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 Clash of Titans [Dagda vs Essus]

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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

Narcisse K. Ó'Maiolrain

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› L'ARRIVEE A ELLAN VANNIN : 25/03/2016
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THE BLOODY TWIN ∭ Nom d'un petit Essus Suisse, elle va te saigner !

MessageSujet: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Mer 22 Juin - 8:16
(Suite immédiate de Beltaine)

    Je vacille plus que je ne marche. Je chancèle. Je reconnais à peine mon corps. Mes membres me sont comme étrangers. Pourtant je me force à avancer. Un pas à la fois. Mon estomac me fait comprendre qu'il n'est pas d'accord. Qu'il se trouve comme au mauvais endroit. Au mauvais moment. Je le sens tanguer comme un petit bateau de pêcheur lambda dans une mer déchaînée. Il ne manque plus que l'orage pour tout faire gronder. Cette image est la première à m'arracher un ersatz de sourire. Taranis. Rien que ton nom. Rien que l'espoir de ta présence. Mon cœur se met à battre un peu plus fort. Je respire à nouveau. Une fois de trop. Je suis prise d'un haut-le-cœur. Je me sens partir vers l'avant. Ma chute n'est coupée que par l'écorce d'un chêne millénaire. Salvataire. Je me laisse tomber tout contre son tronc. Je laisse la nature reprendre ce qui lui revient de droit. Je ferme les yeux un instants. Je m'abreuve des quelques sensations capables de se frayer un chemin jusqu'à mon subconscient. Serais-je la seule à réagir aussi violemment? Est-ce mon lien supposé privilégié à la fertilité? Est-ce le sol sous mes pieds? Le feuillage sous mes doigts? Je tâte d'ailleurs la matière sous mes phalanges encore paralysées. Des picotements quelque peu désagréables viennent me confirmer ce que je sais déjà. Je ne suis pas encore complètement de retour. Une partie de moi et bel et bien resté là-bas.

    Un sourire doux-amer vient me caresser le coin des lèvres. Il me laisse un goût de trop peu dans la bouche. Pourquoi me suis-je levée? Pourquoi ais-je seulement réussi à m'en extirper? De ce rêve. De cette transe. Cet instant de béatitude complet qui m'a apporté tout ce que je cherchais. Une fraction de secondes à peine. Si peu et tellement à la fois. Je garde les paupières closes. Je force mon inconscient à retourner dans le passé. A s'imprégner de tout cet Eden auquel j'ai goûté. Je suis comme affamée. Il m'en faut plus. Il m'en faut encore. Je sens mon sourire migrer en rictus. Je sens mes doigts se recourber. Je sens mes ongles devenir serres. Je plonge mes griffes dans la matière. L'arbre émet un hoquet de surprise que je suis seule à percevoir. Je devrais me retirer. Je devrais me faire pardonner. Il n'en est rien. Je ne peux pas. Je ne veux pas. Je m'accroche plus encore à ce souvenir qui lentement commence à se dissiper.

    L'air commence à me manquer. Je peine à respirer. J'avale de l'oxygène par la bouche. Pourtant elle ne semble pas atteindre mes poumons. Est-ce pour autant un manque que je ressens? Je ne crois pas non. Je suis prête à partir. Je suis prête à revenir. Dans un ailleurs meilleur. Celui où ne persiste que le rien. Le tout. Le silence. Le néant.

    Je n'ai jamais été du genre mélancolique. La nostalgie est un terme que je laisse volontiers à mes confrères. Ce soir, pourtant, je dois bien me rendre à l'évidence que je suis sa victime parfaite. Je me laisse enrober par son miel. Je me laisse engloutir par son fiel. Plus rien n'importe. Ou si peu au final. A toi, ma sœur, je te lègue le peu d'amour que je suis capable d'exprimer. Je t'offre mon cœur. Il bat si irrégulièrement. Il ne va jamais tenir. Qu'il explose donc dans tes mains. Ou mange-le tant qu'à faire. Ainsi je resterai et persisterai à jamais dans tes entrailles. A toi, ma fille, je te lègue mes derniers souvenirs. Je t'offre ma tête. Puisses-tu l'empaler et à jamais la défigurer. Enterre-là. Jette-là à la mer. Cesse donc de la regarder. Elle ne te mérite pas. A toi, mon chaton, je te lègue ce qui n'a jamais été et jamais ne sera. Je t'offre mes doigts. Je t'offre mon don. Fais-en ce que bon te semble. Mâchouille-les. Croque-les. Gardes les phalanges, perfores-en l'os et porte les autour du cou. Transforme-les en grigris absurdes. Je m'en fous.

    J'ai chaud. J'ai froid. Je ne sens plus mon corps. Et pourtant, tout m'est douloureux. Je ravale une nouvelle salve de bile acide. Elle tapisse mon œsophage et me brûle de l'intérieur. Je lui refuse pourtant cette liberté tant espérée. Envers et contre tout, je reste une Unseelie. Je reste une Sidhe. Aucun être de lumière (lol) n'aura le privilège de me voir céder. Aucune entité autre que les trois précités n'a le droit de m'assister. Je suis et je reste fière. Je suis et je reste Essus.

    J'inspire profondément. J'ouvre une première fois les yeux, que je referme aussi tôt. Trop vite. Trop brusque. Mes mains toujours posées sur le tronc en pleurs m’empêchent de plonger. Je dois me faire violence pour recommencer. Pour me repousser. Dans un murmure inexistant, je m'excuse auprès de cet ancêtre agressé. Je devrais insister. Pour qu'il ne me pardonne pas aussi aisément. Pour qu'il continue à me maudire encore un moment. Il en est bien incapable. Je le sais. Je sens ses bourgeons se tendre vers ma main de pouvoir. Je sens ses branches courber et déposer des baisers chastes à même mon épiderme en feu. Résister me demande bien trop d'efforts. Alors j'accepte. Alors je cède.

