consistance. C’est peut-être aussi pour cela qu’il travaille toujours sous mes ordres malgré les nombreuses (euphémisme) occasions de séparation qui se sont présentées à moi ces dernières semaines.
    Il reprend donc consistance (ou ce qui s’en rapproche le plus) et se redresse. Une grande inspiration et puis …


- « Ils arrivent … oh … »

    Ça c’est le bruit de sa bouche tandis que son regard se pose, enfin, sur notre bien étrange position mère-fille à trifouiller dans la gorge du patient X.
    Je laisse la malice envahir la pulpe de mes lèvres.
    De la visite ?



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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Dim 29 Mai - 10:55
Mothers of teens know why lions eat their young.
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Arracher à un type assassiné des aveux de culpabilité. Voilà le monde dans lequel sa mère vivait et que Clare avait fui dès qu'elle avait pu, un monde où les victimes étaient forcément coupables de quelque chose, ou bien l'univers intérieur de Narcisse était-il si emmêlé, les fils se touchaient-ils tant, que plus personne à part elle n'était capable de suivre les méandres tortueux de sa réflexion ? Elle ne pourrait jamais prétendre comprendre complètement sa mère. Elle pouvait bien se targuer d'en savoir beaucoup sur elle, elle était sa fille, la chair de sa chair, était apparue dans ce monde en elle et y avait grandi pendant neuf mois. Elle avait eu une relation, par la force des choses, fusionnelle avec elle, même si sa génitrice semblait justement détester cela, mais une enfant cherche toujours l'amour de sa mère, entretient toujours l'attachement, et quand elle s'était aperçue qu'elle n'obtiendrait jamais cela de Narcisse, il était trop tard, un lien avait bel et bien été tissé entre elle, fait du pire de leurs deux personnes, entretenu par la violence et la haine de sa mère et par l'incapacité de Clare à se défaire d'elle. Oh, elle la haïssait, pas depuis toujours, mais elle avait très vite commencé à la haïr, et la haine, comme l'amour, on ne s'en défaisait jamais. Alors oui, entre elles, ce serait à la vie, à la mort. Malgré tout, Taranis en savait probablement plus sur Narcisse qu'elle, sa propre fille. Les enjeux n'étaient pas les mêmes, après tout, leur relation n'était pas la même, Narcisse était une mère à ses yeux, et elle était une sœur pour Taranis. Et plus jeune, Clare avait souvent tenté de comprendre sa mère en interrogeant sa tante, mais elle n'avait jamais pu véritablement comprendre, comprendre de quoi elle s'était rendu coupable aux yeux de Narcisse en se contentant de naître, l'acte d'innocence ultime.

De nouveau, Narcisse s'empara de sa main, et cette fois Clare ne lutta pas. C'était trop de contacts physiques en trop peu de temps et elle se sentait petit à petit plier face à la volonté maternelle, comme en train de s'enfoncer dans un brouillard, une régression infâme qui lui ôtait ses forces. Oui, elle avait lancé toutes ses forces dans cette bataille mais à ce jeu-là, sa mère possédait de l'avance, une endurance et une expérience que Clare n'avait pas en elle. Sa lutte était vaine et c'était pour elle qu'elle la menait plus que contre sa génitrice, c'était pour que plus tard, elle puisse se regarder dans le miroir sans baisser les yeux, sachant qu'elle s'était battue. Mais c'était inutile. Elle en était enfin revenue à cette constatation qui l'avait tant de fois fait rendre les armes à l'époque : sa mère obtenait toujours ce qu'elle voulait. Immobile, elle laissa Narcisse guider sa main jusqu'au cadavre, et grimaça de dégoût au contact de cette chair morte. Bonne fête, maman, oui, Narcisse appréciait sûrement ce moment à sa juste valeur et Clare, ce soir, rentrerait peut-être avec l'impression d'avoir tenu tête au cauchemar d'antan mais elle le savait, malgré tout, qu'elle se verrait comme avant, comme enfant, dans son miroir : abattue, brisée, frissonnante de cet être que tout en elle poussait à aimer mais qui pourtant la faisait se sentir malade. Sa raison contre chaque molécule de son corps, c'était une guerre interne qui finirait par la déchirer de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'elle.

