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 Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]

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CHANGELIN UNSEELIE modern myth.

Darina C. Gray-Haddler

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 04/04/2016
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CHANGELIN UNSEELIE ∭  modern myth.

MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Sam 11 Juin - 17:13
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Pauvre Charles. Clare pouvait sentir sa peine, vraiment. Comprendre son dépit. Les Humains qui avaient choisi de vivre sur Ellan Vannin faisaient tous un sacrifice, mais pas gratuitement. Pour eux, c'était l'acte ultime de loyauté envers un peuple qu'ils idéalisaient, qu'ils adulaient et dont la présence à leurs cotés valait qu'ils abandonnent tout, leur monde, leurs lois, leur famille parfois, leur mortalité, dans une certaine mesure - et ce n'était pas évident, quand immortalité n'a jamais fait partie de votre nature intrinsèque. C'était peut-être au bout de cette réflexion que Charles était allé avant de se décider. Et aujourd'hui il se retrouvait là, dans cette pièce, en cette seconde, coincé entre des êtres qu'il ne comprendrait en vérité jamais, écrasé par des présences qui ne lui laisseraient jamais la place d'exister. Cela en avait-il valu la peine ? Avait-il des regrets ? Pour Clare, il n'y avait pas pire que les regrets pour vous ronger de l'intérieur. Surtout face à une situation qui ne permettait aucun retour en arrière ; le côté cruel de l'irrémédiabilité. Et pourtant, comme ils avaient tort, ces grands seigneurs, d'ignorer l'Humain... Elle le savait d'expérience, à quel point leur sensibilité était forte. Elle savait qu'en cette seconde, Charles ressentait, tout comme elle, l'air vibrer tout autour d'eux, empli jusqu'à s'en déchirer des auras des nouveaux venus et de Narcisse, qui n'était pas en reste. C'était une véritable lutte silencieuse qui se jouait avant même le début des hostilités, une lutte de pouvoir, de pouvoirs, de présence et de diplomatie. Autant dire, dans les yeux de Clare, beaucoup de vent et un peu de trompette. Et probablement que Charles aussi devait se demander pourquoi les Feys aimaient tant perdre leur temps. La différence entre eux, c'était que l'Humain serait toujours, de par ses choix, le petit être fragile et sacrificiel, celui qui accepterait et adorerait sans exiger d'explication, alors que Clare se foutait pas mal de ces histoires et n'avait pas plus de respect pour les deux Seelies que pour sa mère, qu'elle fourrait dans le même sac. Pour elle, se considérer au-dessus des autres simplement parce que le grand hasard cosmique vous a fait naître dans la bonne famille était une bonne blague. Il n'y avait pas de quoi se vanter d'avoir gagné à la roulette russe génétique, et encore, gagné, c'était vite dit.

Encore que. Clare mentirait si elle ne s'était pas déjà posé un million de fois cette question à un millions de dollars : sa mère aurait-elle été différente si Clare était née d'un père Sidhe ? Même si ça avait été le cas, ça n'aurait rien changé au fait qu'elle soit détestable, non ? Mais peut-être bien que la Changelin n'en aurait jamais rien su. Elle aurait été, pour de vrai, semblable à sa mère, une copie conforme, conformément cruelle et haïssable. Mais elle en aurait probablement été heureuse. L'un dans l'autre, mieux valait que les choses se soient passées ainsi. Qu'elle soit née d'un père Humain qu'elle avait aimé toute sa vie sans même le connaître, et que la faute en incombe à Narcisse, quoi que celle-ci en dise. Ainsi, tout était parfait. Et comme de juste, les adultes faisaient les fiers pendant que les mômes les regardaient faire en roulant des yeux. C’était une telle perte de temps, quand tout ce que chacun avait à faire était d’énoncer clairement ce qu’il avait à dire et de régler la situation… Mais non, au lieu de ça, rien que parce que Clare lui a adressé la parole, le mâle alpha se raidit, semble à deux doigts de vomir, voudrait être ailleurs, ça se voit… Une torture qu’il s’imposait à lui-même, sous les yeux agacés de Clare. Comment ne pas se permettre ce petit plaisir et annoncer tout de go la nature de sa relation avec Narcisse ? De toute façon, ça ne changeait pas grand-chose à la vision que le Seelie avait de l’Unseelie, non ? Cette fameuse histoire d’amour-haine à la vie à la mort, qui passait bien au-dessus de la tête trop jeune de la Changelin… Elle aurait pu dire au type que Narcisse était sa femme de ménage qu’il aurait été horrifié tout pareil. Bon soit, un peu moins… Les Seelies considéraient déjà les Unseelies comme des déviants, surtout sur le plan des mœurs, alors l’idée que Narcisse ait pu forniquer avec allez-savoir-qui… Bon, okay, c’était drôle. Tournant la tête vers Charles, qui la regardait sans comprendre, elle le gratifia d’un sourire chaleureux. Il lui rappelait le fils aîné de la famille où elle avait vécu, où elle s’était réfugiée, même, après avoir vécu dans la Faërie. Ils avaient le même âge et étaient allés à l’université ensemble. Qui savait ce qu’était devenue cet homme, qui devait accuser les soixante-dix ans, à présent ? Comme elle, évidemment, mais soixante-dix ans chez les Humains, ce n’était pas rien.