    Je finis par me repousser de mon point d'ancrage. Ma respiration est lourde. Saccadée. Pourquoi suis-je à ce point affectée? Pourquoi les autres, quant à eux, semblent si peu s'en soucier. Oh non pas de moi, mais bien de tout ce qui nous entoure. Le Nemeton se tient juste là. Droit. Fier. Parfait. Complet. Je refuse de le regarder. Je lui offre mon dos. Je finis par réussir à le redresser. Lorsque je quitterai ce cimetière, ce sera de ma démarche habituelle. Princière. Altière. Hautaine. Dédaigneuse. Je refuse de me rabaisser au rang de ces insignifiants. De ces nuisibles. Je ne suis pas Narcisse. Je ne suis pas Kate. Je suis Essus!

    Cette dernière pensée semble décisive. Elle m'apporte la gifle nécessaire à reprendre le dessus. Je reprends le contrôle de mes déviances. Je reprends connaissance de tout ce qui m'entoure. Personne ne me regarde. Tout le monde n'est qu'à ses propres occupations. Cela a toujours été ainsi et à jamais le sera. Cela m'arrange plutôt bien. Il m'est inconcevable que quiconque aurait pu assister à un tel déclin. Non, pas ici. Pas maintenant. Pas ce soir. Mon temps viendra. Mais je serai seule à en décider.

    Je sens l'air s'engouffrer dans mes narines. Je sens la musique pénétrer mon organisme. Un à un mes membres semblent revenir à la vie. Je me concentre sur mes pieds. Sur l'humus qui vient en chatouiller la nudité. Un souffle de renouveau vient me souhaiter la bienvenue dans ce monde qui n'est plus ce qu'il avait été. La terre se frotte à mon épiderme. Je la devine ronronner à l'image d'un félin. Grouiller tout autour de moi tel le serpent du jardin. Pendant un bref, mais intense, instant je sens des tentacules invisibles s'agripper à mes chevilles et me tirer vers le bas. Ce n'est qu'un rêve. Ce n'est qu'un désir. Rien ne se passe. Je suis libre de partir. Et c'est ce que je fais.

    Un pas à la fois.
    Je m'éloigne pour, je l'espère, bientôt revenir.



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EZUS
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THE SEELIE SILLY KING ∭ Dada, le serial father de la faërie.

E. Dagda Mac Lochlain

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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Ven 22 Juil - 20:50
Le roi observa sa fille rentrer seule chez elle. Il ressenti un pincement au cœur. Lui en voulait-elle ? Elle avait déposer un baiser sur sa joue avec tout l’amour qu’elle lui donnait à chaque fois qu’il le demande ou pas, qu’il l’espère ou pas, qu’il en soit digne ou pas. Jamais elle n’avait douté de lui, de son amour, alors que lui-même n’avait jamais autant douter de ses capacités à la protéger. S’il ne pouvait protéger la cour, se protéger lui-même, comment pourrait-il la sauver ? Intimement, il était persuadé qu’il devait reprendre la Haute Couronne des mains sanglantes de David et qu’il devait trouver parmi la jeune génération deux rois pour leur succéder, à lui et à Nuada. Il ne pensait pas que son frère était un mauvais roi, au contraire, il l’était indubitablement, il avait été élevé pour cela, tout comme lui, mais il avait trop longtemps vécu, trop souffert. Toute cette noirceur qu’ils avaient tous les deux, ça les bouffait de l’intérieur, et tout ces drames familiaux, ces guerres fratricides, ces bains de sang immémoriaux, cela les rendait incapable de voir l’avenir, de croire en des meilleurs lendemains. Ils devaient céder la place. Et peut-être à leurs enfants. Les jumeaux étaient encore jeune, tout comme l’était Anava mais ils pouvaient apprendre, il suffisait qu’on les éduque mais sans les nourrir de leur noirceur à eux, de leur rancœur à eux. Les protéger et les guider, c’était leur boulot, mais aujourd’hui, pour l’heure, il ne savait plus.

Quand elle parti, il se senti vide, épuisé, comme un hérisson écrasé sur le bord de la route. Il avait commis une erreur mais ignorait laquelle, et quand exactement. Etait-ce les guerres, était-ce l’abandon de la couronne, le meurtre de Morrigan ? Il n’aurait jamais dû faire cela, il n’aurait jamais dû la laisser seule toutes ces nuits, il aurait dû se battre pour que leur mariage soit heureux. Cela n’avait pas seulement été une union guidée par son cœur, parce qu’il l’avait aimé, fut un temps, très lointain, mais c’était aussi la meilleure union possible pour la paix de la faerie. Le pouvoir politique et le pouvoir militaire, ensemble, ils assuraient la paix des feys, ils les protégeaient des invasions. Dès l’instant où leur couple avait disparu… Etait-ce vraiment cela ? La mort de Morrigan avait été une tragédie, mais soyons honnête, la guerre contre les formoires avait été le premier coup porté à l’édifice, pire, quand ils avaient laissé les humains arriver. Il était jeune à l’époque. Ils l’étaient tous. Même les vieux nobles s’étaient trompés. Même eux avaient mal jugé la menace des humains. Maintenant il était trop tard. Ils avaient perdus. Et ils allaient tous mourir. Peut-être que ce rêve n’était qu’une vision prophétique, peut-être qu’il n’y avait de grand méchant à vaincre, peut-être que c’était juste la fin des feys. Sans la fécondité, avec les guerres décimant leur nombre, réfugiés tous sur cette île qui pourrait bien devenir leur dernière demeure, n’était-ce pas tout simplement la fin ?