— Ma main dans la tienne.

Réponse automatique, brutale. Oui, c'était tout ce qui la dérangeait, au-delà du cadavre, de la plaie finalement nette et propre, et plus que l'horreur de cette situation, ce qu'elle sentait, c'étaient les doigts de sa mère refermés comme une serre sur les siens, et y avait-il quelque chose de plus notable que ça, en cette seconde ? Ah, apparemment oui : sa mère embrayait déjà sur les conditions de la mort, s'extasiait sur le geste, des étoiles et des têtes coupées plein les yeux. Clare était peut-être née en temps de quasi paix parmi les Feys, elle n'avait peut-être jamais connu les guerres contre les Fomoires, les combats dantesques, meurtriers, d'où toutes les légendes feys étaient tirées - la guerre entre les Cours, la guerre contre les Humains ? Pas grand-chose, à côté de ça -, elle n'en avait pas moins vécu parmi les Humains pendant cinquante ans. Et en matière de mort, ils s'y connaissaient, probablement plus que les Feys, de façon probablement plus intense, plus suicidaire, plus choquante, quand on savait qu'ils n'étaient pas immortels, qu'ils étaient même aussi fragiles que des œufs. Alors non, Clare ne s'extasierait jamais devant l'exemple parfait de la page trois du petit guide de la décapitation.

Cependant, dans tout ça, une info utile émergea. Un assassinat commandé, tiens donc. Cela ne voulait pas forcément dire que l'identité de la victime importait, mais cela pouvait vouloir dire qu'il y avait plus, dans ce message de violence transmis par l'assassin, que la simple volonté de se rappeler aux bons souvenirs des Feys. Oh, comme il était pénible que les Feys ne puissent se servir de toute la technologie humaine ! A quoi leur était bonne la magie ou la main de pouvoir, dans ces cas-là ? Personne chez les Hommes ne pouvait décapiter quelqu'un et ne pas en payer les conséquences. Clare s'arracha à ses pensées en sentant sa mère hésiter soudain. En retard d'une seconde, ses lèvres formaient déjà le mot "Quoi ?", qu'est-ce qui ne devrait pas être là ? que Narcisse, elle, avait déjà senti quelqu'un à la porte. Clare arracha enfin sa main à celle de sa mère, la vision de l'Humain de tout à l'heure la ramenant durement à la réalité. Elle n'avait pas du tout envie qu'il les voit ainsi, comme si c'était un moment intime entre sa mère et elle, enfin, intime selon les critères de Narcisse.

— Qui arrive ?

Sa voix rageuse, son ton impatient, alors que ce pauvre Charles ne lui avait rien fait... Il la regarda comme il devait probablement regarder Narcisse, et Clare lui tourna le dos, reprit contenance le temps de se laver les mains au lavabo le plus proche. Ils arrivaient... et ils débarquèrent dans la pièce. Ils n'étaient que deux, mais leur aura de supériorité était telle qu'on aurait dit qu'ils prenaient toute la place. Deux Sidhes, cela Clare le devinait sans peine, quant à savoir s'ils étaient Seelie ou Unseelie, c'était une autre histoire, et peu importait, en vérité. Pour la petite bâtarde Changelin, un Sidhe était un Sidhe des deux côté de la frontière.

— Cessez immédiatement cet outrage au corps de mon frère. Nous sommes venus le récupérer pour honorer sa mort comme il se doit.

La tradition avait la vie dure, surtout ici, surtout chez les Feys et surtout chez les Sidhes. Et Clare ne pouvait pas leur en vouloir, elle était même tout à fait d'accord avec eux. Il fallait voir leur expression, le mépris dans leur regard... Ils n'avaient absolument rien à envier à Narcisse elle-même, ni rien à craindre. Ces gens-là étaient les princes de ce royaume.

— Vous pouvez l'emmener si vous le voulez. Mais ne souhaitez-vous pas connaître l'assassin de votre frère ?