Narcisse, forcément, entra dans le jeu. Clare se sentit à nouveau envahie par l’amertume. Sa mère était comme un canard, l’eau – la bave du crapaud – glissait sur ses plumes. Mais de nouveau, elle posait la main sur elle, sur sa fille détestée, et la Changelin ne comprenait même plus son comportement. Les mots, d’accord. Elle en était la reine, l’impératrice du verbe tranchant, létal. Mais ces attentions physiques, Clare commençait à les accepter à mesure que l’idée s’insinuer en elle que sa mère elle-même ne se contrôlait pas vraiment. La toucher ? La caresser ? La coiffer, lui faire des nattes, l’embrasser sur la joue ? Toutes ces choses, Clare les appelait de ses vœux étant enfant, mais elle avait encore aujourd’hui en tête l’expression sur le visage de Narcisse dans ces moments-là. Comme si elle touchait une bête morte. Encore que, apparemment, même ça, ça la dérangeait moins. Alors pourquoi s’évertuait-elle ainsi ? Heureusement, le moment passa, le malaise aussi. Il faut croire qu’elles n’étaient pas douées pour jouer à la mère et à la fille – puisque le naturel, chez elles, ne l’était pas. Apparemment, elle connaissait au moins l’un de leurs interlocuteurs, ce qui n’avait rien d’étonnant, cette île était microscopique. Clare ne put s’en empêcher, un sourire se dessina sur son visage, moqueur, parce qu’elle ne faisait pas, comme sa mère, l’effort de paraître polie, même pour énerver encore plus le vis-à-vis. Elle n’y pouvait rien, entendre Narcisse se dire « désolée », c’était vraiment trop. Elle croisa les bras et la regarda faire le show. Est-ce qu’il n’y avait pas des règles à respecter, à un moment ? Est-ce qu’elle pouvait ridiculiser un grand seigneur Seelie sans générer des remous à un niveau ou à un autre ? Cela valait-il le coup de se faire rappeler à l’ordre pour quelques bravades façon Narcisse ? Bon, ça ne la concernait pas vraiment… Elle était simplement frustrée de ne pas entendre les mots qu’elle lui adressa, la soupçonnant de les lui dissimuler exprès – c’est donc que ça devait être important. Faudrait-il donc qu’elle retourne voir sa mère, qu’elle la supplie de lui confier le secret ? Leith en valait-il la peine – ou plutôt, sa perte en valait-elle la peine ? Clare détourna les yeux de cette scène somme toute dégoûtante et planta son regard dans celui de Charles. Puis elle tendit la main et la posa sur son bras.

— Vous pouvez nous laisser, Charles. Ma mère va gérer cette situation.

Elle ajouta un sourire rassurant pour achever de le convaincre. Mieux valait qu’il s’en aille, qu’il ne soit pas mêlé à ces histoires. Elle doutait qu’un chancelier Seelie, comme Narcisse venait de l’annoncer en grande pompe, soit heureux de se faire ridiculiser devant des yeux Humains. Les Humains étaient protégés, sur Ellan Vannin, comme une espèce en voix de disparition, mais cela n’empêchait pas les débordements, et la justice fey était beaucoup plus relâchée, sur cette question précise. Et il est plus que temps que l’assistant aille assister ailleurs, car du côté des Feys, les choses bougeaient. Clare adressa un signe d’au revoir aux Seelies, mais ils ne la regardèrent même pas. L’idée qu’une créature aussi insignifiante qu’elle à leurs yeux puisse en même temps leur paraître si nuisible la laissait vraiment rêveuse. Puis elle se raidit alors que Narcisse revenait vers elle. Mais non, rien, rien d’autre qu’une invitation à s’en aller. C’était la meilleure, celle-là. Il fallait la suivre, Narcisse, c’est sûr. Caprice un jour, caprice toujours. Clare haussa les épaules.

— Pas vraiment. Mais si j’ai besoin d’autres informations, je m’adresserai directement à ton assistant, on n’aura pas à se revoir.

Et ça tombait bien pour sa santé mentale, ce n’était pas un service qu’elle souhaitait rendre à sa mère. Elle soupira, avec l’impression d’être courbaturée de partout à force de se tenir raide de partout.

— J'aurais toujours des questions à te poser qui resteront sans réponses...

Et là, elle ne parlait plus du tout de l'affaire des Feys décapités, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle sentit sa gorge se serrer et se mordit la lèvre inférieure, plantée là face à sa mère. Pouvait-elle partir ? Elle en avait envie, mais elle se comportait toujours comme une victime du syndrome de Stockholm, à attendre l’autorisation de Narcisse. Elle en avait fini de se voiler la face. Elle avait bel et bien été libre de l'influence néfaste de sa mère, mais seulement parce qu'elle avait vécu loin d'elle. Elle découvrait dans la douleur que rien n'avait véritablement changé, en vérité.

 



 
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mer 15 Juin - 12:53
    Je la dépasse. Sans un mot. Sans un regard. Mes doigts habiles fouillent les breloques de l'armoire sans émettre le moindre son. Cela fait à peine quelques semaines que je suis ici, mais cet endroit m'est déjà tout acquis à la cause. Chaque chose a sa place. Chaque place a sa chose. Il est vrai que sa présence commence à m'insupporter. Ou plutôt, continue de m'insupporter. Tu as voulu fuir? Alors pourquoi revenir? Pourquoi t'obstiner? Qu'attends-tu petite fille? Mon pardon? Mes larmes? Mon regret? Non décidemment, la vie en communauté ne te sied guère.