Ce vide était éprouvant, tout autant que la vision qu’ils avaient eu, et la mort cruelle qu’ils avaient subit. Il regarda devant lui et vit Essus qui s’éloignait sans un mot, se faisant aussi discrète que possible. Elle pensait sans doute échapper à sa colère ainsi. Il se demanda ce que valait cette colère face à l’idée de leur mort à tous, face à l’inéluctable fin. Et puis, il revit la manière dont Essus avait utilisé Anava, comme un pantin, comme une poupée. Un tel dédain. Un tel mépris. S’il voulait léguer l’avenir à ses enfants, Essus faisait parti de ceux qui se fichaient pas mal de la future génération. Il connaissait la rumeur, à propos de sa fille, et du peu d’attention et d’amour qu’elle lui portait. Il éprouva à nouveau une vague de colère. C’était chaud à l’intérieur de son cœur, c’était volcanique, et puissant, ça lui tenait compagnie, et ça remplissait le vide. La colère était tout ce qui lui restait à la fin. Il la sentait monter en lui, explosant tout sur son passage, abolissant les barrières et les bonnes manières, faisant du roi Seelie, un sauvage armé de sa rage et d’une bonne dose de fureur. Marchant d’un pas rapide à la suite d’Essus, il ne tarda guère à la rattraper, et d’un geste furieux, à lui saisir sa chevelure dorée. C’était violent, barbare, inexpliqué de sa part, mais il savait qu’elle ne comprenait que ça, la violence, la rage, la fureur, et peut-être aussi qu’elle faisait ressortir le pire de lui, l’animal sauvage tenu en laisse. S’approchant de sa nuque, il glissa au creux de son oreille. « Tu n’espérais tout de même pas t’en tirer aussi facilement après avoir osé poser tes sales pates sur ma fille ? » siffla-t-il, furieux.


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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Ven 26 Aoû - 8:03
    Un pas. Puis un autre. Mes jambes sont de plomb. Mes chevilles comme entravées par des boulets d'acier. Je peine à garder la tête haute. Pourtant je n'ai guère le choix. Il en va de ma réputation. Il en va de mon nom. Pour autant qu'il puisse avoir une quelconque importance dans ce monde qui n'a jamais pris la peine de le retenir. Suis-je nostalgique? Envieuse? Jalouse? Que nenni va. Mon indifférence est une force en soi. Connaître le nom de son ennemi, c'est l'asservir. L'aplatir. C'est exercer sur lui un pouvoir que nul n'est enclin à négliger. Je ne veux pas de cela. Pas plus que d'un titre honorifique qui fait adage à la grande gloire d'un autre Âge. Désolée petite sœur, mais je ne comprends toujours pas. Certes, des populations entières t'ont acclamée. De nos encore les livres d'histoire s'attardent sur tes prouesses divines. Quand bien même, elles appartiennent toutes au passé. Elles sont volatiles. Volages. En tout point digne de ton image. Ça je ne peux le nier. Mais à quoi bon? Cette montagne ne t'appartient plus. Quand les cieux se gorgent de noir et se font fissurer par la foudre, ce n'est pas ton nom qu'on scinde. Ce n'est pas ta colère qu'on craint. L'homme, à ce qu'il parait, a évolué. Il a cessé de rêver. Il a oublié de prier. Il est devenu sédentaire. Sectaire. Il cherche une suite logique à ce qui l'habite. Il trouve des solutions à des problèmes inexistants. Il met tout sur papier. Il ne croit plus en ce qu'il lui est impossible de voir. De toucher. L'intangible se meurt. Perd de son éclat. Il devient légende. Mythe. Fait divers dans un petit journal local. Juste là, en-dessous de la rubrique nécrologie.
    Alors franchement ... est-ce que ça en valait vraiment la chandelle?

    De mon côté, je continue à m'éloigner de cette ridicule mascarade. Les festivités ont repris de plus belle. Dans mon dos, j'entends des chants s'élever. De la musique se mêler aux rires et aux incantations qui ne relèvent que du bidon. La vie continue. Le passé est rêve. A moins que ce ne soit le rêve qui déjà appartient au passé. Les simples d'esprits se moquent bien de ce qui a été vu. Projeté. Amené. Petit à petit nos confrères perdent leur sens de la réalité. Ils imitent l'homme car, après tout, il est le seul à avoir réussi à se redresser. A se hisser sur ce trône que nous avons laissé vacant. Il se moque ouvertement de nous. Il rit de notre débandade. Il se gorge des affres de nos propres petites guerres internes. Il est l'opportuniste par excellence. Alors pourquoi se priver de le copier?

    Ce n'est clairement pas comme si nous avions eu le choix. A aucun moment n'ais-je coché la case du retour vers le future. Ou le présent. Allez savoir. Est-ce là ce qui nous attend? Ce qui a été et jamais ne sera? Ce qui aurait pu être si nous n'avions pas été là? Permettez-moi d'en douter. Qu'ils débarquent donc, ces quatre cavaliers de l'Apocalypse imminente. Je les attends de pied ferme. Ou pas vraiment. Je chancelle toujours. Vacille en direction d'un nouvel arbre. Vulgairement dit, j'ai l'impression d'avoir succombé à un des nombreux péchés de l'homme. L'alcool n'est pourtant pas censé avoir un effet aussi dévastateur sur notre anatomie supérieure. Le sol aurait-il donc bel et bien absorbé une partie de mon pouvoir? Il n'y a jamais qu'une manière de le savoir ...

    Je n'ai même pas le temps de me pencher que déjà je l'entends dévaler. Ça fait un boucan du tonnerre. Comme si un troupeau de pachydermes fonçait tout droit vers moi. La cavalerie aurait-elle profité de notre étourdissement profond pour débarquer? Crotte, moi qui voulait jouer le passe-partout avec son gigantesque trousseau de clés.
    Là encore, mes réflexes sont minés. Mes actions ralenties. Mes réactions imberbes à leurs prouesses. Mon agresseur ne me laisse aucune chance de répliquer. Je sens ses doigts poisseux s'agripper à ma crinière sidhe. Il me tire brusquement vers l'arrière. Je mords sur mes dents pour empêcher un cri de surprise de s'en extirper. Même pas en rêve (douce ironie quand tu nous tiens) que je vais te gratifier d'un tel délice. Je sens ma lèvre inférieure qui se déchire. J'ai mal calculé. Tant pis. Le goût ferreux qui s'immisce dans ma bouche et vient tapisser mon palet me suffit à garder l'église au milieu du village. A ne pas céder à la facilité. Je me sais pertinemment trop faible que pour gagner le combat. Ce n'est pas pour autant que me manque l'envie de l'engager. Mais pas tout de suite. Evaluons d'abord les dégâts.

    Des lèvres en feu dans ma nuque. Un souffle tiède qui m'agresse les tympans. L'usurpation du langage du serpent. Ça siffle et ça crache un venin qui n'a aucun effet sur moi. Comme à l'accoutumance, je souris de mes lèvres ensanglantées.