Elle, en tout cas, elle le voulait, non pas par curiosité ou par désir de vengeance mais parce que c'était là le travail qu'Elatha lui avait confié. Le Sidhe qui avait parlé tourna lentement les yeux vers elle et elle aurait pu être un mur ou même une tache sur ce mur qu'il ne l'aurait pas regardée autrement. Tout était dit dans ses pupilles, dans les traits de son visage, ses lèvres pincées, l'aura qu'il dégageait : elle le dégoûtait, il souffrait de devoir baisser les yeux vers elle pour la regarder à cause de sa petite taille de Changelin, ses oreilles saignaient d'avoir dû l'écouter lui parler et le simple fait de devoir lui répondre lui donnait probablement la nausée. Clare esquissa un bref sourire. Ah, elle était bien rentrée à la maison, ça oui. Et cette attitude-là, elle y était plus qu'habituée, c'était probablement à cause de cela aussi que sa mère la détestait tant. Clare se tourna vers elle, et ajouta, alors que le Sidhe semblait chercher le moyen de l'effacer de ses rétines et de ses souvenirs :

— Tu vas les laisser faire, maman ?

Non pas qu'elle puisse y faire quoi que ce soit, probablement, ou peut-être que si, Clare n'en savait rien. Ces gens-là étaient la famille du mort et ils avaient bien tous les droits sur le corps. Tout cela lui importait peu. Elle ricana seulement de l'horreur qui traversa brièvement le regard du Sidhe tandis que ses yeux allaient de Clare à Narcisse. Oh, c'était un peu drôle, tout de même, d'offenser tout le monde avec une simple et malheureuse constatation. Les enfants prétendaient toujours que leurs parents leur foutaient la honte, alors pourquoi pas l'inverse...

 



 
What a time to be alive !
I'm the voice inside your head you refuse to hear, I'm the face that you have to face mirrored in your stare, I'm what's left, I'm what's right, I'm the enemy, I'm the hand that will take you down, bring you to your knees.
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 25/03/2016
› LES MISSIVES ENVOYEES : 4773
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› LA COULEUR RP : Lightblue

THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mar 7 Juin - 8:23
    Elle retire sa main. Je ne m'en offusque nullement. Le peu d'attention que je consentais jusqu'à présent à lui porter vient d'être accaparée dans sa totalité par un autrui d'autant plus intéressant. Captivant. Répugnant.

    Je le sais. Je le sens. Dans tout mon être et bien au-delà. Mon Glamour semble ériger comme un bouclier invisible tout autour de ma divine silhouette. Je le sens se hérisser. Ses babines se retrousser. Un grondement sourd s'extirper du fin fond de ses entrailles mortes. Tandis que ma fille s'éloigne de moi en direction d'une eau salvatrice, je me redresse de tout mon long. Mon dos droit. Mon port fier. Ils arrivent. Ils sont là. Venez. Je vous attends.

    Et c'est exactement ce qu'ils font. Ils pénètrent la salle d'autopsie avec cette panoplie de caractéristiques qui font leur réputation. Hautains. Arrogants. Imbus de leur personne. La couleur de leur allégeance dégouline librement de leur carcasse de géants. Charles se fait tout petit. A moins qu'il l'ait toujours été. Ils ne le remarquent même pas. Ou du moins n'aspirent en aucun cas à lui vouer une quelconque attention dépassant le médiocre. Euphémisme bonjour. Comment seulement leur en vouloir? Après tout il m'inspire un dégoût sensiblement comparable. Est-il que moi, contrairement à eux, je brille de par ma maitrise quasi-parfaite dans l'art de tenir les apparences. QUASI parce qu'une pomme véreuse a sournoisement réussi à se glisser dans mon jardin d'Eden. Elle qui croit pouvoir me corrompre pour et par si peu, attention ma chérie je n'ai jamais prétendu revêtir le rôle d'Eve dans l'histoire. Mais passons. Ma chère autant que ma chair deviendra faire fit d'un peu de patience. Non pas que le professionnalisme prime, c'est juste que la disposition des pièces sur l'échiquier de la vie vient de se prendre un cent-quatre-vingt degrés en plein dans la face. Stratège dans l'âme, je n'ai pas à attendre le premier mouvement de la partie adverse pour avoir déjà quatre tours d'avance sur mon adversaire.