    Tu ne comprends rien Clare. Pire, tu n'as même jamais aspiré à. Je pourrais, certes, mettre l'impureté flagrante de ton sang en cause. Pourtant il n'en est rien. Ou si peu. La contamination génétique n'est jamais rien de plus qu'une tare supplémentaire. Qu'un maigre bonus. Une prime à l'emploi. Ce qui vient de se dérouler là en silence signe les grandes lignes de notre destin. Retrace le parcours sinueux de notre passé. Présage les nuances sous-jacentes de la guerre à venir. Mais ça tu t'en fous. Tu t'en moques même éperdument. Tu n'en as pas plus à faire de ce que je suis que de ce que j'ai été. Du pourquoi. Du comment. Du quand. Tout ceci t'apparait très probablement comme artificiel. Comme surjoué. Comme obligé. Mais ça l'est ma très chère fille. Ça l'est. Si seulement tu avais pris un peu plus de temps à m'écouter par le passé. Toi qui prend ton sort pour funeste et regrettable. Toi qui n’as jamais aspiré à comprendre. Comme vulgairement dit par les humains dans l'ère moderne: You know nothing.

    Je m'applique à ma tâche. Refuse de reporter mon attention une nouvelle fois sur toi. T'est-il donc à ce point impossible de ne pas chercher à me ternir la face? A enfoncer mon image? A me poignarder ce cœur que tu crois pourtant absent? Est-ce pour cela que tu t'évertues à continuer? A persister? Qu'aimerais-tu seulement trouver comme réponse Clare? La confirmation de tes doutes? Ou, au contraire, celle de tes craintes?

    Cesse de tourner autour du pot. Cesse d'empiéter sur mon terrain. Et quand bien même tu ne pourrais pas t'en priver, ais au moins la décence d'y exceller! Ce n'est pas pour autant ta présence qui m'insupporte ma chère fille, mais plutôt la médiocrité qui y colle. Qui en dégouline si librement que tu devrais penser à nettoyer derrière toi. Tu veux jouer dans la Cour des humains? Grand bien te fasse. Mais cesse de picorer sur les deux tableaux. Soit tu es pour. Soit tu es contre. Assume! Pourquoi donc te cacher? C'est si apparent que rien que ta vue me donne envie de gerber. Rassurer, ok pourquoi pas. Mais étais-tu pour autant vraiment obligé de le toucher? Est-ce là la punition que tu m'imposes pour avoir outrepasser les droits d'une certaine bienséance? Inutile de nier l'évidence Clare, je n'ai pas besoin de voir pour savoir. Ton reflet dans les prunelles de Jalur. Le rictus supplémentaire accordé à ta seule attention. Comme je peux le comprendre. Comme il m'a été difficile de ne pas le répliquer. De continuer à le dissimuler. Tu n'as pas la moindre idée des efforts que je déploie à ton encontre. Probablement même que tu t'en moques plus qu'éperdument. Alors pourquoi je continue à insister? Eh bien mon ange, le jour où tu auras trouvé la réponse à cette unique question ... tu n'as qu'à venir me trouver.

    L'aiguille passe dans la chair avec une aisance déconcertante. Mes mouvements sont précis. Pointilleux. Ma gestuelle n'a pas à se sentir oppressée par le chaos qui me déchire les méninges. Qui ricoche à l'intérieur de mon crâne. J'ai comme l'impression que la bête vient de se réveiller et tente par tous les moyens de s'en extirper. Par contre, là où d'habitude ce sont mes entrailles qui font office de nichoir; tout porte à croire que madame a trouvé plus destructible chaussure à son pied. Et toi, pourquoi es-tu toujours là? Je n'ai plus rien à te dire. Dégage. Va donc rejoindre cet assistant qui est mien et dont tu sembles convaincue qu'il pourra t'apporter soulagement. Toi qui crois encore qu'il est autorisé à lire mes rapports. Douce innocence. Décevante ignorance. Mais si cela peut te faire plaisir.

    Ne pas se revoir? Est-ce une promesse? Attention Clare, je pourrais te prendre au mot. Toute prochaine encontre, soit-elle fortuite ou moindre, signifiera irrévocablement un mensonge éhonté de ta part. Aurais-je donc omis de préciser que notre nature fey nous empêche de profaner le langage de telle sorte? A moins que là aussi ta déviance innée soit impliquée? Non, inutile de répondre. Je n'ai même pas envie de savoir. Je te donne ma bénédiction. Vas-y. Casse toi. Et ne te retourne surtout pas.

    Elle soupire. Cela emplit l'air et le rend infecte à l'inspiration. Le bruit semble se ruer vers moi. Il me griffe les tympans. Mon visage, pourtant, reflète froideur et distance. C'est ainsi que j'aurais dû l'accueillir depuis le début. Il y a du laisser-aller. J'ai intérêt à me reprendre. Elle pourrait en conclure des actes qui ne sont point et des pensées qui n'ont guère lieu d'être. En réponse à son audace, je me redresse et me tourne vers elle. Prête à consentir à sa si futile requête. Elle me devance. D'autres mots fusent. Volontaires ou moindre, je l'ignore. Elle probablement aussi. Est-ce que tu les regrettes? Peu importe, il est déjà trop tard.

    Je ne perds aucunement ma consistance. Je suis une Sidhe Clare, chose primordiale que tu sembles t'évertuer à négliger. Oublier. Tu ne peux certainement pas comprendre. Ou ne veux pas. A ta convenance très chère. Qu'espères-tu là? Une réconciliation? Encore et toujours ce même pardon? Pour quelle raison? Celle d'être celle que je suis? Celle d'avoir engendré ce qui jamais n'aurait dû être? Celle de t'avoir laissé en vie malgré toute la douleur qui pourrait en découler? Tu as raison mon enfant ... dès le départ j'aurais dû te tuer.