>> Dagda.

    Je n'ai aucune nécessité à le nommer. C'est juste pour le narguer. Pour le chercher. Lui qui croit m'avoir trouvé. Laissez-moi rire. Il veut me faire sortir de mes gonds? Il connait pourtant mieux que quiconque mon sujet de prédilection. Petit joueur va. J'attendais vachement mieux de ta part.


>> Tu as raison, j'aurais mieux fait de la tuer.

    Elle aurait souffert neuf minutes de moins. Mais elle n'aurait pas assisté à ta propre déchéance physique. Elle aurait même potentiellement réussi à dormir sans faire de cauchemars. Ou seulement en voyant mon visage à moi. Aurais-tu vraiment préféré que cela se termine ainsi? Ça peut s'arranger sais-tu.
    Je me sens sourire de plus belle.


>> Il espère quoi là au juste monsieur le Roi?

    Déjà que je refuse de plier le genou devant les nouveaux suzerains de notre Sithin, alors imagine un peu ce que je pense de toi. Ah non, c'est vrai, tu le sais déjà. Cesse de lutter contre l'inévitable. Je suis à toi ce que les flammes ardentes d'un feu de bois est à une phalène esseulée. Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis. Oh oui Dagda, vas-y. Fuis-moi. Ou pourchasse-moi. A toi de choisir. Proie ou chasseur? Gibier ou prédateur? L'un comme l'autre ... nous savons d'ores et déjà qui portera la couronne en carton lors du repas.


>> Justice ou Talion?

    Sers-toi, je t'en prie.
    Sache juste que de fille, je n'en ai désormais plus.



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E. Dagda Mac Lochlain

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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Mar 13 Sep - 20:56
Poursuivre la déesse de la discorde dans les bois était-ce une si bonne idée ? Diable non. Essus faisait ressortir le pire de lui-même. Le Roi Seelie se comportait comme un homme ivre avec une femme trop lassive, un peu trop provocatrice, allumeuse en un mot. Il oubliait en quelque seconde son rang, il avait encore un peu de grâce et de lumière, mais c’était visiblement un être violent qu’il devenait en sa présence. Elle était comme un poison coulant dans ses veines, comme du crack qu’on s’injecte dans le sang, elle provoquait un effet douloureux d’accoutumance, laissant un dangereux goût de « reviens-y ».

Provocatrice, elle l’était assurément. Alors qu’il la tenait par les cheveux comme un homme violent du siècle passé, elle le targuait à nouveau, énonçant qu’elle aurait mieux fait de la tuer. Il y avait encore du conditionnel dans sa bouche mais pour combien de temps. Il savait qu’elle aurait parfaitement pu la tuer sans éprouver la moindre émotion, le moindre regret. Et tout ce qu’il pourrait dire glisserait sur elle comme de l’eau sur la roche. Peut-être qu’il esquinterait un peu son joli visage de colère mais elle lui rirait au visage, parce qu’elle aimait le voir perdre les pédales, plus encore quand c’était à cause d’elle.

Essus était un bidon d’essence et lui une allumette tout juste craquée à moins que ça ne soit l’inverse, allez savoir. Tout ce qu’il savait c’est que se tenir aussi proche d’elle était dangereux, plus encore que d’aller danser la java au territoire des ténèbres, plus encore que d’aller cracher au visage du roi des sluags. Elle avait ce pouvoir là sur lui, un pouvoir que personne d’autre ne possédait, hormis peut-être Morrigan. Elle le rendait fou. Pour d’autres raisons que la reine fantôme, mais les conséquences étaient sensiblement les mêmes. Il pourrait la tuer, là tout de suite, juste sous une impulsion féroce et meurtrière, juste parce qu’elle lui en donnait l’envie, qu’elle lui donnait l’impression que le monde pouvait brusquement s’arrêter de tourner et qu’aucun d’eux deux n’en aurait rien à foutre. Il referma sa main sur sa nuque, et songea un bref instant à serrer jusqu’à l’étouffer.

« Avec toi, même la mort est trop douce. » souffla-t-il sentant une colère âpre et aride le traverser, couler en lui, exploser dans ses veines comme une dose de crack. Il pouvait percevoir en lui les effets désastreux de sa présence, de son venin qu’elle distillait comme personne, de ce poison dangereux qui coulait hors d’elle, de cette étreinte sauvage et brûlante qu’il lui donnait, ce parfum de mort qui planait, comme une promesse bien trop belle. Avec elle, il avait l’étourdissant sentiment que plus rien n’avait d’importance, comme si la fin du monde avait déjà eu lieu. Cette vision d’apocalypse qu’ils avaient eu, c’était exactement ce qu’elle lui évoquait. Un vertigineux sentiment de vide absolu.

Il serra sa main fermée sur sa nuque, il serra juste assez pour que l’air lui manque, pour que parler soit douloureux, difficile, pénible. Et son regard bleuté avait la couleur de l’acier, la couleur de la mer juste avant la tempête. « Pourquoi, dis moi, ne t’achèverais-je pas ici et maintenant ? Je suis pas certain que ça changera la face du monde. Ni même que tu t’en soucis. » La seule qui s’en soucierais, ce serait Taranis, bien sûr. Et au nom du tendre amour qu’il lui avait porté, qu’il lui portait encore aujourd’hui, il laisserait Essus en vie. Même si, se contrôler, était difficile. L’envie de tuer était si forte, l’envie de la tuer, avec elle, tuer semblait être aussi puissant que baiser.


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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Ven 23 Sep - 8:40
    C'est avec délectation que je constate que ma simple présence a toujours ce même effet dévastateur sur tes réflexes. Le simple fait de me toucher fait griller tes neurones. Le simple fait d'entendre ma voix résonner à même tes tympans en feu fait éclater tes synapses. Tu perds le contrôle. Tu perds la tête. Tes principes moraux fondent comme glace face à la neige. Douce ironie que celle de constater que le Roi lumière n'est que faiblesse et tremblements face à la fatalité des choses.