    Je dois me faire violence pour réprimer le sourire qui me gratte le palais. Je ne détourne à aucun instant mon regard. Pas quand il m'impose le sien. Pas quand il vient à dénigrer mon entourage directe. Et encore moins lorsqu'il fait un pas vers l'avant et manque de se taper le torse à l'image d'un gorille mâle prônant après un territoire qui ne lui revient même pas de droit.

    Je n'ai pas besoin de répondre. Clare s'en occupe très bien pour moi. Quelle jouissance que de lire cette décomposition faciale. Que de découvrir ce rictus de dégoût se dessiner sur un visage autrement si imperturbable. Il y a du laisser-aller là mon cher. Que dirait donc ton paternel s'il te voyait ainsi. Oserais-je aller cafter quant à cette réalité à laquelle je suis en train d'assister? Oserais-tu seulement en douter?

    Si ma fille croit pouvoir trainer mon nom dans la boue, grand bien lui fasse. Son franc-parler ne bernera personne. Même sans allégeance de noblesse (je ne pouvais décemment lui léguer un tel titre vu sa bâtardise plus qu'apparente), nul doute que son génome a copié sur les Grands de ce monde. Une révérence selon l'étiquette aurait fait d'elle une Seelie aboutie. Sa répartie et le plaisir non-dissimulé que ce premier lui procure la désignent pourtant dans notre camp. Irais-je pour autant dire que je suis fière d'elle? Loin de là mon idée de vanter une si piètre exposition d'une supériorité acquise. Je consens néanmoins à lui accorder le bénéfice du doute. Mon silence face à l'aberration commise est d'ailleurs synonyme de mon approbation silencieuse.

    J'attends. J'observe. Je savoure. Eux. Elle. Peu importe, la scène est parfaite. Elle aurait pu se prolonger encore quelques instants si ma chère et tendre n'avait pas l'impatience pour alliée de prédilection. Lentement, je détourne mon attention vers elle. Non pas qu'elle m'interpelle, mais plutôt pour bien signifier à nos invités indésirables qu'ils le sont. Que même un changelin lambda mérite davantage de faire saigner mes oreilles qu'avoir à supporter leur infecte présence. Prestance.

    En absence de tiers, cette rencontre aurait très certainement continué de manière différente. Mais laissons les spéculations aux bookmakers et revenons à nos moutons. Accessoirement à cette petite brebis égarée loin d'être aussi innocente que le prétendent ses mots. Je remarque la pointe d'autosatisfaction qu'elle éprouve à l'utilisation du dernier mot. Il semblerait qu'il devienne récurrent en cette journée qui se présageait pourtant morne et insipide. Qu'essaies-tu de faire là mon ange? Me faire sortir de mes gonds? Ou, au contraire, tâter le terrain afin de déterminer ma propre position sur le tableau?


>> Les laisser faire?

    Je penche à peine ma tête de côté et lui offre un sourire qui, en d'autres lieux et d'autres circonstances, aurait très certainement traduit une réelle complicité maternelle. Il n'en est rien. Je le sais. Elle le sait. Eux l'ignorent. C'est d'autant plus plaisant à mettre en œuvre. Je continue à pousser le vice de la tactilité. Ma main retrouve une nouvelle fois la courbe de sa mâchoire. Mon corps m'apparait comme traitre. Au plus je lui propose, au plus il en quémande. Déjà il ne demande plus mon autorisation tacite et part faussement du principe d'obtempération. Pour cette fois je lui offre l'aboutissement de son caprice. Je saurai clamer les intérêts pour cet affront à une occasion plus propice à la débauche. Puis ... ça a le même effet sur moi que sur notre public. Si point plus.


>> Bien sûr ma chérie. Mais d'abord ...

    Je relâche mon semblant d'emprise sur son anatomie et me détourne déjà en direction des deux sidhes Seelie. Ma main a beau crier son refus, je joue la sourde oreille face à une telle preuve de faiblesse. Je récupère mon expression froide et stoïque de médecin légiste. Je m'avance en ligne droite vers les deux hommes. Le premier semble bomber le torse, prêt à encaisser ma prochaine réplique. L'autre, plus sage, recule d'un pas sans pour autant me quitter du regard. C'est lui que je vise. Il le sait. Il devine mon sourire même si ce dernier n'est en aucun cas apparent.