>> Tu veux vraiment faire ça ici?

    J’ai bien envie de hausser les épaules. Je n’en fais rien. Je me contente simplement de te dépasser, de déposer les ustensiles dans l’évier prévu à cet effet et de me diriger vers l’autre. Je passe mes poignets sous le robinet à reconnaissance de mouvements. Je déteste toute cette matière qui ressemble bien trop à mon goût à ce vulgaire métal toxique à nos sens. Si je peux me passer de le toucher, ça me convient d’autant mieux. Une cascade d’eau glacée vient à l’encontre de mon épiderme souillée. Je lave les péchés précédents à l’aide d’un gel désinfectant. Tout se passe dans le plus grand des silences. C’est oppressant n’est-ce pas ? Tant mieux.

    Je finis par couper la connexion avec la technologie et vais pour me sécher les mains. Je jette dans la benne à ordure le tissu qui a eu le privilège de me toucher. Je retourne à ma place première et prend grand soin de renfiler mes gants avec toute la délicatesse imposée. Retrouver le contact du cuir souple est comme salvateur. Libérateur. Je me sens à nouveau respirer. Le dessein qui orne la paume de ma main droite est privé. Je déteste à avoir ainsi à l’exposer.
    Ce n’est qu’à ce moment que je reprends la conversation là où elle avait été laissée.


>> Je t’écoute.

    Un brancard continue à faire barrage entre nos deux corps. Il vaut mieux. Je te sens fébrile. Je te sais fragile. Plus que tu ne consentiras jamais à te l’avouer. À Me l’avouer. Pauvre de toi. Tu aurais pu arriver si loin. Si haut. Vois comme tu stagnes. Comme tu régresses. Tu serais tellement capable de m’inspirer la pitié … si seulement ce mot faisait partie de mon vocabulaire premier.


>> Poses-moi toutes les questions que tu veux. J’y répondrai au mieux.

    Je suis incapable de mentir. L’aurais-tu, à nouveau, oublié ?


>> Mais la première me revient de droit.

    Tu devais bien t’en douter ma chérie. Tu sais bien que dans la vie rien n’est gratuit.


>> Où étais-tu lorsque ton père est mort ?

    Si c’est ainsi que tu veux le jouer.
    Jouons.



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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Mer 15 Juin - 23:10
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

Ce changement d’atmosphère, cette glace qui soudain semblait prendre possession des lieux en craquant et en grinçant, partant à la conquête des fenêtres, des portes et des cœurs, Clare le connaissait bien. Enfant, c’est à ce moment-là de ses tête à tête avec sa mère qu’elle allait se cacher sous son lit ou même s’enfuyait chez sa tante Taranis. Sa chère maman, bipolaire qui s’ignore, ou juste versatile… Clare n’y avait jamais vu que de la folie, en grandissant. Ce même regard gourmand qui l’avait invité – l’avait forcée ! – à entrer dans la morgue à sa suite, forçant Clare à relever ce défi, l’invitait désormais – lui ordonnait ! – de s’en aller, et vite, et bien. Elle n’avait plus seulement le mépris dans les yeux, mais le meurtre, ou ce qui s’en approchait le plus. Et fut un temps où la Changelin aurait cherché à comprendre. Où elle pensait qu’il y avait réellement une raison à ces sautes d’humeur, une raison autre que sa seule personnalité fracassée, du moins. Aujourd’hui, elle en avait fini depuis longtemps à perdre son temps ainsi. Elle ne le savait que trop bien : tout ce qu’elle disait serait réinterprété de façon à ne pas convenir à Narcisse, tout ce qu’elle faisait serait réimaginé de façon à la décevoir, le moindre de ses gestes, la moindre de ses décisions, le moindre de ses souffles, sa seule présence, sa simple personne ; sa mère la réinventait sans cesse pour qu’elle corresponde à l’exact opposé de ce qu’elle aurait voulu qu’elle soit. Elle ne craignait pas de se contredire elle-même, dans les faits ou dans les actes, se fichait de lui donner des intentions qu’elle n’avait jamais eues, de lui attribuer des fautes qu’elle n’avait pas commises. Elle était le centre de sa propre existence, le soleil autour duquel tout le reste devait tourner, et tournait effectivement, sauf elle, sauf Clare, qui n’était pas ce qu’elle voulait, qui était le produit d’une partie de jambes en l’air avec un Humain… Une ironie que Clare avait appris à savourer.

Mais tout cela mis à part, elle ne voulait pas rester, non. Comme quoi, elles pouvaient être d’accord, parfois. Elle n’avait pas l’intention de tendre la joue. Figée sur place, cependant, comme incapable de se passer de l’accord maternel – je peux partir, maman ? Comme avant. Elle pouvait s’amuser du miroir brisé qu’était sa mère, mais au final, elle avait conscience de ses propres traumatismes. Savait à quel jeu jouait sa mère, un mur de silence soudain, qui s’appliquait à l’ignorait, à faire son travail comme si de rien n’était. Et puis finalement, elle reprit la parole. Clare se raidit. Elle avait tendu la perche, et sa mère s’en saisissait, forcément. Et la jeune Fey se sentait comme sur le point de se prendre une gifle, tout son corps raidi dans l’anticipation du mal qu’elle allait forcément lui faire. Et le coup vint, enfin. Clare fut stupéfaite en se rendant compte que Narcisse ne l’avait pas vraiment frappée tant elle eut l’impression de prendre un coup dans l’estomac.