    Je souris de plus belle à chacune de mes inspirations. A chacune de tes expirations. Nous savons tous deux que tu te dois de te faire violence pour ne pas succomber à la facilité. Quitte pour cela à l'exercer sur moi. Ta poigne se resserre doucement. Tes ongles deviennent serres. Tu peines à garder le nord. A ne pas enfoncer tes griffes dans ma chair si tendre sous ton emprise royale. De quoi as-tu le plus peur Dagda? D'y prendre plaisir ... ou de t'intoxiquer un tout petit peu plus au passage? Si tu avais été druchi, tu n'aurais même pas été capable de me mordre. Bien trop dans l'anticipation de passer l'arme à gauche. Le venin du serpent. Les toxines de la vipère. Pourtant tu devrais savoir entre-temps qu'aucun contact n'est requis quand on parle corruption. Quand on susurre à l'oreille même de l'interprétation de la discorde.

    Oh tu me gratifies d'autant de titres. Tu vantes de mérites qui ne figurent aucunement à mon palmarès. De nous deux, tu es le seul coupable. L'unique responsable. Ou presque. Certes je t'ai inspiré au-delà du raisonnable ... mais suis-je pour autant le pyromane premier? Est-ce vraiment moi qui ai craqué l'allumette? Est-ce ma seule bouche qui a proféré l'ordre de passer à l'acte? Don't shoot the messenger ... remember.
    Je ne suis jamais que le diable sur ton épaule gauche petit homme. Je suis l'exutoire de tes noires pensées. Je suis la pulpe de ta confession. L'exquis de l'interdit. Ce n'est pas moi qui ai inspiré ton courroux. Je suis seulement le maître des clés qui t'a proposé d'ouvrir une porte scellée. Il t'aurait suffi de refuser. De décliner mon offre. De te détourner de ma provocation en me présentant ton dos plutôt que ton cœur. Rongé de l'intérieur par un ver que je n'y ai pas planté. Je suis uniquement le jardinier. Celle qui l'a décelé. Celle qui l'a alimenté.
    Toi qui avais le pouvoir de l'écraser ... ne m'as-tu pas supplié de le raviver?

    Entre nous, aucun mot ne nécessite une quelconque approbation. Je devine tes moindres songes au même degré que toi-même n'éprouve guère de mal à interpréter les miens. Je m'abreuve du sang qui coule toujours dans ma bouche. Je mords d'ailleurs fort encore sur la plaie qui s'évertue à cicatriser trop vite à mon goût. Tu m'inspires de telles prouesses de grandeur cher Dagda. Alors je ne peux que me repaître de toutes ces délicieuses désillusions que je fais éclater dans ton petit crâne fissuré rien qu'à mon approche. La pseudo-menace énoncée à l'encontre de ta misérable progéniture n'est jamais qu'une excuse parmi tant d'autres. Une justification banale requise par sa seigneurie pour contrer son futur procès. Laisse-moi rire pauvre fou. D'ailleurs, il faut croire que c'est contagieux dans la Cour Seelie. La folie je sous-entends.

    Tu sers plus fort. Tu mords les dents. Tu n'as pas envie de plus. Tu en as BESOIN. Je le sais. Je le sens. C'est aussi pour cela que je ne me débats pas. Ou si peu. Je t'offre sur un plateau d'argent tout ce que tu peux désirer en cet instant bien présent. Tu sais fort bien à quel prix j'estime ma propre personne. Tout comme l'étendue de l'intérêt que je porte à la tienne. Je n'ai strictement rien à me reprocher. Ce qui est dommage d'ailleurs. J'aurais vraiment dû profiter de l'occasion pour te faire hurler. Je me dois de t'applaudir pour ta performance. Quelle maîtrise de soi. Quel cinéma. Toi qui n'aspires qu'à me blesser. Qu'à m'arracher cette malice de la tronche. D'encastrer celle-ci dans l'écorce du Néméton. Mais je t'en prie. Vas-y. Fais-toi plaisir. Tu le clames toi-même ... qui pour s'en soucier?

    Je me moque bien de l'air qui vient à manquer. De la douleur qui petit à petit se répand à travers la quasi-totalité de mon corps. J'ai subi bien pire par le passé. J'ai été poignardée. Ecartelée. Eviscérée. Aucun des bourreaux n'a pourtant réussi à m'arracher la moindre confession. Je suis une tombe Dagda. Je suis un mur d'indifférence. Certes, personne ne pleurera ma mort. Mais toi, désormais, tu portes une jolie couronne de ronces. Des responsabilités. Une réputation. Un titre à honorer. Un peuple à guider. J'ai tellement envie de rire. De m'esclaffer de plus belle face à cette confession tellement ridicule. Il n'y a vraiment que ton ascendance divine pour justifier un tel choix. Es-tu bien certain d'être le fils de la bonne sœur?

    Et là pour le coup je n'ai plus envie de freiner mes pulsions. Ma bouche s'ouvre bien malgré le manque d'air et laisse échapper un rire amusé et sincère. Oui je m'amuse. Oui je me moque. Oui je sais. Ce dont tu es capable. Ce dont tu as le droit ici-bas. Ce que cela impliquerait si tu venais à passer la ligne verte. Oh Dagda ... la seule raison qui m'empêche encore de céder à ton caprice est bien celle de ne pas pouvoir assister personnellement à ton futur procès.


>> Tu l'as dit toi-même.

    Je me tortille de telle sorte à accrocher mon regard au tien. Pour que l'électricité qui nous lie irrévocablement finisse par trouver un fil conducteur. Parler me peine. L'oxygène vient à me manquer. Je m'en moque bien. Ce n'est pas ça qui me fera plier l'échine et tu le sais bien.


>> La mort est bien trop douce.

    Je te souris à nouveau. Pourtant ce n'est qu'une expression. Un rictus mauvais qui se gorge de ce sang que je refuse d'avaler. D'ailleurs, pourquoi m'en priver? Je te crache au visage. Petit veinard que tu fais. Je regrette par contre. Non pas l'acte en lui-même. Seulement que mes sucs ne te sont pas aussi néfastes que tu aimes pourtant à le croire. Ce n'est ni de l'acide et encore moins du poison. Je suis déçue. Un peu. Car tu es très beau ainsi redécoré. Je sens la ligne de mes lèvres se courber plus naturellement. Plus posément. Finalement, tu me fais un bien beau divertissement.