>> Mon cher Jalur ...

    Cet adjectif sonne tellement faux. Nous avons toujours été en totale opposition. Même dans un camp similaire nous n'aurions jamais pu nous entendre. Il tourne autour de ma sœur. Il m'insupporte. Il se croit. Il se croit fort. Il se croit dieu. Il n'a même pas réussi à se créer une légende digne de son héritage. Ridicule. Pathétique. Crois-tu donc toujours qu'il suffit d'un arbre généalogique pour entrer dans l'histoire? Pourquoi ne jetterais-tu pas un œil dans mon dos? Elle risquerait fort de t'apprendre ce que toi tu n'as jamais réussi à intégrer. Maintenant cesse de la reluquer, tu vas finir par te rider.


>> Mes sincères condoléances pour cette perte tragique.

    Je sais mieux que quiconque ce qu'il en coûterait à l'âme suicidaire qui oserait ne serait-ce qu'envisager la potentielle possibilité de porter une main sur ma sœur. Pourtant ta souffrance me laisse de marbre. Je dirais même qu'elle m'incombe. Je continue à avancer. Là encore je ne respecte en aucun cas les consignes de sécurité. De bienséance. De protocole. Je m'en moque bien. Ceci est MON terrain de jeu. Ceci sont MES règles. Ceci est MA fille.

    Je me colle limite à mon interlocuteur. La pulpe de mes lèvres unseelies tout contre son oreille droite. Ma bouche pour lui. Mes yeux pour son acolyte. Read. My. Lips.


>> Je ne sais pas - encore - par qui, mais je sais POUR qui.

    Je me mordille la lèvre inférieure. Quelle négligence. Quel amateurisme. Je ravale mon sourire et retrouve une position plus digne de mon titre. Nous nous observons encore pendant quelques instants. Aucun mot. Aucune parole. Juste cette haine viscérale qui nous lie, nous relie et nous délie. Il sait que j'ai raison. Tout comme il suppute que j'ai le pouvoir de faire parler les morts. Nous pourrions rester ainsi pendant des heures. A prendre racine. A se provoquer mutuellement jusqu'à ce qu'un de nous deux cède. Le combat risque d'être long. Je décide d'y mettre un terme avant que Clare ne vienne encore y ajouter son grain de sel.


>> Votre décision monsieur le chancelier?

    Ah que de frustration. Avoir un tel degré d'influence dans l'enceinte du Sithin et si peu à l'extérieur. Dans la Mort nous sommes tous égaux mon AMI. Il est bon de garder à l'esprit que je reste seule signataire du bulletin de sortie de cette chère tête ambulante.

    L'homme à ses côtés fait mine de s'avancer. Jalur lève la main pour lui imposer l'arrêt sur image. Une telle autorité naturelle. Tellement de potentiel. Si peu de résultat. La balle est dans ton camp. Your wish is my command.


- Tu as jusque demain.

    Quatre mots. Pas un de plus. Déjà il s'est retourné. Déjà il passe la porte en pestant. Son sbire traîne encore quelques instants. Il me regarde. Il me juge. Il me jauge. Il sait que je sais. Cruel dilemme. Il n'a pas le temps d'en placer une que déjà son ami le siffle. Le voilà parti à son tour. J'attarde ma propre attention un peu plus longtemps que de raison sur la porte et son écho qui ricoche à même mes tympans. Je finis pourtant par me retourner et regagner ma position auprès du corps et de sa spectatrice. Je la dépasse sans pour autant lui décocher cette gifle plus que méritée, et ouvre un tiroir d'ustensiles. J'attrape une petite pochette en plastique dur comportant fil et aiguille et me prépare à recoudre la plaie. Il serait dommageable de ne pas rendre le frère déchu présentable pour ses obsèques.


>> Tu as eu toutes les réponses que tu voulais?

    Auquel cas tu peux dégager.
    Rien que ta vue commence sérieusement à m'insupporter.



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Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]

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