C’était un coup bas. C’était injuste. C’était dégoûtant. Le moindre brin d’herbe, la moindre poussière de ce monde aurait pu en témoigner : Narcisse se fichait bien du père de Clare. Sauf que c’était pire encore. Elle niait son existence depuis le tout débout, ne l’adoubait comme géniteur que rarement, et que pour le salir, le rabaisser, si tant est que pour elle, on puisse rabaisser ce qui était déjà à ses yeux plus bas que terre - humain. Il était son péché à elle, qu’elle ne supportait pas, le reflet de son erreur dans le miroir, qui la suivrait partout, en pensées, et qui lui sauterait toujours au visage en la présence de sa fille. Son père n’avait toujours appartenu qu’à Clare. Il était son jardin secret, sa chasse gardée. Dans son esprit, dans son imagination, jusque dans son cœur, il était protégé de la langue de vipère de Narcisse, nul ne pouvait atteindre cette image de perfection que la Changelin s’était forgée. Et que soudain sa mère amène cela sur le tapis, comme s’il lui importait, comme s’il avait un jour importé, était un coup bas. C’était injuste. Et dégoûtant, oui, voilà. Clare aurait voulu siffler comme un serpent, comme le digne bébé vipère de sa mère. Quelle ne le touche pas. Qu’elle ne l’évoque pas. Qu’elle ne s’arroge pas même le droit de l’amener dans les pensées de Clare. Il était mort. Il était mort, forcément, puisque Narcisse le disait. Elle ne mentait pas, non, parce qu’elle savait que c’était bien pire pour sa fille d’apprendre de sa bouche la nouvelle que d’entendre un vilain et méchant mensonge. Il aurait eu quatre-vingt-douze ans. Clare comptait les années depuis le tout début. Il était mort sans savoir qu’il avait une fille, mais en gardant probablement dans ses souvenirs le visage de Narcisse. Nul humain n’aurait pu oublier son visage, encore moins si elle l’avait gratifié d’une nuit avec elle. Et cette pensée, plus que tout le reste, faisait souffrir Clare comme jamais. Qu’il se souvienne de la femme, mais qu’il n’ait pas su pour l’enfant, alors que l’enfant aurait tant voulu aller le trouver et lui dire la vérité... Et pourquoi ne l’avait-elle pas fait, après tout ? C’était peut-être trop facile, mais encore une fois, c’était la faute de Narcisse. Clare avait retrouvé son père. Elle était même allé lui parler, juste une fois, échange affable et distant entre deux étrangers, une jeune fille de plus de trente ans déjà) et un vieil homme. Avait-elle rêvé cette lueur tendre dans son regard humide ? Avait-elle fantasmé ce sourire en coin quand elle avait pris sa main entre les sienne au prétexte de l’aider à monter quelques marches ? Elle ne le saurait jamais, désormais. Parce que, malgré tout ce qui hurlait en elle de lui avouer, de lui dire, vite, avant qu’il ne disparaisse de cette terre, elle n’avait pas pu. Elle avait eu peur, non pas qu’il la rejette, non pas qu’il ne la croie pas, tout cela aurait été acceptable. Non, elle avait eu peur que la nouvelle ne génère en lui qu’une seule question : Et Narcisse ? Il aurait forcément voulu la revoir. Lui parler. Lui aurait demandé de tout lui raconter sur elle. Elle, elle, elle. Pour lui, il n’y aurait eu qu’elle.

Clare savait qu’elle avait peut-être eu tort. Qu’elle avait attribué, sans lui laisser le choix, cette réaction à son père alors qu’en vérité ce n’était que la manifestation de sa propre peur, de ses propres traumatismes. Peut-être l’aurait-il serrée dans ses bras et auraient-ils pu passer ensemble ses dernières années. Et maintenant elle ne saurait jamais. C’était trop tard, trop tard. Un raz-de-marée au conditionnel l’envahit. Elle aurait dû, elle aurait pu, elle aurait... Et si, si seulement, si... Trop tard, trop tard, trop tard... Et Narcisse, face à elle, qui avait visé juste, tapé pile là où il fallait, pour la faire souffrir, elle, quitte à se servir de lui... Clare se rendit compte que les larmes dévalaient ses joues depuis un moment déjà. Elle pleurait son père comme une petite fille pleure son papa. Et s’il avait toujours été absent de sa vie, le vide soudain se fit solide, réel et, elle le savait, éternel et irrémédiable. Où était-elle quand son père était mort ? Elle n’en savait rien. Parce qu’elle n’avait pas su, jusqu’à cette seconde, qu’il était mort. Et elle venait de l’apprendre de cette bouche haïe. Et son bras soudain se détendit, alors qu’elle esquissait un geste vers sa mère, comme une gifle, si ce n’est qu’elle était hors de sa portée. Mais dans le dos de la Sidhe, scalpel et seringue s’arrachèrent de leur meuble et jaillirent, frôlant les bras de Narcisse pour se planter sur le brancard entre elle. La fureur et les larmes faisaient scintiller les yeux de Clare, qui peut-être ne furent jamais aussi proches de paraître Sidhes qu’en cette seconde. Les mots lui manquaient, la colère et le chagrin l’étouffaient.