>> La couronne rouge sied si bien à Morrigan, ne trouves-tu pas ?

    Provocation. Audace. Suicide.
    J’aurais pu faire pire n’empêche … il y a des bruits de couloirs qui courent quant au déroulement de ton couronnement. Et de sa divine intervention. Quel comble n’est-ce pas …
    Oserais-je ricaner ?
    Qu’est-ce qui m’en empêche encore ?



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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Ven 23 Sep - 14:15
La colère qu’il retient si difficilement étouffe son cœur, empoisonne sa raison. Qu’il est lointain, le temps où il régnait en maître, le temps où sa sagesse brillait d’un éclat émouvant, qu’il est étrange, de le voir à présent, si démuni, si réduit, si faible. Corrompu. Comme son tendre amour, il est corrompu. Un mal s’est immiscé en lui. Et c’est elle qui en a planté le germe, ou du moins, l’a-t-elle arrosé consciencieusement. Ce n’est pas elle qui a ordonné le meurtre de Morrigan, elle ne lui en a même pas soufflé le mot, mais elle a réveillé ce démon qu’il avait réussit à endormir. Il ne parvenait à croire qu’il était encore cet homme là, ce Dieu Roi, ce Dieu Druide, ce guide pour tous les feys, ce guide spirituel qu’on pouvait suivre sans faille, ce représentant de la justice. Comment pouvait-il encore supporter la couronne, comment pouvait-il encore prétendre être un Seelie ? Il appartenait à cette cour rouge sans plus que Nuada n’y a jamais appartenu. Quelle ironie, parce qu’il avait été soldat, on considérait son frère unseelie, alors qu’il était resté juste, qu’il n’avait laissé le mal le corrompre…Unad. Peut-être qu’elle avait finalement réussit à les empoissonner. Lui et Dian. Ils n’auraient jamais commis l’irréparable sans cela. Cette folie noire qui les emportait. D’où venait-elle ? Et pouvaient-ils lutter ?

Il la relâcha. Elle avait raison. La mort était trop douce. Et puis, il n’était que face à son sombre reflet. S’il voulait la faire disparaitre c’est parce qu’elle représentait tout ce qu’il haïssait en lui. Comme il serait aisé de fermer les yeux, sur ce démon, de croire qu’en la tuant, il allait disparaître. Comme si le mal pouvait être évacué aussi facilement. En vérité, il s’insinuait en lui, plus fermement encore, par ce désir de la supprimer. Parce qu’il était plus facile d’y céder que de tenter de lutter. Il n’en avait jamais eu la force. Quand il avait trouvé Essus, il savait qu’il trouverait en elle le parfum de mort qu’il sentait en lui-même, un écho mortifère à ses dangereux projets. Avec elle, il avait conçu le pire dessin. Avec elle, il avait rêvé d’un monde si sombre. Mais c’était fini tout cela, pas vrai ? Il avait repris la couronne, repris sa vie en main, il cesserait de laisser le démon l’emporter, la noirceur l’envahir. Unad n’était plus, alors que Danu… Danu avait choisi de prendre l’apparence de sa défunte épouse, de sa revenante d’ancienne épouse, Morrigan. Et sous cette apparence, elle l’avait sauvé, lui, et sa cour. Que devait-il en déduire ? Que devait-il croire ?

C’est comme un son parasite que la voix irritante de l’unseelie lui parvint, provocatrice, méchante, cruelle, comme toujours. Son insinuation faisait écho à ses sombres pensées. Comme si elle lisait dans ses pensées. Essus avait toujours su répondre au démon, à le targuer, à le titiller. Elle savait piocher au plus profond de lui-même, à agiter ce qu’il y avait de plus mauvais, et à réveiller ce qu’il croyait endormi. Il n’avait jamais réussi à faire disparaître ce démon, et il était si facile à éveiller. La colère, la jalousie, même si, aujourd’hui, les remords amoindrissaient conséquemment l’emprise du démon. Seule Essus pouvait encore l’éveiller. Il essuya le crachat du revers de la main, et la repoussa si fortement qu’elle alla chuter par terre, valdinguer dans les bois sombres. « Elle lui sied mieux qu’à moi, qu’à toi. C’est fini Essus. Tu ne trouveras en moi qu’une porte fermée. Je ne suis plus celui que tu as connu. Vas t’en. » lui déclara-t-il en détournant les yeux comme s’il avait peur qu’en la regardant, le vieux démon revienne à la charge.

La colère avait disparue, pour le moment. Il était d’humeur sombre, massacrante, mais pas en colère, simplement lassé, vidé, comme écrasé par le poids de ses erreurs, et de ses égarements. Indéniablement, elle en faisait parti.


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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Lun 26 Sep - 8:22
    Tu me lâches. Tu me repousses. Je chute. Par choix. Ou pas. Qui sais. Personnellement je me suis toujours sentie mieux à proximité de mon élément. Il doit probablement en être de même pour toi. Quel dommage que le soleil se situe tellement loin là où moi je n'ai qu'à tendre la main. Est-ce pour cela que même de tes rêves tu as fait des buts inatteignables cher Dagda? Tu aurais peut-être dû te contenter de la lune. Au moins en la ratant elle, tu aurais fini par atterrir dans les étoiles.
    Cette imagerie absurde m'arrache un semblant de sourire. Tu détournes le regard. Baisses un peu la tête. Tu endosses le rôle du jeune adolescent qui se fait punir pour avoir fait le mur. Qui se fait taper sur les doigts pour avoir osé outrepasser l'autorité maternelle. Dont le silence ne fait jamais qu'office d'aveu silencieux.
    A moins que ce soit mon regard que tu tentes là d'éviter? Voyons, qui essaies-tu de berner là? Si le pouvoir de te faire sortir de tes gonds résidait uniquement dans le fin fond de mes prunelles, cela ferait très longtemps déjà que tu m'aurais arraché les orbites de la tête. Je secoue un peu la tête tandis que mes mains nues s'enfoncent lentement dans la douceur et l'assurance de la terre. Comme il est bon de te retrouver Ma chère, si chère, amie. Comme il me tarde de me rouler dans tes entrailles. De saloper mes maigres linges de ta toute-puissance. De ta délivrance. Toi qui es seule à pouvoir me laver d'un péché pourtant pleinement assumé. Mais pas ici. Pas maintenant. Et assurément pas sous le regard de ce genre de témoin. Tu n'es pas capable de comprendre Dagda. Et tu n'as même jamais essayé. D'entrée de jeu tu as collé sur mon front la seule étiquette que tu étais enclin à percevoir. Tu avais besoin d'un bouc émissaire. D'une excuse pour justifier ton comportement imberbe. Pour mettre un nom sur l'innommable. J'avoue que je me suis prêtée au jeu. Tu n'as jamais demandé pourquoi. Et moi-même je n'ai jamais consenti à t'en apprendre plus. Ta curiosité refoulée aurait peut-être pu changer le cours de l'histoire. Mais la réponse à cette énigme devra de demeurer à jamais dans le flou d'une réalité parallèle.