— Il a fait de moi ce que je suis et ce que tu hais sans que tu puisses seulement l’en empêcher. L’avoir rencontré à été le plus beau jour de ma vie. Je l’aime et je l’aimerai toujours et même toi, tu ne pourras jamais me le voler. Il te hantera jusqu’à ta mort, et moi, je le garderai avec moi jusqu’à la mienne.

Il n’y avait pas assez de mots pour lui dire à quel point son père, du moins l’image qu’elle s’en était faite, lui avait sauvé la vie. Et de toute façon, elle ne voulait même pas essayer. Elle ne voulait pas parler de lui à Narcisse, qui ne comprendrait rien, ne voudrait pas comprendre, ne ferait que souiller sa mémoire. Clare chancela soudain. Elle connaissait cette sensation, cette impression de s’effacer. Mais elle ne voulait pas laisser la place, pas devant sa mère, et pas maintenant. La douleur se rétracta en elle, boule de chagrin autour de laquelle elle se recroquevillerait tout à l’heure, dans son lit, dans le noir. Son père méritait qu’elle porte son deuil seule.

— Encore une fois, tu me fais du mal… Je voudrais te demander pourquoi, mais je ne crois pas que tu connaisses toi-même la réponse. Profite bien de ce moment, parce qu’il ne durera pas. N’est-ce pas ? Sinon tu ne continuerais pas, encore et encore, à me faire souffrir.

D’autres objets tremblaient dans la pièce, alors que sa main de pouvoir diffusait une douce chaleur jusqu’à son coude. Un jour, peut-être qu’elle tuerait sa propre mère. Elle ne savait pas si elle pourrait. Mais elle savait qu’elle le voulait, là, en cette seconde.

 



 
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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Ven 17 Juin - 8:02
    C'est bas ... n'est-ce pas? C'est probablement ce que tu te dis. C'est probablement ce que tu t'évertues à te répéter encore et encore. Inlassablement. Je n'ai même pas besoin de regarder pour comprendre. Pas plus que de voir pour savoir. Ton être tout entier se décompose en cet instant bien précis, juste là, devant moi. Tu es sur le point de céder. Tu es sur le point de tomber. Ton corps vacille à peine. Ton esprit ne me voit même plus. Tes sens ont quitté ton enveloppe charnelle et se baladent dans un ailleurs assurément meilleur. Je pourrais dire qu'il me peine de te voir ainsi. Que l'instinct maternel qui sommeille en moi n'a que cette seule envie. De t'enlacer. De te dorloter. Viens dans mes bras ma chérie. Laisse-moi prendre tes pensées. Laisse-moi panser tes plaies. Maman va tout arranger.

    ...

    Quelle bonne blague. Même toi tu n'es pas assez sotte que pour me croire aussi hypocrite. Tu vois Clare, j'aurais pu. Peut-être même que j'aurais dû. Créer l'illusion. Entretenir le mythe. Mais vois-tu, moi au moins j'ai la décence d'assumer mes actes. De prôner mes croyances. Pour toi je ne suis pas une mère. Je ne l'ai jamais été et encore moins un jour ne pourrait l'être. Une génitrice tout au plus. Une castratrice à coup sûr. Ce n'est pas que je n'ai pas essayé petite fille, c'est que toi tu n'as fourni aucun effort. Toi qui prétends un jour avoir voulu comprendre. Toi qui t'évertue à croire ce que tes yeux veulent bien voir. Tu es pourtant aveugle à tellement et trop à la fois. Non Clare, je n'ai pas pitié de toi. Ce serait là un cadeau bien trop beau.

    Je te regarde. Je t'observe. Tes songes divaguent vers un monde qui n'est tien à prendre. Il ne l'a jamais été. Il aurait pu pourtant. C'est toi qui as refusé. Oh, l'aurais-tu déjà oublié?

    Oui ma chérie, c'est toi qui as voulu rester. C'est toi qui t'es accrochée. Peut-être inconsciemment, qui sait. Alors j'ai essayé. Alors j'ai cédé. Je me suis pliée à ce petit jeu auquel je n'ai jamais cru. Je me suis laissée embarquer dans cette futile mascarade. Pour toi. Pour nous. Mais là encore, il n'y avait pas assez de place pour nous deux. Tu voulais plus. Tu voulais encore. Des choses que je n'étais tout simplement pas capable de t'offrir. Ce n'est pas vraiment de ta faute mon ange. Tu ne pouvais pas savoir. Tu ne voulais pas.

    La scène se poursuit en silence. Aimerais-tu donc que je te conte une histoire? La toute première à laquelle tu as eu droit jadis. La seule en droit de s'accaparer tes pleurs. L'unique réussissant à bercer tes songes en t'envolant vers un paradis meilleur. Je n'ai jamais su qui du rêve ou de ma voix avait le plus d'impact sur toi. Peut-être un subtil mélange des deux. Peut-être aucun. J'avoue, je préfère me laisser berner à croire que moi aussi j'y ai été pour quelque chose. Il en va de soi que je tairai à jamais cette vérité. Tu n'as pas à savoir. L'ignorance est la plus belle bénédiction des dieux. Je n'en ai pourtant jamais été un.

    Je ne te déteste pas Clare. Mais toi tu devrais. Tu as raison. Dévisage-moi. Haïs-moi. Poignarde-moi. Des objets fusent en ma direction. Je n'esquive même pas. Les lames viennent entailler ma blouse blanche. Viennent effleurer à peine mon épiderme. Trop peu. Trop mou. Je ne saigne même pas. Tu ne peux donc vraiment pas faire mieux que ça? Tu devrais. Ne retiens pas tes coups. Griffe-moi. Gifle-moi. Eviscère-moi. Je ne suis pas une mère, et encore moins la tienne. Les parents ont cette fâcheuse tendance à vouloir rassurer leur progéniture. A vouloir les couver. A vouloir les protéger. Ils vont jusqu'à prétendre que les monstres n'existent pas. C'est faux. J'en suis la preuve vivante.

    C'est ça, ma chérie. Fusille-moi du regard. Vois comme tu es belle. Vois comme tu es Grande. Le sang Sidhe coule dans tes veines, mais si tu t'obstines à le nier. Tu devrais le cacher. Tu devrais le cracher. Il est tellement infect à porter. Tes mots me laissent de glace. Je laisse dégouliner sur mon manteau d'indifférence. Ta haine et ta rage sont les plus beaux des présents que tu pouvais m'offrir. Ne refreine pas tes envies. N'emballe pas sous des fleurs et des paillettes tes véritables sentiments. Vas-y, lâche-toi.

    Tu perds pied. Tu vacilles légèrement. Dommage, tu étais pourtant si près du but. Oui je te fais volontairement du mal. Mais vraisemblablement toujours pas assez. Je ne tente pas là te t'achever ma chère fille. Je tente de t'éloigner. Il est plus facile pour toi de me détester que d'apprendre à m'aimer. De toute façon, je m'y oppose. Je refuse. J'ai vu ta tante perdre ses enfants. Perdre sa raison. Tomber si bas que même moi j'ai cru ne jamais réussir à la relever. J'ai vécu la Mort. J'ai vécu la guerre. Une fois. Deux fois. Trop de fois. Je ne veux pas cela pour toi.

    J'ai tué par le passé. Je continuerai à le faire dans le présent. Un jour je croiserai plus fort que moi car c'est ainsi que fonctionne la fatalité. A mon tour de me faire embrocher. A mon tour de me faire piétiner. Tu n'as pas à assister à cela. Je ne veux pas que tu pleures ma mort. Je ne le supporterais pas. Alors je te veux loin. Alors je t'oblige à trouver ton bonheur ailleurs. Et même si cela me répugne au plus haut point, tu as raison ... le monde humain est le beau des échappatoires. Toi qui aspire à avoir ton jardin secret. Le voilà. Je te l'offre. Sur un plateau d'or blanc. Détestes-moi. Exècre-moi. Oublies-moi. C'est mieux pour toi.

    Non, ne me tues pas.
    Je ne le mérite pas.


>> J'étais là.

    Je braque mes prunelles tricolores sur les tiennes. Je les accroche. Je t'impose le contact. Je ne cherche pas à te déstabiliser. Tu es en droit de savoir. Il n'a jamais eu de cesse de me chercher. De me rêver. Douce torture celle que de côtoyer une fey.
    Il a investi toutes ces économies. Il a engagé toute une armée. Il a fini par me trouver. Mais seulement parce que je le lui ai autorisé. Je me devais de voir. De savoir. Ce qu'il avait de si précieux à tes yeux. Pourquoi tu n'avais jamais vraiment réussi à l'oublier. Si j'avais commis une erreur en refusant de te lui laisser.

    J'étais là. Au chevet de son lit de mort. Hautaine. Stoïque. Fidèle à l'image que tu te fais de moi. Je ne comprends pas ce que tu peux lui trouver. Il n'a eu de cesse de jacasser. C'est tellement irritant. Tellement bruyant. Je l'ai laissé faire. Et lorsque, finalement, le silence est retombé ... je me suis penchée vers lui.


>> Je lui ai dévoilé ton prénom.

    Il a pleuré. Il a souri. Puis il est parti. Tu vois Clare, je le lui ai dit. Et c'est ça qui l'a emporté. C'est ça qui l'a tué. C'est ce que j'aimerais à croire. C'est ce que j'aimerais te dire en face. Ce sont des mots pareils que j'ai besoin d'exprimer si je veux arriver à mes fins. Pourtant ils ne sortent pas. Je ne peux pas. Tu te dois de me détester du plus profond de ton soul ma fille, mais pas à ce prix-là. Il m'est inconcevable de t'arracher le cœur. C'est un sort que je réserve déjà à quelqu'un d'autre. Une fois cela fait, je t'offrirai plus que volontiers le mien. Tu n'as qu'à le jeter aux charognards. Tu verras, le spectacle n'est vraiment pas si mal que ça.

    Il y a encore tellement de choses à dire. Tellement de questions sans réponse. Je sais que tu les veux. Tu sais que je les ai. J'estime pourtant qu'il n'est pas l'heure d'en parler. Je me remets en marche. Je quitte la chambre froide. Je te dépasse. M’apprête à le faire. Mon pas ralentit quelque peu arrivé à ta hauteur.


>> Lorsque tu auras terminé de pleurer, tu peux y aller.

    Je continue mon avancé. Je passe la porte sans le moindre regard vers l'arrière. Le cliquetis régulier de mes talons ricoche contre les dalles froides. Je m'éloigne dans ce long couloir blanc.

    Ne prends pas la peine de nettoyer derrière toi, je le ferai. Car c'est ce que font les mères. Car c'est la seule chose que je peux faire pour toi.