    De mon côté je ne tiens aucune rigueur pour l'acte commis. Par le passé tu as fait bien pire. Autrefois j'ai souffert mille morts pour d'autres crimes que je n'ai pas forcément commis. Je ne me morfonds pas pour autant dans un rôle de victime. Je refuse que l'on me traite de martyre. Tu endosses cette cape à merveille. Toi le Grand Roi. Toi l'Empereur soleil. Laisse-moi rire. Tu fais pitié ainsi recourbé à l'image d'un chien battu. Pourtant même le clébard qui dort dans le caniveau mérite plus d'estime que toi en cet instant bien présent.
    Qu'attends-tu pour te ressaisir? Dois-je te rappeler ce qu'il en coûtera à ta propre fierté s'il en revient à moi de te secouer?
    Tu as beaucoup de chance sais-tu. Je suis d'humeur joueuse ce soir. Alors je ne demanderai aucun intérêt. Mais ne t'avises pas d'y prendre goût. Toi mieux que quiconque connaît le prix de mon véritable adage.

    Lentement je viens à me redresser. Au passage j'enduis de mon sang buccal les phalanges de ma main gauche. Ne rêve pas cher AMI. Tu es loin de mériter l'attention de l'autre. Mes cinq doigts s'enfoncent à peine dans la fraîcheur tiède de l'humus reconnaissant. Autant de petites fleurs naissent instantanément et viennent s'entortiller presque amoureusement autour de mon point d'impact. Je les arrache avec douceur à leurs racines. Elles ne tentent même pas de résister.
    Je les emporte avec moi dans ma position retrouvée. A travers toute la dextérité qu'il m'est connue je commence à tresser une couronne improvisée. D'un regard tiers, nous devons donner l'impression d'un bien étrange couple. Dis-moi Dagda ... combien de nos proches savent avec exactitude l'intensité du lien pernicieux qui nous unit? La réponse, ou du moins son absence, fait naître sur mon visage l'ombre d'un sourire que je n'ai pas pour habitude d'exposer.
    Là encore ton regard détourné t'empêche de prendre pleinement conscience de ce qui s'apprête à suivre. Dommage? Peut-être. Je m'en fous. Presque autant que de toi.

    Je m'approche sans ressentir la moindre crainte à ton égard. Tu as perdu de ta brillance. De ton éclat. Encore un peu et j'ajouterai l'adjectif pathétique à ta description. Mais évitons d'en arriver là veux-tu. Envers et contre toute croyance, tu restes quand même le Roi Seelie. Ma sœur te voue un amour sensiblement comparable à celui que j'ai si longtemps entretenu à l'encontre de Lizabeth. Certes il ne sera jamais aussi puissant. Aucunement définissable. Et jamais expié. Mais qu'à cela ne tienne. Je ne suis pas d'humeur à me battre. Seulement à te taquiner un peu. En tout bon tout honneur bien sûr.


>> Les ronces te vont sûrement mieux au teint, mais à défaut on fera avec ce qu'on a.

    Tu n'es sans ignorer que j'aurais pu en invoquer. Je te laisse seul juge d'interpréter mon geste comme il te plaira. Car c'est bel et bien à travers une délicatesse que peu me connaissent que je viens déposer mon chef d'œuvre sur ta crinière en pétard. M'est avis que tu devais être encore plus imbuvable dans tes jeunes années.


>> Tu te trompes, tu n'as pas changé d'un poil.

    Je te contourne et viens me planter pile en face de toi. Tu as beau continuer à reluquer le sol, tu devras bien finir par te faire à l'évidence que je ne me laisserai pas chasser de mon propre territoire. Que tu préfères fixer mes pieds, également nus, à mon visage ... crois-tu vraiment que cela pourrait enduire en moi un quelconque sentiment de vexation? Enfin Dagda, depuis quand nous connaissons-nous déjà? Je secoue à peine la tête. Désespérant.


>> Si tu crois qu'il te suffit de renier ce qui se trame en ton for intérieur pour le faire disparaître ...

    ... c'est que tu es tombé encore plus bas que ce que les apparences daignent bien nous dévoiler. J'ai envie de te gifler. De t'attraper par les épaules et de te secouer. Tu es un Roi oui ou merde? Tu es censé mener ton peuple. Le guider. Le rassurer. Le protéger. Pourtant tout ce que je vois moi, c'est un vulgaire vagabond tout juste bon à se lamenter sur son triste sort. Ça ne te plait pas? Eh bien qu'est-ce que tu attends pour taper du pied et résister? Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu as besoin d'être materné? Désolée de te décevoir, mais tu as frappé à la mauvaise porte. J'ai rangé mon tablier. J'ai essayé. Je n'ai pas aimé. Alors je me suis cassée. Then again, je n'avais pas le poids d'autant de métal à me trimballer sur le crâne.


>> Regarde-moi.

    Ce n'est pas un ordre. Jamais je ne me permettrais. Tu sais bien que je ne reconnais pas ton autorité. Non pas parce que c'est toi. Mais tout simplement parce que tu n'es pas Celle devant laquelle j'ai plié le genou.


>> Tu comptes te lamenter encore longtemps sur ton triste sort?

    Tu as écopé de la couronne de la mauvaise couleur? So what! Ravale ta fierté and deal with it! Et si cette option ne te convient pas, rien ne t'empêche de débouler dans la salle du trône du Sithin Unseelie et de décapiter ton frère pour lui voler la sienne. Au passage tu pourrais même bien récupérer feu ta femme.
    On ne peut changer le passé Dagda.
    Mais n'oublie pas que le présent s'y prête plutôt bien ...



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MessageSujet: Re: Clash of Titans [Dagda vs Essus]   Lun 17 Oct - 23:34
Qu’il aimerait s’en aller, détourner les yeux et faire simplement demi tour, mais quelque chose l’en empêche. Peut-être son silence, l’absence de réponse, de provocation. Il la connaît par cœur. Où est la diablesse qui lit au fond de son âme, où est la femme fatale qui astique en lui les pires instincts, et dévoile la noirceur au fond de son cœur d’un simple geste. La colère est retombée, et avec elle, l’accompagne la tristesse, les regrets, l’amertume, et la culpabilité. Cette couverture là est bien lourde, chargée de pierres épaisses mais c’est peut-être mieux que d’être nu, à vif, devant elle, celle qui sait si bien creuser en lui un sillon de ténèbres. Il se demande un instant si elle aurait changé elle aussi, mais il en doute. Peut-être se trompe-t-il.

En la voyant plonger ses mains dans la terre, ses prunelles céruléennes captent le moindre de ses mouvements féminins, presque maternels. Il a les yeux chargés d’humidité. Gonflés. Brillants. Observer cette femme, la sœur jumelle de celle qu’il a aimé. Taranis. Elle n’a jamais su rien des liens obscurs entre lui et sa sœur jumelle. Personne n’en a jamais rien su. Le silence valait mieux. Ce qu’ils se disaient à ce moment là exigeaient le silence, et qu’aucune oreille ne puisse les écouter. Ils n’ont pu déclencher l’enfer auquel ils ont songés et cela valait mieux. Quoi que. Mais de ces moments là, une intimité est né. Pourtant, celle qu’il croyait connaître par cœur montre une facette qu’il ne connaissait pas. Mère. Nourricière. Peut-être une illusion. Peut-être pas. Même les animaux dangereux peuvent aimer. Et Dagda était assez bien placé pour savoir qu’il ne faut pas juger sur les apparences. On pouvait tuer sa femme et l’enfant qu’elle portait tout en aimant ses propres enfants.

Quand elle dépose cette couronne de fleur sur sa tête d’un roux vénitien, il penche son regard vers elle, ne comprenant ce qu’elle fait, encore moins pourquoi. Il était sur la défensive, prêt à contrer un coup tordu, mais ce n’est qu’une offrande, délicate, étonnant de sa part. Le roi solaire lève un sourcil, étonné. Les ronces enserrent encore son âme, peut-être plus fortement qu’avant. Ses yeux n’osent cependant croiser ses yeux, il fixe ses mains, pleines de terre et de sang, il examine ses pieds nus foulant la terre nourricière. L’image de mère s’efface. Celle d’amie paraît trop étrange. Et soudain, il se demande, si, bizarrement, étrangement, d’une manière curieuse, il ne lui manquait pas, si leurs complots ne lui manquait pas, si ce qu’ils avaient été l’un pour l’autre n’avait pas laissé une marque indélébile en elle. Il en doutait cependant. Elle avait sans nul doute des feys bien plus intéressants dans sa cour. Il comprenait qu’ils aient pu s’entendre à l’époque, mais désormais, n’était-elle pas dégoûté comme eux tous par ce qu’il était devenu ? A croire qu’ils préféraient encore quand il tuait en secret sa femme et l’enfant qu’elle portait. Peut-être qu’elle avait raison. Peut-être que c’était ce qu’il était. Peut-être que c’était ce dont ils avaient besoins. D’un roi aussi ignoble qu’intransigeant. Mais il en doutait.

Il appartenait à la lumière. Les lumières du soleil, implacable, dure, mais pourtant nécessaire, vitale. Ce qu’il était à l’époque ? Quelqu’un sûr de lui, confiant en ses décisions, quelqu’un croyant à la justice et tentant d’être juste. Il ne l’était pas toujours, mais la couronne nécessite l’assurance, pas le doute, la couronne nécessite des choix difficiles. Peut-être qu’il avait fait des erreurs, mais il les regrettait. Il devait simplement apprendre de ses erreurs sans se laisser enliser par elles. Son regard se releva et croisa celui bleuté de la fey à la chevelure dorée. Il la trouva belle, plantée là, le regardant avec quelque chose qui paraissait être de la force, celle dont il manquait cruellement à cet instant. Se complaindre, face à elle, face à son frère, pire, face à son ancienne femme. Jusqu’où tomberait-il ? Laisser sa fille prendre soin de lui comme s’il était grabataire ? Il était roi que diable. Un roi. Et en acceptant la couronne, il devait prendre ses responsabilités. Tenir son rang. Un sourire, pâle, se dessina sur son visage.

« Tu as raison. C’est fini. Le temps des lamentations prend fin ce soir. » La regardant droit dans les yeux, il puisa en elle une force qu’il n’aurait jamais cru prendre en elle. Où était la diablesse ? Où était le perfide ? Il sourit d’une manière plus affirmée. « Je suis roi. Et le monde enténébré a plus que jamais besoin qu’on soit fort. » Où diable avait-elle été toutes ces dernières semaines ? Oserait-il lui offrir une place au sein de sa cour ? « La colère, la tristesse, ce ne sont que des errances, des faiblesses qu’il faut abolir. » A présent, il y avait quelque chose de brillant en lui, presque d’hautin. Il se rapprocha d’elle, la frôlant, comme s’il allait l’embrasse. Il faut dire que l’idée l’avait effleuré. Il voyait en elle désormais une femme, avec des formes, généreuses d’ailleurs, avec une âme, aussi noire que la sienne, et une force dont il avait désespérément besoin. « Quelle tristesse que tu sois dans la cour d’hiver, celle d’été conviendrait mieux à ton caractère, ma déesse vénéneuse. » glissa-t-il avec quelque chose qui paraissait carnassier dans ses traits.
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