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Darina C. Gray-Haddler

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MessageSujet: Re: Mothers of teens know why lions eat their young. [PV Clare]   Sam 18 Juin - 13:31
Mothers of teens know why lions eat their young.
ft. Narcisse & Clare.

C’était un combat qui se jouait, et qui dans l’esprit de Clare semblait durer mille ans. Bataille au souffle épique qui ne marquerait aucune autre histoire que la sienne et la sienne seule, car c’était de son histoire dont il s’agissait. Plus tard, elle pleurerait son père. Plus tard, et pendant très longtemps, elle en porterait le deuil. Mais pas ici, pas maintenant et pas face à la créature qui lui tenait lieu de… quoi ? Qu’avait-elle été d’autre qu’un espace clos et chaud dans lequel Clare était apparu dans ce monde, où elle avait grandi, puis dont elle s’était enfin arrachée ? Rien d’autre. Du jour où elle avait ouvert les yeux sur le monde, sa mère avait cessé d’être sa mère. Et si à chaque fois, elle se faisait avoir, cherchant en elle ce qu’elle désirait tant y cherchait, Narcisse lui faisait la fleur, lui rendait ce service : elle lui rappelait qu’elle n’était pas sa mère, qu’elle n’était qu’une entité pesant sur sa vie et la tirant des vers des abysses comme pour l’y noyer – et n’avait-elle pas déjà tenté de la noyer littéralement par le passé ? Alors, il fallait lutter pour repousser momentanément la peine. Son père était mort. Et elle le pleurerait plus tard. Et en attendant, ce qui la peinait vraiment, c’était d’apprendre cela de Narcisse et de la voir se délecter de l’effet que cela avait sur elle. Comment avait-elle su ? Savait-elle seulement ? Plus tard, encore, parce qu’il le faudrait bien, Clare mènerait l’enquête pour vérifier que c’était bien là la vérité et pas une parole lancée en l’air – pas un mensonge, donc, mais juste un coup d’épée dans l’eau. Ce serait facile. Elle savait où son père habitait, du moins il y avait des décennies de cela. Mais plus tard. Plus tard.

Ultime offense, voilà qu’elle lui racontait une fable, le conte du dernier souffle de son père. Elle, elle était là. Qu’est-ce qu’elle foutait là-bas ? Encore quelque chose que Clare ne comprendrait jamais, alors elle n’essaya même pas. Passer soixante-dix ans à haïr un homme mais s’imposer sa mort pour le seul plaisir de faire souffrir sa fille, voilà qui résumait bien sa mère et la folie chevillée à son âme. Elle réussit même à tirer un certain soulagement à savoir qu’à la fin, il avait appris son existence, il avait su son nom. Ainsi, la boucle était bouclée. Tous les trois savaient ou avaient su, s’étaient croisés, s’étaient connus. Et si Danu était aussi charitable que les vieux Feys le prétendaient, peut-être prendrait-elle l’âme de son père, grâce à qui un autre de ses enfants avait vu le jour, sous son aile. Elle, ou n’importe quelle autre déité que son père adorait. Et un jour, sa mère mourrait, elle aussi. Et ils ne se croiseraient jamais dans la mort, pensée rassurante.

À quoi bon lui reprocher quoi que ce soit ? Chacune des paroles de Clare serait comme des fleurs qu’elle lui jetterait, elle le sait bien. Qu’elle l’insulte, qu’elle l’accuse de tous les mots, et Narcisse se rengorgerait de cela ; qu’elle la supplie de l’aimer ou au moins, de l’oublier, cadeau encore plus précieux, et Narcisse se délecterait de son désespoir ; qu’elle lui dise qu’elle l’aime, quitte à mentir, en espérant l’horrifier, et Narcisse y trouverait encore du plaisir. Alors il ne lui restait que le silence, et l’ignorance. Là était sa véritable, sa seule arme. Celle qu’elle avait utilisée cinquante ans plus tôt quand elle avait tourné le dos à sa mère sans sourciller pour s’en aller vers d’autres cieux. La force de sa mère était l’emprise qu’elle possédait sur elle. Et il faudrait que Clare réapprenne tout cela – le détachement. Elle avait déjà réussi par le passé. Elle recommencerait, quitte à y passer des années encore une fois. Alors, sa colère reflua, ses iris se ternirent. Doucement, comme un hommage à son père, elle fit réapparaître son glamour. Ses cheveux blonds, banals. Ses yeux bleus, et rien que bleus, pas plus. Sa peau pâle, juste pâle. Son apparence humaine, la seule qui lui convenait vraiment, et qu’elle porterait comme des habits de deuil.

Quand sa mère la congédia comme une reine, Clare esquissa un sourire en coin. Ô, votre majesté… qu’elle ne serait jamais. Pas même pour sa fille. Elle regarda Narcisse lui tourner le dos d’un air hautain, partir d’un pas princier. Toute une comédie qu’elle ne jouait que pour elle-même, parce que qui se souciait d’elle, dans cette pièce ? Clare baissa les yeux une dernière fois sur les cadavres, passa la main au-dessus de l’un d’eux, comme un dernier hommage. Puis elle s’en alla à son tour – les soirs de deuil, il n’y avait qu’un chose à faire : boire jusqu’à en tomber.

 



FIN



 
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I'm the voice inside your head you refuse to hear, I'm the face that you have to face mirrored in your stare, I'm what's left, I'm what's right, I'm the enemy, I'm the hand that will take you down, bring you to your knees.
©️ code : ellaenys. // quote : foo fighters.  
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